‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 188 sur 282 · BATON PASTORAL · texte numérisé non relu

BATON PASTORAL

On appelle ainsi la crosse qu'un évêque ou un abbé prend en main dans certaines cérémonies, et que l'on porte devant lui quand il officie.

Selon Innocent III, dans son épitre au Primat de Bulgarie, Torigine du bâton pastoral remonte jusqu'à l'apôtre saint Pierre; c© n'était d'abord qu'un bâton surmonté d'une petite pièce transver- Mtle qui lui donnait l'apparence de la lettre *! ou de la croix. De là Tient le nom de crosse, en italien croce, croix (1).

Il est fait mention, dans Thistoire de saint Césaire d'Arles, qui ▼ÎTait dans le sixième siècle, du bâton pastoral de l' évêque. Durand (2) ftouB apprend les différents sens mystiques de cet ornement pontifical et son origine : Baculus pOrStoralis correctionem pastoralem significut, proptér quod à conseeratore dicitur consecrato : « Âccipe baculum pastoraliê officii, ut sit in corrigendis vitiis piè sœviens, »• De quo dicit Apoêtoiuê : « In virgâ teniam ad vos. »» Virgâ igitur pastoraU, poteêîoêintdligitur sacerdotalis quamChristus ei contulit, quandà apostoloê ad prœdicandummisit, prœcipiens eis ut baculos toUerent, elMoseseum irirgâ mùsus est in jEgyptum.

Le mâme auteur donne la raison spirituelle de la forme même du béton; il est pointu sur sa base , droit au milieu, et courbé du haut bout, pour avertir l'évêque d'aiguillonner les paresseux, de soutenir les faibles dans la voie droite du salut, et d'y ramener les errants : Bmeuliuê êtt acutus in fine, reclus in medio, et retortus in summo, desi^ gnat quod pontifex débet pungere pigros, regere débiles sua rectitudine^ et coUigere vagos (3). On donne une crosse à l'évêque dans l'ordination, pour marquer, dit saint Isidore de Séville, qu'il a droit de corriger, et qu'il doit soutenir les faibles : Huic dum consecratur, datur baculus, ut ejus indicia subditatn plebem vel regat, vel corrigat, vel mfirmitates infirmorum sustinea$.

Autrefois les évêques ne portaient pas eux-mêmes leur crosse ; ils la faisaient porter par leur notaire (4) comme nous l'apprennent les auteurs de l'histoire de saint Césaire : Clericus cui erat, baculum illius portare, quod notariorum officium m-at. Ils ont reconnu depuis combien cet ornement convenait à leur dignité ; ils le prennent aujourd'hui en main quand ils bénissent le peuple solennellement, et dans d'autres cérémonies marquées dans le pontifical.

Les abbés chargés du soin des âmes ont voulu avoir, comme les évêques, le bâton qui désigne l'office et les droits des pasteurs; la plupart en ont obtenu le privilège du Saint-Siège; par où l'on doit conclure qu'ils ne peuvent s'en servir de droit commun. [Yoytz abbé.)

(f ) Krazer, pag. 848.

(9) HatUmaU divinorum officiorum, cap, xv.

(3) Barbosa, de Jure ecdesiastice, lib. i, cap. 9, n. 61,

(4) Y\e\XTYy Histoire ecclésiastique j liv.xaui, n. 14,

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