SÉCULIERS
On prend ce mot dans l'usage en deux significations.
1^ On entend par séculiers les ministres de l'Église, qui, ne faisant profession d'aucune règle monastique, virent dans le monde, par opposition aux religieux que l'on dit être éloignés du siècle, et qu'on appelle réguliers, à cause de la règle qu'ils professent : ceux-ci sont Clercs depuis que, contre leur premier état, on les a admis à la participation des ordres et aux fonctions du ministère ; mais cette qualité ne leur est, pour ainsi dire, qu'accidentelle : c'est pour cela qu'on ne les comprend pas soua le nom simple de clercs, ni sons ces
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termes des canons : Domini sacerdos, ad offieium aut militiam elericatuê, ad sacerdotium eligi, aliquod ministerium eccleHasticum agere, ecelesiœ sœculari iruervire,
2^ On donne aussi le nom de séculiers respectivement aux personnes ecclésiastiques, aux laïques dont l'état est de vivre dans le siècle : on dit dans ce sens juge séculier, tribunal séculier, cours séculières, par opposition aux juges d'églises et aux cours ecclésiastiques.
Un séminaire est une maison ou communauté où Ton instruit les jeunes ecclésiastiques qui se destinent aux ordres sacrés.
§ I. Origine et établissement des séminauœs.
L'établissement des séminaires n'est pas nouveau dans l'Église on peut en rapporter l'oriffine, ou à ces conununautés de clercs que les anciens évéques formaient auprès d'eux et qu'on renouvela, suivant Tbomassin (1) dans le neuvième siècle, ou à ces écoles tant recommandées par les anciens canons. On regarde saint Augustin comme le premier instituteur des séminaires, ainsi qu'on le voit dans sa vie écrite par Possidius.
La forme de ces établissements a varié selon les mœurs et les usages des différents siècles : il est parlé des plus anciens dans le canon du second concile de Bazas, tenu en 529, dans le canon 2 du concile de Tolède en 633, dans les Capitulaires de Charlemagne et de Louis le Débonnaire (2), et dans le canon 2 du concile de Paris de l'an 829. Fleury observe (3) que, depuis l'établissement des collèges et des universités, les évéques se sont reposés sur les docteurs des universités, de l'instruction des clercs pour la théologie et les canons, et sur les régents des collèges pour les études inférieures: ce qui a ôté au théologal et au précepteur les fonctions qu'ils exerçaient autrefois. Mais si d'un côté, ajoute Fleury, les universités et les collèges ont rendu les études plus faciles et augmenté la science, les mœurs et la discipline en ont notablement souffert : tant de jeunesse assemblée n'a pu être si aisément contenue par des maîtres étrangers que les clercs d'une ville par un primicier ou un archidiacre sous l'œil de l'évoque. L'étude a été séparée des fonctions des ordres mineurs ; cependant les clercs qui étudiaient dans les universités étaient sans fonctions et vivaient mêlés avec les écoliers laïques; enfin on a vu qu'il était nécessaire de les en séparer, pour les former à l'état ecclésiastique.
De là est venue Tinstitution des séminaires. Comme on élève les jeunes arbres dans les pépinières, d'où ensuite on les transplante
(1) Diêcipline de l'Église, part, i, liv. ï, ch. 41.
(2) rbid., ^(9. II, ch, 5.
(3) Institution au droit ecclésiastique, part, i, ch, 20.
où Ton veut : ainsi l'on a jugé à propos de former les jeunes clercs dans des collèges particuliers, pour les rendre capables de recevoir les ordres et d être appliqués aux fonctions ecclésiastiques : ce sont ces collèges qu'on appelle séminaireê. Voici le règlement que le concile de Trente fit sur cette matière. (Session XXIII, chap, 18, de Beform.)
« Les jeunes gens, s'ils ne sont bien élevés et bien instruits, se laissant aisément aller à suivre les plaisirs et les divertissements du siècle, et n'étant pas possible, sans une toute-puissante et spéciale protection de Dieu, qu'ils se perfectionnent et persévèrent dans la discipline ecclésiastique, s'ils n'ont été formés à la piété et à la religion dès leur tendre jeunesse, avant que les habitudes des vices les possèdent entièrement, le saint concile ordonne que toutes les églises cathédrales, métropolitaines et autres supérieures à cellesci, chacune, selon la mesure de ses facultés et retendue de son diocèse, seront tenues et obligées de nourrir et élever dans la piété et d'instruire dans la profession et la discipline ecclésiastique un certain nombre d'enfants de leur ville et diocèse ou de leur province, si dans le lieu il ne s'en trouve pas suffisamment, en un collège que révéque choisira proche des églises mêmes, ou en quelque autre endroit commode pour cela.
«• On n en recevra aucun dans ce collège qui n'ait au moins douze ans, qui ne soit né de légitime mariage, et qui ne sache passablement lire et écrire, et dont le bon naturel et les bonnes inclinations donnent l'espérance qu'il pourra s'engager à servir toute sa vie dans les fonctions ecclésiastiques. Veut le saint concile qu'on choisisse principalement des enfants de familles pauvres ; mais il n'en exclut pourtant pas ceux des familles riches, pourvu qu'ils y soient nourris et entretenus à leurs dépens et qu'ils témoignent le désir et l'affection de servir Dieu et l'Église.
« L'évéque, après avoir divisé ces enfants en autant de classes qu'il trouvera bon, suivant leur nombre, leur âge et leur progrès dans la discipline ecclésiastique, en appliquera ensuite une partie au service des églises, lorsqu'il le jugera à propos, et retiendra les autres pour continuer d'être instruits dans le collège, ayant toujours soin d'en remettre d'autres à la place de ceux qu'il en aura tirés ; de manière que ce collège soit un perpétuel séminaire de ministres pour le service de Dieu.
« Et afin qu'ils soient plus aisément élevés dans la discipline ecclésiastique, on leur donnera tout d'abord, en entrant, la tonsure, et ils porteront toujours l'habit clérical; ils y apprendront la grammaire, le chant, le comput ecclésiastique et tout ce qui regarde les belles lettres et s'appliqueront à l'étude de l'Écriture sainte, des livres qui traitent des matières ecclésiastiques, des homélies des saints et à ce qui concerne la manière d'administrer les sacrements, et surtout à ce qu'on jugera à propos de leur enseigner pour les rendre capables d'entendre les confessions : enfin ils s'y instruiront
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de toutes les cérémonies et usages de TEglise. L'évéquo aura Boia encore qu'ils assistent tous les jours au sacrifice de la messe , qu'ils se confessent au moins tous les mois, et qu'ils reçoivent le corps de notre Seigneur Jésus-Christ, selon que leur confesseur le jugera à propos, rendant serrice les jours de fûtes dans TégUse cathédrale, ou dans les autres du lieu.
« Toutes ces choses et toutes les autres qu'il sera nécessaire et à propos d'établir pour le succès de cet ouvrage seront réglées par les évoques, assistés du conseil de deux chanoines des plus anciens et des plus expérimentés, et choisis par les évéques mêmes, selon que le Saint-Esprit le leur inspirera ; et ils tiendront la main, par leurs fréquentes visites desdits collèges, que ce qu'ils auront une fois établi soit toujours observé. Ils châtieront sévèrement les mutins, les dissolus et les rebelles, les incorrigibles, et ceux qui sèmerontparmi les autres les viceset le dérèglement, les chassant môme de la mai« son, s'il en est besoin ; enfin ils auront en une singulière recomman^ dation tout ce qu'ils jugeront qui pourra contribuer à conserver et à afifermir un établissement si saint et si pieux, et éloigneront tout co qui pourrait y apporter obstacle.
^ Et d'autant qu'il sera nécessaire de faire fonds de quelques revenus certains pour le bâtiment du collège, pour les gages des mat<tres et des domestiques, pour la nourriture et l'entretien de la jeunesse, et pour toutes les autres dépenses ; outre les revenus déjà destinés, en certaines églises etautres lieux, à l'instruction et à l'en^ tretien des enfants qui seront censés dès là même réellement appliqués au nouveau séminaire, par le soin et à la diligence de l'évêque du lieu; les mêmes évéques, assistés du conseil de deux ecclésiastiques du chapitre, dont l'un sera choisi par l'évêque, et l'autre par le chapitre même, et de deux autres ecclésiastiques de la ville, dont l'un sera pareillement nommé par l'évêque, et l'autre parle clergé du lieu, feront distraction d'une certaine partie ou portion de tous les revenus de la mense épiscopale et du chapitre, et de toutes les dignités, personnats, ofi&ces, prébendes, portions, abbayes et prieu* rés, de quelque ordre, même régulier, ou de quelque nature et qualité qu'ils soient, dans des hôpitaux qui sont donnés en titre ou régie, suivant la constitution du concile de Vienne qui commence par Quia eontingit, et généralement de tous les bénéfices, même réguliers, de quelque patronage qu'ils soient, même exempts, même qui ne seraient d'aucun diocèse, et qui seraient annexes d'autres églises, monastères, hôpitaux ou autres lieux de dévotion, exempts même, quels qu'ils puissent être; ensemble des fabriques des églises et autres lieux, et de tous autres revenus ecclésiastiques, même des autres collèges, dans lesquels toutefois il n'y aura pas actuellement de séminaire» d'écoliers, ou des maîtres appliqués à l'avancement du bien commun de l'Église ; car le s^int concile veut et entend que ceux-là soient exempts, excepté à l'égard des revenus qui se trouveront superflus, après l'entretien honnête déduit de ceux qui com-
SBMINAIRB. 107
posent lesdits iimimairM ou lesdites sociétés et communautés, qui, en quelques lieux, s'appellent écoles ; comme aussi des revenus de tous les monastères, à la réserve des mendiants ; même des dîmes
{possédées de quelque manière que ce soit par des laïques, et sur esquelles on ait coutume de tirer la contribution pour les subsides ecclésiastiques, ou appartenant à des chevaliers, de quelque ordre ou milice que ce soit, excepté seulement aux frères de Saint^Jean de Jérusalem. Et sera appliquée et incorporée audit collège ladite part et portion dotons les susdits revenus, ainsi distraite; et môme on j pourra^oindre et unir quelques bénéfices simples, de quelque qualité et dignité qu'ils soient, aussi bien que des prestimonies ou portions prestimoniales, ainsi qu'on les appelle, avant même qu'elles viennent à vaquer, sans préjudice pourtant du service divin et des intérêts de ceux qui les posséderont : ce qui ne laissera pas d'avoir lieu et de s'exécuter encore que lesdits bénéfices soient réservés et affectés à d'autres usages, sans que l'effet desdites unions et application desdits bénéfices puisse être empêché ou retardé par la résignation qui en pourrait être faite, ni par quelque autre voie que ce soit; mais elles subsisteront et auront lieu de quelque manière que les bénéfices puissent vaquer, même en cour de Rome, nonobstant toute constitution contraire.
K L'ordinaire pourra, par censures ecclésiastiques et autres voies de droit, et en appelant même , s'il le juge à propos , le secours du bras sécidier, contraindre au paiement de ladite part et portion de contribution les possesseurs de chaque bénéfice , dignités , person» nats et autres susmentionnés , non seulement pour ce qm les regarde, mais pour la part de contribution qui devra être prise sur les pensions qu'ils auront peut-être à payer sur le revenu; leur laissant pourtant entre les mains tout le fonds desdites pensions » à la réserve de ladite portion de contribution , dont ils videront leurs mains, nonobstant, à l'égard de tout ce que dessus , tous privilèges et exemptions, quand elles seraient telles, qu'elles dussent requérir une dérogation spéciale, toute coutume, même de temps immémorial, appellation ou allégation quelconque, qui peut être mise en avant pour empêcher l'exécution.
** En cas que, par le moyen desdites unions , qui seraient pleinement exécutées, ou par d'autres voies , le séminaire se trouv&t totalement doté, ou en partie , alors la portion de chaque bénéfice qui aura été distraite et incorporéeparrévêque,en la manière ci'Klessus, sera remise totalement ou «n partie , selon que l'état des ohoses 1q requerra.
« Que si les prélats des églises cathédrales et autres supérieurs se rendaient négligents à l'établissement et au maintien de tels êiminaireê , ou refusaient de payer leur portion , il sera du devoir de l'archevêque de reprendre vivement Tévêque, et ce sera au synode provincial à reprendre l'archevêque ou autres supérieurs en degré, et à les obliger à tenir la main à tout ce que dessus, et enfin à avoir
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un Boin particulier de procurer et avaucer au plus tôt, et partout où il se pourra, un ouvrage si saint et si pieux. A T égard du compte des revenus dudit séminaire , ce sera à ï'évéque à le recevoir, tous les ans, en présence de deux députés du chapitre et de deux autres du clergé de la ville.
"De plus, afin qu'avec moins de dépense on puisse pourvoir à rétablissement de telles écoles , le saint concile ordonne que les évoques , archevêques , primats et autres ordinaires des lieux, obligeront ceux qui possèdent des scolastiques.et tous autres qui tiennent des places ou prébendes auxquelles est attachée Tobligation de faire des leçons et enseigner, et les contraindront même, par la soustraction de leurs fruits et revenus, d'en faire les fonctions dans lesdites écoles , et d'y instruire par eux-mêmes , s'ils en sont capables , les enfants qui y seront , sinon de mettre en leur place des gens qui s'en acquittent comme il faut , qu'ils choisiront eux-mêmes , et qui seront approuvés par les ordinaires. Que si ceux qu'ils auront choisis ne sont pas jugés capables par Tévêque , ils en nommeront quelque autre qui le soit , sans qu'il j ait lieu à aucune appellation ; et s'ils négligent de le faire, l'évêque même y pourvoira.
« Il appartiendra aussi à l'évêque de leur prescrire ce qu'ils devront enseigner dans lesdites écoles, selon qu'il le jugera à propos: et à l'avenir ces sortes d'offices ou de dignités que l'on nomme scolastiques ne seront données qu'à des docteurs ou maîtres, ou à des licenciés en théologie ou en droit canon , ou à d'autres personnes capables qui puissent s'acquitter par eux-mêmes de cet emploi ; autrement la provision sera nulle et sans effet, nonobstant privilèges, et coutumes quelconques, même de temps immémorial.
•« Que si, dans quelque province, les églises se trouvent en une si grande pauvreté que l'on ne puisse établir des collèges en toutes , alors le synode provincial , ou le métropolitain , avec deux de ses plus anciens suffragants, aura soin d'établir dans son église métropolitaine i ou dans quelque autre église do la province plus commode, un ou plusieurs collèges , selon qu'il le jugera à propos, du revenu de deux ou de plusieurs desdites églises qui ne sont pas suffisantes pour entretenir aisément chacune un collège ; et là seront instruits les enfants desdites églises.
« Au contraire , dans les églises qui ont de grands et puissants diocèses, l'évêque pourra avoir en divers lieux un ou plusieurs pareils séminaires, selon qu'il le jugera à propos ; mais ils seront tous entièrement dépendants de celui qui sera érigé et établi dans la ville épiscopale.
« Enfin, si au sujet desdites unions, ou de la taxe, assignation et incorporation desdites parts et portions de contribution, ou par quelque autre occasion que ce soit , il survenait quelque difficulté qui empêchât l'établissement dudit séminaire , ou qui le troublât dans la suite , l'évêque , avec les députés ci-dessus marqués , ou le synode provincial, selon l'usage du pays, pourra, suivant l'état des
SÉMINAIRE. i09
églises et des bénéfices, régler et ordonner toutes les choses en général et en particulier qui paraîtront nécessaires et utiles pour l'heureux progrès du séminaire, et de modérer même et augmenter, s'il en est besoin, ce qui a été dit ci-dessus. »
Telle est l'institution des séminaires suivant le concile de Trente. On en voit l'exécution parfaite dans l'histoire et les actes de saint Charles. Les conciles provinciaux de France ont reçu et amplement expliqué le règlement que nous venons de rapporter sans en rien retrancher.
Les séminaires avaient disparu dans la tourmente révolutionnaire, avec toutes les autres institutions religieuses ; mais lorsque la paix fut rendue à l'Église de France , le Souverain Pontifc demanda leur rétablissement. Il fut en conséquence statué ce qui suit dans le concordat , article 11 : •< Les évêques pourront avoir un chapitre dans " leur cathédrale et un séminaire pour leur diocèse, sans que le gou- « vernement s'oblige à les doter. »
Conséquemment à cette disposition, le cardinal Caprara, dans son décret du 9 avril 1802 , pour la circonscription des nouveaux diocèses , prescrivit en ces termes le rétablissement des séminaires : « Tous les archevêques et évéques qui seront préposés aux églises *• de la nouvelle circonscription , devront , conformément à ladite « convention , travailler, suivant leurs moyens et leurs facultés , à « établir , en conformité des saints canons et des saints conciles , •< des séminaires où la jeunesse qui veut s'engager dans le service « clérical, puisse être formée à la piété, aux belles lettres à la dis- •« cipline ecclésiastique. Ils doivent donner à ces séminaires , ainsi •« érigés et établis (selon qu'ils jugeront devant Dieu, être le plus « convenable et le plus utile à leurs églises) , des règlements qui ** fassent prospérer l'étude de leurs sciences , et qui insinuent en •< toute manière la piété et la bonne discipline. »
§ II. Petits SEMINAmES.
On vient de voir dans le décret du concile de Trente que les séminaires n'ont pas été établis seulement pour enseigner la science ecclésiastique et former les prêtres à la vie sacerdotale, mais encore pour instruire les jeunes gens dans les lettres humaines et leur apprendre les langues, notamment celle de l'Église, sans lesquelles on ne peutétudierconvenablementla sainte Écriture, lesPères, la théologie, le droit canon, etc. De là deux sortes de séminaires, les grands et les petits qu'on appelle aussi écoles secondaires eccclésias tiques.
Les petits séminaires ne sont à proprement parler que des collèges ecclésiastiques, tenus par des prêtres, sous la direction de l'évêque, pour éprouver les vocations naissantes et préparer les enfants par la piété et les études scolastiques à entrer dans les grands séminaires. Voici ce que prescrit sur les petits séminaires le concile de la province de Tours, tenu à Rennes en 1849 :
fie SÉMINÂIRB.
M L'éyéqtte choisira avec soin des hommes instruits, pienx et Tortueux , pour leur confier les diverses fonctions à remplir dans le $4^ minair$. Et cela ne doit pas être entendu seulement des professeurs proprement dits , mais encore de tous ceux qui, en présidant soit à l'étude, soit à la récréation, doivent conduire les jeunes genë et les former arec une sollicitude continuelle. De cette constante vigilance, en effet» dépendent la conservation des mœurs » la réforme du caractère et le progrès des études «
« Il faut d'abord veiller à n'admettre au êéminaire que des élèves choisis avec beaucoup d'attention.
« Que les curés s'appliquent donc à découvrir des enfants ou des jeunes gens doués de piété, d'un bon caractère et d'intelligence, afin de les préserver de bonne heure de la contagion du monde, de les garder avec un amour paternel, et de les placer ensuite au «^mmatr^. Que les mattres auxquels ils seront confiés, n'oublient jamais qu'il n'est pas aussi important de leur apprendre les sciences et les lettres que de former leur esprit et leur cœur; bien plus, si leur éducation est mauvaise sous ce dernier rapport, leur habileté dans les lettres humaines sera dans la suite plus préjudiciable qu'utile.
«• Pour les études, on suivra la méthode consacrée par une longue expérience. Les élèves seront partagés en différentes classes, de manière à parcourir successivement le cercle des études.
« L'étude de la religion doit être la première de toutes. Qu'elle soit donc enseignée & tous avec le plus grand soin, d'une manière diverse cependant^ et appropriée à l'âge de chacun.
« Qu'on s'applique fortement à apprendre et à connaître les langues anciennes , et spécialement la langue latine , consacrée par l'usage perpétuel de notre sainte mère l'Eglise, interprète de la tradition catholique, et indispensable pour acquérir la science ecclésiastique. Dans chaque classe, autant que possible, qu'on ne néglige pas les écrivains ecclésiastiques en expliquant les auteurs profanes. En s'appliquant à l'étude des langues anciennes, les élèves ne négligeront pas celle de leur langue maternelle ; ils en apprendront solidement les principes dès leur enfance, et ils s'exerceront peu à peu àla parler et à l'écrire purement et élégamment.
« L'enseignement de l'histoire et de la géographie sera l'objet d'une attention spéciale de la part du professeur. Cette science si utile en elle-même et sous le rapport des études théologiques, doit être cultivée de nos lours avec d'autant plus d'attention qu'elle a été corrompue par plusieurs écrivains contemporains , en haine de la religion.
