‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 62 sur 408 · SCEAU · texte numérisé non relu

SCEAU

Nous appliquons ici ce mot au sceau des expéditions de Rome et au sceau des évéques.

1^ Les sceaux des expéditions qui émanent de la chancellerie de Rome ne sont pas uniformes. On se sert du plomb pour les bulles, et de Fanneau du pêcheur sur cire rouge pour les brefs. On ne met aucun sceau aux simples signatures. (Voyez bref, bulle, faux, anneau.)

A la mort du pape, l'un des maîtres des cérémonies brise, eu présence du sacré collège, Fanneau du pécheur que le cardinal camerlingue lui remet. On brise également le sceau de plomb de la chancellerie apostolique, remis par le prélat qui en a la garde.

2® Le chapitre Pervenit, de Fidejussor . , sert à prouver que le sceau des évoques rendait autrefois authentique la pièce où il était apposé ; ce qui s'accorde avec ce qui est dit des notaires épiscopaux, sous le mot NOTAIRE. Ce même «ceau a encore aujourd'hui en France la môme valeur pour Fauthenticîté d'un acte. (FoyejSFAUX, §11.)

On en use pour les lettres d'ordre, de visa, pour les attestations et autres actes semblables; et à cette occasion, les secrétaires des évoques prennent un droit qu'on appelle droit de sceau, en partie pour leur salaire, et en partie sous le nom des évéques, comme une reconnaissance de leur autorité. [Voyez secrétaire.

Quand le sceau d'une pierre sacrée est rompu, il faut la faire consacrer de nouveau. (Foyez autel.)

SCHISMATIQUE , SCfflSME.

Le mot schisme, quivient du grec, veut dire, en général, cKrision, séparation, rupture.

Le schiêmatique diffère de Fhérétique e» ce que celui-ci soutient des dogmes condamnés par VÉglise, tandis que le sekismatiquê se se» pare des pasteurs légitimes et du corps de FËglise : Haresis ^iMtss ah decHone voeaiur, quodsciliceêunusquisquesibi eli§at quùd méUus tiki esse videtur, uiphilasophi, peripaUtici, academici, etc. Schiâma d seisêurâ animorum nomen accepit. (C Schisma 24, qu. 1.) Eodem enim cultu, eodemque ritu crédit uicœteri; solo congregationis- deiectatur dis^ sidio. Superstitio dicta eoqu&d sup€rflu0MUt smper^tatuta ob$ercmiio[l].

(1) Saint Lsidort, 4* Ëtym,, lik. viii, c 3.

9S SCHISMATIQUB, SCHISME.

On tenait pour êckùmatiques, dans le troisième siècle, ceux qui se constituaient pasteurs, sans ordination, et qui prenaient le nom d'évéques sans avoir reçu Tépiscopat. Non licebat, dit saint Cyprien^ eommunieare êchismaticiê, et qui negaverunt ChrUtum^ et iacrificaverunt, et excommunicatis ab aliis.

Voici, à ce sujet, la doctrine de ce saint docteur touchant Tunité de TEglise : LoquiturDominus adPetrum, « Ego dico tibi, inquit, quia tues Petruê, et super istam petram œdificabo Ecclesiam meam, "Super unum œdifieat Ecclesiam, et quamvis apostolis omnibus post resurrectionemsuamparem potestatem tribuat et dicat: « Sicut misit me Pater et egomitto vos^ accipite Spiritum Sanctum ; ** tamen ut unitatemmanifestaret, unitalis ejusdem originem ab uno incipientem suâ auctoritaie disposuit. Hoc erantutique et cœteri apostoli quod fuit et Petrus pari consortio prœdieti et honoris et potestatis . Sed exordium ab unitate profiscitur ut una Ecclesia monstretur; quam unam Ecclesiam etiam in cantico canticorum Spiritus Sanctus ex persond Domini désignât, et dicit : " Vna est columba mea, perfecta mea, una est matri suœ electa genitrici suœ. » Hanc Ecclesiœ unitatem quœ non tenet, tenere se fidem crédit, qui Ecclesiœ renititur et resistit in Ecclesid se esse confidit, quando et beatus apostolus Paulus hoc idem doceat et sacramentum unitatis ostendat, dicens : » Unum corpus et unus spiritus, una spes vocationis vestrœ, unus Dominus, una fides, unum baptisma, unus Deus. » Quam unitatem tenere firmiter et vendicare debemus ; maxime episcopi qui in Ecclesid prœsidemus ut episcopatum ipsum unum atque indivisum probemus ; nen%o fraternitatem mendacio f allât, nemo fidei veritatem perfidâ prœvaricatione corrumpat. Episcopatus unus est, cujus à singulis in solidum pars tenetur; Ecclesia una est, quœ inmultitudinem latitM incremento fecun^ ditatis extendilur, quomodo solis multi radii, sed lumen unum, et rami arboris multi, sed robur unum tenaci radies fundatum, et eum de fonte uno rivi plurimi defluunt, numerositas licet diffusa videatur, exundanits eopiœ largitate, unitas tamen servatur in origine, Avelle radium solis d corpore, divisionem locis unitas non capit; ab arbore frange ramun^^ fructus germinare non poterit ; à fonte prœcide rivum, prœcisus arescet^ sic et Ecclesia Domini, luce perfusâ, per orbem totum radios suos porrigit ; unum tamen lumen est quod ubique diffunditur, nec unitas corporis separatur^ Ramos suos in universalem terram copia ubertatis extendit, profluentes largiter rivos latius pandit, unum tamen caput est et origo una, et una mater est fecunditatis successibus copiosa. Illius fœtu nasdmur, illius lacté nutrimur, spiritu ejus animamur, adulterari non potest sponsa Christi, incorrupta est et pudica^ unam domum novit, unius cu^ biculi sanctitatem casto pudore custodit. {Can. 18, catt«.24, qu. 1.)

