PITHOU
Pierre Pf^Aou naquit en 1539, àTroyes en Champagne, d'une famille distinguée. Après son éducation domestique, il vint puiser à Paris le goût de l'antiquité. De Paris il passa à Bourges, et y acquit, sous le célèbre Cujas, toutes les connaissances nécessaires à un magistrat. Ses premiers pas dans la carrière du barreau ne furent pas bien assurés. La timidité glaçant son esprit, il fut obligé de renoncer à une profession qui demande de la hardiesse. Le calvinisme faisait alors des ravages sanglants en France : Pithou , imbu des erreurs de cette secte, faillit perdre la vie à la Saint-Barthélémy. Devenu catholique Tannée d'après , quoique toujours prévenu pour les protestants et estimé d'eux, il fut substitut du procureur général, puis procureur général, en 1581, dans la chambre de justice de Guyenne. Il occupait la première place lorsque Grégoire XIII lança un bref contre l'ordonnance de Henri III, rendue au sujet du concile de Trente. Pithou publia un Mémoire où il défendit l'ordonnance du roi ; car il était toujours prompt à suivre son ancienne ardeur contre le siège de Rome : il était de la société des beaux-esprits qui composèrent contre la ligue la satire connue sous le nom de Catholicon d'Espagne, ce qui tenait un peu de Tinconséquence, dit Feller, car, étant devenu catholique, il était naturel qu'il tournât son génie caustique contre la ligue huguenote, formellement rebelle et sacrilège, plutôt que contre la ligue catholique. Il mourut le jour anniversaire de sa naissance, à Nogent-sur-Seine, le 1*"' novembre 1596, à cinquante-sept ans. On a de lui un Traité des libertés de l'Eglise gallicane, où l'on trouve plus d'un reste de la religion que Taiiteur avait abandonnée, Paris, 1609, in-S^'. On en fit depuis plusieurs
4I« PITTONI, PL\T.
éditionB av6« deA preuves, commentairM, noteSi etc. M. Dtt|>m allié en a donné une nouvelle édition. {Vofôz dupin.) Pierre PîfAet» puUia encore d'autres ouvrages et un grand nombre d'opuscules.
François Pithim, son frère puîné, né aussi à Troyes en 1543, où il mourut en 1621, eut part à la plupart des ouvrages de son bèn, et il s'appliqua particulièrement à éclaircir le corps du droit canonique, imprimé à Paris en 1687, 2 vol. in^folio> avec leurs correc-^ tiens, par les soins de Claude Le Pelletier.
PITTONI.
Jeàû-Baptîste Pitioni, prêtre vénitien, et laborieux compilateur, né vers 1666, s'est acquis de la célébrité par le soin et la patience avec lesquels il a recueilli et mis en ordre un nombre considérable de constitutions des papes et des décisions de différentes congre* gâtions établies à Rome. 11 fit paraître, en 1704, celles de ces constitutions et décisions qui regardent les confesseurs. Elles furent depuis réimprimées en 1710 et 1715. En 1711 , parurent à Venise , in-12, Constitutiones pontificiœ et decisiones congregationum ed concwr* sum parochialium et heneficiorum collationem s pédantes ; en 1709, et réimprimées en plus grand nombre en 1722, à Venise, in-12, Comtitutiones, etc. ad canonicos utriusque ecclesiœ spectanteê; en 1719, Constitutionei , etc. ad regulares cujuscumque ordinis etiam mUitaris spectantes ; à Parme, la même année. De controversiU patronorum, nec non ab eis prœsentatorum adbeneficia: à Venise, 1712, Cùnstitutionés, etc. ad episcopos etabbates, in-i2 ; en 1713, Constitutiones, etc. ad parochos utriusque cîeri spectantes. Enfin, on imprima, en 1725, quelques-unes des décisions qui ont rapport au mariage. Ce recueil utile forme 14 vol. in-4**. Il fut imprimé par les soins de Léonard Pittoni, père de l'auteur, et il est fort recherché. On a encore de Jean-Baptiste Pittoni : la vie de Benoît XIII, Venise, 1730, en italien; Calendario romano décennale, avec des notes et des décisicns de la sacrée congrégation ; de Octavis festorum, quœ in Ecclesiâ universali celebrantur, 2 vol. in-8®.
Pittoni mourut le 16 novembre 1748, âgé de 82 ans. M. Crouzet semble faire deux auteurs différents de ce canoniste.