«« Les élèves apprendront les éléments des mathématiques, ei auront quelques notions des sciences naturelles dont la connaissance se répand chaque jour de plus en plus.
« Mais il faut faire en sorte que ces études si multipliées et si diverses , soient organisées avec tant de discrétion que l'accessoire ne l'emporte pas sur le principal, et que l'esprit des élèves ne soit
pas surchargé plut6t que cultivé. Que les professeurs usent de conseils, de pieuses exhortations et d'encouragements variés pour exciter une vive émulation dans les études. Qu'ils se conduisent à regard de leurs élèves plutôt comme les instituteurs de leur âme, que comme les maîtres delà science, et qu'ils sachent qu'ils tiennent la place du mattre céleste , qui, durant sa vie mortelle, appelait les enfants dans son sein , les embrassait et les bénissait en disant : M Laissez les petits enfants venir & moi. >* Fidèles à ce saint exemple, qu'ils soignent et respectent l'enfance et la jeunesse , qu'ils usent en toutes choses d'une grande douceur tempérée par la gravité, afin de rendre les années d'étude au séminaire agréables et sereines.
« Le saint concile de Trente veut que l'on choisisse de préférence les enfants des pauvres, sans exclure ceux des riches. (Seês. XXIIL) Ce qui a lieu particulièrement de nos jours, où Ton voit peu d'eiifants des puissants, des riches, s'enrôler sous la bannière del'Église, parce qu'ils sont éloignés des fonctions sacrées du sacerdoce par les passions et les cupidités du siècle. Par conséquent, l'entretien des êéminaireê repose presque entièrement sur les aumônes des fidèles. Aussi nous exhortons les curés et tous ceux qui s'intéressent au bien de la religion , à ne jamais oublier , parmi tant d'œuvres de piété et de bienfaisance, à ne point négliger les besoins des êéminai* res. n [Décret, IX, n. 1.)
La question des classiques chrétiens et païens à introduire dans les petits séminaires ou à en rejeter a été vivement agitée de nos jours ; des évoques ont pris publiquement parti pour et d'autres parti contre les auteurs païens. Nous avons dit sous le mot langues, qu'il y avait eu de l'exagération de part et d'autre. Le Souverain Pontife Pie IX, dans sa sagesse profonde, vient de décider, dans son encyclique Inter muîtiplices angustias, du 21 mars 1853, cette délicate question en .ces termes :
« Continuez, dit-il aux évêques, continuez comme vous le faites, de ne rien épargner pour que les jeunes clercs soient formés de bonne heure dans vos séminaires à toute vertu, à la piété, à l'esprit ecclésiastique, pour qu'ils grandissent dans l'humilité, sans laquelle nous ne pouvons jamais plaire à Dieu , pour qu'ils soientprofondément instruits et avec tant de vigilance des lettres humaines et des sciences plus sévères, surtout des sciences sacrées, qu'ils puissent, sans être exposés à aucun péril d'erreur, non seulement apprendre l'art de parler avec éloquence, d'écrire élégamment, en étudiant aussi bien les ouvrages si excellents des saints Pères , que les écrits des auteurs païens les plus célèbres, après qu'ils auront été soigneusement expurgés, ab omni labefmrgatis. n
On voit que le Saint-Père n'exclut pas entièrement de l'enseignement des petits séminaires les écrivains païens les plus célèbres, pourvu qu'on en ait faitdisparaîtretoutcequi pourrait porter atteinte à la piété et à la vertu des jeunes gens, mais qu'on doit surtout don-
ut SÉMINAIRE.
ner la préférence aux oayrages si excellents et si sages des saints Pères, ex sapieniisêimiê ganctorum patrum.
Dans nos petits séminaires, on forme très bien les jeunes gens à lapiété, àlavertu et à la science, mais, selon nous, cela ne suffit pas; il nous semble qu'en général on néglige trop ce qui tient à la bonne éducation, c'est-à-dire la politesse, le bon ton, les bonnes manières qui font aimer la religion et qui donnent de l'influence au prêtre. On ne voit que trop souvent, il faut l'avouer, de la rusticité, du laisser aller, des manières peu courtoises, pour ne pas dire choquantes, chez certains ecclésiastiques. La politesse et l'urbanité qui devraient distinguer le clergé vont très bien avec la piété et la modestie qu'ordinairement elles rehaussent.
Le concile de Bordeaux de l'an 1850 l'a très bien compris, car il veut qu'on apprenne aux enfants les règles de la politesse et de l'urbanité, qu'on leur inculque de bonne heure ces prévenances, ces égards qui rendent la piété douce et aimable et qu'on les forme à une certaine élégance de mœurs ; que pour cela, ils prennent l'habitude de ne tutoyer personne, si ce n'est seulement leurs proches parents comme leur frères et sœurs. Urbanitatis leges addiscani pueri, et ad quamdam morum elegantiam informentur. (Titul. V, cap. 2.)
En conséquence, le même concile veut que les jeunes gens s'ap-
{)liquent à bien parler leur langue maternelle, à observer exactement es règles de la lecture et de la prononciation, à bien savoir l'orthographe, afin qu'ils puissent toujours s'exprimer dans leur conversation, comme dans leurs écrits, d'une manière pure et correcte. A l'étude des langues latine et grecque, ils doivent joindre celle de l'histoire sacrée et profane en même temps que celle de la géographie, s'adonner à l'étude du chant ecclésiastique, etc.
Quant aux auteurs classiques, le concile veut que les études des clercs ne soient pas purement profanes , mais qu'on les approprie surtout , en beaucoup de choses , à la vocation ecclésiastique et aux fonctions qu'ils sont appelés à remplir, et par conséquent on doit joindre aux auteurs profanes quelques extraits des Pères et des écrivains ecclésiastiques grecs et latins, afin qu'en comparant la doctrine des auteurs chrétiens et païens, les élèves comprennent combien grande est la lumière que la révélation a répandue sur la connaissance de Dieu, de l'homme et de la morale.
Le concile de Soissons dit la môme chose. Il veut que dans les auteurs profanes on ait soin de faire disparaître tout ce qui pourrait porter atteinte à la pureté des jeunes gens, ut, quœ castas mentes possunt offendere, suppressa expellantur. Mais que, dans les hautes classes surtout, onait soin de donner auxélèvesde nombreux extraits des saints Pères et des docteurs, non pauca sanctis Ecclesiœ Patribus et Doctoribus selecta, summoperè curandum erit. (Titul. XVIII, eap. 1.) Le concile de Lyon désire que, tout en conservant les auteurs païens dans les séminaires, on y introduise plus largement que par le passé des extraits des saints Pères.
SÉMINAIBB. 113
L'Église est et doit être le seul juge de ce qui regarde Féducation de ses ministres, et de la manière de les former à la science comme à la vertu; aussi dans tous les temps s'est- elle appliquée à remplir ce devoir, comme nous le voyons dans les saints canons et les constitutions des Souverains Pontifes. Mais Tautorité civile, toujours trop portée, surtout en France, à s'ingérer dans les choses ecclésiastiques, a prétendu que l'éducation de tous les citoyens lui appartenait. Elle a voulu, en conséquence, réglementer ce qui concerne les séminaires ; elle est allée jusqu'à limiter dans chaque diocèse le nombre des élèves du sanctuaire, à fixer le nombre des séminaires eux-mêmes, et à désigner les lieux où ils seraient établis; elle a voulu même s'occuper des supérieurs et des directeurs, ainsi que du costume des élèves. Tel a été le but des funestes ordonnances du mois de juin 1828, contre lesquelles a réclamé Fépiscopat français tout entier.
Le but de notre ouvrage étant de faire voir en quoi le droit civil ecclésiastique se rapporte ou diffère avec le droit canonique, nous devons rappeler ici les documents émanés de l'autorité séculière relativement aux séminaires depuis leur rétablissement en France après le concordat de 1801 .
D'abord le gouvernement reconnaît, conformément au concordat, ue les archevêques et évêques peuvent avec son autorisation établir es séminaires dans leurs diocèses. (Art, 11 de la loi du 18 germinal anJi.] Cette autorisation est évidemment une entrave à la liberté des évêques, qui ont le droit imprescriptible de se former des coopérateurs dans l'œuvre du salut, et, par conséquent, des séminaires; car si le gouvernement peut donner une autorisation, il peut aussi la réfuser. L'article 23 de la même loi de germinal an X ajoute ; ** Les évêques seront chargés de l'organisation de leurs séminaires, et les règlements de cette organisation seront soumis à l'approbation du premier consul. ** On voit par là quel esprit animait le gouvernement, esprit parlementaire et gallican qu'on ne saurait trop déplorer et trop combattre, et qui n'est pas moins funeste à l'État qu'à l'Église. Voici donc la première loi relative à l'établissement des séminaires; nous la faisons suivre de l'exposé des motifs que le conseiller d'État Portails lut au Corps Législatif.
Loi du 23 ventôse an XII (14 mars 1804) relative à l'établissmsnt de
SÉMINAIRES métropolitains,
*» KxncuL 1". 11 y aura, par chaque arrondîsgement métropolitain, et bous le nom de êéminaif^ une maison d'instruction pour ceux qui se destinent à l'état eoolésiastique.
u Abt. 2. On y enseignera la morale, le dogme, l'histoire ecclésiastique et les maximes de TÉglise gallicane (1). On y donnera les règles de l'éloquence sacrée.
li) Ut Maxim09 4ê fÊgliw GaUietMe l Iwxi l'Mprlt cl« la loi n\ daoi ce mol.
114 SBHUULUUS.
« Ast. 3. n 7 «nrft des exasMiit ou exeroâoes t>QbUM far les différentes pArtlel de renseignement.
u Abt. 4. A Tavenir, on ne pourra être nommé évdqne, vicaire général, chanoine, ou curé de première dasse, sans avoir soutenu un exercice public, et rapporté un certificat de capacité, Bur tous les objets énoncés en l'article 2.
M AsT. 5. Pour toutes les autres places et fonctions ecclésiastiques, il suiBra d'avoir soutenu un exercice public suc la morale et sut le dogme, et d'avoir obtenu, sur oes objets, un curtificat de capacité (1).
tt Art. 6. Les directeurs et professeniv seront Bomutés par le premier consul, sur 1m indications qui seront données par rarobevêqne et les évdqnes snflbagants.
M Ajlt. t. & Bora accordé une maison nationale, et une bibliothèque, pour chaeun des établissements dont il s'a^t, et H sera assigné une Somme eonvanable pou l'entratien et les irais desdits établissements.
« Art. 8. Il sera pourvu par des règlements d'administration publique, à l'exécution do la présente loi. »
Exposé des motifs du projet de loi relatif à Vorganisation des sÊ&aKAiBES métropolitains^ lu au corps législatif le 12 ventôse an Xn, par M, Portalis, conseiller S État.
M Ghoyens législateurs, la oonventîoti passée le 36 messidor an IX entre le gonvarnement français et le pape Pie YII, porte en l'article 11, que les évêques pourront avoir un séminaire pour leur diocèse, sans que le gouvernement s'oblige à le doter.
M Les articles organiques de cette convention autorisent également les séminaires par plusieurs dispositions formelles, et ils exigent que les règlements qui pourront être faits par les évêques pour cet objet, soient soumis à l'approbation du premier consul.
u Les séminaires sont des établissements destinés h former des eodésiastiqnes. On fait remonter l'origine de ces établissements sox conmmnantés des clercs, que les évoques réunissaient auprès d'eux dans les premiers figes du christianisme. Les ^eros n'étaient point alors obligés d'étudier les sciences humaines : ils n'apprenaient que les choses qui appartiennent à la religion. Si nous voyons daas ces premiers siècles dâsévô' ques et des prêtres très versés dans la philosophie, dans* la littérature et dans les sciences qu'on appelait profanes ou sciences du dehors, c'est que ces évêques et ces prôtres avaient apporté dons TÉglise les connaissances qu'ils avaient acquises avant leur conversion (2).
M L'invasion des barbares changea la face de l'Europe civilisée. Telle est lu oon^tion de notre malheureuse espèce, dont le but se trouve subordonné à tant d'événements et de révolutions diverses. De grandes nations, dit un auteur célèbre, eronpissent dei siècles entiers dans l'ignorance. On voit ensuite poindre une faible aurore^ enfin le jour parait, après lequel on ne voit plus qu'an long et triste erépnsoiile.
M On s'aperçut de la décadence des études dans les Gaules dès la fin du sixième siècle, c'est-à-dire environ cent ans après l'établissement des Francs.
« Im étadss «tlstf conaaittances sondent disipexn partout iqprès laobute de Vèmpird (omam si elles n'avaient été conservées par les clercs. Elles trouvèrent heureusement
(4) Mous D'aTOM pas bewia de dire que ces dlspoaiUons sont tombéec en dteuélude, et qa'Il ne pouvait an être aulrcmeot, malgré les tentatives qu'on fit en 4830 pour les fUre revivre. L'ordonnance da Vt décembre de cette année n^t paa ptos da siieeàs.
(5) Estrce k dire que les évèqnes et les prêtres doivent ignorer la littérature, la philosophie et les sciences pv»* fones on du dehors? Tel n'est pas assurément l'esprit de l'Église, et les saintA canons ont toujours prescrit leçontraire. ITesl-ce paa le clergé qui a conservé la littérature, et les sciences, comme Portails le proclame lofnnéme? Il ne blUit done pas dire que le» cleret ifêMaU potmt «Mgéê al»n aélutUgr le» ëcleneea ikiimateet. Aloia comme aujourd'hui pour apprendre le* ehote» qui appartiennent à la religion et les enseigner ensuite aux autres, il fallait avoir étudié préalablement les sciences humaines.
«A Mile daia Uê êommlUiantés Mlgiesses et dans lee temples. Les onynges des hisierieiis, dee plûloeophei, des poètes et dss erateurs romains, étaient oomme en dépôt dans les monastères. Le latin banni du commerce habituel do la société, s'était réfugié dans les eha&te de rÉ^îse et dans ke Ihrse de la reUgkm.
« Oh vit dans sosi siècle, «t o« est toajovrs pineéa asoini dépendatitdeielroottstati- •ea dans lesquéUes on tit (1)* Il éttit impoesibie qne les dercs fissent de bonnes études, fsand il n'y aTait plms %u*enA qui «assent le loisir et la volonté d*éttidier.
« La kmgae nÎBerité du genre bunain dan josqt'an règm de Gharlemagne^ Ce ftinee fonda nn vaste eaqiire par ses «onqnètee «t pat b«i loiS) et a^w les matétiafas do la religion il construisit l'Europe.
« fi amena 4es grammiùrienB de RomSi II ordonna h tO«B les évtqnes et à tons les abbés de ses États d'établir des écoles pobr l'ensSigneilMat des lettres hTimaines , dont il présenta la connaissanoe comme infiniment utile et favorable à Tintelligenee des divines Écritarss (8). fl tonlut éîasi propager la nligioB par les eoienoti et les beanz-arts,etasanrer la stabilité et le progrès desbetOK-arts et dee ssisftoss, par les progrès et la et»- Ulitéde la teligion mime.
u Le mouvement fut donné; tous les conciles dû.tsmps Saaetieflfeièfent par letfte èêoisions les grandes vues que Odolemagne avait manifestées dans les orddMiaiMses (8}.
« Q«el speetade plae étomaat au mffîcNi de l'Ignoranee et de la barbarie, que oéhi! de FalliaBoe sacrée ds la refigfen et âse sciences, alfianee si bevrsoieaettt conçtra et consommée par le génie de ce grand homme !
« De là OD vit sortît' te«tes les éoeks oonnaei soas le nmn d'ufiletfvtfi^, 4ane lesquelles on se proposa d'enseigner toutes les choses divines et humaines. La première et H ^ns eélèbre ds teutse fot r«nivenité de Parie, 4ont l*abbé Fleury fixe l'établissement à la fin du douzième siècle.
m Le» divers penplt» eessèrent d^ètre étrangers les «ne eut aatrss. On Meonrait de tentée parts pour reoevoir le tetaie ensdgnement c% la même doetrine. Les momnrs s'adoucirent^ les relationa se mnltipUèrent ; et insensiblement l'Europe, en s'éolairant, ne ftit plue qu'une grande famille composée de diverses nftttons, qui continuanl à être divisée par le territoire, se trouv^eat unies par la rsli|0on, les sdenees et les iMsurs.
« On sut quelle était la constitution des universités. Elles étaient composées de quittre faeoltée t les arts, la médeoâne, le droit et la théologie.
« On ne pouvait prssqne psfvenir à auenne pkne sans avoir étudié dans ttes écoles , et sans y avcnr pris des degrés qui étaient un téBOoignage pnUie et légid de la capacité des étndiantS4
« On s'aperçut bientôt que les personnes qui se destinaient k kl dét^tutè petdttfeùt l'esprit de leur étal par leur commeroe avec cette toule de compagnons d*étftde qui se deslinaîent aux diiRSrenCes professions de la Tie ^ftile.
« On établit alors les téminairês tels que nous les oonniiseoiis. Us emtent une grande influence sur le retour et le maxntîen de la dîseipïl&e< Les sémdtMinê étaiettt moins de» maisons d'étade que des maisons de retraite et de ptobation; tkir nous trouvons que les universités s'étaisnt constamment opposées h oeqtiVito fondftt des éeoks de théologie dans les téminaina,
u L'université de Paris avah à cet égard, obt«mi diter» arrêts qtd «faSent fait droit à sa réclamation.
M MeFUS savons que des universités moins privilégiées n'avaient point eft le même suc-
^\ HélM oai ; raateur te ot rap|R>rl ea est «a escmplê fraiyti.
(S) C'est pTéclafement ce que noot diaona d*nt la note d-detni*. L'Églite a lot^oari regardé la oonnalacaiioe dei lettres hamaines, comme infiniment utile et fttPorabWk rtnielllgeoco des dWines Herf tares, de la théologie, do la aeieaee eeeUstafliqne an vm Aot. Cest pourqaol las ptUli ttminatm doiieatètre toos saa anfqne dépendanœ et sa direolion immédlaïa.
(3) Mais ees grandes tues de CharlefliagiM, qui les lui avait inspirées? Ifes^ce pas irÉglIse h qui «n revient la priadpale glolreT
ces. Celle de Renneg racoomba dans une contestation qu'elle ent k soutenir contre révSque de Nantes , pour nne école de théologie , établie dans le êéntinain de œt évdqoe.
M Mais il n*e8t pas moins certain que renseignement des nnÎTertitës était le véritable enseignement national; que les citoyens qui se destinaient à certaines professions ne pouvaient y parvenir, s'ils n'avaient étudié et pris des grades dans quelques-unes des universités autorisées^ et que les ecclésiastiques eux-mdmes ne pouvaient posséder de grands bénéfices, ni même une cure, dans ime ville murée, s'ils n'étaient gradués.
M Les universités n'existent plus ; elles ont cédé aux révolutions et au temps, comme les autres ouvrages des bommes.
M Quelle est même l'institution civile, politique on religieuse, qui ait pu résister à l'esprit de délire et de faction qui a désolé la France?
M Nos maux sont oubliés, un génie vaste et puissant les répare.
M Déjà, citoyens législateurs, on s'est occupé des lycées et des écoles spéciales pour la propagation des sciences humaines ; il s'agit aujourd'hui de la religion qui prêta jadis un si grand secours aux sciences et aux lettres, et qui est un auxiliaire si utile de la puissance dans les affaires de la société.
M En rendant à la grande migorité des citoyens français le culte de leurs pères, et en rendant à tous la liberté de consdenoe et l'exercice de leurs différents cultes, vous avez contracté l'engagement de leur assurer les moyens d'avoir constamment des pasteurs et des ministres dignes de leur confiance.
« La loi du 18 germinal an X a pourvu aux académies ou séminaires des communions protestantes.
M Dans le projet de loi qui vous est soumis, on s'est occupé des séminaires pour les catholiques.
M Le gouvernement, en reconnaissant, par le concordat, la liberté qu'a chaque évêque d'établir un séminaire dans son diocèse, n'a fait que rendre hommage au droit naturel d'inspection qu'ont les évêques sur la vocation, les principes et les mœurs des personnes qui se destinent à la déricature. Sous ce point de vue, les séminaires ne sont pour ainsi dire que le régime intérieur ; aussi le gouvernement a déclaré qu'il ne s'engageait point à les doter.
