SPOLIATION
L'Eglise de France possédait, à l'époque de la révolution de 1789, d'immenses richesses qu'elle avait acquises de la manière la plus légitime. {Voyez acquisition, biens D'éoLisE.)Mais, par la plus inique de toutes les spoliations, l'État, de sa propre autorité et par le seul droit de la force, s'appropria tous les biens de l'Église, dont la valeur s* élevait à plus de trois milliards, et les revenus à plus de cent cinquante millions. Elle consomma cette spoliation sacrilège par le décret du 2 novembre 1789, ainsi conçu :
** L'Assemblée nationale décrète : 1® que tous les biens des ecclésiastiques sont à la disposition de la nation, à la charge de pourvoir d'une manière convenable aux frais du culte, à l'entretien de ses ministres et au soulagement des pauvres, sous la surveillance et d'après les instructions des administrateurs de provinces.
u 2^ Que dans les dispositions à faire pour subvenir à l'entretien des ministres de la religion, il ne pourra être assuré à la dotation d'aucune cure, moins de 1,200 livres par année, non compris le logement et les jardins en dépendant, n
Par ce décret, TËtat spolia non seulement toutes les abbayes avec leurs immenses dépendances, mais encore des milliers d'édifices de toutes sortes : communautés, collèges, hôtels-Dieu, cathédrales, presbytères, séminaires, etc., édifices, pour la plupart, vastes, solides , imposants , dont l'Église avait orné la France , et dont l'Etat s'est emparé pour en faire des casernes et des prisons, ou pour y établir des institutions anti-catholiqnes. Un décret du 28 octobre et 5 novembre 1790 statua sur ceux de ces édifices qui devaient être conservés, et ordonna la vente de tous les autres au profit de la na*tion, ainsi que celle de tous les biens fonds dont l'Église retirait son revenu pour l'entretien de ses ministres, la nourriture des pauvres, la conservation et l'ornement de ses temples.
De ce que l'État avait la force matériâle en main, il ne s'ensuit