BREF
Un bref eut une espèce de rescrit expédié en cour de Rome soub l'une des trois formes sous lesquelles s'y expédient généralement tous les rescrits. (Voyez rescett.)
Le bref est adnsi appelé à cause de sa brièveté; il ne contient ni préface, ni préambule, on y voit seulement en tête le nom du pape néparé de la première ligne, qui commence par ces mots : DUecto filio saîutem et apostolicam benedictionetn : et après vient simplement ce que le pape accorde, en petit caractère ; autrefois c'était sur du papier qu'on Texpédiait, on l'emploie même encore quelquefois r mais à présent tous les brefs sont ordinairement en parchemin,
i)our qu'ils se conservent mieux; on les écrit sur le rude, comme es bulles sont écrites sur le doux de cette espèce de papier, et c'est J)ar où plus d'un fauss^re a été pris. On les scelle de cire rouge, à a différence des autres grâces, qui sont scellées de cire verte ; on y applique l'anneau du Pécheur (voyez anneau), et ils sont souscrits seulement par le secrétaire du pape et non par le pape même ; l'adresse est sur l'envers de la grosse : Brève apostolicwn est seripturatnodica, in parvis concessa negotiis, in papyro fréquenter scribiso^ lita, cerârubeâ, annuloque Piscatoris sigillata, ac signo secretarii tub^ eripta.
Les brefs sont accordés en la chancellerie et en la grande pénitencerie : Brève apostolicum concedi solet d papa et d caneeUatid ac êummo pœnitentiario (1).
Le bref expédié en bonne forme a autant de force, en sa matière^ que les autres lettres apostoliques. U peut déroger même à une bulle, s'il est postérieur et que la dérogation soit expresse. Mais régulièrement on ajoute plus de foi aux lettres apostoliques expédiées sous plomb; c'est-à-dire, aux bulles qu'aux brefs, parce que les bulles sont toujours données ouvertes et patentes, au lieu que les brefs sont presque toujours cachetés. (Voyez bulle.)
n n'est pas aisé de déterminer précisément les cas pour raison desquels on expédie des brefs plutôt que des bulles : autrefois on n'en usait que pour les affaires de pure justice, pour éviter les frais et les longues discussions. Le pape Alexandre VI fut celui de tous les papes qui étendit le plus loin la matière et l'usage des brefs : on les accorde aujourd'hui pour des grâces et surtout pour des privilèges, comme sont les dispenses des interstices pour les ordres sacrés, des indulgences plénières, une fois par chaque année pour certaines cérémonies ecclésiastiques, etc. Le pape envoie quelquefois des brefs à certaines personnes ou à certains auteurs simple-; ment pour leur donner des marques d'affection.
(1) Rebuffé, Brsifê apœlolicum, n. 15 ft i$.