CHALCÉDOINE
Chalcédoine, ville voisine de Constantinople, remarquable par le quatrième concile général, qui y fut tenu, l'an 451 , en présencedes légats du pape saint Léon, et de plusieurs officiers de l'empereur Marcien. Ce dernier, d'intelligence avec le pape, avait convoqué le concile pour anéantir le brigandage d'Éphèse , où Eutychès et Dioscore avaient exercé toutes sortes d'injustices et d'irrégularités pour canoniser leur hérésie . Eutychès , qui en fut le premier auteur, était prêtre et abbé d'un monastère près de Constantinople ; il s'était montré très zélé contre l'hérésie de Nestorius ; mais il tomba lui-même dans une extrémité opposée : il soutint que la divinité du Fils de Dieu et son humanité ne sont qu'une nature depuis l'incarnation, par où il attribuait les souffrances à la divinité. Le concile de Chalcédoine, présidé par les quatre légats du pape saint Léon, foudroya cette doctrine, déposa Dioscore , contumace, et fit plusieurs canons que Denys le Petit a insérés dans son code des canons de l'Église romaine, au nombre de vingt-sept. Les Grçcs en ont compté trente, parce que les évêques orientaux tinrent une session, après que les légats du pape et les offi-
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ciers de Fempereur se furent retirés, où ils ajoutèrent trois canons, dont le premier, c'est-à-dire le vingt-huitième du concile, suivant les Grecs, renouvelle le troisième canon du concile de Constantinople, et ordonne, déplus, queFévêque de Constantinople aura le droit d'ordonner les métropolitains des provinces de Pont, de Thrace et d'Asie ; lea deux autres canons, roulent sur des objets résultant de la quatrième session, contre les partisans deDioscore. Sur cette nouvelle action, les légats du pape firent leurs protestations devantles magistrats, touchant les prérogatives attribuées à l'Église de Constantinople; mais ce fut inutilement. Le concile et les officiers de Marcien furent jEftvorablés à Tévêque de Constantinople , ce qui obligea le pape Léon d'écrire à Fempereur et à sa femme Pulchérie contre les entreprises d'Anatolius, evéque de Constantinople, qu'il menaçait d'excommunication. Par cette lettre et par d'autres du même pape, il paraît que le Saint- Siège rie reçut et n'approuva le concile de Chalcédoine qu'en ce qu'il décidait touchant la foi, et dans les six premières sessions. Le cardinal Bellarmin [1) a écrit que les canons du concile de Chalcédoine n'ont reçu leur vigueur que dans l'approbation des papes et des conciles postérieurs . M . de Marca (2) dit que sain tLoon reçut et approuva tous les canons de ce concile, à Fexception du vingt-huitième, ce qui est justifié par la collection de Donys le Petit et par la NovelleVll de Justinien, et encore mieux par Fépître 62 de saint Léon lui-même à Maximien, évêque d'Antioche ; mais cette opposition constante, de la pari des papes, aux prérogatives des patriarches de Constantinople, n'» pas empêché qu'ils en aient joui de fait et en vertu de différentes constitutions des empereurs, ce qui a été le prélude du schisme. Licet Sedes apostolica usque contradicat, quod à synodo confirmatum est, imperatoris palrocinio, permanet quodammodo. (Libérai, breviar., c. 13.)