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§ II. Usage du calendrier.
Le calendrier est d'une connaissance utile, nécessaire même, à Tecclésiastique; elle fait partie des matières dont il doitôtre instruit suivant son état. (Voyez science.) Voici, en conséquence, ce qu'il ne doit pas ignorer pour faire usage du calendrier tel qu'il vient d'être exposé. Il faut qu'il sache ce que c'est que jour, mois, année, lettres dominicales, cycle solaire, cycle lunaire, indictions, période victorienne, période julienne f épacte, nombre d'or.
Jour, mois et an.
Nous n'avons rien à dire des jours, mois et années. (Voyez jour , MOIS et ANNÉE.) Nous commeucerous par expliquer ce qu'on entend par lettres dominicales.
Lettres dominicales,
1^ Les lettres dominicales sont au nombre de sept : A,B, C, D, E, F, G. Ces lettres servent à marquer les sept jours de la semaine. A désigne le premier jour de l'année, B le second, C le troisième, et ainsi des autres, par un cercle perpétuel jusqu'à la fin de l'année j Si le premier jour de janvier a été un dimanche, la lettre dominicale de cette année sera un dimanche, c'est-à-dire que tous les jours de l'année à côté desquels la lettre A se trouvera dans le calendrier seront des dimanches. Il en est de même du B et du C, si le second ou le troisième de janvier se trouve un dimanche.
Comme l'année commime finit par le même jour de la semaine qu'elle commence, et l'année bissextile un jour après, les lettres dominicales qui marquent le jour de la semaine changent chaque année en rétrogradant : par exemple, si la lettre G marque le dimanche d'une année commune, la lettre F marquera le dimanche de Tannée suivante, si elle est commune ; que si cette année suivante est bissextile, la lettre F ne marquera le dimanche que jusqu'au 24 février inclusivement , et la lettre E le marquera depuis ce jour jusqu'à la fin de l'année. Cela se fait ainsi dans les années bissextiles, à cause du jour intercalaire ajouté au mois de février en ces années-là.
Les sept lettres, qui marquent également tous les jours de la semaine, sont appelées dominicales, parce que le premier jour de la semaine est celui qu'on cherche principalement. Ces lettres ont rendu superflu l'usage des concurrents .
Cycle solaire.
2^ Le cycle du soleil ou solaire est une révolution de 28 années, en commençant par 1 et en finissant par 28, après quoi lon recommence, et on finit toujours de même par une espèce de cercle, d'où vient le nom de cycle. Pour bien comprendre ceci, il faut se souvenir qu'il y a deux sortes d'années , Tannée commune et Tannée bis-
sextile. Uannée commune est composée de 365 jours, qui font 52 •emAÎnes et 1 jour. La bissextile est composée de 366 jours, qui jEbnt 52 semaines et 2 jours. Elle a été ainsi appelée de deux mots latins bi$ fexto, parce que les Romains, dans deux manières de compter les jours de pette année*là > comptaient deux fois sexto calenaas nunrtti : une fois pour le 24 février, ainsi qu'ils'le faisaient les années communes, et une seconde fois pour le 25 du même mois, afin de marquer que le mois de février avait 29 jours dans les années bissextiles, et qu'il n*en avait que 28 dans les années conmiunes.
Le cycle solaire est composé de ces deux sortes d'années communes et bissextiles, répétées quatre fois, parce qu'il faut aller jusqu'au nombre 28, qui est composé de sept fois quatre ou quatre K>îs sept, pour revenir précisément à un ordre ou à une suite d'années en tout semblables à celles qui ont précédé.
Depuis la réformation de ce ealendriw par le pape Grégoire XIII, en 1582 , le cycle solaire devrait être de 400 ans, parce qu'il laut que ce nombre d'années s'écoule avant que la lettre dominicale, qui inarque le dimanche, revienne précisément au même point où elle était la première année de ce cycle, pour procéder de nouveau, pendant 400 ans, dans le même ordre que les lettres dominicales QBt précédé pendant 400 ans qu'on suppose écoulés. Ce cycle de 400 ans commence en 1600 et finit Fan 2000. Entre ces deux termes de 1600 et de 2000, les années 1700, 1800 et 1900 n'étant point bissextiles , comme l'ont été toutes les autres centièmes années précédentes , elles dérangent l'ordre ancien des lettres dominicales ; et par conséquent l'orc&e du cycle solaire, auquel ces lettres répondent, doit être censé dérangé.
Selon la coutume reçue de compter le cycle solaire, Notre-Seîgaeur serait né la neuvième année du cycle courant : il y aurait par conséquent depuis cette époque , 66 cycles révolus. Nous sommes , gette année 1851, dans la douzième année du cycle courant.
