‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 2 sur 408 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

que remplir un devoir de justice. Je suis heureux de pouvoir vous donner l'assurance ^ monsieur le chanoine, que votre Cours de droit canonique est déjà dans un bon nombre de nos bibliothèques ecclésiastiques , et je puis ajouter qu'il ne tiendra pas à moi qu'il n'entre dans tous nos presbytères. Ici, grâce à Dieu et au zèle de Monseigneur, Tétude de la science sacrée est florissante , et vos ouvrages y seront lus et étudiés de plus en plus. > Nous devons ajouter cependant que la critique a eu aussi sa part, et qu'elle est venue tempérer les éloges beaucoup trop grands qu'on nous a donnés; mais, comme, en général , elle a été très bienveillante et quelque peu fondée, nous en avons profité avec bonheur et avec reconnaissance. Toutefois, il nous semble convenable de dire que ce qui a été le plus blâmé, et ce qui peut-être mérite le plus de l'être, se trouve , non dans cette édition , mais seulement dans la première , qui , pour quelques raisons qu'il ne nous est pas permis d'expliquer ici, n'est pas, en certains points, telle qu'on pouvait justement le désirer. C'est même ce qui nous a déterminé en grande partie à publier celle-ci qui, à notre avis, est beaucoup plus exacte et plus correcte , comme l'ont d'ailleurs remarqué plusieurs personnes coiupéteiiles ; elle est surtout beaucoup plus complète, et beaucoup plus étendue. Nous ne craignons donc pas de dire , tant la vérité et la bonne doctrine ont pour nous de charme , que nous sommes le premier à souscrire au blâme que peuvent mériter quelques articles de la première édition, qui n'était guère en résumé qu'un essai , à une époque où l'étude du droit canonique était encore totalement négligée. Aussi, dans ce même but, nous serions tout disposé à faire l'échange de l'ancienne édition pour celle-ci, sauf la diiTérence du prix des deux, en faveur de ceux qui voudraient profiter de nos nouvelles recherches et de nos travaux ultérieurs. On a répandu le bruit, nous ne savons dans quel dessein, en France et en Belgique, que notre ouvrage était écrit dans les

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principes de la déclaration de 1682. Nous n'avons pas besoin de dire que c'est là une erreur ou une calomnie évidente et manifeste, contre laquelle nous protestons de toute Ténergie de notre âme. Pour s'en convaincre, il suffit d'ouvrir notre livre ; on y verra que nous y combattons les opinions gallicanes comme dangereuses et comme ayant été constamment désapprouvées par le Saint-Siège ; que nous nous efforçons au contraire d'établir comme autant de vérités, que le Pape, successeur de saint Pierre, vicaire de Jésus-Christ et ayant la primauté d'honneur et de juridiction dans l'Église, est en même temps l'évêque des évéques, le Pontife souverain, c'est-à-dire supérieur aux autres pontifes, et, comme tel, jouissant du privilège de l'infaillibilité, du droit de confirmer ses frères dans la foi par ses jugements îrréformables, de convoquer , de présider par lui-même ou par ses légats les conciles généraux et œcuméniques auxquels il est supérieur, ou, si l'on aime mieux, qui ne peuvent être regardés comme tels et en avoir l'autorité, que lorsqu'il les a reconnus, promulgués et revêtus de sa sanction, etc. Voilà quelle est notre doctrine ; elle ne nous semble guère ressembler à celle de la déclaration de 1682.

Mais si , croire de telles vérités et les enseigner avec calme , modération et sans invectives aucunes, comme étant, du moins, les opinions les plus sûres , les plus probables et les plus conformes à la tradition constante et universelle de l'Église , même en France, en nous abstenant toutefois de lancer des anathêmes contre ceux qui sont d'un avis contraire, bien que, dans la pratique , ils agissent comme s'ils étaient de même sentiment que nous ; si, disons-nous, croire de telles vérités, c'est être gallican, nous l'avouons , en ce sens y nous le sommes , parce que nous n'aimons pas les exagérations, et que nous savons tolérer et souffrir ce que l'Église romaine elle-même tolère et souffre.

Si c'est être gallican que de dire que les évêques sont les successeurs des apôtres , et que , comme tels , ils ont une grande puissance dans l'Église , quoique inférieure et subordonnée à

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