SOUVERAIN
Le paj>e qu'on appelle Soutfûrmin Pontife, parce qu'il est le pro* mier de tous les évoques et le chef de l'Église, est en mâme temps iouverain temporel des États romains. Cette souveraineté, soit qu'on la fonde sur la donation des empereurs ou sur une longue prescription, n'en est pas moins d'une légitimité si évidente qu'aucun souverain temporel ne peut en avoir de plus sûre.
" Il n'y a pas en Europe de souveraineté plus justiciable, dit le comte de Maistre (11, s'il est permis de s'exprimer ainsi, que celle des Souverains Pontifes . Elle est comme la loi divine : Jnstificata in semetipsâ. Mais ce qu'il y a de véritablement étonnant, c'est de voir les papes devenir souveraim, sans s'en apercevoir, et même à parler exactement malgré eux, une loi invisible élevait le siège de Rome, et l'on peut dire que le chef de l'Église universelle naquit souverain. De l'échafaud des martyrs, il monta sur un trône qu'on n'apercevait pas d'abord , mais qui se consolidait insensiblement comme toutes les grandes choses, et qui s'annonçait dès son premier âge par je ne
(l) Du Pniv.
sdis q9a}le atmogpt^àre de grandetu? qui rd^yû^oiuiâit sans aucune cause humaine assignable. »
C'est une chose extrémemepti ^e^irquable, mais nullement ou p^ assez remarquée, que jamaij» les papes ne se soij^t servis de l'im* mense pouvoir dont ils sont en possession pour agrandir leur État. Qu'y avait-il do plus naturel, par exemple, et de plus teutatif pour la nature humaine, que de ae réserver une por^on 4ds provinces conquises sur les Sarrasins et qu'ils donnaient au premier ocoi^paat pu^r r^ppiisser le croissant qui ne ee0saLt de s'ayancex*? Cependant. jUri^s^p il^ n^ Tout ^t, pajs méi^ote à l'égard des terres qui les touchaient, comme le royaume des Deux-Siciles, sur lequel ils fiivi^iant des droits incontestables, au moins selon les idées d'alors, et pour lequel néanmoins ils se contentèrent d*une vaine suzeraineté, qui finit bientôt par la haq^ené6, tribut léger eir purement nominal , que le mauvais goût du siècle leur dispute encore.
Nous rapportons sous le mot papk, § VI, ce que nos derniers conciles provmciaux ont dit de la souveraineté temporelle du pape; UQW ne ppuvoQâqu'y renvoyer.
On afFecite de donner au p^e le .titre de souverain étranger, môme lorsqu'il parle et qu'il agit copama chef de l'Église. ïlÛBn n'est plus faux ni plus injuste. Sans doute le pape, comni^ prince puvement temporel et souverain des États romains, est un étranger pour les F^ansais qui, dans les choses tempc^fiUes, ne dép^endent nullement de lui et ne peuvent lui être soumis en aucune fnanière. Mais le pape, comme chef de l'Église, comme vicaire de Jésus-Christ, n'est pas pUi3 un prince étranger pour les cathoUques français que pour to^us les oatholiqi^s du moni^e entier, il en est le père en môme temps que le chef suprême : Patsr patru^n, (ConcU, Choie., sess. III.) Or, W père n'est jamais étranger au sein de sa fi^mille, et il n'y a que des enfs^its dénaturés qui regardent comme un étranger celui ^'Jjis d^vejit aimer, respecter et vénérer comme un père. Les vrais çi^iboliquQS ise feront toujours un devoir d'appeler du doux nom 4^ père celui qui veut bienle^ apipeler ses fils chéris et bien aimés.
On appelle le pape du nom de Père, Pa$er, parce qu il est le vicaire de Dieu même, qui est le Père et le Créateur de tous. De là vient aussi que le pape appelle. touB les chrétien? ses enfSeuits, et que ceu^-ci l'appellent leur père : Yidete, dit saint Jean, qualsm charita- Uf^ dpiit nobùtfater, ut filii nominemur etsimus. (Cap. Quoni gravi, de Crim. falfi,;eap. ult. de Paet, in 6^.j
Qji doit être soumis diox souverains temporels. (Fpyw puissance. )