Cycle lunaire, cycle paseaL
3^ Le eycle lunaife est une révolution de 19 années solaires , au bout desquelles les nouvelles lunes tombent aux mêmes jours aux-
Îuels elles étaient arrivées 19 ans auparavant. Nous ne dirons rien (S plus de ee cycle , inventé par un célèbre astronome , appelé MetoB, parce que les épactes en ont rendu l'usage inutile, depuis la réformation du ctUendrier en 1582. Pour la même raison, nous parlerons peu du cycle pascal, appelé autrement la période victorienne, parce qu'elle fut composée par un nommé Victorius , natif d'Aquitaine, h la persuasion d'Hilaire, archidiacre de l'église de Rome, sous le pontificat de saint Léon-le-Grand. C'est une révolution do 531 années , qu'on trouve en multipliant les années qui composent un cycle solaire, c'est-à-dire 28, par les années qui composent un cycle lunaire, c'est-à-dire 19. Le père Pagi, dans sa Critique de Baronius, à Tannée 463, prouve que Victorius composa cette pé-
rîode en 45T, à roccasion de la dispute qui s'était élevée entre les Grec9 et les Latins, au sujet de la pàque de Tan 455. Il fixe le commencement de cette période à Tannée de la passion du Sauveur, qui, selon la manière de compter de cet ancien auteur, répond & Tan 28 de notre ère chrétienne, ou de Hncamation, comme nous comptons cette année aujourd'hui. Mais les auteurs du Traité d^ Vart de vérifier l$ê dates que nous suivons ici, disent que cette manière de la commencer ne parait pas avoir duré long-temps. Denys-le-Petit, qui a travaillé depuis sur la môme période , lui a donné un autre commencement, et il la fait remonter un an au-dessus de notre ère vulgaire ; en sorte que la première année de Jésus-Christ répond à la seconde année de la période victorienne, ainsi corrigée par Denysle-Petit. Les anciens ont appelé quelquefois ce cycle annus, ou ctrculus, ou oyeluê magnuê. Il est devenu parfaitement inutile aux catholiques depuis la réformation du calendrier, en 1582. Mais les protestants et les schismatiques grecs, qui n'ont pas suivi Tordre d^ cette réformation , s'en servent encore pour la célébration de lem* pâque.
Indiction.
4^ Les indictions sont une révolution de quinze années qu'on recommence toujours par une, lorsque le nombre de quinze est fini. On ne sait ni Torigine de cette époque, ni quand, ni pourquoi, ni comment elle a été établie. Il est certain qu'on ne peut la faire remonter plus haut qu'au temps de l'empereur Constantin, ni descendre plus bas qu'à celui de Constance. Les premiers exemples qu'on en trouve dans le code théodosien, sont du règne de ce dernier, qui est mort en 361. Dans ces premiers temps, il n'est point aisé de fixer les années parles indictions, parce que tous les auteurs ne leur donnent point le môme commencement : il y en a qui le fixent en 312, d'autres en 313, d'autres en 314, et d'autres enfin en 315.
On distingue trois sortes d'indictions : celle de Constantînople , indictio Constantinopolitana, dont les empereurs grecs se sont servis, commence le premier de septembre, quatre mois avant T indiction romaine, qui commence avec le mois de janvier. En France, on s'est quelquefois servi de cette indiction de Constantinople.
La seconde sorte d'indiction , dont l'usage a été plus commun en France et en Angleterre , est celle qui commence le 24 de septembre ; elle est appelée impériale ou constantinienne, en latin Constantiniana , parce qu'on en attribue l'établissement à Tempereur Constantin. On peut voir les preuves du commencement de cette indiction, le 24 septembre, dans le Glossaire de du Cange : elles sont claires et en bon nombre. Cette sorte d'indiction est encore en usage en Allemagne, et c'est parce que les empereurs d'Occident s'en sont servis qu'elle a été appelée Césaréenne, Cœsarea.
La troisième sorte d'indiction, encore connue en France, par
Tusage que nos anciens en ont fait, est Tindiction romaine, Ramona ou Poniificia, parce que les papes s'en sont servis , surtout depuis saint Grégoire VII, comme le père Mabillon le dit dans sa Diplomatique (liv. IL ch. 24, n. 3). Auparavant ils se servaient de Tindiction de Constantinople. La romaine commence avec le mois de janvier, comme notre année julienne. On voit de temps en temps, disent les auteurs cités, des écrivains qui font des bévues chronologiques, pour n'être point attentifs à ces trois sortes d'indictions dont nos anciens se sont servis assez indifféremment. Une fausse indiction est une preuve certaine de la fausseté des bulles qui émanent de Rome, où Ton a accoutumé de mettre Tindiction.
Période Julienne,
50 II y a encore la période qu'on appelle Julienne, et qui fut trouvée par Joseph Scaliger ; c'est une révolution de 7980 années, produite par les cycles solaire et lunaire et par l'indiction multipliée les uns par les autres, 28 par 29, qui font 631, et 532 par 15, qui composent la période de 7980 années. Cette révolution est aujourd'hui aussi inutile que celle de Victorius, depuis la réformation du calendrier,
É pacte,
6^ On donne le nom d'épacte au nombre de jours dont la nouvelle lune précède le commencement de l'année. Ainsi quand on dit : l'année 1852 a IX d'épacte, cela signifie que la lune avait 9 jours, lorsque l'année a commencé. L'épacte vient donc d'un excès de l'année solaire sur l'année lunaire ; cet excès est de 9 jours.
