‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 15 sur 107 · I. BSlV. v. V · texte numérisé non relu

I. BSlV. v. V

110 * lUslOIKli UNIVKKS:;LLli.

premier exemple de régicide dans l’histoire des peuples chrétiens. ,

Cromwell, la république jusqu’au rétablissement DE LA MONARCHIE (1649-1660). — Après la mort du roi, le parlement donna le pouvoir suprême à un conseil cCEtat que dominait Cromwell et qui devait gouverner le royaume de concert avec le parlement. Mais t armée et surtout le parti des niveleurs refusèrent de reconnaître ce gouvernement et continuèrent à délibérer et à prendre des décisions sur les affaires publiques. Le parti royaliste, qui était encore assez nombreux, résista également au conseil d’Etat. Charles 11 fut proclamé en Ecosse où il se hâta d’arriver, tandis qu’en Irlande il y avait division entre les catholiques et les royalistes. Cet état d’anarchie favorisait les projets ambitieux de Cromwell. Il soumit d’abord l’Irlande et l’Ecosse, que Charles II fut obligé de quitter pour se réfugier en France, et dispersa le parlement avec l’aide des troupes qui lui étaient toutes dévouées ; ensuite il s’empara du pouvoir et gouverna avec un conseil d’Etat de douze personnes dont les deux tiers étaient des officiers. 11 convoqua alors un nouveau parlement dont il nomma

en Irlande, où les catholiques et les royalistes s’unissent d’abord : Cromwell est envoyé contre les insurgés (l’an 1 6i9) et remporte plusieurs victoires. Il est appelé en Ecosse, où Charles II vient d’étre couronné (l’an 1651) après avoir juré de maintenir l'Eglise presbytérienne et d’extirper la religion catholique. Cette déclaration, étant connue des Irlandais, jette la division parmi eux ; ils succombent et sont traités par les Anglais avec la dernière cruauté (l’an 165!). Victoire de Cromwell en Ecosse (l’an 1 651 ): Charles II est obligé de s’enfuir et se réfugie en France. L’Ecosse est réunie b l’Angleterre. Nouveaux démêlés entre l’armée et le parlement : Cromwell se rapproche de l’armée parce qu’il rencontre dans le parlement une forte opposition b son projet de concentrer le pouvoir suprême entre ses mains. Les olHciers approuvent la dissolution de cette assemblée qui est dispersée par la force des armesd’an 1653). Cromwell dissout également le conseil d’Etat et en forme un nouveau composé de 12 membres, dont 8 offîcicrs; dès lors il exerce un pouvoir presqu’absolu. Convocation d’un nouveau parlement dont les membres sont désignés par Cromwell et choisis parmi les plus ardents protestants ; on l’appelle le parlement des saints ou le parlement Barebone, parce qu’un certain Barebone, tanneur de profession, s’y faisait surtout remarquer par son fanatisme religieux. Ce parlement fait opposition b Cromwell, qui le dissout et qui prend le titre do Broiecieur de larépubliquê d'Angltlsrre. Cromwell proclame uue nouvelle constitution d’après laquelle

LES âUEKUES ÜE RBLIOION EN ANGLETERRE. 111

lai-méme les membres, et se fit proclamer Protecteur de la république de la Grande Bretagne. Dès lors il exerça un pouvoir absolu, malgré toutes les tentatives que fit le parlement pour restreindre son autorité. Il congédia plusieurs de ces assemblées et en convoqua de nouvelles, ayant soin d’en désigner d’avance les membres. Cependant il rencontra une forte opposition de la part des républicains purs, qui ne voulaient pas du protectorat, et des royalistes attachés à la famille des Stuart. Mais il se maintint par son énergie, et grâce au relief que lui donnait le succès de ses armes contre la Hollande, l’Espagne et le Portugal, il vit son alliance recherchée par Maztirin, qui gouvernait la France pendant la minorité de Louis XIV. Cromwell se trouvait alors au faite de sa grandeur. Mais plusieurs conspirations tramées contre sa vie, des embarras financiers et la mort de sa fille à laquelle il était trèsattaché, avaient miné sa santé ; il mourut d'une fièvre, neuf ans après l’exécution de Charles I®"^. Cromwell laissa le pouvoir à son fils Richard qui prit d’abord le nom de Protecteur et qui fut reconnu par le parlement et par l’armée. Richard manquait d’énergie et d’expérience ;

