‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 181 sur 408 · LIBERTÉS DE L'ËQLISE GALLICANE · texte numérisé non relu

LIBERTÉS DE L'ËQLISE GALLICANE

pays, et par lesquelles il prétend restreindre les droits de ce Siège apostolique, n'a pas rougi d'affirmer que ces traditions étaient en estime parmi nous. Loin de nous, certes, vénérables frères, la pensée ou rintention de nous éloigner jamais, pour si peu que ce soit, des enseignements de nos ancêtres ou de laisser amoindrir en rien l'autorité du Saint-Siège.

« Oui, sans doute, nous attachons du prix aux traditions particulières; mais à celles seulement qui ne s'écartent pas du sens de rÉglise catholique ; mais par dessus tout, nous révérons et nous défendons très fortement celles qui sont d'accord avec la tradition des autres Églises, et avant tout avec cette sainte Église romaine, à laquelle, pour nous servir des paroles de saint Irénèe, il est néces^ saire à cause de sa primauté, que se rattache toute V Église, c'est-à-dire les fidèles qui sont partout, et dans laquelle s'est conservée par ceux qui sont partout, cette tradition qui vient des apôtres. »

Ces paroles sont remarquables, dit M. Guillois (1) ; c'est en présence du sacré collège que Sa Sainteté blàme celui qui n'avait peu rougi d'affirmer que les doctrines gallicanes (c'est-à-dire l'opinion de ceux qui prétendent que le concile général est supérieur au Pape, et que le Pape n'est point infaillible) étaient tenues par elle en estime; c'est en présence du sacré collège qu'elle proclame que ces mômes doctrines, par lesquelles on prétend restreindre les droits et les prérogatives du Saint-Siège, s'écartent du sens de l'Église catholique. De plus, Pie IX, en terminant l'allocution dont nous venons de citer un extrait, déclare que sa volonté est qu'elle soit rendue publique; et s'adressant non plus aux cardinaux, mais à tous les patriarches, archevêques et évoques du monde catholique, il les conjure tous et chacun de rester attachés à la chaire de Pierre, et de se confondre dans le même sentiment et la même doctrine. Tout cela, nous le répétons, est bien frappant, et ne saurait être trop médité. Qui pourrait encore regarder la question comme douteuse? qui pourrait hésiter encore à embrasser des doctrines que le successeur de Pierre déclare être d'accord avec la tradition de la sainte Église romaine, à abandonner celles qui y sont opposées 1

Dira-t-on qu'il ne faut point s'en rapporter à ce que disent les papes en faveur des prérogatives de leur siège, parce qu'ils sont parties intéressées? à cela nous répondons avecBossuet : (2) « Parla même raison, on ne devrait pas non plus s'en rapporter aux évêques et aux prêtres, quand ils parlent de leur dignité. Nous devons dire tout le contraire: car Dieu inspire à ceux qu'il place dans les rangs les plus sublimes de son Église, dos sentiments de leur puissance conformes à la vérité, afin que s'en servant dans le Seigneur avec une sainte liberté et une pleine confiance , quand Toecasion le demtmdé, ils vérifient cette parole de l'apêtre : Nous avons reçu V esprit

(1] Exiilicalion du catéchi9me, tom. i, page 527, sixième édition. |2) Defnuio dêrigallicypart. in, lib, x, c. 6.

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