M Mais il a paru nécessaire de remplacer l'enseignement public et national des universités : des écoles spéciales remplissent cet enseignement pour la jurisprudence et la médedne. Sur le modèle de ces écoles spéciales, le projet de loi établit par chaque arrondissement métropolitain une muson d'instruction pour ceux qui se proposent d'embrasser l'état ecdésiastique.
u H y a dix métropoles. Les maisons dont nous parlons seront donc au nombre de dix. On a toujours observé que la multitude des petits collèges nuisait au progrès des bonnes études. Les professeurs habiles sont rares, les moyens d'exdter l'émulation sont plus difficiles dans de petits établissements qui échappent à l'attention publique : qudques grandes écoles, placées à certaines distances et sous la protection du gouvernement, appellent davantage l'émulation et le talent,, et sont plus assurées de produire de grands effets.
M L'Ëtat ne pouvait demeurer indifférent sur l'éducation des ecclésiastiques; il lui importe que les ministres de la religion soient tous citoyens, il lui importe que chacun remplisse fidèlement les devoirs de la profession qu'il embrasse ; mais pour bien remplir ces devoirs, il faut les connaître : l'ignorance n'est bonne à rien, elle nuit à tout; die serait surtout dangereuse dans ime classe d'hommes qui doivent @tre d'autant plus instruits qu'ils sont chargés d'instruire les autres.
M Mais les circonstances ne permettaient point à l'État de doter soixante «^tvuirrw ; et il n'eût pu dans aucun temps, se promettre de faire prospérer un td nombre d'établissements, dont la multiplicité seule eût empoché la bonne organisation.
SÉMINAIRE. Ii7
u Le projet de loi porte que, dans les maisons d'instruction dont il s'agit, on enseigneTa la morale, le dogme, l'histoire ecclésiastique, les maximes de l'Église gallicane, et qu'on y donnera les règles de l'éloquence sacrée.
M Les anciens s'étaient attachés plus particulièrement que nous à l'étude de la morale. La raison en est que leur religion n'avait que des rits, et qu'elle ne se mêlait en auctme manière de l'enseignement public. Chez eux, la morale était confiée aux législateurs et aux philosophes : les prêtres conservaient le dépôt des pratiques et des anciennes traditions ; mais c'étaient les philosophes et les législateurs qui prêchaient la vertu et la règle des mœurs. Le célèbre Panatiu» recommandait la sagesse et les devoirs, tandis que l'augure Scœwtla ordonnait les sacrifices et les cérémonies du culte.
u Depuis l'établissement du christianisme, il existe un sacerdoce, chargé d'annoncer tonte vérité, de recommander tout ce qui est bon, tout ce qui est saint, tout ce qui est juste, tout ce qui est aimable; de donner des conseils aux parfaits et des préceptes à tous.
» Dans les premiers siècles de l'Église, les règles des mœurs, prêchées et développées par les Lactance, les Chrysostôme, les Augustin, les Jérôme, les Ambroise, conservèrent ce caractère d'évidence, de grandeur et de dignité, que le génie et la piété de ces grands hommes imprimaient à tout ce qui sortait de leur bouche ou de leur plume.
« Nous savons que dans la suite on n'eut, pour professeurs de morale, que des soolastiques, amis des abstractions , que des esprits subtils qui, dans les siècles d'ignorance, sont les beaux esprits ; mais il ne serait pas juste de faire un reproche particulier aux eodéfliastiques de ce qui ne fut que la suite du malheur des temps. Alors, sans doute, cm se perdit en vaines questions sur le libre et le volontaire, sur la béatitude formelle ou intuitive, et sur mille autres points de controverse, qui fatiguaient la raison sans l'éclairer.
« Mais le beau siècle de Louis XIV n'a-t-il pas produit les admirables Essais de Nicole et les excellents traités des Bossuet et des Fénelon?
« L'enseignement d'une morale reh'gieuse importe plus que l'on ne pense au bien de l'humanité ; elle fixe les incertitudes psfce qu'elle consiste en maximes positives ; elle règle le sentiment en s'emparant du cœur ; elle console la raison en lui laissant entrevoir toutes les jouissances que l'on ne peut avoir que par le sentiment.
u En développant la morale évangélique dans son auguste simplicité, en prêchant la fidélité aux lois, l'amour du prochain et toutes les vertus sociales, en écartant la prétendue science des opinions probables, qui n'étaient que le fruit d'une fausse métaphysique, les ministres de la religion deviendront les vrais bienfaiteurs de l'humanité.
« Dans l'enseignement du dogme, on cherchera surtout à donner un appui à la morale.
M La morale suppose un Dieu législateur, comme la physique suppose un Dieu créateur et premier moteur de toutes les causes secondes.
« On ne bâtira pas de systèmes contentieux sur des objets qui n'ont jamais été définis par l'Église.
M On ne cherchera que dans les Écritures et la tradition , qui sont les uniques fondements de la foi, les vérités sacrées qui nous découvrent les dessûna ûnpénétrables de l'auteur de la nature sur les enfants des honmies.
« L'étude de l'histoire ecclésiastique est nécessaire à ceux qui se donnent au ministère des âmes. Cette histoire nous offre toute la suite du christianisme depuis son établissement. On y voit la succession constante de la doctrine, les variations de la discipline dans les choses qui ne sont point fondamentales, et le tableau des mœurs dans les différents siècles.
« L'histoire est un cours de sagesse pratique, dans lequel on apprend à se dégager de toutes les aspérités d'une vaine théorie.
M On distinguera dans les princes qui ont professé la foi catholique , oe qu'il» ont
iiS SBaUNAIRB*
fût oottue ehrétieni, d'avec oe qii*iU <mt fait comme prinoea; et, depuis que les p^^es et les évêqnes ont possédé des seigneuries et ont eu tant de part aux affaires temporelles, on ne confondra point oe qu'ils ont pu fwre en qualité de seignenis temporels, avec ce qn*ils poavûeot et deyaient faire comme évoques et comme chrétiens.
u Les opinions qui ont prévalu ^aas certains siècles «t qui ont disparu dans d'antres, nous apprennent à distmguer la vérité d'avee oe qui u*est qu'opinion.
M Le spectacle de nos contreverses , si souvent occasionnées par des abna de nsets ou par des futilités inintelligibles, nous invite à nous méfier de nous-mlmes, k âtw moins précipités dans nos jugements , moins jaloux de ace propres peasées, confia à nous tenir en garde contre dee disputes qui ent ai souvont dégradé Tesprit haaiain et désolé le monde.
M Le grand avantage de Thistolre est de nous présenter, noa de simples fidts isolés, comme ceux qui nous sont fournis par rexpérience jourBaUëra, mais des exeniples complets, c'est-à-dire des faits dont on puisse voir à la fois le principe et les suites. Ainsi , un schisme édate, on voit par les dissensions qui eut autreftiis déchiré TEIglise, la cause qui produit ces sortes de désordres et de scandales, les effets terriUes qu'ils ont produits et les sages mesures qui les ont terminés. On devient, ea considérant le passé, moins entdté et plus conciliant sur les affaires présentes; ca est plus disposé à tous les sacrifices qui, sans altérer la substance de la religioB , peuvsnt eoaserver le grand principe de Tunité ecclésiastique.
•t En général, les maximes et les pvéeeptes ne nous suffisent pas, il flmtdes exemples. Peu de gens, dit Tadte, distinguent, par la seule force du raisonnement, ce qui cet bon d'avec ce qui est mauvais, ce qui est juste de ee qui ne Test pas. La phipari as s'instruisent que par les choses quHls voient arriver aux antres. L^exemple parle aux passions et les engage dans le parti de la sagesse. Selon rexpression d*un éorlvafai, la science et le génie, sans les le^ns de l*expérience et de Thistoire, sont ee qu'on croyait autrefois qu'étaient les comètes, des météores éclatants, irréguliers dans leurs coum et dangereux dans leurs approches , qui ne peuvent sernv aucun système et qui sont capables de les détruire tons.
« L'Église est une dans tout ce qui est de Ibi et de discipline fondamentale; mais chaque portion de cette Église peut avoir ses maxftanee et des coutames partieuUèMS. Tout ecdésiastique français doit donc éhereher à eennaltre les maximes de l'Église gallicane.
M Le principe de l'indépendance de la puissance publique dans le gouycmement temporel des États, celui qui réduit les droits du sacerdoce aux choses purement spirituelles, et qui ne reconnaît dans les èheft de l'Église et daos les autres ndnistres du culte, qu'une autorité réglée par les canons et les saints décrets, appartiezment sans doute an droit public de toutes les nations chrétiennes. Mais ces principes ont été moins obsourciB en France; ils y ont reçu moins d*atteintç qu'aiUeurs (1).
« Les Français ont également conservé avec plus de fidélité toutes les maximes sur les droits des évêques et des cuçés ; ils ont tovgours été moins favorables aux privilèges et aux exemptions.
« On ne doit pas se contenter dans les i^ninairu d'enseigner tout oe qui regarde le fond de )a science ecclésiastique; on doit encore j donner left règles de l'éloquence sacrée.
M L'éloquence est xa\ grand moyep de présenter au cœur et Ik l'esprit ce ^ue V(a\ peut peindre ^ l'cail.
« Comment les ministres de la religion, dont la mission est de prêche^ ^t d'enieigner|
(1) Moaf aoriont feaiaooDp de dioiei k dire rar eel tSintm et le piéeédent; aoni aoes cealMileioai ie leafeyM su BMU miranAita, iJonunos, ubutSs m u'taim flM.Mfi*iWi
SBMINAIBB. ilO
ponmlant-îU négliger Tari da U parole, le plo» étendu, le pla« beau et le plut puissant de tcfOB les arts?
« C'est avec le ministfere de la parole que les apôtres ont oonquis le monde. Saint Paul étonna TAréopage en annonçant aux membres do oe sénat auguste le Dieu inconnu qu'ils adoraient et qu'ils no connaissaient pas.
« Ce sont les grands intérêts de la patrie qui avaient produit les orateurs de l'aneîenne Grèce et de l'andenne Rome. L'éloquence est née dans noe temps modernes avec les grands intérêts de la religion.
u Quel effet ne produisit pas la peinture éloquente du jugement dernier» faite pas Massîllon dans son sermon sur le petit nombfe des élns l A la voix de oet orateur, une grande assemblée se lève par un mouvement spontané et frissonne.
u La voix de Bossuet retentissait dans toutes les capitales et dans toutes Iw cours, quand ce ministre de l'Évangile représentait l'inoertitude des ohosea humaines et peignait le bruyant fracas de la chute des empires.
M Aucune nation ne peut rivaliser aveo la ndtare pour Téloquenee de la chairo. Ce genre de supériorité est une propriété nationale que nous devons être jaloux de oonserver.
« Après avoir iîxé l'enseignement des timineânê, nous avons voulu constater dans le projet de loi les bons effsts de oet enseignement. I^s aspirants à la oléricatuve seront oUigés de soutenir des exerdcee publics et de rapporter des oertifioats de oapaeité. 0^ certificats sont le snpplépaent des anciens grades.
M La garantie exigée poor s'assurer de la capacité des aspirants est même mieux organisée qu'elle ne l'étût autrefois; car, sous l'andeu régime , on était dirigé par des lois qui remontaient à des époques éloignées et qui, voulant uniquement bannir l'ignorance et la barbarie, ne s'étaient proposé que la propagation des scienoee en général. On était parti du principe que toutes les sciences sont sceurs et qu'il suffisait d'avoir fait quelques progrès dans une sdence quelconque pour avoir droit à des places et à des fonctions étrangères à cette sdence. Ainsi, les canonistes enseîguaient qu'un gradué eu médecine avait toute la capadté requise pour occuper une cure dans une ville murée, ou une dignité dans un chapitre. L'opinion des oanonistes avait été adoptée par la jurisprudence.
« Aujourd'hui tout rentre dans l'ordre. Les études et les grades dans une science ne rendront capables que des fonctions pour lesquelles cette sdenoe est requise. U fandsa «voir étudié le drdt et non la médedne, pour remplir des fonctions judiciaires, et un ecolédastique, s'il n'a les connaissances de son état, ne sera point jugé capable de rem*pl!r les fonotions importantes du saoerdooe,
« On n'exige pas les mêmes preuves de oapadté pour toutes les fnnrtinno^saeardota les. Il sufflra à un euré de seconde classe, h un desservant, à on simi^e vicdre, d'avoir soutenu un exeroiee public sur la morale et sur le dogme. Ce sont U des oboses dont la conndssance est indispensable pour tous les ministres de la religion, parce qu'dles tiennent à la substance de la religion mêmfi< Mais l'étude de l'histoire ecclésiastique, oeile des maximes de l'Église gàUioane et des r^les de l'éloqueuoe sacrée, seront néeeaaaîres aux évêquee, aux vioairee généraux, aux chanoines, aux eurés de première dasse, c'est-à-dire, à tous ceux qui administrent e« chef les diocèses ou qui partidpent plus eu moins à cette administration, aind qu'aux pasteurs qui exeroent le mimstèra curial dans lee villes importantea qui exigent une plus grande oonnaissimce des choses et des hommes (1)«
u Nous avons cBt que l'enseignement des maisons d'instruction établies par le projet de loi, doit remplaeer l'ensdgnement national des universités. Il doit dono être sons la snrveiUcnoe du magistrat politique, comme l'était cdui des univerdtés, qu'il lemplaoe.
U) n att nmerqvabto qM fétade dM mazlmet de l'^glbe gtllieui* ait preacrile li tooi eeiu( qui adiBinlflRat flu dief les dtooèeee, oo h ceux qui participent plu» oa moliie k celte idmiiiletniUon.
ISO SÉHINAIRB.
En oonséqnenoe, lee diraetears et professeurs seront nommés par le premier consQl(l).
« Cependant, l'enseignement dont il s*agit devant être à la fois national et eoclésiastiqne, il ne saurait dtre étranger à la sollicitude des évêques. Le choix du premier consul sera donc éclairé par Tindication qu'ils feront des sigets à choisir.
M Quoiqu'il soit porté par le projet de loi qu'il y aura une maison d'instruction on un êéminain par chaque arrondissement métropolitain, il est évident que ces étahtissements ne sont point particuliers à chaque métropole, mais qu'ils sont institués pour le hien et pour l'utilité de l'Église de France en général. En conséquence, on ne s'en rapporte pas uniquement, pour le choix des directeurs et des professeurs, à la désignation qui pourra être faite par l'archevêque; on fait concourir tous les évêques suf&agaats. Par cette mesure, le vrai talent ne sera pas exposé au danger d'être ouhlié, méconnu, ou d'être repoussé par la prévention particulière d'un seul homme.
M Aucun établissement ne peut exister sans dotation. Autrefois les lois de l'État autorisaient les évêques et leur enjoignaient même de doter ces établissements en j unissant des bénéfices. C'était la disposition formelle de l'article 24 de l'ordonnance de Blois, de l'article 1«' de l'édit de Melun, et de Tartiole 6 de l'ordonnance de 1629. Dans le moment actuel, cette ressource manque puisqu'il n'y a plus de bénéfices. La dotation des iétninairu ne peut donc être qu'à la charge de l'État. Mais, de toutes les dépenses publiques, cette dépense ne saurait être ni la moins utile, ni la mcnns favorable. Les lois romaines plaçaient tout oe qui regarde le culte dans la classe des choses qui appartiennent essentiellement au droit public et qui intéressent d'une manière particulière les mœurs d'une nation et le bonheur des hommes.
• M Nous ajouterons ici que la circonstance de la dotation fournie par l'Etat est un nouveau motif de mettre les établissements dont il s'agit sous la surveîllanee du gouvernement, et de confier au magistrat politique la nomination des directeurs et profesaeurs ; car, dès-lors, l'État est vrai fondateur de ces établissements. Or, l'Eglise a toujours i^plaudi avec reconnaissance aux droits que se réservait un fondateur dans l'acte par lequel il signalait quelque libéralité ou quelque bienfait. C'est de là que sont nés tous les droits de patronage, et tous ceux que nos anciens souverains exerçaient sur les églises cathédrales et sur une foule d'autres bénéfices.
u n n'a pas été possible de fixer d'avance la dotation de chaque séminaire; cette dotation est subordonnée à une multitude de circonstances qui ne sont pas susceptibles d'être calculées avec précision ; elle doit donc être laissée , ainsi que plusieurs autres objets secondaires , à l'arbitraire du gouvernement, qui peut plus facilement , par la oonnussance qu^ lui donnent les détaUs journaliers de l'administration, combiner les ressources avec les besoins. L'office de Ift loi est de donner le premier être à une institution et de fixer les grandes maximes qui doivent la régir. Mais, après avoir donné le mouvement et la vie à un établissement , le pouvoir créateur se r^K>se et laisse agir le pouvoir qui exécute.
M Vous avez actuellement sous les yeux, citoyens législateurs , toute l'économie dn projet de loi sur les «tfmtnatVM. Si la religion est utile et nécessaire à TÉut , ces éU* blissements sont nécessaires à la religion. Comment pourrait-elle subsister, si l'on ne lui ménageait pas les moyens de perpétuer la succession de ses ministres?
tt En donnant à ceux qui se destinent à la déricature la facilité de s'instruire, tous les préparez à être aussi bons citoyens que pasteurs vertueux et aimables, vous écartes d'avance la superstition et le fanatisme qui sont le produit ordinaire de l'ignorance.
M Achevez donc, citoyens législateurs, le grand ouvrage du rétablissement du culte; ouvrage admirable qui a été comme le terme de nos tempêtes politiques, qui a réconcilié la patrie avec tous ses enfants, et qui semble avoir fait une seconde fois descendre du ciel les vertus destinées à décorer et à consoler la terre. *•
t1) Voilà oii l'on vonlalt en venir; voilà aiusl ob est le d«ii|er.
SËHINAIRB. iSi
DicBErduSO êeptembre 1801, portant établUsement debouneêet demibourses, dans les séminaires diocésains.
u Napoléon, etc. ;
M Youlant faire prospérer rétablissement des âénûnairet diocésains , favoriser Téducation de ceux de nos sujets qni se destinent à Tétat ecclésiastique, et assurer aux pasteurs des églises de notre empire des successeurs qui imitent leur zèle, et qui, par leurs mceurs, et Tinstruction qu'ils auront reçue, méritent également la confiance de nos peuples, nous avons décrété, etc.
« AsT. l"'^. A dater du premier janvier prochain, il sera entretenu à nos frais dans obaque séminain diocésain , un nombre de bourses et de demi-bourses , conformément sxk tableau d-joint (1).
M Abt. 2. Les bourses et demi-bourses seront accordées par nous sur la présentation des évdques.
M Abt. 3. Notre trésor public paiera annuellement pour cet objet, 400 fr. par bourse, ei 200 fr. par demi-bourse. »
DécBET du 9 avril 18D9 concernant les élèves des séminaires.
« Akt. l''. Pour être admis dans les téminairesj maintenus par Tartide 3 de notre décret du 14 mars , comme écoles spéciales de théologie , les élèves devront justifier qu'ils ont reçu le grade de bachelier dans la faculté des lettres.
M Abt. 2. Les élèves actuellement existants dans lesdits séminaim^ pourront y continuer leurs études, quoiqu'ils n'aient pas rempli la condition ci-dessus.
M Abt. 3. Aucune autre école, sous quelque dénomination que ce puisse être, ne peut exister en France, si elle n'est régie par des membres de l'université impériale et soumise à sa règle.
u Abt. 4. Le grand maître de notre université impériale et son conseil accorderont un intérêt spécial aux écoles secondaires que les départements , les villes , les évdques , ou les particuliers voudront établir, pour être consacrées plus spécialement aux élèves qui se destinent à l'état ecclésiastique.
« Abt. 5. La permission de porter l'habit ecclésiastique pourra être accordée aux élèves desdites écoles , dont les prospectus et les règlements seront approuvés par le grand maître et le conseil de l'université, toutes les fois qu'ils ne contiendront rien de contraire aux prindpes généraux de l'institution.
M Abt. 6. Le grand maître pourra autoriser, dans nos écoles secondaires ou lycées, des fondations de bourses, demi-bourses, ou toutes autres dotations, pour des élèves destinés à l'état ecclésiastique, i»
Ordonnance du 5 octobre 1814 qui autorise les archevêques et évêques
à établir des écoles ecclésiastiques.
a Loms, etc.
