VIENNE
Le quinzième concile général fut assemblé à Vienne en Dauphiné, par ordre dû pape Clément V, l'an 1311. Les causes de ce concile étaient l'extinction de l'ordre des templiers, et le rétablissement de la discipline. Il s'y trouva trois cents évoques, les deux patriarches d'Antioche et d'Alexandrie , plusieurs abbés et prieurs , et trois rois, Philippe le Bel, roi de France, Edouard II, roi d'Angleterre, et Jacques II, roi d'Aragon.
L'ouverture de ce concile se fit le 13 octobre 1311 , par une première session où le pape fit un sermon , dans lequel il exposa les causes de la convocation du concile. 11 se passa ensuite un an jusqu'à la seconde session. On l'employa en conférences sur l'affaire des templiers, dont l'ordre fut aboli par sentence provisoire, le 22 mars de l'année 1312. Dans la seconde session tenue le 3 avril 1312 , on en publia définitivement la suppression en présence du roi Philippe le Bel, de son frère et de ses trois fils.
Le pape Clément V avait mandé à tous les évoques d'apporter au concile de Vienne des mémoires de tout ce qu'il convenait d'y régler pour le bien de l'Église. Nous avons deux de ces mémoires, l'un de Guillaume Durand, évèque de Mende, et l'autre d'un prélat dont on ignore le nom, mais qui est un ouvrage digne d'un grand évéque. Ce dernier propose divers moyens pour le rétablissement de la dis-
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eipline et le retranchement de plusieurs abus, entre autres, la quantité des excommunications sur des sujets légers , les voyages fréquents des ecclésiastiques à Rome, etc.
Le mémoire de Vévèque de Mende n'est pas moins remarquable : il désire qu on rappelle l'antiquité , et dit que de parler contre les anciens canons , c'est blasphémer contre le Saint-Esprit qui les a inspirés : il veut qu'on réduise les dispenses à de justes bornes : il recommande la tenue des conciles provinciaux : il demande une sérieuse réforme dans la cour de Rome, dans les évoques, dans tout le clergé, etc.
On termina dans ce concile le célèbre différend de Philippe le Bel avec le pape Boniface VIII. Le concile déclara que le pape Boniface avait été catholique, et n'avait rien fait qui le rendît coupable d'hérésie, comme on le prétendait. Mais pour contenter le roi, le pape fit un décret portant qu*on ne pourrait jamais reprocher au roi, ni k ses successeurs, ce qu'il avait fait contre Boniface. Le concile condamna quelques erreurs attribuées à Jean d'Olive , frère mineur , et en même temps les bé^ards et béguines ou fratricelles , ses sectaires. (Voyez BEGUINES.) Le pape voulut aussi réunir entre eux lea frères mineurs , et lever les scrupules de ceux qui se plaignaient que le corps de Tordre n'observait pas fidèlement la règle de saint François ; il fit à cet effet une grande constitution qui n'eut pas le succès désiré. Elle fut cependant approuvée en consistoire secret le 5 mai, et publiée le lendemain à la troisième et dernière session du concile.
Le concile de Vienne fit plusieurs autres constitutions touchant les réguliers, qu'on a insérées dans le recueil des Clémentines. (Clem. 1, de Regul, ; Clem, Dudum, de Sepult. in agro 1, de Stat. monach. 1, de Relig. dom,] Il fit aussi un décret concernant les hôpitaux, in e. Contigit, de Relig. dom, Clem,
Enfin , le concile de Vienne pour résoudre les longues contestations élevées entre les évêques et les réguliers, touchant les exemptions , et vivement agitées dans cette assemblée , fit deux constitutions touchant les privilèges des religieux et les autres exempts. Tune pour les soutenir contre les vexations des prélats, Tautre pour réprimer l'abus. (Clem, Fréquentes, de Excesê, prœlat. ; Clem. Religiosi, de Privil, ; Clem. Eos, Qui de sepult. ; Clem, 1, de Testam.] Les autres constitutions regardent les mœurs et la conduite du clergé. (Clem, Diœces, de Vitâ et konest. e, 2, eod, c. 3, de jEiat. et qualit, c, 2, eod.)
Le concile révoqua la &meu6e bulle Cleritis laieos de Boniface YUI, avec ses déclarations sur l'immunité des clercs. (Clem. unie, de /mmun ) Ce môme concile renouvela la fête du saint sacrement instituée quarante-huit ans auparavant par le pape Urbain IV, mais dont la bulle n'avait point eu d'exécution. (Ciem. Si démon, de Relig.) Enfin,
I)our faciliter la conversion des infidèles, le concile établit l'étude des angues orientales. Il ordonna qu'en cour de Rome, et dans les uni*
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versités de Paris» d'Oxford, de Bologne, et de Sàltmanque, on établirait des maîtres pour enseigner les trois langues, hébraïque, arabiqno et chaldéenne, deux maîtres pour chacune, qui seraient stipendiés et entretenus en cour de Rome par le pape : enfin on ordonna la levée d'une décime pour la croisade , c'est-à-dire le recouTrement de la terre sainte (1).