L'Église de Rome, à cause de sa primauté, étant le centre d'unité, et le prélat de cette Église étant établi de Dieu le chef de tous les autres, c'est un grand argument pour ôter tout soupçon de schisme, dit l'auteur du Becueil de jurisprudence canonique, d'être uni de com^ munion à ce chef; au contraire, c'est un grand argument de schisme que de se séparer de sa communion : Qui communions non eonso-

SGHISMATIQUB, SCHISME. 93

ciaiur, alienus est ; qui extra hanc domum agnum comederit, profanus txt ; qui extra hane arcam fuerit, perilnt régnante diluvio, et quicumque cum Romano pontifice non colligit, spargit (1).

Les deux grands schismes qui ont affligé TÉglise sont le schisme des Grecs et celui qu'on appelle le grand schisme d'Occident. L'on voit sous les noms des conciles de constance et de bale comment ce dernier a cessé. L'autre a pour principal auteur Michel Cérullaire, patriarche de Constantinople, dans le onzième siècle. L'Église grecque observait déjà des rits différents de ceux de l'Église latine, comme il seyoit sous le mot conïstantinople, et les patriarches de cette yille ayaient déjà témoigné plusieurs fois un certain penchant au schisme, lorsque celui-ci , Michel Cérullaire , leva , pour ainsir dire, le masque, et entreprit d* accuser d'erreur TÉglise latine, et défaire un crime aux Latins de consacrer avec le pain sans levain, de manger des viandes suffoquées , de se raser la barbe , d'avoir ajouté au symbole de Nicée le mot Filioque (ce qu'il taxait d'erreur), qu'on se donnait le baiser de paix à la messe , avant la communion, qu*on n'honorait pas les reliques des saints et les images, etc. II est constant que ce sont ces différents articles qui ont servi de prétexte aux Grecs, de ne plus reconnaître le pape pour leur chef et pour celui de l'Eglise. Léon IX fit de vains efforts pour ramener Cérullaire à la vérité et à l'union; on fut obligé de l'excommunier. L'empereur Constantin Monomaque le chassa même du siège de Constantinople, mais tout cela n'empêcha pas que le schisme ne fît de grands progrès dans l'Orient; de sorte que, dans les siècles suivants , la plupart des Églises grecques se trouvèrent séparées de l'Église romaine , soit par Thérésie des Nestoriens , soit par celle des Ëutichéens et autres .

La conquête que les Latins firent de la Palestine n'y remédia pas; les Grecs nommèrent toujours un patriarche qui résidait à Nicée, et après que les Turcs se furent de nouveau rendus maîtres de Constantinople , ce patriarche rentra dans son ancien séjour. Les Latins, qui n'avaient point perdu l'espérance de leur conquête, continuèrent cependant de nommer des patriarches, non seulement pour Constantinople, mais aussi pour les autres grands sièges d'Orient, et c'est ce qui .donna lieu, dans le concile de Florence , à régler que celui des deux patriarches de Constantinople qui survivrait, demeurerait seul possesseur de la dignité patriarchale pour l'une et l'autre nation ; ce qui s'exécuta en effet, sous le pape Nicolas V, en faveur de Grégoire , qui était Grec , demeuré seul patriarche de Constantinople. Mais, comme la réunion qui se fit dans ce concile ne fut pas stable, on nomma encore pendant quelque temps des patriarches latins pour les grands sièges d'Orient. Les différents partis que le schisme occasionna dans ce pays ont donné aussi lieu à de nouveaux patriarcats , parmi lesquels on compte celui des Maro-

(1) Saint Jérôme.

94 SCIBNGB.

nites , réunis Bincèr<)inent à TEfflise romaine , et dont le prélat qui prend la qualité de patriarche d'Ântioche , réside à Canobin , ceux des Arméniens, des Nestoriens, des Eutichéens, des Moscovites et autres dont parle Thomassin(l). (Voyez antipape, Florence.)

Quand le ichism$ est accompagné de l'hérésie , ce qui est ordinaire, suivant le canon 26, cause 24, questions, il produit Tirrégularité. {Yoyex iBsiGVUiSjrÉ.)

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