« Ayant égard à la nécessité où sont les archevêques et évêques de notre royaume , dflDS les circonstances difficiles où se trouve l'Église de France de faire instruire , dès l'enfance, des jeunes gens qui puissent ensuite entrer avec fruit dans les grands timi" fioJfM, et désirant leur procurer les moyens de remplir avec facilité cette pieuse intention , ne voulant pas toutefois que les écoles de ce genre se multiplient sans raison Intime.
(I) Mfliis ne f^porloiii pas ee tableau qui eei aujourd'hui «ans objet.
« Sur lo rapport de notre ministre (secrétaire d'État de Tiptérieur;
u Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
*i Art. 1®'. Les archevêques et les évoques de notre royaume pourront avoir, dans chaque département, une école ecclésiastique dont ils nommeront les chefs et les instituteurs, et où ils feront élever et instruire dans les lettres dos jeunes gens destinés à entrer dans les grands séminaires,
« Art. 2. Ces écoles pourront 0tre placées à la campagne et dana les lieux où il nV aura ni lycée, ni collège communal,
« Art. 3. Lorsqu'elles seront placées dans les villes où il y aura un lycée ou un collège communal, les élèves, après deux ans d'étude , seront tenus de prendre Thabit ecclésiastique.
u Ils seront dispensés de fréquenter les leçons desdlts lycées et collèges.
« Art. 4. Pour diminuer autant qu'il sera possible les dépenses de ces établissements, les élèves seront exempts de la rétribution due à l'université par les élèves des lycées , collèges, institutions et pensionnats.
u Art. 5. ILes élèves qui auront terminé leurs cours d'études, pourront se présenter à l'examen de l'université, pour obtenir le grade de bachelier ès-lettres ; ce grade leur sera conféré gratuitement.
u Art. d. n ne pourra être érigé, dans un département, ime seconde éeole eodéâaatàque qu'en vertu de notre autorisation, donnée sur le rapport de notre ministre secr^ taire d'État de l'intérieur, après qu'il aura entendu Tévêque et le grand maître de l'université.
u Art. 7. Les écoles eccléùastlques sont susceptibles de recevoir des legs et des donations, en se conformant aux lois existantes sur cette matière.
u Art. 8. Il n'est, au surplus, en rien dérogé à notre ordonnanoe dn 22 juin dernier, qui maintient provisoirement les décrets et règlements relatifis à l'université.
M Sont seulement rapportés tous les articles desdits décrets et règlements contraires à la présente. »
Ordonnance du 6ju{n 1816, contenant répartition des fonds destinés à V amélioration du sort du clergé, et qui comprend dans cette répartition la dépeinst à laquelle donnera lieu la création, dans les séminaires, de 1000 bourses nouvelles, destinées à l'éducation des ecclésiastiques,
u LoxnB,etc.
H Un des grands objeta de notre polUcitude a tOHjQurs été de venir au secours du clergé, et de faire cesser la détresse ailBigcante où il se ti'ouve réduit , particulièrement dans les campagnes, etc.
u Art. l^**. U sera créé dans les séminains 1000 bourses nouvelles destinées à l'éducation des ecclésiastiqi^es. Le montant de ces boiu'ses et la dépense de la répartition ou de l'augmentation des bâtiments et des mobiliers, seront pris sur un crédit d'un million, qui sera porté au budget de l'intérieur, exercice 1816, chapitre Du clergé^ et qui à cet effet sera prélevé, eto (1). »
OBDo?fNANCE du 16 j^in^ 1828> sur les écoles seeosulair^ eecléstas-
tiqua (2) ,
M ChabIéBI, ete.
u But le rapport da notre ministre seorétalre d'Étafe des afiairet eooléi&utiquas;
M Notre conseil des ministres entendu:
^ (4) Le rate de l'ordonnance n'a pas de rapport aax témkuUret.
•' (I) La premibre ordonnance da 40 Jnin est rapportAe tons le mot iéioitcs.
SAlUNAmB. iS3
M Non* avons ovdonné et erdomums oe qui suit :
« Abt. 1^. Le nombre des élèves des éooles seoondaires ecolésiastiques, instituées par Fordonnanee da 5 octobre 1814, sera limité dans ehaqne diocèse, conformément au tableau que, dans le délai de trois mois , à dater de oe jour, notre ministre secrétaire d'Etat des ai&ires ecclésiastiques soomettra à notre approbation.
« Ce tableau sera Inséré au MuUHin ée$ lùU , ainsi que les changements qui pourraient 6tre ulténeurement réclainés , et que nous nous réservons d'approuver, s'H devient nécessaire de modifier la premièfe répartition.
« Toutefois, le nombre des élevée placés dans lee écoles secondaires ecclésiastiques ne pourront excéder vingt mille.
M Avr. 2. Le nombre de ces écoles et la désignation des communes où elles seront établies seront déterminés par n^us, d'après la demande des archevêques et év^ues, et SOI la proposition de notre ministre des affaires ecclésiastiques.
« A^. a. Aucun externe ne pourra être reçu dans lesdltes écoles. Sont considérés ooBime externes les élèves n'étant pas logés et nourris dans rétablissement mime.
« AsT. 4. Après l'âge de quatone ans , tous les élèves admis depuis deux ans dans leedites écoles seront tenus de porter un habit eoelésiastique.
u Abt. 6. Les élèves qui se présenteront pour obtenir le grade de bachelier ès-lettresj ne pourront, avant leur entrée dans les ordres sacrés, recevoir qu'un diplôme spécial , lequel sera susceptible d'être échangé contre un dipldme ordinafare de bachelier eslettres, après qiw les élèves seront engagés dans les ordres sacrés.
u Arv. 6. Les supérieurs ou directeurs des écoles secondaires ecèléelastiquee , seront nommés par les arcbevêqueret évêques, et agréés par nous.
u Abt. t. Les archevêques et évêques adresseront, avant le premier octobre prochain, les noms des supérieurs et directeurs actuellement en exercice à notre ministre des affUbres ecclésiastiques, à l'eflet d'obtenir notre agrément.
M A»T. 8. Les écoles secondaires ecclésiastiques, dans lesquelles les dispositions de la présente ordonnance, en date de ce jour, ne seraient pas exécutées , cesseront d'être oottsidérées comme telles^ et rentreront dans le rég^e de Tuniversité. »
L'apparition^ dea deux ordonnancea dn 16 juin 1828, provoqua, de la part des évéques, un Mémoire aurai, qui réclamait oontre lanécesaité de Tagrémeiit, raffirmatioii par écrit, et la limitation arbitraire du nombre des éléyes. Quant à Tinjonotion d'affirmer qu'on est étranger à toute congrégation religieuse non légalement établie en France, oIIq était une violation pianifesto de VarticlQ 8 de la Charte dç 1814 qui régissait alors la France, Ces deux ordoima.aççs sont dono actu^llemeQt plus que jamais souverainement illégales, et sur^ tout en opposition formelle aveo les saints canons. Elles ont été rap» portées par la loi du 15 mars 1860 qu'op peut voir dans le tome III de noire Coufê 4e légielation ûivile eeclMoêiique. Voici le texte du Mémoire êm roi, document trop important pour ne pas trouver plaee ici.
tSÈMOtm frieenU ou roi par lee Mques de France au sujet dee ordonnances du 16 juin 1828, relatives aux écoles secondaires ecclésiastiques.
Sm, K Le temps ne oahne pas la douleur que les évoquée de votre rojanme ont éprouvée h Voecasion des ordonnancée dn IS juin; an contraire, ils sentent qu'elle devient plus
ISi SÉMINAIRE
vive et plus profonde à mesure qu'ils voient s'approcher le terme fatal de le«r exéealion. Les alarmes de la conscience viennent encore se joindre à cette douleur pour la rendre insupportable. Si les évoques ne devaient, en effet, que demeurer spectateurs passifs des choses qui se préparent, ils espéreraient du moins dans Tacoeptation de cette cruelle épreuve, un adoucissement que la résignation et la patience leur rendraient méritoire ; nuûs frappés des coups les plus sensibles par une main qu'ils sont accoutumés k bénir, il ne leur sera pas permis de se contenter de gémir en secret, et d'attendre en silence l'accomplissement des mesures qui doivent les désoler et affliger leurs églises. On leur demande de coopérer eux-mêmes directement à des actes qu'ils ne peuvent s'empêcher de regarder comme humiliants pour la religion, durs pour le sacerdoce, gênants et vexatoires pour l'autorité spirituelle, dont ib ne doivent compte qu'à Dieu parce que lui seul leur en a confié l'exercice. On veut que, par un concours direct et inmiédiat de leur part, îls paraissent approuver ce que les principes leur semblent condamner, et qu'ils travaillent eux-mêmes à serrer des entraves que la liberté évangélique leur interdit de souffrir; placé ainsi entre les plus chères affections et les devoirs les plus sacrés, l'épiscopat français ne sait comment satisfaire à la fois au sentiment du cœur et au cri de la conscience, pleins d'une inquiétude que des ennemis même n'oseraient leur reprocher, les évêques tournent leurs regards tour k tour vers le del où préside la Majesté suprême dont ils doivent respecter les ordres, et vers le trône où est assise la mcondê Mo^etti dont ils voudraient contenter jusqu'au moindre désir.
u Dans leur anxiété, sire, après avoir invoqué par de longues supplications les lumières et les secours qui viennent d'en haut, les évêques ne croient pas s'écarter des bornes du respect et de la soumission dont il leur appartient plus qu'au reste des fidèles de donner l'exemple, s'ils essaient de déposer aux pieds du roi, comme ils savent que quelques-uns de leurs collègues réunis à Paris l'ont d^à fait par l'organe d'un d'entre eux avant la publication des ordonnances, leurs inquiétudes et leurs craintes, en suppliant sa bonté d'apporter à ces ordonnances des modifications qui les arrachent à la cruelle alternative où elles vont les placer ; ils n'obéissent point k l'exigence des passions, ils n'empruntent pas leur langage; ce n'est même qu'après avoir maîtrisé le premier mouvement de la douleur, qu'ils viennent faire entendre au roi très chrétien la voix plaintive de la religion et les douloureux accents de l'Église à celui qu'elle aime à nommer le premier-fié de ses fUi,
u Les évêques n'ignorent pas qu'on leur conteste le droit d'examen et de discussion sur les ordonnances du 16 juin, qu'on affecte de ne les regarder que comme des règlements d'ordre légal qui appartiennent à la puissance séculière ; on ne cesse de leur rappeler que ces ordonnances ne blessent en aucune manière les intérêts de la religion ni le pouvoir ecclésiastique, ils ne doivent intervenir que pour se soumettre et seconder l'action du gouvernement. Plût à Dieu qu'il en fUt ainsi ! On les verrait ce qu'ils sont toujours, zélés et fidèles, commander le respect et l'obéissance autant par leur exemple que par leurs discours ; mais il est au contraire trop manifeste que les ordonnances sont de nature à porter l'atteinte la plus déplorable à la prospérité de la religion catholique en France, et qu'elles attaquent dans plusieurs de leurs dispositions l'honneur st l'autorité de l'épiscopat. Ces motifs sont plus que suffisants pour légitimer, nous ne dirons pas les résistances, mais l'inaction des évêques qui peuvent bien supporter un joug onéreux, mais qui ne sauraient se l'imposer eux-mêmes. C'est ce qui résulte de l'exaxnen approfondi des deux ordonnances sous quelque point de vue qu'on les envisage, soit dans l'ensemble, soit dans les détails.
M L'une et l'autre ordonnances semblent reposer sur ce principe bien contraire aux droits de l'épiscopat dans une matière évidemment spirituelle, puisqu'il regarde la perpétuité même du sacerdoce, savoir, que les écoles secondaires ecclésiastiques, autrement appelées petits séminaires, seraient tellement du ressort et sous ladépendanoe de l'autorité civile, qu'elle seule peut les instituer et y introduire la forme et les modifications
qu'elle jugerait à propos, les créer, les détruire, les confier à son gré h des supérieurs de son choix, en transporter la direction, en changer le régime comme elle le voudra, sons le concours des évtques, même contre leur volonté et cela sous prétexte que, les lettres humaines étant enseignées dans ces écoles, cet enseignement est du ressort exdnBif de la puissance séculière.
« C'est en vertu de ce principe que huit écoles secondaires ecclésiastiques ont été tout d'un coup, sans avertissement, sans ces admonitions préalables qui conviennent si bien à une administration paternelle, arrachées au gouvernement des évêques sous lequel elles prospéraient, pour dtro soumises au régime de Tuniversité. C'est encore par une conséquence de ce principe qu'il est ordonné qu'd V avenir, sans avoir égard à l'institution de l'évâque, non plus qu'à sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes, mal ne pourra denuwrer chargé, toit de la direction, aoit de l'eneeignement dans vme des écoles Mconddtrw scclésiastiques, s'il n'a affirmé par écrit qu'il n'appartient à aucune congrégation reUgieuse non légalement établie en France. C'est toujours de ce principe que découlent les autres dispositions qui limitent au gré de l'autorité laïque le nombre des élèves qui doivent recevoir dans ces mêmes écoles l'éducation ecclésiastique, qui déterminent les conditions sans lesquelles ils ne peuvent la recevoir, et qui, enfin, statuent que désormais cette éducation ne sera donn^, que la vocation au sacerdoce ne pourra être reconnue et dirigée dès son commencement sans l'intervention de cette même autorité laïque ; car les supérieurs ou directeurs doivent obtenir l'agrément du roi avant de s'ingérer après la mission des évêques, dans la connaissance et dans la direction de cette vocation.
« Voilà iusqu'où conduit un principe fondé sur une prétention exorbitante, un prindpe mal conçu, faussement appliqué, et trop largement étendu à des objets devant lesquels la raison, la justice et la conscience le forcent à s'arrêter; voilà aussi comme il provoque des réclamations, des froissements, des luttes très-pénibles , que l'on aurait évitées, si l'on avait su se renfermer dans ces bornes en deçà desquelles il n'j a qu'hésitation et que faiblesse, comme il n'y a au-delà que violence et que collision.
« Que le principe donc de l'autorité de la puissance civile à l'égard des petits sémi' nairês soit réduit à ses justes limites, et tout alors rentrera naturellement dans l'ordre, parce que rien ne sera compromis. Essayons de les déterminer avec précision.
M Que le prince doive avoir et qu'il ait en effet sur les écoles ecclésiastiques, destinées à perpétuer le sacerdoce, l'inspection et la surveillance nécessaires pour assurer l'ordre public, empêcher la transgression des lois, maintenir les droits et l'honneur de la souveraineté; qu'il puisse exiger, exécuter par lui-même la réforme des abus qui intéressent l'ordre civil ; qu'il doive même, en qualité d'évéque du dehors, provoquer la réforme des abus dans l'ordre spirituel, et prêter l'appui du bras séculier pour le maintien des règles canoniques, on en convient ; qu'il soit libre d'accorder ou de refuser à ces établissements une protection, des privilèges, des bienfaits, dans l'intention de favoriser les progrès de la foi, en contribuant à perpétuer les ministres de l'Évangile, la religion n'est pas ingrate et lui rendra au centuple, pour prix de sa munificence, nonseulement la reconnabsance et l'affection, mais encore le dévouement et les services ; qu'ainsi les écoles ecclésiastiques reçoivent une sanction qui les fasse jouir de tous les avantages dont sont en possession tous les autres établissements légalement reconnus ; qu'elles aient la capacité d'acquérir, de vendre, de posséder, etc. ; que ces avantages même ne leur soient accordés qu'à de certaines conditions, sans l'accomplissement desquelles elles ne pourraient en jouir : rien dans tout cela qui excède le pouvoir politique, qui envahisse le pouvoir spirituel ; mais au-delà l'usurpation est à craindre, elle est bien prochaine.
u Prétendre, par exemple, qu'aucune école destinée à former à la piété, à la science et aux vertus sacerdotales, ne peut exister sans l'autorité du prince ; que les évêques, soumis d'ailleurs à toutes les lois, ne puissent réunir les jeunes Sarouels que le Sei-
116 SfillINAniB*
gnenr appelle dès Teii&nee «il Mmt ministère, uSn de les rsrtdie plve propres à TÎr Tantel et le tabernadei qu'flB n'aient pas la libsfté deoenfier rédBcatkm, la ditvë^ tion, renaeignement de cette obère et prédense tribu, ans mattres qa'ils jii|peioa% kb plus habiles, les pins «apables de la diriger à travers mille dangsn jusqu'au teruM é» sa vocation ; qu'ils ne puissent bénir et multiplier cHte «noiÉMm éi |ii spMisi^ è'eM ^«ii> loir asservir l'Église dans oe qu'elle a de plus indépettdaut, e*eet porter attriuté à sa mission divine ; c'est contredire témérairement ces pareles qui regsrdent tous les tem^a : AlUi et MiMt^mex; c'est s'inscrire en faux centre riuseoiie de l'Én^Bse. Au ecîn àm la persécution, elle était libre de former des dereê dans les prisons et dans les calaoonbes ; en lui donnant la paix^ les empereurs n'ent paa aastgettî à leurs ri^^ementa iea écoles et les monastères oà elle teeueUlait respémmie de een aaoerdeoe, et s'fll «eut quelquefois intervenus, ee n'est que par leur profeeetien» leur Ubéralité, eu dans dm choses purement temporelles. I>epnis, l'Église m'a pu se deesaisir dss dfutls que M a confiés son fondateur.
« Si elle accepte les faveurs des priaeee à la eondilien de quelquee privilégea qui touchent an spirituel, comme les droits de UMailialioni de patronage, ete. («ofee M»** xiHATiox , patsovaob) , elle peut prendre des ea^agemenÉi ««ee eut, elle ee les im* pose, mais elle ne les re^t pas; elle les remplit, mais en eekielle m'obéHqu'àett^mêtae. « £t qu'on ne dise pas qu'il ne s'agit ici que de renseignement éêè lettres kumaiueef qui est du ress<Hrt de la puissanee ctyfle $ qu*en remarque qa'il est qoeetien d'éeoles 0»clésiastiques où eet enseignement n'est qu'un aoeessoire dont, après Wut^ la religien pourrait se passer, et que le principal, qui emporte tout le reste, est évidemment du ressort de l'autorité H>irituelk. Los erdewMneSS ettee-mêmes établissent wMe îHffâfence. La première statue, article H, que « nul ne pourra demeurer oliargé sait de la diraotierif m soit de l'enseignemeat, derfe wn» dêa iMisom d*44moation àépm^iamtet de l'wmvtfiHé, » et elle lyoute : « ea dans uns de* éeoks êecondâtm êe&léiiastiquâ$; » La distînetieneet ftf>mdle, et cependant tout y est compris, tout j est placé eons la même autorfbé^
u La seconde ordonnance va plus loin encore et d'une manière plus expresse ; ou n'y a pas mâme eu la précaution d'y laisser un moyen de défense contre les teprodMS d'une usuq^ation évidente; cm n'y invoque pas même le prétexte tiré de l'eanefignement dse lettres humaines, car l'artâcle 6 de cette ordonnaaee n'exige pes l'agrément de la pnis« sance civile pour les {Hrofesseurs qui eiiseiguent les lettres kumaines dans ees ée(^, mais pour les supérieurs ou directeurs, eux qui sont spéeialement chargés de là oen« naissance, de la culture et de l'examen approfondi de la vocation oodésiastique^ et dé former les élèves à la piété, la doctrine, la sdenee et toutes les vertus nécessaires è cette vocation sainte ; d'où il s'ensuit que c'est l'essentiel même des éooles eoeléaiaB» tiques, et ce qui i^partient en propx^ aux évêqnes, que l'on semble vouloir partsgtf avec eux.
« Ce n'est pas l'intentien «ane doute, nous eroyons même que les faeilîtés qui seront données pour l'agrément, réduiront à preéque lien cette formalité; nmis cette formalité peut devenir dangereues du nrametut qu'elle est commandée : les systèmes changent avec les hommes , et celui qui a pour but l'asserviseement de l'EgHee, qui a déjà ebtene depuis peu sur elle d'importants avaatuges, s'en prévaudrait un jour, et peumit exiger d'autres concessions , si d'avance on oe se mettait en garde contre des piéteuAieiii exagérées.
