‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 233 sur 282 · CAMBRAI · texte numérisé non relu

CAMBRAI

BuLLB de Sa SaiwUté Grégaire XVI, qui érige en métropole VÉgUee éfiêcopale de Ccmbrai.

« Giiooiu, évèqne, seryitear des serviteurs de Biea, € Pour en conserver le perpétuel souvenir.

« Nous nous sommes proposé, dès le commencement de notre suprême apostolat, de gouverner le vaisseau mystique de saint Pierre, battu, de tous les côtés, par tant de tempêtes, mais qui ne sera jamais englouti parles flots, de manière à ne rien négliger pour confirmer dans leur sainte résolution les enfants de Jésus-Christ qui marchent sûrement dans la voie du salut, pour ramener, autant qu*il est en nous, les brebis égarées, et, à la fois, pour conférer aux diocèses les plus élevés qui ont le mieux mérité de la religion catholique, des témoignages sensibles de notre sollicitude et de notre bienveillance apostolique, qui leur servent chaque jour de nouvel aiguillon pour le service de cette sainte religion. Ce qui peut assurer à la fois la célébrité de ces diocèses et la bienveillance particulière que leur porte le Saintp-Siége, c^est, outre Hutégrité de la foi conservée par eux pure et sans tache pendant le cours de plusieurs siècles, et surtout la vie de leurs prélats entièrement conforme aux règles de Téptscopat, certaines preuves éclatantes de respect et de fidélité pour ce Saint-Siège, le désir ardent de soutenir et d*augmenter la gloire de la maison de Dieu, désir dont il nous est resté dHllustres traces, et enfin la mémoire de certains prélats chère à la religion, à Thumanité, ainsi qu'aux lettres et aux sciences sacrées, et dont le nom retentira dans tous les âges.

ff On ne peut nier que le diocèse de Cambrai ne mérite singulièrement ces privilèges, quand on examiné son origine très-reculée, et qui remonte aux premiers siècles de FËglise; le nombre considérable de son clergé, et sa dignité, qui est trèséminente; sa population, qui excède un million de catholiques, la beauté remarquable de sa cathédrale et les fondations ecclésiastiques qui prouvent et manifestent d*une manière éclatante la religion des fidèles et leurs pieuses libéralités. Mais, entre antres prélats qui ont gouverné TÉgli^e de Cambrai, et Font honorée par les actes brillants de leur épiscopat, quMl sufilse de citer le seul Fénélon, que tous les Tiommes de bien gémirent de se voir enlever dès Tannée 1715, mais qui vivra toutefbis autant que Tamour de la religion et de la sagesse durera parmi les hommes, et vit surtout dans la mémoire des habitants de Cambrai qui ont voulu ériger un monument public et solennel à un pasteur si pieux et célèbre par tous les genres d'instruction. C'est pourquoi les pontifes romains, nos prédécesseurs, ainsi que les rois très-chrétiens, ont tenu en si grande estime ladite église et ville de Cambrai^ qu'ils ont continué chaque jour à la combler de bienfaits et d'honneurs. Que si, en Tan 1801, les circonstances ont voulu que, par Teffet de lettres apostoliques, commençant par ces mots : Qui Christi Domrni vices {voyez cette bulle sous le mot coii€ou>iTde 180t),elle ait été rangée dans la classe des simples diocèses, elle ne parut pas moins digne, en 1817, d'être rétablie dans sa première dignité d'église métropolitaine* Pie Vn, de sainte mémoire, notre prédécesseur, dans la bulle Patemœ charitatii (voyei cette bu^le sous le mot cokcobdat de 1817), qu'il donna en 1822, ordonna que, conformément au vœu de son cœur, on exécutât ce projet dès que les obstacles qui en avaient retardé l'accomplissement auraient été levés. Or, ces obstacles ayant tout à fait cessé à l'époque actuelle, nous reconnaissons que le temps de l'effectuer est enfin venu.' Pour cette raison nous nous réjouissons d'autant plus dans le Seigneur, que notre très-cher fils Louis-Philippe !•% roi des Français , trés-chrétien , nous a signifié combien il avait à cœur cette réintégration du diocèse de Cambrai en église métropolitaine, et nous en a adressé la demande avec les plus vives instances, par l'organe de notre très-cher fils l'illustre comte Septime Fay de la Tour- Maubourg, son ambassadeur extraordinaire auprès de nous et du Saint-Siège apostolique.

iê$ CAMBRAI.

