‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 227 sur 282 · CALENDES ( DROIT DES · texte numérisé non relu

CALENDES ( DROIT DES

C*estun droit qui se payait autrefois à Févêque ou à Tarchidiacre

1)ar les curés et autres bénéficiers, à des assemblées instituées pour a discipline et la réformation des mœurs du clergé.

Ces assemblées sont appelées communément conférences. (Voyez CONFÉRENCE.) Mais autrciois, à raison de ce qu'elles se faisaient le premier du mois, on les appelait calendes ; d'où est venu le droit dont nous parlons, et que Ton peut entendre aussi du cens synodatique ou cathédratique. [Voyez cathédratique.)

Les curés devaient se trouver à ces calendes tous les premiers jours du mois, pour y conférer de leurs obligations et de leurs difficultés, etc.

Le concile de Rouen tenu en 1581, canon 34, tit. De OfficioepUcopi, approuve Tusage des calendes, en condamnant certains abus qui s'y commettaient : Calendarum antiquissimus est usus et ahusus, nec aliud significant quam cleri vocationem ad censuram morum agendam. In his perpétué fuit damnata pecuniarum eœactio et ebrietas, qua plerumque in his exercentur potiûs quàm uUa reformatio. Ad cleri levamen, très in anno sufficere judicamus y unam episcopi, aut pro eo visi^ tatoris, et duos decanorum ruralium (1).

(1) Thomassin, Discipline de V Église f part, m, liv, ii, chap, 67,11*2.

Le calendrier est une distribution du temps que les hommes ont accommodée à leurs usages ; c'est une table ou almanach qui contient Tordre des jours, des semaines, des mois et des fêtes qui arrivent pendant Tannée. La principale fin du calendrier est deyenue, parmi les chrétiens, tout ecclésiastique, en ce qu'elle consiste à nous faire connaître le jour auquel on doit célébrer la fête de Pâques, d'où dépend la règle de TÉglise pour toutes les autres fêtes de Tannée. En effet toutes les fêtes mobiles attachées à certains jours de la semaine, et toutes les fêtes immobiles, fixées à certains jours du mois, ont un tel rapport avec le saint jour de Pâques, que celui qui sait le quantième de mars ou d'avril où la Pâque tombe, peut savoir en même temps, avec une entière certitude, quel jour de la semaine et du mois tombent toutes les fêtes mobiles et immobiles de tonte l'année.

On a fait, à ce dessein, différentes tables où, par le moyen dé certaines règles avouées par l'astronomie expérimentale, on parvient aisément à cette connaissance. Les auteurs du traité de Y Art de vérifier les dates, etc., ont donné, à la suite de leur grande table chronologique, un <ra{m^nV perpétuel, en cette forme : Le plus têt que la P£][ue puisse arriver est le 22 mars , et le plus tard, le 25 avril. Depuis le 22 mars jusqu'au 25 avril inclusivement, il y a trente-cinq calendriers, à commencer depuis Tannée où la Pâque tombe le 22 mars, et à finir à celle où Pâques se trouve le 25 avril. Ce calendrier perpétuel, qui est d'une utilité et d'une commodité infinie, au moyen de la table qui le précède, a rencontré un inconvénient dans les fêtes immobiles, par rapport à la répétition qu'il fallait en faire ; ces auteurs ont réparé cette omission par un catalogue des saints de France et de tous ceux dont on fait la fête dans l'Église. Nous ne pouvons que renvoyer à Touvrage même : le plan de ce livre ne nous permet de rapporter ici que le calendrier grégorien, tel qu'on le voit dans le bréviaire, après en avoir enseigné l'origine et l'usage.

§ 1. Origine et forme du calendrier.

On divisa le calendrier en ancien et en nouveau : le premier est appelé calendrier romain, et l'autre calendrier grégorien. Voici la cause de cette distinction dans Thistoire simple et abrégée de Tun et de Tautre.