M D'après cet exposé , il résulte en premier Ueu , que les ordonnances qui ont pi^ nonce sur les petits séminaires ont bien pu leur Oommuniquer Texistenee lég*lo, et ave» elle tous les avantages temporels et dvils qui l'acoompaj^Mait, qu'eUes peuvent ausii leur accorder des secours, des donations, des maisons pour s'établir; mais qu'elles ne peuvent rien sur leur emstence projprsment àtie, puisque c'est une conséquence de la misaion divine que les évêques , en se conformant d'ailleurs aux lois du pays sur tout le reste, aient le droit d'assurer et de perpétuer la prédication de TÉrangile, l'i
BÎstraUDn de* sacrements et les bienfaits d'un ministère qni a pour objet le salut des âmes. La manière d'user do ce droit, ou plutôt de remplir ce devoir, peut être différente suivant les temps et les besoins ) mais Texercico n'en appartient pas moins aux évSques, a ne saurait leur Stre contesté.
« U ne servirait de rien de dire qu'autrefois il n'y avait pas de petits êétniwùrétf ou s'il y en avait, qu'ils n'étaient pas semblables à ceux qui existent actuellement. Quand cela serait vrai, le droit des évêques ne peut avoir été infirmé par le non exercice, et l'on ne saurait invoquer ici la prescription ; mais on est loin d'admettre qu'il n'y eût poà de petits sémmairtê; on prouverait, au contraire, par les monuments les plus authentiques, que l'Église et l'État en ont formellement reconnu et manie noommandé l'éla» blissement (1).
M n résulte, en second lieu, de ce principe, que la forme du priaeipe où les aspi* nuits au saint ministère doivent être reçus, examinés, élevés, dirigés dans leur vocation 9 que leur nombre , leurs qualités , celles des maîtres qui les enseignent et qui les oonduisent dans cette route céleste , sont aussi du ressort de l'autorité spirituelle : c'est aussi porter att^to à son indépendanoe, c'est lui mettre des entraves que de lui imposer des conditions qui lui ôteraient ou qui gêneraient sa liberté dans le choix de ceux qu'elle est chargée de séparer pour l'œuvre du Seigneur, et des conducteurs qu'elle reconnat^ Stre les plus habiles pour amener cette œuvre à sa perfection.
« Il s'ensuit encore que, si la puissance séculière croit pouvoir refuser ou retirer sea faveurs, ses privilèges, et tous les avantages de l'exiêUnc$ Ugalê, même la faculté d'eu'» saigner les lettres humaines, à des prêtres qui, individuellement ou collectivement « suivent, pour leur régime intérieur, la règle d'une congrégation -ou d'un ordre dont la loi no reconnaît pas VtxisUncê, elle ne peut exclure ces prêtres de l'enseignement des écoles ecclésiastiques pour ce seul fait, du moment où, appelés par les évêquesf soumis en tout ù la juridiction de l'ordinaire comme tous les autres |»rêtre« des diooèses^ où ils sont préposés à cet enseignement et à cette direction.
« Les évoques sont donc en droit de conclure, et Us le oonoluent presque à Tunanimité, qu'il leur parait répugner à la conscience de soumettre ù la sanction du roi la nomination des supérieurs et directeurs de leurs petits timituUnt^ parce que cette obli« gation est contraire à la pleine et entière liberté dont les évêquee doivent jouir dans la direction de ces établissements, en raison de leur nature et de leur destination. Est-il rien qui appartienne plus à l'autorité spirituelle, que le droit d'examiner la vocation des siyets qm aspirent au sacerdoce, de former ces sujets aux vertus sacerdotales, ce qni renferme évidemment celui de choisir des hommes chargés de faire cet examen, de juger oea vocations, de former à ces vertus? Conunent dono les évêqnes pourraient-ils reconnaître dans l'autorité civile, le pouvoir d'agréer ou de rejeter les hommes qu'ils auraient chargés de cette mission toute spirituelle? et ne serait-ce pas reconnaître oe pouvoir, que de contribuer & mettre à exécution l'article 6 de la seconde de oes ordonnances ?
« Si l'on objecte que les évêqnes sont d^à soumis à des formalités êemblables, pouf ce qui concerne la nomination des vicaires généraux, chanoines et curés , il est facile de répondre que, quant aux onrés, c'est en vertu d'une claufte formelle du concordat da 1801, et par suite avec le consentement exprès du Souverain Pontife, lequel, lorsque le bien de la religion l'exige , peut restreindre l'usage de cette pleine et entière libwté que Jésus-Christ a donnée & son Eglise, ce qui excède le pouvoir d'un évêque à l'égard de ces droits sacrés dont il n'est que le dépositaire. Quant aux vicaires généraux et aux <±anoines , on sait que cet approuvé, imposé plus tard sous un régime despostiqueetpar une puissance soupçonneuse, n'est regardé que comme une simple formalité qui n'influe en rien sur l'institution canonique, non plus que sur l'exarcioe des pouvoirs qu'elle 001»'
(I) Voirie eoedto da Trente» saalon xitu ch. 18; ti\i de Blob ; ordonnmoel deLouff XtV; Fleat^, etaqulème dlMOon rar rhtetolre eoclétluttqne.
118 SÊMINAIRB.
ftre ; tandis que la néouaiié de ragrément royal pour les nipérietirs on direeteors d'un petit uminain une fois admise , le refus de cet agrément ponrrait jeter le désordre dans cet établissement précieux, et pentrêtre même en entraîner la mine.
M Les érêques concluent| secondement, qu*il ne lenr parait pas non pins possible de concilier avec cette sainte et pleine indépendance dont ils doivent jouir dans l'orgamaation de leurs écoles ecclésiastiques, Tobligation de fournir des déclarations indiTÎdoelles de 1a part des directeurs ou supérieurs qu'ils y appellenùent. Un év&que ne peut s'interdire la faculté de donner ime règle spéciale aux directeurs et professeurs de ses petits shniwtinSf de les assujettir même à des vœux au for intérieur, d'établir ainsi nne espèce de congrégation, afin de faire régner et plus de piété et plus d'harmonie entra des prêtres destinés à former de jeunes clercs à la perfection sacerdotale, à faire observer une règle sévère, à les édifier par toutes sortes de bons exemples, k leur inspirer, à lenr rendre familier l'amour dn détachement de soi-même, de Tobéissanoe, de la pauvreté et des antres conseils évangéliques, dont la pratique, dans im certain degré, est si propre à assurer les fruits du sacré ministère. Est-il rien de plus spirituel de sa sature, qu'une congrégation religiense et séparée de toute «swIctics légaU ? Si les évêqiies peuvent reconnaître dans l'autorité séculière le droit de donner on de refuser à une congrégation religieuse cette existence légale, ils ne peuvent lui reconnaître le droit de défendre à l'autorité spirituelle d'approuver, d'établir, de diriger ces congrégations tontes spirituelles, d'en employer les membre à des fonctions également spirituelles, et eonséquemment à former les jeunes clercs à la science et aux vertus ecclésiastiques. Or, ce serait reconnaître ce droit dans l'autorité civile, que d'exécuter l'article 2 de la première ordonnance, qui défend généralement, sans aucune distinction, d'employer à la direction de l'enseignement dans les écoles secondaires eodésiastiques , tout homme qui appartiendrait à une congrégation non légalement établie en France.
M En troisième lieu, les évêques concluent que la conscience ne leur pennet pas davantage de coopérer d'une manière active aux articles 1 et 3 de la seconde ordonnance, qui limite le nombre des élèves dans les écoles secondaires ecclésiastiques, et qui enexdnt les externes , parce qne ce serait vouloir en quelque sorte limiter les vocations, et mettre des obstacles à une grâce dont ils doivent, au contraire, autant qu'il est en eux, favoriser les progrès et assurer la fin. Qu'ils se soumettent d'une manière passive, aux mesures qui interdiraient aux jeunes gens appelés au sacerdoce, l'entrée de leurs écoles secondaires, c'est tout ce qu'on peut exiger d'eux ; mais il serait indigne de leur caractère de s'engager à les repousser du sanctuaire, ou à les écarter dn chemin qui peut les y conduire, sons le prétexte que le nombre en est trop grand , ou que n'ayant pas les ' moyens de payer une pension exigée, ils ne peuvent suivre des écoles que comme externes ; il serait également contraire aux devoirs des évêques de reconnaître, par une coopération positive , un droit funeste à la religion , à une époque surtout où la raieté des prêtres est la grande plaie de l'Église, et où il faut en convenir, l'éducation donnée dans les institutions laïques est telle, en général, que les vocations eodésiastiques s'y perdent loin ^ s'y développer. La puissance séculière n'est pas d'ailleurs jugée compétente pour connaître jusqu'où s'étendent les besoins de l'Eglise, et où doivent s'arrêter les secours qui lui sont nécessaires.
« Sire, à l'appui des motifs que les évêques ont l'honneur d'exposer à Votre Majesté, pour justifier nne conduite qu'on ne manquera pas, peutrêtre, de lui présenter comme nne révolte contre son autorité, ils pourraient invoquer cette liberté dvile et cette tolérance religieuse, consacrées par les institutions que nous devons à votre auguste frère, et que Votre Majesté a juré aussi de maintenir; mais ils ne veulent point entrer dans nne question de droit public, dont les maximes et les conséquences ne sont pas encore bien fixées, sur laqudle les plus habiles eux-mêmes sont divisés d'opinion, et qui les jetterait dans une discussion susceptible de s'étendre et de se resserrer, selon les temps et les systèmes toujours mobiles, toigours variables.
SÊMINAIRB. iU
if Us ont ezaminë dans le Moret du sanctoaire, en préBeoce du sonveram juge, avec la prtÊâence et la simplicité qui leur ont été recommandées par leur divin maître, ce qu'ilt dewaimt à Céëor comme ce qu'ils devaient à Dieu : leur conscience leur a répondu qu*t7 votait mieuac obéir à Dieu qu'aux hommes^ lorsque cette obéissance qu'ils doivent premièrement à Dieu, ne saurait 8*allier avec celle que les hommes leur demandent. Ils ne résistent point, ils ne profèrent pas tumultueusement des paroles hardies, ils n'expriment pas d'impérieuses volontés; ils se contentent de dire avec respect comme les apôtres, non poesumus, nous ne poxrvons pas, et ils conjurent Votre Majesté de lever une impossîbilxté toujours si douloureuse pour le cosnr d'un siget fidèle vis-à-vis d'un roi si tendremwt aimé.
« Jusqu'ici nous n'avons considéré, dans les nouvelles ordonnances, que ce qu'elles nous paraissent avoir de contraire à la liberté du ministère eoolésiastiqne, relativement à l'éducation des clercs et à la perpétuité du sacerdoce; mais, sire, nous n'aurions pas satisfait à l'un des devoirs que Votre Majesté aime toujours que nous remplissions auprès d'elle, celui de lui faire connaître la vérité sans déguisement, si nous lui taisions les autres funestes conséquences que cee ordonnances peuvent avoir pour la religion. Pasteurs du troupeau de Jésus-Christ, notre sollicitude ne doit pas se borner à former les guides qui seront destinés à le conduire, sous notre direction, aux pâturages de la 'vie étemelle; le soin du bercail tout entier nous regarde, et ce serait pour nous une illusion et une erreur impardonnables si nous croyions avoir acquitté tout ce que demande la charge pastorale, du moment où nous n'avions rien négligé pour assurer de bons prdtres à nos églises. C'est sans doute la première et la plus essentielle de nos obligations, pour laquelle nous ne saurions faire trop de sacrifices ; mais, tout ce qui peut avoir quelque influence sur la sanctification des âmes, réclame aussi de nous une vigilance, une attention et des efforts continuels.
M Or, il n'est que trop manifeste que les dispositions des ordonnances qui tendent à interdirerigoureusement l'accès de nos écoles ecclésiastiques à une certaine classe de fidèles qui ne se destineraient pas an sacerdoce, seront très fatales à la foi et aux mœurs. Nous le disons sans orgueil et sans vouloir déprécier les institutions publiques, dans nos sémi- «MH'rw le lait de la plus saine doctrine coule toujours pur et abondant ; les précautions pour conserver sans tache l'innocence du jeune âge sont portées d'autant plus loin que nous aspirons à ne présoiter au service des saints autels qu'une virginité sacerdotale : le respect pour les lois, l'amour pour le monarque et la fidélité à tous les antres devoirs de la vie sociale y sont enseignés, développés, inculqués avec d'autant plus de force dans les esprits et dans les cœurs, que nous avons à former des hommes qui seront obligés, par état, de prêcher toute leur vie la connaissance de ces devoirs et d'en commander la pratique an nom du ciel ; les vertus auxquelles on y exerce les élèves sont d'autant plus solides qu'ils doivent en soutenir l'honneur par les plus courageux exemples. De quel effroi la religion n'a-t-elle donc pas dû être saisie ! que de larmes n'a-t-elle pas dû répandre en entendant l'arrêt qui exclut à jamais, de la perfection de ses enseignements, les enfants de tant de familles honorables qui auraient voulu confier à une vigilance pins matemdle ce qu'elles ont de plus cher, et souvent ce que l'État a de plus précieux ! Mais combien cet effroi a-t-il augmenté, combien ces larmes sont-eUes devenues plus amères lorsqu'elle a vu répudier de l'instruction publique les maîtres les plus capables de former la jeunesse aux vertus du christianisme , quand même ils ne seraient pas reconnus comme les plus habiles pour leur enseigner les lettres humaines l Déjà elle n'avait pu voir, sans pousser de profonds soupirs, l'usage de l'autorité qu'elle doit exercer sur l'éducation de l'enfance , affaibli , restreint et presque réduit à une simple voix consultative ; elle n'avait pu que s'affliger de la nouvelle humiliation qu'on lui a fait subir eu lui retirant la confiance que lui avait témoignée le feu roi quelques années auparavant; ses alarmes redoublent avec sa douleur depuisqu'ellevoitécarter avec tant do précautions , d'auprès des générations qui s'élèvent , ce» infatigables et zélés précepteurs de Tadoles-
180 SÉMINÂIRR.
cence qu^ellé a oomptés , cUuiB tous les temps , au nombre de ses plus puissants auxiliaires.
4( Sire ) nous ne poussons pas plus loin nos considérations, quoiqu'elles se présentent en foule ; Français , nous ne voulons pas récriminer contre notre siècle ni contre Id système d'éducation organisé dans notre patrie ) év^ues , nous devons être attentifs aux périls qui environnent la jeunesse ^ espérance de l'Église et de l'Ltat. S'il ne nous est pas donné de la préserver entièrement de tous les dangers qui la menacent, nous devons désirer et demander avec instance qu'on ne repousse pas^ du moins, les moyens salntairw qui peuvent en diminuer le nombre et en affaiblir l'excès.
M Sire , quelque profonde que soit l'afBiction des évêques de se trouver dans la pénible nécessité de contrister peut-être Votre Majesté en luidemandant d'apporter aux mesures qu'elle a ordonnées des tempéraments qui dissipent leurs alarmes, ils se consolent cependant et se rassurent par la pensée que ces mesures n'ont été prises qu'à regpret, et dans cette persuasion que, si elles pouvaient s'allier avec les devoirs du christianisme, elles devenaient indispensables à cause de la rigueur des temps. Us ne s'abusent dono pas en espérant que les conseils de Votre Majesté, plus édairés par les observations de l'épiscopat, s'empresseront de lui proposer des modifications capables de satisfaire à la fois à ce qu'exigent la dignité souveraine et l'autorité de la conscience, la paix publique et les trop longues douleurs de la religion. Oui, sire, ce sont tons les évêques de France qui sollicitent de Votre Migesté le remède des maux dont ils portent tous ensemble le poids accablant, et non plus seulement les évêques isolés qui cherchent k détourner un malheur prochain. S'il en est parmi eux , quoique en très petit nombre , qui diffèrent d'opinion sur la conduite à tenir dans ces circonstances difficiles, il n'en est pas nn seul qui ne partage les sentiments de l'affliction commune et qui ne croie fermement que la piété du fils de saint Louis ne repoussera pas les respectueuses doléances que l'épiscopat tout entier ose prendre la confiance de lui adresser.
M Plus d'une fois, sire, les évêques de' votre royaume se sont vus obligés de défendre ainsi, par leurs supplications au pied du trdne, la cause sacrée de leurs Eglises contre les envahissements de la puissance séculière , déposée entre les mains de ces oorps antiques si respectables et si utiles à la monarchie, mais qui, malheureusement poar la religion et pour l'Etat, se croyaient quelquefois obligés à soumettre à leur juridiction l'autorité du prince et celle des pontifes, réunissant ainsi en une seule main le glaive de la justice, la houlette du pasteur et le sceptre des rois. L'épiscopat, alors protégé par SCS privilèges, soutenu par son crédit, placé, par sa situation sociale, dansnne parfaite indépendance, luttait, en quelque sorte, à force égale aveu la magistrature; il lui était donné de réunir dans une seule et même action tous ses moyens, et do soutenir avec avantage les attaques livrées à l'indépendance de son ministère. Alors , sire , il suppliait, il implorait l'^issistance de l'autorité souveraine; il lui parlait toujours avec une dignité pleine de mesure , toujours il en était éôonté avec bienveillance et souvent avec succès. Aujoiird'hui, privé de ses anciennes ressources, dispersé sans pouvoir se concerter d'une manière facile, mais, toutefois, investi des mêmes droits spirituels et responsable de l'atteinte qu'il y laisserait porter par négligence ou par faiblesse, il supplie encore ; et la voix do ses prières et de ses larmes sera d'autant plus puissante suf le roi très-chrétien, qu'il n'existe plus aucun prétexte qui puisse faire soupçonner les é^'êques de vouloir employer d'autres moyens pour le fléchir^
u Si, malgré cette situation humble et respectueuse, capable de réduire au silence les langues les plus imprudentes, il se trouvait encore des hommes qui osassent prêter à notre zèle et à nos instances les couleurs de la révolte, et nous traduire devant la France et devant Votre Majesté comme des sujets rebelles, relevant alors nos fronts humiliés, nous repousserions avec une juste indignation d'aussi odieuses calomnies ; tons ensem' l)le nous répéterions avec assurance ces expressions de fidélité que nos prédécesseurs portèrent autrefois an pied du trône de votre auguste aïeul, à la suite d'une de ces as-
SBONAlfifi. lai
aambléQB giaâeak» dont la Jrtdpilint occlénsitiflpe et le» jplitt chco» intérdto de la religion appeUent ei ImpôrieiuemaBit le r^aiir; nous yous diriona, ake, « qu'au milieu des u maux qui nous affligent, votre proRj>érité et votre gloire sont le sujet de nos plus M tendres et de nos plus vives acclamations ; que soutenir et défendre les droits sacrés u de votre couronne sera toi^ours pour nous Tobjet dWe noHe et sainte jalousie ; que M plus nous sommes obligés de chercher à conserver la liberté d*un ministère qu'on ne M saurait essentiellement nous ravir, plus nous nous croyons engagés & donner Texera' « pie de la somnission ; ique cette obligation ne nous eervira jamaSs ^ne <poiir porter « plus loin notre obéissance et lui donner plus de siérite; que n«l ne peut nous dispenMr « des -anoindiee devoirs de vécitaUes Françaû^ et «qu'enfin, dans oe royaume, où Votre M MiÔ^sté est partout chérie et révérée, amis ne lui noxmaissonfl d'autres ennemis que « oeux qui nous acausent de Tôtre et qui n'oublient xien pour décrier auprès d'elle nos « respecta, notre amour et notre inébranlable fidélité (1). w Nous sommes avec respect, sire, de Votre Majesté,
Les très humbles, très obéissants et fidèles .sujets et serviteuM,
« Les cardinaiiz, aarchevêques et évêquee de l'ÉgUee de France.
•( Â. J. CaICDIITÀL 1>E CLESStMOKT-TomnBSBB,
Aichevlque de Toulouse, doyen des évêqnes de Fraoee. u Au nom de Vépiscopat Françaia»
I Parto,le4*^«oatiai8. >
§ m. Des grands sàmsAjRBS.
Si les petits 9ëimiMiirM exigent, arec Taiscm, comme nomi Teaone de le voir, tant de sollicitude de la part des éyéques, leç grands êé* minaireê où les jeunes gens sont préparés à recevoir les ordres sacrés et à remplir bientôt les fonctions du sacerdoce, en méritent encore davantage. Aussi Sa Sainteté Pie IX, dans son eokcycliqoe du 9 novembre 1846 (2), presse vivement les évêqnes de s'occuper des grands séminaires .
