‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 182 sur 408 · MARIAGE CIVIL · texte numérisé non relu

MARIAGE CIVIL

Nous avons dit sous le mot mariage, que l'acte civil qu'on a fastueusement et faussement décoré du nom de mariage civU, n*esttout simplement qu'un concubinage public , ou , si Ton aime mieux, qu'un concubinage légal, ce qui est encore plus déplorable et plus scandaleux , car on ne s'explique une telle aberration d'es-

I)rit, de la part d'hommes graves et réfléchis , comme doivent l'être a plupart des législateurs, que par le malheur des temps. Un fait aussi inouï n'a pu s'établir qu'à la suite de la funeste et à jamais lamentable révolution de 1793, que des hommes qui se prétendent honnêtes, qui se croient même d'habiles politiques, veulent encore justifier. Ce fait, dont on ne se rend pas assez compte, est un de ceux qui ont le plus démoralisé la société civile. De bons esprit-s, éclairés par l'expérience, commencent aujourd'hui à le comprendre et demandent, avec raison, qu'on modifie sur ce point notre Code civil. Ce serait assurément ce qu'on pourrait faire de mieux pour consolider la société qui chancelle sur ses bases et qui menace de s'écrouler, si l'on ne se hâte de l'étayer d'institutions religieuses, car un auteur payen , Plutarque, a dit avec beaucoup de sagesse, qu'établir un gouvernement sans religion , c'est vouloir bâtir une ville dans les airs. Or, qu'est-ce autre chose, que constituer une société sur des unions matrimoniales que ne sanctionnent pas la divinité et la religion! Nous craignons bien que l'état de choses actuel ne subsiste encore trop longtemps. Néanmoins, nous pensons qu'on agirait sagement en discutant cette question par tous les moyens pos> sibles, afin de réformer sur ce point l'opinion publique qui n'a été que trop faussée. Le législateur, en faisant présider la religion au mariage, ne porterait aucune atteinte à la liberté de culte et de conscience, car il n'existe aucun culte qui ne voie dans le mariage un acte religieux et qui ne demande à la divinité d'y intervenir d'une manière quelconque. Les chrétiens surtout savent qu'il ne peuty avoir d'union légitime véritable et indissoluble que celle que Dieu lui-même consacre. Quod Deus conjunxit, homo non separet.

Quoiqu'il en puisse être, un savant et respectable ecclésiastique nous prie de faire connaître la décision suivante qu'il a obtenue à cet égard de la sacrée Pénitencerie. On y verra qu'on ne fait que tolérer, toleratur, que l'acte civil précède le mariage religieux.

Eminentissime et reverendissime Domine.

Lege civili adhùc in Gàlliis vigente vetitum est, ne quis sacerdos matrimonium inter fidèles celebret, priusqudm actum civilsm eoram officiali

(1) 1. Cor. n, 12.

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