« Désirant donc Tivement seconder les vœux et demandes d*an si grand roi; de plat, d^o^rèsrasseaiiment de notre vénérable frère rarohêvéqne de Paris, entendant déroger à tout ce qui y serait contraire, digne d'une mention spéciale , après avoir tout pesé avec une mûre délibération, de notre propre mouvement et de science certaine, dans la plénitude de notre pouvoir apostolique, nous soustrayons* à perpétuité, réglise de Camt>rai, récemment vacante, et celle d*Arras, qui existent tentes deux dans le royaume de France, et jusqu'ici sujettes, par droit métropolitain , à réglise archiépiscopale de Paris ; nous les enlevons et déclarons enlevéM, tour à tour, à la juridiction de Téglise métropolitaine de Paris ; nous érigeons et inctiUiooi réglise même de Cambrai, ainsi exempte et affranchie, en église métropolitaine ai^ chiépiscopale, à condition, toutefois, que dans la ville de Cambrai un siège aoit établi pour un archevêque de Cambrai et prélat métropolitain qui, d'après la coutume suivie par les autres archevêques, ait l'usage du pallium et de la croix, avec son Chaphre, son sceau, sa caisse, sa mense et tous les insignes archiépiscopaux, privilèges, honneurs, droits, dont les autres églises métropolitaines et leurs prélats jouissent dans le royaume de France, à l'exception cependant de ceux qui sont reconnut avoir été accordés à titre onéreux ou par induit ou privilège particulier. Nous conférons également à Tarchevéque futur de Cambrai et à ses successeurs le nom, le titre et la juridiction d'archevêque et de métropolitain, et nous voulons et entendoni qii'il jouisse de tout ce qui est propre aux métropolitains, droits, privilèges et prééminences , excepté l'usage du pallium , jusqu'à ce qu'il l'ait demandé selon ia coutume.

<t Afin que le futur archevêque de Cambrai puisse, ainsi qu'il est juste , soutenir convenablement sa dignité, et pourvoir et satisfaire à toutes les charges y attachées, nous assignons et attribuons à la même église archiépiscopale de Cambrai le surplus dedotations que notre très*cher fils Louis-Philippe, roi des Français, accordera selon ta promesse. Quant à ladite église d'Arras, soustraite par droit métropolitain à l'église de Paris, ainsi qu'il a été dit plus haut, et tout à fait affranchie, nous l'assujettissons, à perpétuité, à la juridiction métropolitaine de ladite église archiépiscopale de Cambrai; nous la constituons son église suffragante et nous accordons et attribuons également à perpétuité, à ladite église métropolitaine de Cambraif sur la susdite église d'Arras, les droits, privilèges, honneurs et facultés dont les prélats métropoliiams, conformément aux sacrés canons et aux constitutions apostoliques. Jouissent sur les églises suffragan tes. Enfin nous chargeons de l'exéculioa des présentes notre très-cher fils maître Antoine Garibaldi, internonce apostolique près du roi des Français. Nous lui donnons tous pouvoirs nécessaires pour qu'il puisse, soit par lui, soit par toute autre personne constituée en dignité ecclésiastique, tout r^ gler et ordonner afin que les décrets ci-dessus reçoivent leur plein effet; nous donnons audit mandataire, ou à son subdéiégué, tout pouvoir de prononcer dèlinitivement et régulièi-oment sur toute opposition qui pourrait s'élever sur l'exécution des présentes, de quelque manière qu'elle puisse naître. Nous lui enjoignons toutefois que, dans les six mois de l'exécution des présentes, il ait soin d'envoyer exactememt à la sacrée congrégation des affaires consistoriales une copie, rédigée endueforuM, de tous les décrets qu'il aura rendus pour l'exécution des présentes, et voulons que ladite copie soit régulièrement consignée et conservée aux archives de ladite congrégation. Nous vouions que les présentes lettres et tout ce qui estcontenu en icelles, alors même que ceux qu'elles intéressent ou pourraient intéresser n'auraient point été entendus ou n'y auraient point consenti, bien qu'ils soient digues d'une mention expresse, spéciale et personnelle, ne puissent, en aucun teups, être attaquées ou controversées, sous aucun prétexte de subreption , vice de nullité ou défaut de notre volohté ou de tout autre défaut réel ou supposé, mais soient, à Uxit jamais, valides et etUcaces, comme faites par noua, de science certaine, et émanéet de notre pleine autorité, et reçoivent leur plein etentier effet et soient învioAiEdiitoaMOt observées par tous ceux qu'elles intéressent, et déclarons nul et de nul effet loul ce

