CALCÉDOINE
{VoytZ CHALCÉDOINE.)
On appelait de ce nom, chez les Romains, le premier jour de chaque mois. Comme on a conservé dans la chancellerie l'ancienne manière de dater les expéditions par ides, nones et calendes^ et que d'ailleurs nos anciens titres français ont pour la plupart la même sorte de date, nous sommes obligé d'entrer à ce sujet dans un certain détail, tant sur ce mot que sur le suivant dont la matière a un rapport intime avec celle-ci.
Le nom de calendes, d'un mot grec qui signifie voco, a été donné au premier jour du mois, parce que le Pontife, chez les Romains, appelait ce jour-là les tribuns et le peuple au lieu appelé Curia calabra, pour leur apprendre ce qui devait être observé dans le cours du mois, soit pour les fêtes et les sacrifices, soit pour les négoces et les marchés, et le nombre même de jours qu'il y avait depuis les cmUndes jusqu'aux nones.
Les nones, dont il est inutile de donner ici les différentes étymologies, étaient célébrées le cinquième ou le septième jour du mois & compter par les calei^des. Le premier jour était marqué par ealendis, le second par quarto ngnas, c'estÀ-dire ^Htrto ante nonas, le troisième jour» tertio nonas, le quatrième jour, pridie nohas, et non pas secundo nonas, parce que le mot de sB^ndo ne répond pas à l'ordre rétrograde que l'on observe dans cette manière de compter. Enfin, le jour même de nones se marque nonis.
Quant aux idée» Tét^molo^ ea est auoBi^ inu^e, et d'ailleufs
obscure ; elles sont toujours huit jours après les noues, soit que les noues soient le cinq ou le sept, c est-à-dire que les ides sont toujours le treize ou le quinze du mois : le treize quand les noues sont le cinq, et le quinze qi^and elles sont le sept. Après le jour des noues et flès le lendemain, qui est le six ou le huit, on dit octave idus, septimo idu8, et ainsi de suite jusqu*au douze et quatorze, auquel on dit, comme à la veille des noues, pridie idus; et le treize ou le quinze, le jour des ides, on dit idibus.
Après le jour des ides on commence à compter les jours par le nombre qui précède les calendes; en sorte que si les ides sentie treize, on comptera le quatorze decimo nono calendas, decimo octavo, decimo septimOf et ainsi des suivants jusqu'à la veille où, au lieu de dire secundo, on dit pridie, par la raison que Ton a vue.
Après cette explication, al est aisé de voir que les jours du mois se règlent suivant que les nones et les ides sont avancées ou reculées : voici à cet égard les règles fixes. Ces quatre mois, mars, fnai, juillet et octobre, ont toujours les nones le sept, et les ides le quinze, et dans les autres huit mois de Tannée, les nones sont le cinq, et les ides le treize.
Les mois cités de mars, mai, juillet et octobre ont trente et un jours, six nones, huit ides et dix-sept calendes.
Les mois de janvier, août et décembre ont aussi trente et un jours, quatre nones, huit ides et dix-neuf caiendw.
Les mois d'avril, juin, septembre et novembre qui n'ont que trente jours, ont quatre nones, huit ides et dix-huit calendes.
Enfin, le mois de février a quatre nones, huit ides et seize càUnâss, ou plus, selon que Tannée est simple ou bissextile.
GuiUaume Durand exprime le nom des calendes, des nones et des ides dans les six vers suivants :
Sex nonas maius, october, Julius et mars, Quatuor et reliqui : tenet idus quilibet octo. Janus etaugu8tu8âena8,nona6que december, JuUus, october, mars, malus, hepta decemqne, Junins, aprilis, september et ipse november Ter senas retinet, febmsque bis octo calendas.
Au reste, quand on dit que les mois ont seize, dix-sept on dixhuit calendes, cela signifie qu'ils ont seize, dix-sept ou dix-huit jours avant les calendes du mois suivant : aussi, quand une expédition de cour de Rome est datée calendis januarii ou fébruarii, elle est du premier janvier ou février, ainsi des autres mois. Quand elle est datée pridie calendas januarii ou februarii, elle est du dernier jour du mois précédent, car pridie ca2eiû/a# veut dire pridie antè calendas: ainsi les jours des calendes se comptent toujours sur le mois précédent, ce qui se doit entendre de même des nones et des ides. Mais voici une table qui ne permettra pas de se tromper sur toutes les règles que nous venons d'étabUr, et qui peuvent aisément passer
de la mémoire. Observons toutefois préalablement qae la date est , suivant notre division, la cinquième partie d'une signature (voyez signature), qu'elle est différente par rapport à Vannée, selon que l'expédition passe par la chambre ou par la chancellerie (voyez année, date) ; et enfin que, par la règle 16 de la chancellerie, de Dictionibuê numerabilibuê, il est défendu de marquer dans les expéditions la date en chiffre ou en abrégé pour éviter les fraudes dont voici un exemple : si Ton écrivait X ccUend. jan., rien ne serait plus aisé que d'ajouter un point à ce nombre et de faire précéder la grâce d'un jour : Item ut apostolicii litteris committendi crimen falii fer amplius toUatur occoêio, voluit, statuit et ordinavit quod dictiones numérales quœ m dictis litteris antè nonae idus et calendas immédiate poni consueverunt, per littérae et syllahae extensœ describantur, et illœ ex prœdictis litteris, in quitus hujusmodi dictionis aliter scriptœ fuerint , ad hullariam nullatenus mittantur. Cette rède est conforme à laNovelle . 10, c. I, de Justinien, où il est dit : Non débet fieri signis numérorum significatio.