« Comme vous n'ignorez pas, leur dit-il,^ que la bonne éducation des clercs est le seul moyen de procurer à V Eglise de bons ministres , et qu'elle exerce une grande influence sur tout le couars de la vie , continuez à faire tous vos efforts pour que les jeunes clercs soient formés dès leurs tendres années à la piété, à une vertu solide, à la connaissance des lettres, àVétude des hautes sciences, «urtout des sciences sacrées. C'est pourquoi n'ayez rien tant à cœur que d'établir des séminaires pour les clercs , selon les préceptes des Pères de Trente (Sess. XXIII, cap. 18, de JRe/'orm.), làoù il n'y en aurait pas, d'augmenter, s'il est besoin, ceux qui existent, de leur donner d'excellents supérieurs et maîtres, et de veiller incessamment à ce que les jeunes clercs y soient élevés dans la crainte du Seigneur, dans l'amour de la discipline ecclésiastique, qu'ils y soient formés à la connaissance surtout des sciences sacrées, selon la doctrine catholi-
(1) Harangue au roi pour la cléture de Vaseembîée de 1730.
(2) Voyez cette lettre encyclique k la suite de cet artîele.
43S SÉMlNiiRB.
que et sans aucan danger d'erreur, des traditions de TÉglise, des écrits des saints Pères, des cérémonies et des rites sacrés, afin que ar là TOUS ayez de courageux et habiles ouvriers, qui, animés de 'esprit ecclésiastique et formés par de bonnes études, puissent cultiver le champ du Père de famille et soutenir avec gloire le poids des combats du Seigneur. »
Le même Souverain Pontife dit encore dans son encyclique du 21 mars 1853 aux évéques de France (1) :
« Continuez de ne rien épargner pour que les jeunes clercs soient formés de bonne heure dans vos êéminaireê à la vertu, à la piété, à Fesprit ecclésiastique..., mais encore et surtout pour qu'ils puissent acquérir la science parfaite et solide des doctrines théologiques, de l'histoire ecclésiastique et des sacrés canons , puisée dans les auteurs approuvés par le Saint-Siège. Ainsi , cet illustre clergé de France, où brillent tant d'hommes distingués par leur génie, leur piété, leur science, leur esprit ecclésiastique et leur respectueuse soumission au Siège apostolique abondera de plus en plus en ouvriers courageux ethabUes qui, ornés de toutes vertus, fortifiés par le secours d'une science salutaire, pourront dans la suite des temps vous aider à cultiver la vigne du Seigneur, répondre aux contradicteurs, et non seulement affermir les fidèles de France dans notre très sainte religion, mais encore propager cette religion dans de saintes expéditions chez les nations loin^ines et infidèles, comme ce môme clergé l'a fait jusqu'ici, à la grande gloire de son nom pour le bien delà religion et le salut des âmes. »
Les conciles provinciaux, notamment celui de Rennes de l'an 1849, prescrivent en conséquence les choses suivantes : •< Les évoques doivent s'appliquer à mettre à la tête des séminaires des directeurs éminents en piété, remarquables parla science, consonmiés en sagesse, aux soins laborieux desquels ils puissent confier les jeunes clercs, qui doivent être instruits, et surtout formés à la discipline ecclésiastique.
" Il est à désirer que tous les directeurs assistent aux exercices communs du séminaire, au moins au réfectoire où les jeunes clercs prennent leurs repas, et aux récréations, autant que le temps et leur santé le leur permettront, se trouvant au milieu des élèves pour prendre part à leurs conversations, leur donner des témoignages de charité et de bienveillance, leur apprendre plus encore par leurs exemples que par des préceptes, les règles de toutes les convenances ecclésiastiques.
» Qu'ils entretiennent souvent les élèves de la vie et des vertus cléricales, du ministère et des fonctions ecclésiastiques, de la liturgie et des cérémonies, de la manière d'agir envers les supérieurs et toute espèce de personnes.
••Rienne contribue à la sainteté sacerdotale plus que la méditation
(1) On peut voir cette encyclique h la suite de cet article.
SÉMINÀIBfi. 133
ou l'oraison mentale assidue ; on apprendra aux élèves la méthode et les diverses pratiques d'oraison, de sorte que, convaincus des avantages et de la nécessité de ce pieux exercice, ils ne l'abandonnent jamais pendant le cours de leur vie.
" Personne ne sera admis à suivre les cours de théologie sans avoir été auparavant examiné avec soin sur la philosophie. Ensuite on enseignera pendant trois ans, ou même pendant quatre ans, la théologie dogmatique et morale, qui doit toujours être la partie principiede des études ecclésiastiques. Le concile avertit que, dans cet enseignement, on devra se servir de la forme scolastique et de la langue latine.
« Il y aura, en outre, exposition et interprétation de la sainte Ecriture , ce trésor céleste que TEsprit-Saint a dispensé aux homavec une très-grande libéralité. (ConcU. Trid. Sess. V, de Reform,, e. 1.) On s'attachera spécialement à l'explication du livre des psaumes, des quatre Évangiles, des actes des apôtres et des épîtres.
« Déplus, on donnera^ dans un cours spécial, des notions de droit canonique, à moins que cet enseignement ne trouve sa place dans le cours même des études théologiques.
** On fournira aux élèves les livres et les moyens indispensables pour étudier l'histoire : la connaissance en est nécessaire en soi ; elle aide encore puissamment à acquérir avec plus de perfection la science complète des matières théologiques. '
" Enfin, on les initiera au difficile ministère de la prédication de la parole divine par des préceptes et des exercices publics.
** En quelque genre d'étude que ce soit, il ne suffit pas aux élèves d'être attentifs aux leçons des professeurs; il faut encore qu'ils exposent de vive voix ce qu'ils ont appris, et qu'ils lofassent toujours en latin pour la philosophie et la théologie ; qu'on les accoutume à l'argumentation scolastique; qu'on leur donne souvent aussi des questions à traiter par écrit; enfin, deux fois par an, qu'ils subissent un examen sur les matières qu'ils auront étudiées. » (Décret.IX, n. 2.)
Les autres conciles provinciaux se sont aussi occupés de régler ce qui concerne les êéminaires. Nous ne saurions reproduire ce qu'ils ont dit à cet égard sans nous exposer à des répétitions inutiles.
§ IV. Administration temporelle des séminaqies.
Le concile de Bordeaux, de Fan 1850, ordonne expressément deux choses à cet égard : la première, que l'économe rende exactement et fidèlement ses comptes au supérieur tous les mois, et à l'évêque tous les trois mois; la seconde, de ne rien faire dans l'intérieur da séminaire ou pour des réparations, ou pour quoi que ce soit qui pourrait entraîner à de grandes dépenses, sans en avoir préalablement prévenu l'évêque et avoir obtenu son assentiment. (Titul, V, cap* l,n. 8.)
134 SÈKDfAm.
Sous le rapport légal, royez sous le moi mEnfê d'église le tHre Y du décret da 6 norembre 1813, relatif aux biens des iéminaire$.
Lettre encycxique à tous les patrxarcke$, primats, arekevêfuss et
évêques,
u Pie IX, PAPE.
u Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique.
M Depuis plusieurs années, nous tâchions ,. ydnérables Frères, de remplir trrtc vous, selon nos forces, la charge si laborieuse ot pleine de sollicitude ds l'épiscopat, et da pattre sur les montagnes d*Israël , an mifien des eau vbreB et des pins ricbea pfttnrages, la portion du troupeau du Seigneur confiée à nos soins, quand, par saito da la mort da notre trèa iUnatra prédéeessear, Grégoirç XYI, dont la mémoire et les glorienaes actions, graYéea en lettrée d'or dans les fastes de TEglise, feront toujours l'admiration de la postérité, nous avons été, contre tonte notre attente et par un impénétrable dessein de la divine Providence, élevé au Souverain Pontificat, non sans une gpranda inquiétude d'esprit et une vive appréhension. En effet, si la charge du îlinistère Apostolique a toujours été regardée comme fort grave et périlleuse, c'est surtout dans les conjonctures si difficiles où se trom'e engagée la république chrétienne qu'elle est à redouter. Aussi, connaissant notre faiblesse et considérant les devoirs extrêmement împor^ tants de TApostolat suprême, surtout dans des circonstances aussi fUchenses, nous n'aurions pa qna nous abandonner à la tristesse et aux larmes, si nous n'avions placé toute notre espérance dans le Diea notre Sauveur, qui n'abandonne jamais ceux qui espèrenft en Im, et qui, pour faire éclater la grandeur de aa puissance, emploie de temps en temps an gouvernement de l'Eglise les instruments les plus faibles, afin que tous connaissent de plus en plus que c'est Dieu lui-même qui, par son admirable Providence, gouverne et défend son Église.
M Une autre consolation éminemment propre à nous soutenir, c'est de penser que, dans nos efforts pour le salut des âmes^ nous vous avons pour aides et coopérateurs, vous. Vénérables Frères, qui, appelés à partager notre sollicitude, vous appliquez avec tant de soin et de zèle & remplir votre mim'stèro et k combattre avec courage.
u Aussi, du moment où, placé, sans mérite de notre part, sur cette Chaire raUiniA dn Prince des Apôtres, nous avons reça, dans la personne du Bienheureux Pierre, des mains du Prince étemel des Pasteurs, la charge divine et si importante de pattre et de gouverner, non seulement les agneaux, c'est-à-dire tout le peuple chrétien, mais encore les brebis, c'est-à-dire les évêques, nous n'avons rien eu tant à cœur que de vous faire entendre à tous l'expression de notre tendresse et de notre charité.
M C'est pourquoi, à peine avons-nous, selon l'usage de nos prédécesseurs, pris possession du Suprême Pontificat dans notre basilique de Latran, que nous vous adressons ces lettres, pour exciter votre éminente piété, afin que, redoublant d'aettvité et d'efforts pour veiller nuit et jour sur le troupeau confié à vos soins, et combattant avec une fermeté et une constance épisoopale conti^ le terrible ennemi du genre humain, vous formiez , en vaillants soldats de Jésus-Christ , comme un rempart inexpugnable pour la difanse de la maison d'Israël.
M Nul d'entre vous n'ignore. Vénérables Frères, que, dans ce siède déplorable, une guerre furieuse et acharnée est faite au catholicisme par des hommes qui, liés entre eux par une société criminelle, repoussant les saines doctrines et fermant l'oreille à la voix de la vérité, produisent au grand jour les opinions les plus funestes et font tous leurs efforts pour les répandre dans le public et les faire triompher. Nous sommes saisi d'horr«mr et pénétré de la douleur la plus rive quand nous réfiéchissons à tant do monstrueuses erreurs, à tant de moyens de nuire, à tant d'artifices et de coupables manœuvres dont se servent les ennemis de la vérité et dô la lumière , si habiles dans l'art de tromper.
séunaue. IS5
pour éCioidbr ^^na ]£• eipnti tout saadment de piété, da jnstioe et dlionnêtate , pour eorrompie les mœurs , fouler anx pieds tous les droits divins et Immaîns , éhranler Ia Tdigian catholiqiie et U société civile, et m^me les détmiro de fond en comble, s'il était possible. Voos le ssTes, en eflet, Yénénbles Fières, ees implacables ennemis du nom dirélien , emportés par une avengle forenr d'impiété , en sont venus à ce degt;^ inouT d*aiidace que, ourraNl kmr bamehâ «mx blasphèmes conlrv Dieu (1), ils ne rongissent pas d'enseigner publiq[uement que les augustes mystères de notre religion sont des erreurs et des inventions des hommes ; que la doctrine de TÉglise catholique est opposée au bien et aux intérêts de la société ; et ainsi ils ne craignent pas de renier le Christ lui-mf me et Dieu. Pour mieux tromper les peuples et entralaer avec eux dans l'erreur les esprits inexpérimentés et «m»«» science, ils feignent de oonnaitre seuls les voies du bonheur; ils s*anogat le titre de philosophe, comme si la philosophie , dont le propre est la recherche des vérités naturelles, devait r^eter ce que Dieu lui>mtoie, auteur suprême de la nature, a daigné, par un insigne bienfait de sa miséricorde, révéler aux hommes pour les «NMhiira <>•"• le chemin du bonheur et du salut. C'est en %'iolant ainsi toutes les règles du raisonnement qu'ils ne cessent d'en appeler à la puissance et à la supériorité de la raison hmnaine, qu'ils l'élèvent contre la sainte foi du Christ, et qu'ils ont Tau* daœ de prétendre que celle-ci est opposée aux lumières de la raison. On ne saurait certainement rien imaginer de plus insensé, de plus impie, de plus contraire à la rai>M>n elle-même; car, quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucune opposition, aucune contradiction réelle, parce que toutes deux émanent de Dieu même, source unique de l'immuable et étemelle vérité : et ainsi elles doivent s'entre aider, la droite raison démontrant, soutenant et défendant la vérité de la foi et la foi affranchissant la raison de toutes les erreurs, Téclairant, raffermissant et la complétant par la connaissance des choses divines. C'est avec la même perfidie, Vénérables Frères, que ces ennemis de la révélation divine, vantant sans mesure le progrès humain voudraient, par un attentat téméraire et sacrilège, rintroduire dans la religion catholique, comme si cette religion était l'œuvre, non de Dieu, mais des hommes, ou une invention philosophique susceptible de perfectionnements humains. Les auteurs do ces misérables délires méritent bien le reproche que Tertullien adressait aux philosophes de son temps , qui voulaient donner au monde tm chrisHanistm stoseien, platonicien et diatêctieien (2). Puisqu'il est certain que notre très-sainte Reh'gion n'a pas été inventée par la raison humaine, mais que c'est Dieu même qui l'a fait connaître aux hommes dans son infinie clémence, chacun comprend sans peine que cette religion emprunte toute aa force de l'autorité du même Dieu qui l'a révélée, et qu'elle ne peut être ni diminuée, ni perfectionnée par la raison de l'homme. La raison humaine, U est >Tai, pour n'êtro pas trompée '1^"» une affaire de telle importanee, doit examiner avec soin le fait de la révélation divine, afin d'être assurée que Dieu a parlé, et afin que sa soumission à sa parole divine soit raisonnable, comme l'enseigne avec une grande sagesse l'Apôtre (3). Qni ignore, en effet, ou peut ignorer que la parole de Dieu mérite une foi entière, et que rien n'est plus conforme à la raison que cet acquiescement et cette soumission inébranlables aux manifestations d'un Dieu qui ne peut être trompé, ni tromper !
M Qu'elles sont nombreuses , qu'elles sont admirables , qu'elles sont éclatantes , les preuves qui doivent convaincre entièrement la raison hmnaino que la religion du Christ est divine, et que toutes nos croyances ont leur première racine dans le Seigneur deêOie%uc(4)^ de sorte qu'il n'y a rien de plus certain que notre foi, rien de plus digne do notre confiance rien de plus saint , rien qui repose sur des principes plus solides 1 C'est là, en effet, cette foi, vraie maltresse de la vie, guide sûr dans les voies du salut, victorieuse
(1) Apoealypte xm, S.
(t) De PraMcHpItontMM» cap. 8.
CI) £pCfre MX RonuO»; xiii, 1.
(^ MM Jean Chrpoeitm»^ homU, I la IsaXam,
136 SÉMINAUUS.
de tous lea vices, mère et nourrice féconde des vertus, confirmée par a naissance, la vie, la mort, la résurrection, la sagesse, les prodiges^ les prédictions de son divin auteur et consommateur Jésus-Christ ; brillant de toutes parts de la lumière d'une doctrine supérieure, enrichie des trésors des richesses célestes , illustrée par les oracles de tant de Prophètes, par l'éclat de tant de miracles, par la constance de tant de martyrs, par la gloire de tant de saints ; portant partout les lois salutaires du Christ, et aoqué rant toujours de nouvelles forces au sein des plus cruelles persécutions, elle s'est ré pandue dans tout l'univers , depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher , armée du seul étendard de la crois. ; et foulant aux pieds les idoles , dissipant les ténèbres des erreurs, triomphant d'ennemis de tout genre, elle a éclairé des lumières de la connaissance divine tous les peuples, les nations les plus barbares, les plus différentes de caractère, de mœurs, de lois et de coutumes ; elle les a soumises au joug si doux du Christ, leur a donné à toutes la paix, les a comblées de biens. Ces événements portent tellement l'empreinte de la sagesse et de la puissance divines , qu'il n'est pas d'esprit qui ne puisse aisément comprendre que la foi chrétienne est l'œuvre de Dieu. Aussi, la raison humaine, convaincue par tant de preuves évidentes que Dieu est l'auteur de la foi, ne doit pas s'élever plus haut : mais , méprisant les difficultés et repoussant tout doute, il faut qu'elle se soumette à la foi, persuadée que celle-ci ne propose rien à la croyance et à la pratique des hommes qu'elle n'ait reçu de Dieu.
M On voit aussi par là combien est grande l'erreur de ceux qui, abusant de la raison, et traitant les oracles divins comme une œuvre de l'homme , osent les expliquer à leur gré et les interpréter témérairement , quand Dieu lui-même a établi une autorité vivante pour enseigner et maintenir le vrai et légitime sens de sa céleste révélation, et pour terminer, par un jugement infaillible, toutes les controverses en matière de foi et de mœurs, afin que les fidèles ne tournent pas à tout vent de doctrine , entraînés dans les pièges de l'erreur par la perversité des hommes. Or, cette autorité vivante et infaillible n'existe que dans cette Église que le Seigneur Jésus-Christ a bâtie sur Pierre , chef, prince et pasteur de toute l'Église, et à qui il a promis une foi toujours infaillible; Église qui a toujours vu les Pontifes légitimes se succéder sans interruption depuis Pierre sur sa chaire , comme héritiers et défenseurs de sa doctrine , de sa dignité , de son honneur et de sa puissance. Et parce que là où est Pierre, là est V Église (1), et parce que Pierre parle toujours par le Pontife Romain {2), qu*il mt toujours dans ses successeurs , juge par eux (3j, et off^ la vérité de la foi à ceux qui la cherchent (4) ; il est nécessaire d'entendre les divins oracles dans le sens qu'a retenu et retient cette Chaire Romaine du Bienheureux Pierre, laquelle, mère et mattressede toutes Us Églises (5), a toujours conservé pure et inviolable la foi reçue du Seigneur Jésus-Christ, et l'a enseignée aux fidèles, offrant à tous le chemin du salut et l'enseignement d'une vérité exempte de corruption. Là est cette Église principale d^où sort f'unité du sacerdoce (6| ; là est cette métropole de la piété, dans laquelle se trouve la pleine et parfaite solidité de la religion chrétienne (7), dans laquelle a toigours subsisté dans sa force la primauté de la Chaire Apostolique (8), à laquelle, à cause de sa prééminence, toiUe Église^ c*est-à'dirs les fidèles, quelque part qu'ils se trouvent, doivent recourir (9), et avoc laquelle quiconque refuse de recueillir, est par là mime convaincu de dissiper (10).
(1) Saint Ambroise, in Ptalmmn 10.
[ij Coneil. Chalced.t act. ii.
(S) Synod, Ephetin.t act. m.
U) Sainl Pierre Cbrysologao, EfUlol. ad Sutieh.
(5) CoHcU. Trid.t «eM. vu, de Ba^Uim.
(6) Seint Cyprien, Epistola 55 ad CorneL Pontif.
(7) Utter, tynod. Joann. Constantlnop. ad Hormitd. Pontif.; Sosomèiie, hislor,, Ub. ii, cap. §.
(8) Sainl Augustin, EpUt. 1G«.
(0) Saint irùnéc. Ub. m, eontrà /Uereset, cap. 3. (10) Saint Jôrôme, Epiât, ad Damât. Pontif.