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qui, sciemment oa antrement^ pourrait être fait de contraire par qui que ce soit et avec une autorité quelconque, nonol)stant tout prétexte de droit acquis, toute plainte en suppression des églises, tout appel des parties intéressées , toutes règles pontificales et de la chancellerie apoitolique , ainsi q«6 des égHees susdites, lors même qu*elles auraient été confirmées par serment, par rautorilô apoetoliqne ou par tout autre pouvoir; nonobstant tous décrets, coutumes non mentionnés, privilèges, induits, concessions, bien que dignes d'une mention spéciale, toutes constitutions et ordonnances entières et particulières, spéciales ou générales, apostoliques et émanées de synodes provinciaux et de conciles universels, nonobstant enfin toutes autres choses quelconques, en quelques points qu'elles soient contraires. Nous dérogeonf spécialement et expressément, de la manière la plus étendue et la plus complète, à toutes les précédentes prescriptions, soit entières, soit particulières, dans toutes leurs fbrmes et teneurs, lors même que, par mention spéciale on expression quelconque , nue formule explicite y serait conservée, ayant pour exprès commandement que It teneur des pféaenies aU^ en tout comme en partie, son accomplissement.

« En oiUre^ nous voulons qu'en tous lieux copies des présentes, alors mêmeqH'elldt ne porteraient que la subscription d'un notaire public et la signature d'une personna constituée en dignité ecclésiastique, obtiennent même foi et obéissance que si l'original était représenté.

« On'il ne soit donc permis à personne d'enft-eindre les présentes ou dVntrôprendro de s'y opposer témérairement, en ce qui concerne la suppression, Fextinctfon , l'aoïralation, la di^ionstion, la séparation, la réunion, Tiinion, rérecàon, Tapplica* 4lop, la droontoription, la concession, l'asaignatioa et les sul^otion , attribution, statut, indalt, déclaration, députation, commission, mandat, décret, dévogation «| volontés qui y sont exprimés. Quiconque se permettra un tel attentat auraencour% qu'il le sache bien, l'indignation du Dieu tout-puissant et de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul.

<c Donné à Rome, sur notre commandement spécial, Tan 1841,1e Jour des calendes d*octobre, la onzième année de notre pontiOeat.

« A. cardinal Lambrvscbiki,

f an lieu du sceau. »

ORDOKifÀifCE du roi relative à Vérectionde Véglise de Gimbrai eu métropole.

« Leuis-PULTPPB, etc.

« Sur le rapport de notre garde des sceaux, ministre secrétaire d'État au départe* ment de la Justice et des cultes;

« Vu rarticle !•» de la toi dn « avril 18M (18 germinal an X);

«c Notre conseil d*État entendu;

« Nous avons ordonné et ordcanons ce qtd suit :

a Aar. i«r. L'égUse épiscopale de Ciunbrai esi érigée «n métropole; elle flOTA pour suffiragante l'église épiscopale d'Ârras;

« Art. 2. La bulle relative à cette érection, avec la suffragance d'Arcas, donnée à ^ome le jour des calendes d'octobre 1841, sur notre demande, est reçue et sera publiée dans le royaume;

« Art. I. Ladhe balle est reçue sans approbation des danses, réserves, foramlco «a expressif» qo'ellereniBrme et qui sont ou povraient être contraires à la disito constitationfidle, aux lois du royaume, aux franchises» libeflét ei nmxîAea de TJ^ glise gallicane (i) ; elle sera transcrite en latin et en francaif sur les re^figtfim ùp notre conseil d'Etat ; mention de ladite transcription sera faite sur l'original par le secrétaire général du conseil d'État. »

(!) Cette fonnule surannée e«t «oe fiifarc gratnfte m Sahit-Siége.

468 CAMBBLlNGUfi.

CAMÊRIER.

On donne oe nom à Rome aux officiers de la cliambre du pape. {Voyez ci-dessous camerlingue.)

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