un parlement de 400 membres est investi du pouvoir législatif et doit se réunir tous les trois ans. Le Protecteur conserva le pouvoir exécutif. Réunion du parlement (l’an 1654). Il se met en opposition avec Cromwell, qui le dissout (l’an 1655). Les républicains sont mécontents et conspirent contre lui Une guerre contre l’Espagne l’oblige é convoquer un nouveau parlement pour obtenir des subsides (l’an 1656). Les candidats proposés par lui aux électeurs ne sont pas tous élus; alors il exclut arbitrairement du parlement tous ceux qui ne lui sont pas favorables. L'acte de navigation (1651), une paix avantageuse conclue avec la Hollande (1664), des victoires remportées sur les Espagnols et une alliance avec la France relevèrent la gloire de Cromwell. Il se fait confirmer solennellement le titre de Protecteur d’an 1657) et rétablit l’ancienne constitution du parlement en deux chambres; il nomme lui-même les membres de la chambre des Lords. Convocation du parlement (l’an 1658); opposition de la chambre des Communes, qui conteste au protecteur le droit de nommer les Lords. Cromwell la dissout. Sa mort (l’an 1658). — Hichard Cromwell est proclamé protecteur. Le parti des nivelews le force h abdiquer (l’an 1659) et convoque les débris de l’ancien Rump. Anarchie en Angleterre. Le parti royaliste relève la tête et le peuple se prononce pour lui. Monk marche sur Londres sans rencontrer aucune résistance, parce qu’il est connu pour son attachement aux institutions républicaines. il fait proclamer Charles II et rétablit ainsi la moiiarchietran 1600).

HtSTOtRB ÜNIVERgEtîÆ.

aussi, tomba>t-U bientôt sous l’empire des , officiers de l’armée qai le forcèrent d’abdiquer et qui gouvernèrent, après avoir convoqué et dispersé de nouveau l’âneien parlement tronqué. L’Angleterre marchait à grands pas vers l’anarchie, lorsqu’elle fut sauvée par le général Monh, gouverneur d’Ecosse depuis le protectorat de Cromwell. Tout en se prononçant ouvertement pour la république, Monk travaillait au rétablissement des Stuart. Il entra en Angleterre à la tête d’une armée et marcha sur Londres sans rencontrer la moindre résistance. Nommé général en chef, il convoqua un parlement régulier et proposa le rappel de Charles II. Cette proposition fut accueillie avec enthousiasme par le peuple, qui était mécontent du gouvernement despotique de la faction républicaine. La monarchie fut ainsi rétablie, et Charles II fit son entrée à Londres au milieu de la joie universelle.

II. — LES GUERRES DE RELIGION EN FRANCE JüSQU’a LA MORT DE RICHELIEU ET DE LOUIS Xin (iSOS-ICAs).

Les premières guerres de religion ( 1562 - 1570 ). — Les actes de violences auxquels les Huguenots s’étaient

l\.A consulter : de Cbalembert, Histoire de la ligue, Paris, 1 854. 2 vol. in-8. — Lacretelle, Hist. de France pendant les guerres de religion. Paris. — Maitnbourg, Hist. de la ligue. Paris. — Audin, Histoire de la St.-Barthelemy — Poirson, Histoire du régne de Henri JF. Paris, 1858 — Gabourd. Hist. de France.

Etat intérieur de la Franco au commencement des guerres de religion (voyez plus haut, page 30). — paemiêre ccERnG (1563-1563); causes: les violences commises par les protestants, qui détruisaient les églises catholiques et les couvents, massacraient les prêtres, les moines et les religieuses et supprimaient, eu beaucoup d’endroits, le culte catholique; 46 églises furent détruites dans 1a seule ville de Montpellier (l’an 1562), et 19 h Orléans (l’an 1 563); dans le pays do Béarn le culte catholique fut proscrit par la reine de Navarre (l’an 1 503). Les prédicateurs huguenots excitaient le peuple à la guerre; les synodes d’Orléans, de Saint-Jean d’Angely et de Saintes se déclarèrent ouvertement pour la guerre. Les protestants prirent les armes h Nîmes et commencèrent les hostilités dans la Provence (l’an 1563). La guerre était donc commencée, quoi qu’en disent bien des auteurs modernes, avant le soi-disant massacre de Vassy, où 60 huguenots furent tués par les gens du duc de Guise, qu’ils avaient d’abord insultés. Le prince de ConèU et les Coligny se mettent h la tête des huguenots, qui font alliance