SÉMINÂIRB. 137
u Nous donc, qn*an ixDpënétrable jugement de Dieu a placé sur cette chaire de vérité, nous faisons de vives instances dans le Seigneur à votre éminente piété, Vénéra- Ues Frères, pour que vous travailliez avec toute Tardeur du zèle à prémunir et exhorterles fidèles confiés à vos soins, afin qu'affermis dans ces principes , ils ne se laissent pas tromper et entraîner dans Terreur par ces hommes qui, livrés à des passions détestables, et BOUS prétexte de favoriser le progrès humain, mettent tout en œuvre pour détruire la foi, la soumettre, ainsi que la parole divine, par un renversement impie, à la raison, et ne craignent pas d'outrager ainsi le Dieu qui , dans son infime bonté, a daigné, par sa céleste religion, ouvrir aux hommes la route du bonheur et du salut.
u Déjà vous connaissez. Vénérables Frères, les autres monstrueuses erreurs et les artifices par lesquels les enfants de ce siècle font une guerre si acharnée à la religion catholique, à la divine autorité de l'Église, à ses lois, et s'efforcent de fouler aux pieds les droits de la puissance, soit ecclésiastique, soit civile. Tel est le but des coupables manœuvres contre cette Chaire Romaine du Bienheureux Pierre, sur laquelle le Christ a établi le fondement inexpugnable de son Église. Tel est le but de ces sectes secrètes, vomies du sein des ténèbres pour la ruine et de la religion et des États, sectes déjà pluaieurs fois frappées d'anathème par les Pontifes Romains nos prédécesseurs, dans leurs lettres Apostoliques (1) , lesquelles , par la plénitude de notre puissance Apostolique, nous confirmons, voulant qu'elles soient observées avec un grand soin. Tel est le bat de ces très insidieuses sociétés bibliques qui, renouvelant l'ancien artifice des hérétiques, ne cessent de répandre à un très grand nombre d'exemplaires et à grands frais, les livres des divines Ecritures traduits, contre les très saintes règles de l'Église, dans toutes les langues vulgaires, et souvent expliqués dans un sens pervers. Ces livres sont offerts gratuitement à toute sorte de personnes, même aux plus ignorants, afin que tous, rejetant la divine tradition, la doctrine des Pères et l'autorité de l'Église catholique, entendent les oracles divins selon leur jugement particulier, en pervertissent le sens et tombent ainsi dans les plus grandes erreurs. Grégoire XVI , de glorieuse roé • moire, à qui nous avons succédé malgré notre indignité, suivant en cela l'exemple de ses prédécesseurs, a réprouvé ces sociétés par ses Lettres Apostoliques (2), et nous voulons aussi qu'elles soient condamnées. Tel est le but de cet ^ouvantable système d'indifférence pour toute religion, système absolument opposé aux lumières de la raison elle-même, et à l'aide duquel les apôtres de l'erreur, ôtant toute distinction entre la vertu et le vice, la vérité et l'erreur, l'honnêteté et la turpitude, prétendent que les hommes peuvent obtenir le salut éternel dans quelque religion que ce soit, comme s'il pouvait jamais y avoir accord entre la justice et l'iniquité, entre la lumière et les ténèbres, entre le Christ et Bélial. Tel est le but de cette infime conjuration contre le sacré célibat des clercs, laquelle, Ô douleur ! trouve faveur même dans quelques ecclésiastiques qui, misérablement oublieux de leur propre dignité, cèdent l&ohement aux attraits des voluptés. Tel est le but de cette perverse manière d'enseigner surtout les sciences philosophiques, laquelle trompe déplorablement une jeunesse inexpérimentée, la corrompt et lui verse le fiel du dragon dans la coupe de Babylone. Tel est le but de l'exécrable doctrine dite du CommunisfM, doctrine totalement contraire au droit naturel luimême, et qui ne pourrait s'établir sans que les droits, les intérêts, les propriétés de tous, et la sodété humaine elle-même fussent renversés de fond en comble. Tel est le bat des menées profondément ténébreuses de ceux qui, cachant la rapacité du loup sous la peau de brebis, s'insinuent adroitement dans les esprits, les séduisent, par les dehors d'une piété plus élevée, d'une vertu plus sévère, les enchaînent doucement, les tuent
(I) Constitotloa In EmingiUi de Clémant xiu Coulltntion ProvidM de Beooll »▼« ConsUtnUoo Eceletiam à Jêsu Ckriito de Pie vu, Conetltntloa Quo graoinra de Léon x\\. — Cet oonstUatloos le troavent sotm )e mot ruABcs-aiçoRs.
S.Leiire encyclique h tow lei érèqaee tnter prœctpuat machUiaU9nê9. — Hooa tvoae rspperlé e«tte eneyelique loiu le mot UTUt. '
138 SÉMINAllIB.
dAiiB l'ombra I détournent les hommes de tonte pratique reUgienge, égorgent et mettent en fièces les ouailles du Seigneur.
« C'est 11, enfin, pour ne rien dire d'une foule d'autres choses qui vous sont asseï eonnueSf c'est là que tend cette peste effroyable de livres et de libelles qui surgissent de toutes parts pour enseigner le mal, livres habilement écrits , pleins de fourberie et d'artifice, et qui, répandus en tous lieux et à grands frûs, pour la ruine du peuple chr^ tien, disséminent partout des doctrines empoisonnées, pervertissent les esprits et les cœurs, surtout des ignorants, et causent à la religion im mal immense.
M Au milieu de ce déluge général des erreurs et de cette lioence effrénée >dans les pensées, dans les discours, dans les écrits, les mœurs se perdent, la très sainte religion du Christ est méprisée, la majesté du culte divin méconnue, la puissanoe de oe Siège Apostolique est vivement assaillie, l'autorité de l'Lglise est attaquée et réduite en une honteuse servitude, les droits des Évêques sont foulés aux pieds, la sainteté du mariage est violée, tous les pouvoirs sont ébranlés ; ces maux et tant d'autres qui pèsent sur la société, soit chrétienne, soit civile, nous obligent, Vénérables Frères, à confondre nos larmes avec les vôtres.
M Dans des coigonctures aussi critiques pour la religion, vivement Irappé de l'obligation où. nous sommes devant Dieu de veiller au salut de tout le troupeau du Seigneur, il n'y a rien certainement dans le devoir de notre ministère Apostolique que nous ne soyons disposé à entreprendre pour procurer, selon nos forces, le bien de toute la famille chrétienne. Mais nous fusons un pressant appel dans te Seigneur, à votre insigne piété, à votre courage, à votre prudence, Vénérables Frères, pour que, appuyés sur le secours du Ciel, et unissant vos efforts aux nôtres , vous défendiez avec intrépidité la cause de Dieu et de la sainte Église , selon le poste que vous occupez et la dignité dont vous êtes revêtus. Vous comprenez avec quelle générosité vous devez combattre, instruits comme vous l'dtes du nombre et de la grandeur des blessures de l'Épouse sans tache de Jésus-Christ, et de la violence des assauts que lui livrent ses ennemis. Et d'abord vous savez qu'il est de votre devoir de soutenir, de défendre avec toute la vigueur épiscopale la doctrine catholique, et de veiller avec le plus grand soin à ce que le troupeau qui vous est confié y demeure inébranlableraont attaché, puisque, à moifu de Vavoir cùmervé dans aon intégrité et sa pureté, nul ne peut éviter la perte éternelle (1). Tournes donc toute votre sollicitude pastorale vers le maintien et la const^rvation de cette foi^ et ne cessez d'en soigner l'instruction dans tous, d'affermir les chancelants, de reprendre oeux qui osent s'élever contre, de fortifier ceux qui s'y montrent fhibles, et ne souffrez rien de ce qui pourrait tant soit peu altérer la pureté do cette foi. Ce n'est pas avec moins de zèle que vous devez entretenir dans tous l'union avec l'Église catholique, hors de laquelle il n'y a point de salut ; et l'obéissance envers cotte Chaire de Pierre, laquelle est comme le fondement inébranlable sur lequel repose tout l'édifice de notre très sainte religion. Travaillez avec la mfime constance à faire observer les saintes lois de l'Ëglise, éminemment propres & faire fleurir la vertu, la religion, la piété. Mais comme un des principaux devoirs de la piété est de détnaaquer les ténébreuses menées des impies, et de combattre en eus le démon, dont ils se font les instruments (2j, nous vous conjurons de mettre tout en œuvre pour découvrir au peuple fidèle les embûches, les fourberies, les erreurs, les artifices, les machinations si multipliées des hommes ennemis, et le détourner de leurs écrits pestilentiels ; exhortea^-le assidûment à fuir, comme il ferait à la vue d'un serpent, les factions et les sociétés des impies, et à éviter très soigneusement tout ee qui porterait atteinte à l'intégrité de la foi, de la religion et des mœurs.
M C'est pourquoi, ne vous lassez jamais de prêcher TÉvan^e , afin que le peuple
il) SyMlMl* Qutemtpêe,
{% Saint Léon, Sermo vin, etip, 4.
SimNAIU. 13»
olnétieB, toi^îoan ^tm ptoitoé 4et tW* naîntas TnaTliniMi de la loi chrétiann«, avanoQ dans la ecience de Dîea, évite le mal, faaae le bien et marche dans les voies du Seigneur. Et parée qua voua savea que tous êtes les repréaentaaU du Chriat, qui s'est toujours montré doux et humble de cflsur, et qui est veau appeler, non les justes, mais les pédiean, nous dummant Tezemple et nous invitant à mArober sur ses traces, ayei soin de eurriger et de reprendre , dans un esprit de douceur et de mansuétude , par des avis et des conseils paternels , ceux que voua verres transgresser les commandements de Dieu et s'éoarter du chemin de la venté et de la justice ; «raployes les prières et les répri* mandes en toute bonté , patisnoe et doctrine , sachant que mummI , dans 1$$ corrtcttonf ,
bonté ùbtimi phu fus ta iMnêé, VtœhmiaHon piiw qvê la «istMies, la chafiti plut «us fflBlontf (1). Faites aussi tout ce qui dépendra de vous , YénéraUes Frères , pour que les fidèles pratiquent la charité, cherchent la paix, et no négligent rien pour les conserver, de sorte que, étouffant toutes les dissensions, les inimitiés, les rivalités, lea rancunes, ils se chérissent mutuellement, s'umssent dans une même pensée, un même sentiment, une même volonté en Jésus-Christ notre Seigneur. Appliques- vous à inculquer au peuple chrétien Tobéissanoe et la soumission dues aux princes et aux puissances, en lui enseignant, selon l'avis de l'Apôtre (2), qu'il n'est point de pouvoir qui ne vienne de Dieu , et que ceux-là résistent à l'ordre établi de Dieu et provoquent leur condamnation, qui résistent au pouvoir, et, par conséquent, que nul ne peut violer sans crime le précepte d'obéir au pouvoir, à moins qu*on ne lui commande des choses contraires aux lois de Dieu et de l'Eglise.
« Mab, comme rim «s cotUrJdus taiU à formsr tet autru à la pUté 0I «• outts de Diêu ftis la vie et V exemple de ceux qui se sont consacrés au divin minitêèn |3), et que la conduite du peuple est le plus souvent la reproduction de celle des prdtres , vous comprenes, dans votre haute sagesse , Vénérables Frères , que vous ne sauries travailler avec trop de zèle à faire briller dans le clergé la gravité des mosurs , la pureté de vie , la sainteté et la adenoe , à maintenir l'exacte observation de la discipline ecclésiastique établie par les saints canons , et à lui rendre sa vigueur et son éclat là oii elle serait tombée. C'est pourquoi , comme vous le saves , en vous gardant d'imposer trop tôt les mains à qui que ce soit , selon le précepte de l'Apôtre , vous ne deves initier aux saints ordres et appliquer aux fonctions saintes que ceux qui, après d'exactes et rigoureuses épreuves, voua paraîtront ornés do toutes les vertus , recommandabies par leur sagesse , propres àservir et honorer vos diocèses, éloignés de tout ce qui est interdit aux clercs , appliqués à l'étude , à la prédication , à riastruction , capables dt ssrmr de modèle oms fidèles dams U diseown, dans la conduite, dans la charité y dans la foi, dans la chasteté |4), capaUea encore d^inspirer le respect à tous , de former, d'exciter, d'enflammer le peuple à li pratique de la religion chrétienne ; car il «aul e«r<aiflsin«til mims , ainsi que l'observe notre prédémssenr, Benoit XIV, d'immortelle mémoire , a'asoir quspsu de prêtres, mais bons , capables et utiles, que d'en acoif «n ^rand nombre qui ns s^roiswt pas propres à édifier le Corps du Christ, qui est V Église (5). Vous n'ignores pas que vous-devez vous enquérir avec plus de soin encora d«s mœurs et de la science de ceux qui sont chargés de la conduite des ftmes , afin que , comme des fidèles dispensateurs des travaux de la grftce de Dieu , ils s'appliquent continuellement k nourrir et assister le peuple qui leur est confié, par l'admhtistration des sacrements, par la prédication de la parole divine, par l'exemple des bonnes osuvres , et que, en le pénétrant de l'esprit et des n^aximes de la religion , ils le fassent marcher dans le sentier du salut. Voua saves que , dans les curés, rignoxanoe de leurs devoirs ou la négligence à les remplir a pour oooséquenoe la cor-
(4) GéMO. Triéemi., emt. ini, eop, 1. ésRet^rm, (t) tplire aux Romalnit un, i, t.
(5) CoMcU. Trident., msu, xxu, eap, de Rsf^rm* {Si Épure à TImotkée, n, il.
(S) heUnenejcïiqwVHprimmn,
ruptîon des mœurs dans le peuple , le relâchement de la disciplina chrétienne, Tahandon des pratiques religieuses , Tirruption dans TÉglise des désordres et de tous les vices. De peur que la parole de Dieu , qui , pleine de vie , de puiseance , et phe pénétrante que U glaifte à deux tranthantë (1), a été établie pour le salut des âmes, ne devienne infructueuse par la faute de ses ministres , ne voas lassez jamais, Vénérables Frères, d'exiger des prédicateurs de la parole divine que , se pénétrant bien de l'extrême importance de leurs fonctions^ ils s'appuient, dans l'exercice du ministère évangélique, non sur la force des raisonnements de la sagesse humaine , non sur les efforts et les artifices d'une vaine et fastueuse éloquence , mais sur l'assistance de l'esprit et de la vertu d'en haut, que, traitant dignement la parole de vérité et prêchant le Christ crudfié, au lieu de se prêcher eux-mêmes , ils annoncent au peuple , d'un style clair et intelligible , mais plein de gravité et de noblesse , les dogmes et les préceptes de notre sainte religion , selon la doctrine de l'Église catholique et des Pères ; que , par des explications détaillées des devoirs particuliers de chacun , ils les détournent tons du crime , les portent à la piété , et qu'ainsi les fidèles , imprégnés et nourris de la parole de Dieu , s'abstiennent de tous les vices , pratiquent les vertus , et puissent éviter les peines étemelles et obtenir la gloire céleste. Dans votre sollicitude épiscopale , avertissez assidûment tous les ecclésiastiques , et exhortez-les à considérer mûrement le ministère qu'ils ont reçu de Dieu , afin qu'ils en remplissent exactement les obligations, qu'ils aient souverainement à cœur la gloire de la maison de Dieu , qu'ils s'adonnent sans relâche à la prière , à la récitation des heures canoniales conformément au précepte de l'Eglise , dans la vue d'obtenir le secours divin pour l'accomplissement de leurs si importants devoirs , d'apaiser Dieu et de le rendre propice au peuple chrétien.
« Comme vous n'ignorez pas , Vénérables Frères , que la bonne éducation des clercs est le seul moyen de procurer à l'Eglise de bons ministres , et qu'elle exerce une grande influence sur tout le cours de la vie, continuez à faire tous vos efforts pour que les jeunes clercs soient formés dès leurs tendres années à la piété , à une vertu solide , à la connaissance des lettres, h l'étude des hautes sciences^ surtout des sciences sacrées. C'est pourquoi , n'ayez rien tant à cœur que d'établir des séminaires pour les clercs , selon les préceptes des Pères de Trente (2), là où il n'y en aurait pas , d'augmenter, s'il est besoin , ceux qui existent , de leur donner d'excellents supérieurs et maîtres , et de veiller incessamment à ce que les jeunes clercs y soient élevés dans la crainte du Seigneur, dans l'amour de la discipline ecclésiastique , qu'ils y soient formés à la connaissance surtout des sciences sacrées, selon la doctrine catholique et sans aucun danger d'erreur, des traditions de l'Église , des écrits des saints Pères , des cérémonies et des rits sacrés , afin que par là vous ayez de courageux et habiles ouvriers qui , animés de l'esprit ecclésiastique et formés par de bonnes études , puissent cultiver le champ du Père de famille et soutenir avecgloire le poids des combats du Seigneur. Dans la conviction où vous êtes que rien n'est pins propre à entretenir et conserver la dignité et la sainteté de l'ordre ecclésiastique , que la pieuse institution des exercices spirituels , favorisez de toutes vos forces cette œuvre salutaire , ne cessez pas d'exhorter tous ceux qui ont été appelés à l'héritage du Seigneur à se retirer dans quelque lien propre à ces exercices , afin que , libres des affaires extérieures et entièrement appliqués à la méditation des vérités étemelles et divines , ils puissent se purifier des souillures contractées au milieu de la poussière du monde , se retremper dans l'esprit ecdésiastiqne , se dépouiller du vieil homme et de ses œuvres , et se revêtir de l'hoDune nouveau , qui a été créé dans la sainteté et la justice. Si nous vous avons parlé un peu longuement de l'éducation et de la discipline du clergé, que ce soit sans regret de votre part , car vous n'ignorez pas qu'il y a une foule d'hommes qui, dégoûtés de la divergence , de l'inconstance et de la mobilité des erreurs , sentent la
U) É^tre mue Hébreux, it, tl.
(I) Sêês. XXIII, eap. 18, de Hefitrm,
SEMINAIRE. 141
nécoflîté de professer Dotie stinte relûdon, et que , avec le secours de Dieu , ils se décideront d'autant pins facilement à eVbrasser la doctrine , les préceptes et les pratiques de cette religion , qu'ils Yerront davantage que le clergé se distingue du reste des hommes par la piété , la pureté de vie , par la réputation de sagesse et Texemple de toutes les vertus.
u Enfin , très èhers Frères , nous avons la douce conviction que , embrasés, comme vous Têtes , d'une ardente charité envers Dieu et les hommes , enflammés d'un grand amour pour l'Elise , enrichis devwtus presque angéliques, doués d'un courage épisoopal et de prudence , animés tous d'un même et saint désir, marchant sur les traces des Apôtres , imitant , comme il convient à des évêques , celui dont vous êtes les ambassadeurs , Jésus-Christ , modèle de tous les pasteurs , devenus par votre union la forme et la règle du troupeau , éclairant des rayons de votre sainteté le clergé et le peuple fidèle ; ayiant des entrailles de miséricorde , etcompatissant vivement au sort de ceux qui s'égarent dans les ténèbres de l'ignoranoe et de l'erreur, nous avons la douce conviction, disonsnous , que vous êtes disposés , suivant l'exemple du Pasteur de l'Evangile, à voler avec amour à la recherche des brebis qui se perdent , à les charger avec une tendresse paternelle sur vos épaules , à les ramener au bercail , et que vous n'épargnerez ni soins , ni conseils, ni travail pour remplir religieusement les devoirs de la charge pastorale , pour mettre à l'abri de la rage , des attaques et des embûches des loaps ravisseurs les brebis rachetées par le sang précieux de Jésus-Christ , confiées 4 vos soins et qui nous sont toutes bien chères , pour les détourner des poisons de l'erreur, les conduire dans les bons pâturages et les faire aborder, à force de soins , d'instructions et d'exemples , 8a port du salut étemel.
« Procurez de toutes vos forces , Vénérables Frères , la gloire de Dieu et de l'Église, et , par votre activité , votre zèle , votre vigilance et votre accord , faites que , toutes les erreurs étant dissipées et les vices extirpés , la foi , la religion , la piété , la vertu prennent chaque jour de l'accroissement en tout lieu , et que tous les fidèles , renonçant aux œuvres de ténèbres , se conduisent d'une manière digne d«s enfants de la lumière , cherchent en tout le bon plaisir de Dieu et s'appliquent à produire toute sorte de bonnes ceuvres. Au milieu de tant de graves embarras , de difficultés et de dangers inséparables, surtout en ces temps , de votre charge épiscopale , ne vous laissez pas abattre par la crainte, mais cherchez votre force dans le Seigneur ; et confiants en la puissance do sa graoe , pensez que du haut du ciel il a Ut yattx fixés «tir ceux qui combattent pour la gloire de son nom, qu'il applaudit ceux qui s'y présentent arec courage , qu'il aide ceux qui combattent atec générosité et couronns les vainqueurs (1).
« Comme nous vous chérissons tous bien ytvexnent dans les entrailles de Jésus-Christ, et que nous ne désirons rien tant que de vous aider de notre amour, de nos conseils , de notre pouvoir etde travailler avec vous à la gloire de Dieu, à ladéfense et propagation de la foi catholique , et an salut de ces ftmes pour lesquelles nous sommes prêt à sacrifier, s'il le faut, notre vie , venez , nous vous en conjurons , Vénérables Frères, venei avec un cœur ouvert et une entière confiance à ce Siège du bienheureux Prince des Apôtres , centre de l'unité catholique et faite de l'épisoopat , d'où l'épiscopat tire luimême son origine et toute son autorité ; venez à nous , chaque fois que vous croirez avoir besoin du secours et de la protection de notre autorité et de oelle de ce Siège.
