PORTALIS
cernent de la révolution, la modération de Portalit Téloigna du r61e auquel auraient pu l'appeler ses talents, et dès 1790 il se retira à la campagne. Les troubles du midi et les préambules des persécutions révolutionnaires lui firent chercher un asile à Lyon, qu'il fut encore obligé de quitter. Portalis se rendit à Paris dans les derniers mois de 1793 ; il ne tarda pas à y être arrêté, et il ne recouvra sa liberté que plusieurs mois après la chute de Robespierre. Nommé en 1795 député du département de la Seine au conseil des anciens, il y développa un caractère plein de modération , et se montra constamment opposé au parti directorial.
Portails fut inscrit dans la liste de déportation du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), après avoir voté contre les sociétés populaires ; il se réfugia en Allemagne. Rappelé en France après la révolution du 18 brumaire (9 novembre 1799) , il y arriva le 15 février 1800. Le 3 avril , on le nomma commissaire du gouvernement près du conseil des prises, et il entra dans le conseil d'Etat vers la fin de la même année. Il présenta plusieurs projets de loi au corps législatif, et défendit plus particulièrement le projet relatif à l'établissement des tribunaux spéciaux, qui éprouva une forte opposition. Peu de temps après, il présenta le projet du Code civil. Il fut chargé, dans le mois d'août 1801 , de touti^s les affaires concernant les cultes. Il fit reconduire à Rome le corps de Pie VI, resté jusque-là à Valence. Il ordonna d'effacer les inscriptions païennes qui restaien t sur le frontispice des temples. Il rappela dans leur patrie les évèques démissionnaires qui en étaient exÛés depuis tant d'années ; mesure qui fut le prélude d'un autre acte que réclamaient depuis longtemps la justice et l'humanité, le rappel des émigrés.
Le 5 avril 1802, il prononça devant le nouveau corps législatif, que l'on venait de convoquer pour cet effet, un Discourt sur l'organisation des cultes et exposé des motifs du projet de loi relatif à la convention faite entre le Saint-Siège et le gouvernement français (1). Portalis établit dans ce discours des principes fort sages ; mais on voit qu'il craignait de paraître trop favorable à la religion catholique, qu'il redoutait les sarcasmes de la philosophie , et qu'il avait été nourri dans les maximes exagérées des anciens parlements. On dit aussi , pour l'excuser, qu'il voulait ménager les préventions que l'esprit révolutionnaire avait encore laissées chez beaucoup de gens en place contre la religion; préventions telles, que le gouvernement pouvait craindre que le concordat ne fût pas adopté, si l'on heurtait trop les opinions. Le discours de Portalis d'ailleurs était grave, décent, et contrastait avec le langage révolutionnaire, inhumain et farouche dont cette môme tribune avait retenti tant de fois. Quoi qu'il en soit des motifs qui ont guidé cet homme d'Etat, un catholique ne peut admettre tous les principes de ce discours et du rapport qui le précède. Ainsi, par exemple, ou lit dans le rapport ces mots :
(1) YoTez ce disoonn bous le mot ooncobdat.
POZZOLO, PROMPSAULT. 485
« Le magistrat politique peut et doit intervenir dans tout ce qui « concerne Tadministration extérieure des choses sacrées. Il est « quelquefois nécessaire à la tranquillité publique que les matières «< de rinstruction et de la prédication solennelle soient circonscrites « par le magistrat ; que TÉtat a intérêt d'examiner la forme des dé- « cisions dogmatiques ; de commander le silence sur des points dont « la discussion pourrait agiter trop les esprits ; et d'empôcher «< même y dans certaines occurrences, que les consciences ne soient « arbitrairement alarmées. » Ces principes conduiraient directement au schisme.
M. Dupin (1) a retranché de ce discours, qu'il rapporte cependant m extenso, ce qu'il a trouvé de favorable à la liberté d'enseignement.
En 1803, Porialis fut élu candidat au sénat conservateur, et au mois de juillet 1804 il fut définitivement nommé ministre des cultes. Le 1*^ février 1805, il fut créé grand officier de la Légion-d'Honneur. Il mourut le 25 août 1807. Bonaparte fit élever à ce ministre une statue dans le conseil d'Etat.
En 1820, son fils a publié un ouvrage posthume intitulé : Traité sur l'usage et l'abus de l'esprit philosophique pendant le dix-huitième siècle, précédé d'une notice fort intéressante sur l'auteur, Paris, 2 vol. in-8®. C'est un livre très remarquable par la philosophie religieuse qui 7 rè^e, par l'esprit de méthode, d'analyse et d'impartialité qui a présidé à sa composition, et par un style noble et élégant.
Son petit-fils a publié, en 1845, les Discours, rapports et travaux inédits sur le concordat de 1801, les articles organiques publiés en même temps que ce concordat, et sur diverses questions de droit public concernant la liberté des cultes, etc., 1 vol. in-8". Ce volume est précédé d'une introduction où l'on trouve, contre l'indépendance de l'Église, toutes les préventions des gallicans parlementaires.
POZZOLO.
On a de Pozzolo : De papa et symbolo opus theologicum, canonieum et historieum, Rome, 1727, in-fol.; Rationale romani pontifieis, 'Rome, 1716, in-fol.