CHAPELAIN
Chapelain, dérivé de chapelle, est un nom dont on étend beaucoup la signification dans l'usage ; on l'applique aux prêtres habitués et desservants dans les chapitres, aux officiers ecclésiastiques de la maison du roi et des princes, aux aumôniers même employés à dire la messe dans des chapelles particulières, et enfin aux titulaires de chapelle et chapellenie. Nous ne parlerons ici des chapelains que dans la première acception, voyez pour les autres, aux mots chapelle, AUMONIER, et ci-dessous grand chapelain.
On appelle chapelains des chapitres les vicaires portionnaires, demi-chanoines, semi-prébendés, mensionnaires, habitués, bénéficiers et autres, sous d'autres noms, que les chanoines ont eu soin d'établir dans leurs églises pour être soulagés dans le chant et le service divin. Dans beaucoup d'églises, les chapelains avaient une autre origine ; mais dans toutes ils ont été placés pour être les substituts et les coadjuteurs des chanoines. Le concile de Cologne, tenu en 1536, can. 11, témoigne aux chapelains qu'étant les vicaires des chanoines pour assister au chœur, quand leurs infirmités ou leurs occupations pressantes ne leur permettent pas de s'y trouver, ils doivent satisfaire à une obligation si expresse et en même temps si sainte, ou être privés, non seulement des distributions, mais même des gros fruits : Incipiant intelUgere, cur vicarii dicantur, superpelliceis quoque utantur; cujus enim vices gèrent, nisi canonicis adjutores accédant, horum nimirum, qui vel adversd valetudine detenti, vel negotiis necessarils avocati interesse non possunt, etc. Suspensionis pœna etiam à fructihus, nedum quotidianis illis qui distribuuntur, sed à grossis quoque pro culpœ modo animadvertendum in non parentes, (Can. 11 .)
Le concile de Cambrai, en 1565, cap, 15, voulut que ces vicaires destinés à chanter les heures canoniales, vicarii qui canonicas horas in choro canunt, fussent prêtres ou dans les ordres sacrés, ou au moins lecteurs, et, s'il se pouvait, liés à la continence.
Le père Thomassîn dit (1) que les portionnaires des chapitres d'Espagne ont souvent prétendu avoir les mêmes avantages que les chanoines, surtout dans les cathédrales où ils ont entrée dans le chapitre, pour délibérer de certaines affaires où ils sont intéressés ; mais la congiégation du concile a toujours répondu quMlsne sont
(1) Disciplina de VÉgUsei part, iV, liv. i, chap. 47. n. 16.
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nullement compris, ni dani les honneurs, ni dans les privilèges des chanoines, et qu'ils ne peuvent prétendre que ce que la coutume d« chaque chapitre leur a accordé.