portés à l'égard des catholiques dans un grand nombre de villes et de provinces, furent la principale cause des guerres de religion en France. Dans le Béarn, le culte catholique fut entièrement supprimé par la reine de Navarre, Jeanne d’Albret, bien qu’il fût pratiqué par l’immense majorité des habitants. Les ministres protestants déclarèrent dans plusieurs synodes que la guerre contre les catholiques et contre le gouvernement était un devoir pour les protestants, et cette décision fut mise à exécution dans plusieurs provinces. La guerre devint générale, lorsque le duc François de Guise se fut mis à la tête des catholiques et eut décidé la reine-mère Catherine à prendre des mesures énergiques contre les sectaires. Les protestants, qui avaient pris pour chefs le prince de Condé et Vamiral de Coligny, appelèrent les Anglais à leur secours et leur livrèrent la ville du Havre. Ils furent défaits à la bataille de Dreux. Mais, après la mort du duc François de Chuiscj assassiné à l’instigation de Coligny pendant le siège d’Orléans, ôn se hâta de conclure la paix qui fut signée à Amboise et qui accorda la liberté religieuse aux huguenots : un édit royal leur permit d’exercer leur culte publiquement, non-seulement dans leurs terres, mais aussi

avec la reine Elisabeth d’Angleterre, et livrent le Havre aux Anglais. Bataille de Dreux (l'an 1562) et défaite des huguenots. Condé est fait prisonnier ; le duc de Guise le traite avec beaucoup d'égards. Siège d'Orléans, principaie possession des huguenots; assassinat du duc de Guûed’an 1563] par Poltrot, chevalier protestant et ami de Coligny. Le meurtrier est condamné h mort et exécuté; les huguenots ont fait insérer son nom dans le martyrologe de Genève- Paix d'Âvxboise p’an 1563): les conditions sont favorables aux protestants ; Coligny pourtant se prononce contre la paix. Charles IX est déclaré majeur (l’an 1564), mais CotAm'ne de Médicis conserve le pouvoir. Animosité des ducs de Guise contre l’amiral de Coligny, qu’ils accusent d'avoir fait assassiner leur père. Coligny, Condé et d’Andelot rassemblent des troupes et essaient de s’emparer de la personne du roi (l’an 1567). 6ECOSDS ccERRE (1567-1568). Alliancedes huguenots avec le prince électeur Palatin. Massacre de 80 catholiques appartenant aux meilleures familles de Nimes .Apologie du régicide dans un ouvrage protestant anonyme, qui est attribué au prédicateur liosiére. Victoire de l’armée du roi près de Sl-Denys l'an 1567), et mort du connétable Montmorency. Arrivée d'une armée allemande sous le commandement du prince électeur Jean Casimir. Paix de lonjumeau (l’an 1568), qui confirme l’édit d’Amboise.sous la condition pour les UuKuenots de livrerles villes qu’ils occupaient et de romnre leur alliance

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HTSTOIRE UNIVERSEIXE.

dans les villes, quiavaientacceptélaréforme. Cette paix dura cinq ans. Dans cet intervalle, Catherine fit déclarer majeur son fils Charles IX, sans pourtant abandonner le pouvoir qu’elle exerçait en son nom. Confié et Coligny, craignant la vengeance de la famille de Guise, qui possédait la confiance de la reine, tentèrent de s’emparer de la personne du roi pendant un voyage qu’il faisait à Paris. Cette tentative échoua, et l’armée royaliste gagna sur les huguenots la bataille de Saint-Denys. La paix de Lonjumeau, qui termina cette seconde guerre, assurait de nouveau la liberté religieuse aux protestants, à la condition de livrer aux troupes royales les villes fortes dont ils s’étaient emparés; mais les huguenots, enhardis par les concessions qu’ils avaient obtenues, refusèrent de remplir cette condition et continuèrent à entretenir des relations avec la reine Elisabeth d’Angleterre et les princes protestants de l’Allemagne. Charles IX révoqua alors l’édit de tolérance ; cette mesure fit éclater la troisième guerre de religion qui fut signalée par les plus horribles cruautés. Dans la seule ville ÿOrthez trois mille catholiques furent massacrés; à Saint-Sever deux cents prêtres furent précipités du haut d’un rocher ; partout les églises et les couvents furent brûlés. Les vie-

