CHANCELLERIE ROMAINE
La chancellerie romaine est le lieu où Ton expédie les actes de toutes les grâces que le pape accorde dans le consistoire, et particulier rement les bulles de^ archevêchés, évêchés, abbayes et autres bénéfices réputés consistoriaux.'Dans l'usage, on regarde \sl chancellerie de Rome comme une espèce de bureau général distribué en différents tribunaux, tels que la daterie, la chambre, etc. Quoique chacun ait son établissement, ses fonctions et ses droits particuliers, la chancellerie toutefois, relativement aux expéditions pour les grâces, est d'un établissement plus ancien.
Si l'on juge de cet établissement par celui du chancelier de FEglise romaine, on croira que la chancellerie est fort ancienne , puisque ce chancelier était connu dès le temps du sixième concile œcuménique, tenu en 630. Cependant quelques auteurs pensent que cet office n'a été établi que vers le commencement du treizième siècle. En efifet,
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le pape Luee III est le premier qui parle de chancelier, dans le chapitre Ad hœc, de Rescriptis, Innocent III en parle aussi dans le chapitre Dura, de Crimine falsi, et dans le chapitre Porrecta, de Confirm. utili vel inutili. Mais il n y avait point de vice-chancelier du temps de ces papes, ni de règles de chancellerie ; un président et quelques officiers avaient la direction de cet office sous les ordres du pape, qui était le chef, et à qui, pour cette raison, on a toujours donné en cette qualité les droits et le nom de chancelier. Le cardinal de Luca prétend qu'on cessa à Rome de donner le titre de chancelier à un autre qu'au pape, parce que les cardinaux, à qui cette charge était ordinairement conférée, regardèrent comme au-dessous d'eux de l'exercer en titre; et que depuis, le pape ne le leur donne plus que par commission. D'autres auteurs disent que Bouiface VIII se réserva à lui seul le titre de chancelier, parce qu'il dit que eancellarius certabat de pari cum papâ.he même pape avait aussi retenu pour lui l'office de chancelier de l'Église et université de Paris, ce qui a peut-être fait confondre ces deux offices : mais quoi qu'il en soit, Onuphre dit, au livre des Pontifes, que ce fut du temps d'Honoré m, qui vivait bien avant Boniface VIII, qu'il n'y eut plus de chancelier à Rome.
La chancellerie, en elle-même et relativement aux expéditions qui en émanent, était anciennement bien peu de chose ; elle s'est formée insensiblement. Nous disons ailleurs que les règles de chancellerie n'ont que Jean XXII pour principal auteur, et que ce n'est que depuis lors que cet office a eu une consistance, dont on voit à présent le véritable état, par ce qui est dit en différents endroits de ce livre.
C'est une grande maxime à Rome, que la chancellerie représente le Saint-Siège, ou le pape qui en est le chef : Cancdlaria reprœsentat Sedem apostolicam quœ habetur pro cancellario ; undè qnando anditùr remittit causam ad cancellarium, dicitur eam retnittere ad conêistorium papœ, quod habetur pro cancellario, non autem remittitur ad vicecancellarium (1). La chancellerie, dit Corradus (2j, est l'organe de la voix et de la volonté du pape : Est organum tne^ms ^ vods pofœ.
( Voyez CHANCELIER.)
§ I. Règles de chancellerie
(Voyez RÈGLES.)
§ II. Chancelleries d'église.
C'est un titre qui s'est conservé dans plusieurs églises, et qui prend son origine dans ces anciennes charges de aurthophilax^ bibliothécaire, notaire, dont il est si souvent parlé dans les monuments ecclésiastiques. Le chancelier était le dépositaire du seeau particulier d'un évéque ou d'une église ; il est parlé de chancelier dans
(1) Gomez, Prœmium cancéUariœ.
(«) Praxis Dispens, apostoliCy lib, ii, cap. 8, n. Îl,
i^ CHANOINE.
le sixième concile général ; les uns croient que ce mot vient de ce que cet officier était le maître du chœur, appelé cancelli; les autres, et c'est l'opinion la plus commune, tiennent que les chanceliers d'Église ont tiré leur nom des chanceliers séculiers, qui écrivaient chez les Romains intrà cancellos.
Le nom et l'office de chancelier ecclésiastique se sont altérés dans la suite des temps ; dans les églises où il y avait autrefois des chanceliers, il n'y en a plus ; dans d'autres ils ont changé de nom ou de fonctions ; on les a appelés scholastiqaei, écolâtres, capiscols.
Le père Thomassin (1) établit que les syncelles, les conseillers ecclésiastiques, les chanceliers, les notaires, les carthophilax et les bibliothécaires sont tous des offices qui ont beaucoup de rapport entre eux, et à peu près la même origine. Ce savant auteur nous apprend que le chancelier de France était autrefois un ecclésiastique, qu'il y avait plusieurs chanceliers inférieurs, qui étaient comme les premiers substituts d'un premier chancelier, à qui Ton donnait le nom de grand chancelier ou d'archi-chancelier Celui-ci gardait les ordonnances des princes et les résolutions des assemblées générales ou des États du royaume. Il en fournissait des exemplaires aux évoques, aux abbés et aux comtes; c'est ce qui paratt par un capitulaire de Louis le Débonnaire, de l'an 823. Le grand chancelier publiait aussi ces ordonnances dans les assemblées du peuple, n était difficile qu'une pareille charge fût longtemps entre les mains des gens d'Église.
§ IIL Chancellerie ecelésiastique.
Quand le pape érige un siège épiscopal, il institue en même temps une chancellerie ecclésiastique. C'est ce qu'on appelle en France secrétariat. Il y en a nécessairement dans tous les évêchés.