Romulus est le premier auteur du calendrier romain : devenu roi d'un peuple qui avait vécu jusqu'alors sans police, il considéra Tordre du temps comme une chose indispensable dans le nouveau gouvernement qu'il avait à former; mais comme il était meilleur soldat ou meilleur politique qu'habile astronome, il divisa Tannée en dix mois, et la fit commencer au premier de mars, croyant que le soleil parcourait les différentes saisons de Tannée en trois cent quatre

jours. On ne tarda pas à reoonnattre la fausseté de ce calendrier: Numa, Tun des rois successeurs deRomulus, le réforma en ajoutant deux autres mois, ceux de janvier et féTrier, qu'il plaça deTaat le mâii de mars : oe qui rendit son année, qu'il fit commencer le pr»* mica» janvier, de trois cent cinquante-cinq joors. Il s'aperçut bien que la révolution n'était pas exacte; pour y suppléer, il fit, à la manière des Grecs, une intercalation de quarante-cinq jours, qu'flpaiu tagea en deux, intercalant, au bout de deux années , un mois de ▼ingt^eux jours, et après deux autres années, un autre mois de ▼ingt-'troit jours. Ce mois interposé fut appelé Mercedanius, ou té* Trier interc^Jaire.

On fluivit l'ordre de Numa pendant tout le temps de la république; mais comme les intercalations furent mal observées par les pontifes, à qui Nuipa en avait commis le soin. Tannée devint incertaine et désordonnée, à un tel point que Jules-César, empereur et souverain

Sontife, s'employa à une nouvelle réforme. Il choisit Sosigènes, oékbre astronome de son temps, lequel trouva queladispensation des temps, dans le calendrier, ne pouvait jamais recevoir d'établisse* snent certain et immuable, si Ton avait égard au véritable cours annuel du soleil. Croyant donc que la durée annuelle et exacte du cours du soleil est de trois cent soixante-cinq jours et six heures, il Té^ Tannée à un pareil nombre de jours, c'est-Ârdire à trois cent 0oixante*cinq jours; et des six heures restantes, il en fit un jour intercalaire de quatre en quatre ans, ce qui rendait cette quatrième année de trois cent soixante six jours au lieu de trois cent soixanteeinq, dont étaient composées les trois précédentes. On i^pelait eellesHÛ années communes, et la quatrième année, où se faisait cette interoalation d'un jour, pour accomplir les six heures multipliées par 4, était appelée bissextile. On arrêta qu'on ferait cette intenealatien le 124 février, qu'on nommait hiêsexto ealendas martU, €'est^4*dire le second sixième avant les calendes de mars.

Tel est le calendrier ancien dans l'état où César l'avait mis, Tan 708 de Rome, quarante-deux ou quarante- trois ans avant la naissance de Jésus-Christ. Le défaut qu'on y reconnut, et qui doirna lieu à sa réforme par le pape Grégoire XIII, fut qu'il faisait Tannée de trois cent soixante-cinq jours, six heures, tandis qu'elle n'est que de trois cent soixante-cinq jours, cinq heures et quarante-neuf minutes : cette erreur de onïe minutes avait produit, vers Tan 1580, nne erreur de dix jours, c'est-à-dire queTéquinoxe du printemps ne tombait pas au 21 mars, comme en Tannée 325, temps auquel fut célébré le concile de Nicée, mais au 11 du même mois. Grégoire XIII, pour ôter cette erreur, fit retrancher dix jours du mois d'octobre de Tannée 1582, et ordonna, pour empêcher que Ton ne tombât dans la suite dans le même inconvénient, que, sur quatre cents ans, les dernières années des trois premiers siècles ne seraient pas bissextiles, comme le voulait Jules-César, et qu'il n'y aurait que la dernière année du quatrième siècle qui le serait, ce qui a eu lien

GÂLBNDRIBR.

en 1700 et eu 1800, et ce qui sera égalemeiit suivi eu 1900; mais la dernière année de l'an 2000, qui est le quatrième siècle, sera bissextile.

C'est là tout le changement que Grégoire XIII a fait à Tancien calendrier romain; sa réforme a faitTépoque d'un nouveau calendrier^ qu'on appelle grégorien du nom de son auteur.

Cette heureuse réforme fut accueillie par les États catholiques. La France fut la première, et Tannée suivante Tempereur Rodolphe II écrivit à tous les éréques d'Allemagne d'accueillir lo calendrier Grégorien. L»es anglais et autres États séparés de l'Église catholique par l'hérésie, pour ne pas sembler adhérer au Saint- Siège, refusèrent de se conformer au nouveau calendrier. Néanmoins TAngleterre, en 1752, finit par adopter le calendrier de Grégoire XIlL La Russie seule et la Grèce ont continué d'user du calendrier de Jules-César.

Voici la table du calendrier grégorien dans l'ordre le plus simple, mais suffisant pour apprendre le quantième du jour où se trouve P&ques, et de là toutes les fêtes de Tannée.

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