M Nous avons la confiance que nos très chers Fils en Jésus-Christ, les princes, se rappelant dans leur piété et religion que la puiMoncs royale leur a été donnée, non seulement pour le goueemement du monde, mais surtout pour la défense de l'Église (2) , «t que nous soutefums en même tempe la cause de l'Église, celle de leur royantme et de leur-ealut, pour
(1) Saint Cyprlen, Epiit. Tl ad Nemeskuum et cœterot martwre». <1\ Saiot lion, Epitt. iW, al. 115, ad Leenem AugwtHm.
lit SÉIONÀIRB.
fn'ife ^owtiMnl «n fUSi A IMT Miorfl^ «ur lewt pnvinc» (1), 9ft fiivoriflnËt, par leur fic>conn «t l«iir àntorité , leA vœux «t les désin qne nous fonnons en commiiti , ^ ^*tte défeitdenllA liberté et U prospérité 46 TÉglise, et^ ^m ia droHe 4% ChriH pmvne Is dètmt de lettr tvHpirt (2).
u Pour obtenir rheurenx accomplissement de oes choses, allons avec confiaaee, vénérables Frères ^ au trône die Im gràce , et pénétrés tons d*iiB vif «MOotÎBfl&t d^faumilité, ladressons sans relâche an Père des misérioordes «i aia Dieu de tonte coBselation lesylas instantes prières, pour q«e^ par lea Mérites de son Fils uidqve, Il daâgne répandre aar notre faiblesse TabcsodaBoe des sbns célestes^ qu'il terrasse nos ennemis par sa vertu toute'puissante, qu'il fasse flsorir pactourt la fol, la piété, la «bévotâon, la paix, et que, en dissipant toutes les erreuia «t tantes les •oppressions, l'Église jouisse d'une taranqnil» lité si désiraUie, et qu'il n'y ait plss ^u*un troupeau et qu'un pasteur*
«f Mais, pour ^ue k Dieu très <dé»eBt écoute plus fSsdlflineDt nos prières et «sainae nos vœux, recourons à l'intercession 4e la très sainte Mère de Dieu, l'ioQflMwiilée Vierge Marie) notre très, dovce mère, notre médiatrioe, notre «vooate, notre espéranw la pins ferme, la sourœ de notre «onâance, et dont la proteetion «stce ^'il y a de plus puissant et de plus e^loaoe «uprès de Dieu, invoquons aussi le prince des Apôtres, à qui ie Christ a remis ies defs du royaume des «âeux, qu'il « donné pour pierre foudaimentale k sou lÉglise» contre laquelle les portes de l'enfer ne pourront janoia prévaloir, «t «4» eoUègue dans l'apostolat Paul, ainsi que tous les suats habitants du ciel, d^à couronnés et en possession de la palmeii «fia qu'ils iasseot desoeadre sur tout le peuple •chrétien les trésors de la Bisàrveorde divine.
i< Enfin, comme présage des dons célestes , et en témoignage de aotM grande ehnrité pour vous, recevez la bénédiction apostolique que noue donnons du fond de notre cœur à vous, nos vénérables Frères, à tous les ecclésiastiques et aux fidèles laïques confiés à vos sqy^.
« Donné à Rome, près Sainte-Marie-Miyeure, le xx novembre de l'an MDCCCXLJ, de notre pontificat le premier. »
Lettub encyguqub Inter multiplloes attgostias de motre SainuPèrs
. U fope Pu IX.
A nosbieir^aiméi fils les cardinaux et à aos vénérables frères les archevêques et
évêques de Franee.
« Pie pp. IX ,
« BieuHiimés fils et vénérables frères, valut «et bénécBetion spostoliqne.
'M Au milieu des angoisses multipliées dont nous sommes accablé de toutes peirts dane le soin de toutes les Kglises qui nous a été oeofié malgré neutre indignité, par un dessein impénétrable de la divne Providence , et en ces temps ei durs , on le nombre t«t trop grand de ceux dont l'apôtre a dit qu'ils ne pourront pkts $ouf/Hr la êOiniB doctrine, mais qa'Uê «iront recours à «ne foute de deeteure prùpree à êotiafairt lewn dMn^ qu'iiê «e fortifieront de pitts en phu dans le mal, étant dane Verrew «f y faisant tomber Us autres (Ij, nous éprouvons la plus grsade joie lorsque nous tom*nens nos yeux et notre esprit vers cette célèbre nation française, illustre k tant de titres et qui a glorieusement mérité de nous. C'est avec une souveraine consolation pour notre cœur paternel que nous voyons dans cette nation, par la grâce de Dieu, la religion catholique et sa doctrine salutaire crpitro de jour en jour, fleurir et dominer, et avec -quel eoin et quel <zèle, voua^ nos chera fils et véaéi^bles frères, appelés k partager notre sol licitnde, vj>us veus efforcez de rem-
(1) Saint Léon Epht, 43, al. 34. ad Theodoêium Au^ustmm,
{i)ldem,ià(a.
i3i II* ÉpUre A TUnothéet eh.n,v.9etlieh, m, «. 18.
SÉMINAIRE. i48
plir Totn minittère et âe t^«r à la sûreté et au salut du cher troupeau dont vous avez la garde. Cette consolation est encore singulièrement augmentée par les lettres si respectueuses que vous nous écriYea et qui nous font connaître de plus en plus avec quelle piété filiale, uTec quel amour, avec quelle ardeur vous vous glorifiez d'être dévoués à nous et À cette Chaire de Pierre, centre de la vérité catholique et de Tunité, chef, mèx« et mattre8se|l| de toutes les Églises, 4 laquelle toute ohéissance et tout honneur sont dus (2), à laquelle, à cause de sa primauté, il faut que toute Église s'unisse, toute Églisci 0*68 t-à-dire les fidèles qui sont sur tous les points de la terre (S).
« Nous n'éprouTOns pas une moindre satisfaction de savoir que vous rappelant sans cesse vos graves fonctions épiscopalee et vos devoirs, vous déployez tous vos soins de pasteurs et toute votre vigilance, afin que les prêtres de vos diooèses, marchant chaque jour plus dignement dans les voies de leur vocation, dcmnent au peuple l'exemple de toutes les vertus et aocomplissent exactement la charge de leur ministère; afin que les fidèles qiii vous sont confiés, chaque jour nourris plus ahondamment des paroles de la foi et confirmés par l'ahondanoe des grftces, croissent dans la science de Dieu et s'afiermissent dans la voie qui conduit à la vie, et afin que les malheureux qui errent rentrent dans le chemin du salut.
« Nous savons , et c'est encore pour notre cœur une douce consolation, avec quel empressement, accueillant nos désirs et nos avis, vous vous appliquez à tenir des conciles provindans, afin de garder intact et pur dans vos diooèses le dépôt de la foi, afin de transmettre la saine doctrine, d'augmenter l'honneur du culte divin, de fortifier l'institution et la discipline du clergé, de promouvoir et d'affermir partout, par un heu* reux progrès, l'honnêteté des mœurs, la vertu, la religion, la piété.
« Nous éprouvons aussi une vive joie de voir que dans un grand nombre de diocèeeSf où des circonstances particulières n'y mettaient pas obstacle, la liturgie de l'Église ro~ maine a été rétablie, selon nos désirs, grâce à votre cèle empressé. Ce rétablissement nous A été d'autant plus agréable que nous savions que, dans beaucoup de diocèses de France, à cause de la vicissitude des temps, on n'avait pas gardé ce que notre saint prédécesseur Fie V avait prescrit avec prudence et sagesse dans ses lettres apostoliques du 7 des ides de juillet 1568, commençant ainsi : Qnod à nobis poêtukU (4).
« Mais en vous rappelant toutes ces choses, au grand bonheur de notre dme et à lA louange de votre ordre , bieu-aîmés Fils et Vénérables Frères , nous ne pouvons néaii* moins dissimuler la grande tristesse et la peine qui nous accable en ce moment, lorsque nous voyons quelles dissensions l'antique ennemi s'efforce d'exciter parmi vous pour ébranler et affaiblir la concorde de vos esprits. C'est pourquoi, remplissant le devoir de notre ministère apostolique et avec cette profonde charité que nous avons pour vous et pour ce peuple fidèle, nous vous écrivons ces Lettres dans lesquelles nous nous adressons à vous, bien-aunes Fils et Vénérables Frères, et en même temps nous vous avertissons, nous vous eiihortons et vous supplions de repousser avec la vertu qui vous distingue et de faire disparaître entièrement toutes les dissensions que ce vieil ennemi s'efforce d'exciter, vous rapprochant, vous serrant dans les liens de la charité, unanimes dans vos sentiments, «t vous efforçant avec toute humilité et douceur de garder en toutes «hoses l'unité d'esprit dans le lien de la paix. Par cette sagesse, vous montrerea que chacun de vous sait combien la concorde sacerdotale et fidèle des esprits, des volontés et des sentiments est nécessaire, et sert à la prospérité de l'Église et au salut étemel des hommes. Et si jamais vous avea dû entretenir parmi vous cette concorde des esprits et des volontés, c'est aujourd'hui surtout que, par la volonté de notre trèscher fils en Jésus-Christ, Napoléon, empereur des Français, et par les soins de son
4)SiJnt Cyprien, Epiât. 4S; itiiit Aoguattn, SpUt^ ISI et «UL S) CcneU. Epkei.^ Aet. iv.
e) Saint Irènie tAdeer^i» Aar»te«, ce^. 3. (4) Voyez ceUe bnlle tous le mot omm ditis, tom, if, pag» BT'
4U SÉMINAIRB.
gouvernement, l'église eatholiqne jonit chez Yons d*nne paix, 3'nno tranqnillité, d*nne protection entières. Cet henrenz état de choses dans cet empire et la condition des temps doit vous exciter plus vivement à vons unir dans le même esprit de conduite, dans les mSmes moyens, afin que la divine religion de Jésus-Christ, sa doctrine, la pureté des mœurs, la piété poussent partout en France de profondes racines-, que la jeunesse j trouve plus facilement une meilleure et plus pure éducation, et que par là soient arrêtées et brisées ces tentatives hostiles qui déjà se manifestent, par les menées de ceux qui forent et sont encore les ennemis constants de rÉgUse et de Jésus-Christ.
« C'est pourquoi, bien-aîmés Fils et Vénérables Frères, nous demandons de plus en plus et avec toute Tinstance possible , que dans la cause de TÉglise , dans la défense de sa sainte doctrine et de sa liberté, et dans l'accomplissement de tous les autres devoirs de votre charge épiscopale, vous n'ayez rien plus à oœur que de montrer entre vous une union parfaite, que d'être unis dans les mêmes pensées et les mêmes sentiments, nous consultant en toute confiance, nous et ce Siège apostolique, dans les questions de tout genre qui peuvent s'élever, aiBn de prévenir ainsi toute espèce de disseptiment.
« Et, avant tout, comprenez jusqu'à quel point xme bonne direction du clergé intéresse la prospérité de la religion et de la société, afin qve vous ne cessiez pas, dans une parfaite union d'esprit, de porter sur ime afiàire de si grande importance vos soins et vos réfiexions. Continues, comme vous le faites, de ne rien épargner pour que les jeunes clercs soient formés de bonne heure dans vos séminaires à toute vertu, à la piété, à l'esprit ecclésiastique , pour qu'ils grandissent dans l'humilité, sans laquelle nous ne pouvons jamais plaire à Dieu, poux qu'ils soient profondément instruits et avec tant de vigilance des lettres humaines et des sciences pins sévères, surtout des sciences sacrées, qu'ils puissent, sans être exposés à aucun péril d'erreur, non seulement apprendre l'art de parler avec éloquence, d'écrire élégamment, en étudiant aussi bien les ouvrages si excellents des saints Pères, que les écrits des écrivains païens les plus célèbres, après qu'ils auront été soigneusement expurgés, mais encore et surtout acquérir la science parfaite et solide des doctrines théologiques, de l'histoire ecclésiastique et des sacrés canons, puisée dans les auteurs approuvés par le Saint-Siège. Ainsi cet illustre clergé de France, où brillent tant d'hommes distingués par leur génie, leur piété, leur science, leur esprit ecdésiastique et leur respectuease soumission au Siège apostolique, abondera de plus en plus en ouvriers courageux et habiles, qui, ornés de toutes les vertus, fortifiés par le secours d'une science salutaire^ pourront dans la suite des temps vous aider à cultiver la vigne du Seigneur, répondre aux contradicteurs, et non seulement affermir les fidèles de France dans notre très-sainte religion, mais encore propager cette religion dans de saintes expéditions chez les nations lointaines et infidèles, comme ce même clergé l'a fait jusqu'ici, à la grande gloire de son nom, pour le bien de la religion et pour le salut des âmes.
u Vous êtes comme nous pénétrés de douleur à la vue de tant de livTcs, de libelles, de brochures, de journaux empoisoni^és, que répand sans relâche de toutes parts et avec fureur l'ennemi de Dieu et des hommes, pour corrompre les mœurs, renverser les fon> déments de la foi et ruiner tous les dogmes de notre très sainte religion ; ne cessez donc jamais, Bien-aimés Fils et Vénérables Frères, d'employer toute votre sollicitude et toute votre vigilance épiscopale pour éloigner unanimement avec le plus grand zèle le troupeau confié à vos soins de ces pâturages pestilentiels ; ne cessez jamais de l'instruire, de le défendre, de le fortifier contre cet amas d'erreurs par des avcrtiâscmonts et par des écrits opportuns et salutaires. Et ici nous ne pouvons nous empêcher de vous rappeler les avis et les conseils par lesquels, il y a quatre ans, nous excitions ardemment les évêques de tout l'univers catholique à ne rien négliger pour engager les hommes remarquables par le talent et la saine doctrine à publier des écrits propres à éclairer les e^)rits et à dissiper les erreurs des ténèbres en vogao. C'est pourquoi, en vous effor-
çant d'éloigner des fidèles commis à votre soUidtade le poison mortel des msuTais livres et des manvais jonnurax, venUlez aussi, nous vous le demandons avec instance, témoigner tonte votre bienvefllance et tonte votre protection anx hommes qui, animés de Tesprit catholique et versés dans les lettres et dans les sciences, consacrent leurs veilles à écrire et à publier des livres et des journaux pour que la doctrine catholique soit propagée et défendue, pour que les droits dignes de toute vénération de ce Saint-Siège et ses actes aient toute leur force, pour que les opinions et les sentiments contraires à ce Saint-Siège et à son autorité disparaissent, pour que l'obscnrité des erreurs soit chassée et que les intelligences soient inondées de la douce lumière de la vérité. Votre charité et votre sollicitude épiscopale devra donc exciter l'ardeur de ces écrivains catholiques animés d'un bon esprit, afin qu'ils continuent à défendre la cause de la vérité catholique avec un soin attentif et avec savoir; que si, dans leurs écrits, il leur arrive de manquer en quelque chose, vous devrec les avertir avec des paroles paternelles et avec prudence (4). Au surplus , votre sagesse n'ignore pas que les ennemis les plus acharnés de la religion catholique ont toujours dirigé, quoique vainement, la guerre la plus violente contre cette Chaire du Bienheureux Prince des Apôtres , sachant fort bien que la religion elle-même ne pourra jamais ni tomber, ni ch^pceler, tant que demeurera debout cette Chaire fondée sur la Pierre, dont ne triomphent jamais les portes superbes de l'enfer (2), et dans laquelle est entière et parfaite la solidité de la religion chrétienne (3). Cest pourquoi, Fils Bien-aimés et Vénérables Frères, nous vous le demandons de tout notre pouvoir, conformément à la grandeur de votre foi dans l'Église et à l'ardeur de votre piété pour cette Chaire de Pierre, ne cessez jamais d'appliquer d'un seul oœur et d'un seul esprit tous vos travaux à ce point surtout, de sorte que les populations fidèles de la France, évitant les erreurs et les pièges que leur tendent des hommes perfides, se fassent gloire d'adhérer fermement et avec constance à ce Siège apostolique par un amour et un dévouement chaque jour plus filial, et de lui obéir, comme il est juste, avec le plus grand respect. Dans toute l'ardeur de votre vigilance épiscopale, ne négliges donc jamais rien , ni en action, ni en paroles, afin de redoubler de plus en plus l'amour et la vénération des fidèles pour ce Saint-Siège, et afin qu'ils reçoivent et qu'ils accomplissent avec la plus parfaite obéissance tout ce que ce Saint-Siège enseigne, établit et décrète.
M Id nous ne pouvons nous empêcher de vous exprimer l'extrême douleur que nous avons ressentie lorsque, parmi d'autres mauvais écrits publiés en France, il nous est parvenu un Mémoire écrit en français, et imprimée Paris, avec ce titre : Sur la tituation fréaente de V Église gallicane reloHvement au droit eoulumier, dont l'auteur contredit de la manière la plus manifeste ce que nous vous recommandons et inculquons avec tant de sollidtude. Nous avons envoyé ce Mémoire à notre Congrégation de Vlndex, afin qu'elle le réprouve et le condamne (4).
u Avant de terminer cette lettre, Bien-aimés Fils et Vénérables Frères, nous vous exprimons de nouveau combien nous désirons que vous rejetiez toutes ces discussions et toutes ces controverses, qui, vous le savez, troublent la paix, blessent la charité, founussent aux ennemis de l'Église des armes avec lesquelles ils la tourmentent et la combattent. Ayez donc surtout à cœur de garder la paix entre vous et de la maintenir entre tons, vous rappelant sérieusement que vous remplissez une mission au nom de Celui qui n'est pas un Dieu de dissension, mais un Dieu de paix, qui n'a jamais cessé de recommander et d'ordonner à ses disciples la paix, et de la mettre au-dessus de tout. £t en vérité le Christ, comme chacun de vous le sait, m a mis tous les dons et les récompenses de sa
(i) Le SouTerafn Ponllfe bit loi allmioB aa jouroal VUniven qal avail été ooodamné par Mgr l'arcbevèque de Paris.
i2] Saint AogotUn, /» Piol. nntr.part. Domai. (3) Litt. tyMdie. Jéann. Constantinopol. ad Hprmitd. ié) ÎM «crée eongrégation de l'Index a oflociiTrment coml4>Arté ee Mérnolfê t)a7 tiil déf rcl du ÎC avril sD{\-anî.
I«ê SÉNAT.
K promeste dan^ U oonservatiaA de Ut paix. Si nous sonmieft héritiers du Christ, de- M mcurons dans la paix du Christ ; si nous sommes enfants de DieUi nous devons êtrtt M pacifiques, doux de cœur, simples dans leurs paroles, unis d'affection, fidèlement at- M tachés entre eux par les liens de la concorde (1). »
« La oonnaissanee et l'assurance que i^ous avons de votro vertu, da votre religion et do vQtre piété ne nous permettent pas de douter que vous, Bien-aimés Fils et Vénérables Fvëres, vous n'acquiesciez de tout coeur à ces paternels avis, à ces désira et à eea demandes que nous vous adressons^ que vous ne v^iuilliez détruire jusqu'il la racine tous les germes de dissension et combler ainsi notr^ joie, vous supportant les ime les antres en charité et avec patience, ^s et travaillant avec accord à la foi de l'Évangile, continuant avec un zMe toiiù^'wrs pl^ vif à faire sentinelle auprès du troupeau confié à votre Bollioitude, accomplissant avec soin toutes les fonctions de votre lourde charge, jusqu'à la consommation des saints dans l'édification du corps de Jésus-Christ. Soyez bien persuadés que rieu ne nous est plus agréable ni plus à cœur que de faire tout ce que nous saurons pouvoir servir à votre avantage et k celui des fidèles. Néanmoins, dans l'humiliation de notre cœur, nous prions Dieu et nous lui demandons de répandre tQi\)oura sur vous avec faveur l'abondance des grâces célestes, de bénir votre travail et vos soins de pasteurs, afin que les fidèles confiés à votre vigilance marchent de plus en plus agréables à Dieu en toutes choses, fructifiant chaque jour en toutes sortes de bonnes œuvres. En présage de oette divine protection et en témoignage de l'ardente charité avec laquelle nous vous embrassons dans le Seigneur, nous vous donnons avec amour et du fond du cœur la bénédiction apostolique à vous, nos chers Fils et Vénérables Frères, à tout le clergé et aux fidèles laïques de vos églises.
M Donné h Rome, près de Saint-Pierre, le 21 mars l'an 1853, da notre Pontificat, le septième.