Les épactes sont d'un grand usage pour connaître les nouvelles lunes. On les attribue au savant Aloisius Licius. Voici les explications nécessaires pour s'en servir.
Les épactes se marquent en chiffres romains à cAté des jours du mois, comme il est aisé de le voir dans le calendrier. Ces chiffres sont au nombre de trente, et on les place toujours dans un ordre rétrograde, c'est-à-dire que XXXou l'astérique*, qui signifie XXX, se trouve toujours àcôté du premier janvier; le chiffre romain XXIX, à côté du second du même mois, et ainsi des autres, jusqu'au 30 janvier, qui a le chiffre I pour épacte.
Lorsque le mois a plus de 30 jours, le trente et unième jour a pour épacte le chiffre XXX ou l'astérique*, et par conséquent le premier jour du mois suivant a pour épacte XXIX. Tout cela se peut aisément voir dans le calendrier précédent.
L'on doit remarquer que l'on met ensemble dans le calendrier les épactes XXV et XXIV, de manière qu'elles répondent à un même jour dans six différents mois de l'année, savoir : au 5 février, au 5 avril, au 3 juin, au 1*^"^ août, au 29 septembre et au 27 novembre.
La raison de cela est que les six mois que l'on vient de nommer, n'ont que 29 jours de l'année lunaire, et qu'il y a 30 épactes.
Voici deux manières de se servir de l'épacte : 1^ la présente année 1862 a IX d'épaote. Le chifïre IX se trouve toujours dans le calen^ drier à côté du 22 janvier, du 20 février, du 22 mars, du 20 avril , du 20 mai, du 18 juin, du 18 juillet, du 16 août, du 15 septembre, du 14 octobre, du 13 novembre, du 12 décembre. Les nouvelles lunes arrivent ces jours-là ou environ, la règle est certaine; elle ser^t parfaite , si Ton n'était pas obligé de dire environ, mais c'est un défaut du calendrier grégorien, dont on désirera vraisemblablement longtemps, mais en vam, la correction.
2^ L'autre manière de connaître Tâge de la lune en se servant des épactes, est indépendante du calendrier. On prend le nombre de répacte de Tannée qui court, on y joint le nombre des iours écoulés depuis le commencement du mois où Ton est, on jomt encore le nombre des mois qui ont passé depuis celui de mars inclusivement, on fait de la somme un calcul dont on soustrait le nombre de trente, Tezcédant sera le quantième de la lune.
Conmie le principal usage du calendrier consiste à nous faire connaître le jour auquel on doit célébrer la Pâque, par où Ton se régie ensuite pour les fêtes et l'office divin, on opère ainsi, quand on veut parvenir à cette connaissance : on sait que l'équinoxe du printemps est fixé au 21 mars, et que le concile de Nicée a ordonné qu'on célébrerait la P^ue le premier dimanche d'après la pleine lune, au 21 ou après le 21 mars.
On consulte l'épacte de l'année et la lettre dominicale, on regarde ensuite sur le calendrier quel est le premier jour auquel répond l'épacte ou la nouvelle lune ; on ajoute le nombre de 14 jours qu'il faut pour aller du 7 au jour de l'équinoxe, au nombre des jours qu'il y a dans le mois jusqu'à celui auquel répond l'épacte, et l'on conclut que la pleine lune pascale tombe le dernier de ces jours ajoutés ; on cherche après quel est le premier dimanche après cette nouvelle lune, et c est ce premier dunanche auquel on célébrera la pâque. Nous avons déjà dit que, dans l'excellent traité de l'Art de vérifier les dates ^ on trouve, avec la table chronologique dont il est parlé sous le mot DATE, un calendrier perpétuel qui dispense aussi de bien des calculs dans la recherche de la p&que et des fêtes mobiles.
Nombre d'or.
7<> On appelle nombre d'or le chiffre que marque l'année du cycle lunaire. L^s uns disent qu'on appelle ainsi ce chiffre, parce qu'il est si intéressant qu'il faudrait l'écrire en lettres d'or ; les autres, plus croyables, disent que ce nom vient de ce que les Athéniens marquaient dans la place publique ces sortes de chiffres en or.
Il faut faire trois observations sur ce nombre d'or : 1** Lorsque le nombre d'or est plus grand que XI, si l'année a 25 dépacte, il faut
{^rendre dans le calendrier le chiffre 25 pour marquer les nouvelles unes ; et c'est pourquoi vous voyez dans la table du calendrier gré^ gorien le chifffe 25 toujours marqué à côté de XXVX ou de XXVe
46) GAUGË.
^ Lorsque la mémd annéô a pour nombre d'or XXI» ti pow ^pMte XIX, alors il y a deux nouvelles lunes dans le mois de déc^Dabvté La première, qui tombe le 2 décembre, est marquée par TépaoteXIX, et la seconde, qui tombe le 31 décembre, est marquée par Vépade XIX mise à côté de 20.