‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 79 sur 408 · SIMONIE · texte numérisé non relu

SIMONIE

On définit la simonie, une volonté réfléchie d'acheter ou de vendre les choses spirituelles ou qui tiennent au spirituel. Simonia est studiosa volunias sive cupiditcLs emendi vel vendendi aliquid spiriiuale, vel spirituali annexum (1).

§ I. Etymologie et division de la simonie.

On sait que la simonie tire son nom de Simon le Magicien , qui proposa aux apôtres de lui vendre les dons du Saint-Esprit pour de Targent : Obtulit eis pecuniam dieens : Date et mihi hanc potestatem, ut euicumque imposuero manus, accipiat Spiritum Sanctum. (Âet. Àpost. e. VIII.) Le prophète Balaam et Giézi, serviteur d'Elysée, avaient déjà donné deux célèbres exemples de la simonie, dans Fancienne loi; mais, suivant la remarque des docteurs, ils n'avaient pas fait , des sacrements et des dons du Saint-Esprit, la matière de leur cupidité, comme Simon, d'où vient que le crime de la ««monte a plutôt tiré sa dénomination de ce dernier que des autres. C'est aussi sur le fondement de ce passage remarquable du Nouveau Testament que l'on n'a pas ajouté à la définition de la simonie ces mots de la glose du chapitre Qui studet 1, qu, 1, suivie par plusieurs canonistes, cum opère subsecuto, parce que Simon le Magicien ne fut pas maudit par saint Pierre, comme simoniaque, pour avoir acheté ou voulu acheter le Saint-Esprit, que saint Pierre savait bien ne pouvoir être vendu, mais à cause de la volonté déterminée que Simon avait de l'acheter, et de son ambition ou avarice. De là aussi la simonie qu'on appelle mentale, et qui ne pourrait avoir lieu, si l'on admettait la définition de la susdite glose : Simonia et voluntas emendi vel vendendi res sacras eum effectu.

On distingue deux sortes de simonie : l'une défendue de droit divin, l'autre par le droit ecclésiastique.

La première a lieu quand on donne une chose temporelle pour en acquérir une qui, de sa nature, est spirituelle, comme les sacrements ou qui est jointe à une chose spirituelle, comme les bénéfices et les vases sacrés.

Laetmoniede droit ecclésiastique est, suivant les canonistes, celle quin'estdéfendue que par les canons, et qui n'est point proprement une etmome : Sunt autem em simonie de jure tantùm positivo,

(1) Lanceloti /tul. cam,^ lih, in, <t<. 3.

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