àVtic i’cirau^oi ; inui^ ccd iic luiciu cxcculcc.». ioliuducUuii

violente du protcâtanlisme et proscription du culte catholique dans le royaume de Navarre par la régente Jeanne d’Albret, qui conclut une alliance avec les chefs des huguenots. Edit royal lance en France contre les protestants : leur culte est proscrit, et ceux d’enlr’eux qui occupent des emplois sont destitués. — troisième gderre (1 568-1 570). D’horribles ci uautés furent commises pendant cette guerre surtout par les huguenots. Massacre il’Orthez et de Saint-Sever : Briquemoni, run des commandants de l’armé protestante, portait un collier d’oreilles de prêtres catholiques qu’il avait fait massacrer. Batailles de Jarnacet de Monicontour {ïan 15691. Après la mort de Louis de Condé, son neveu Henri de Navarre fut proclamé chef des huguenots. Les protestants, au moyen des subsides fournis par l’Angleterre, enrôlèrent de nombreuses troupes mercenaires, suisses et allemandes, avec lesquelles ils marchèrent sur Paris. L’armée royaliste s’était dispersée, faute d’argent. Paix de Saint-Germain en I.aye (l’an 1570)

Suites de la paix de Saint-Germain : les huguenots relèvent la tête partout et Coligny parvient à gagner la faveur du roi, qui avait un caractère faible et qui commençait à se fatiguer de l’empire que sa mère exerçait sur lui. Rivalité entre la reine-mère , Catherine de Médicis et l’amiral de

lES GUERRES DB RELIGION EN FRANCE. 1 1 ^

toires remportées par l’armée royale à Jarnac^ où périt le prince de Condé, puis à Montcontour^ mirent fin à la guerre ; on conclut la paix de Saint-Germain-en-Layey qui accordait aux huguenots, outre la liberté religieuse, le droit de mettre des garnisons dans les quatre villes fortes de La Rochelle , Montaubariy Cognac et la Charité. La faiblesse que Charles IX montra dans cette circonstance eut les conséquences les plus funestes.

La SAINT-BARTHÉLEMY. MORT DB CHARLES IX (1572- 1574). — Les chefs des huguenots, l’amiral de Coiigny et les jeunes princes de Bourbon, se rendirent alors à la cour et gagnèrent une grande influence sur Charles IX, qui accorda d’abord toute sa confiance à Coiigny. Celui-ci en profita pour exciter le roi contre la reine-mère et le pousser à faire la guerre à Philippe II d’Espagne en faveur des protestants des Pays-Bas. Le parti des huguenots devint prépondérant à la cour à la suite du mariage de Henri de Navarre avec Marguerite, sœur de Charles IX. D’autre part Henri d’Anjou, frère du roi, et le duc de Guise Henri le Balafré, qui était animé du désir de venger la mort de son père, se rapprochèrent de Catherine de Médicis qui voulut faire assassiner Coiigny ; mais l’amiral ne fut que

Ce Uc.u.ui le.ve lo lui LU le uieii..<,'.mi (.l'u.'ic nouvelle ijuerra à déclarer la guerre a Pbillippo 11 d'Espagne et a secourir les protestants révoltés des Pays-Bas (l’an 1S71). Prise de Hons, dans le Hamaut, pas un corps d’armée français. La reine Jeanne de Navarre, protestante zélée, son fils Henri et son neveu, Henri de Condé, arrivent a la cour (l’an 1 572). Onnégocie le mariage de Henri de Navarre avec la princesse Marguerite. Mort de la reine de Navarre après une courte maladie. A l’instigation de la reine-mère, une tentative d'assassinat est dirigée contre Coiigny, qui est blessé. Les huguenots demandent avec menace que lo meurtrier soit puni. La reinemère, le duc d'Anjou et les Guise tiennent un conseil secret (tans lequel ils prennent la résolution de faire périr les chefs des huguenots. Lo roi s’y oppose d'abord, mais il cède à la crainte d’un complot des protestants contre sa vie, dont sa more lo menaçait. Il fut convenu que ce projet serait exécuté pendant la nuit de la S. -Barthélemy ; personne ne songeait à un massacre général des protestants a Paris, et moins encore dans toute la France ; dans les provinces comme à Paris, les chefs seulemcnt.devaient périr. Coiigny fut tué par un des serviteurs du duc de Guise, qui vengeait ainsi la mort de son père. Les haines privées firent couler beaucoup de sang, et même plusieur.s catholiques périrent. D'après l’auteur protestant, La PopUniére, le nombK'

blessé. Cet attentat exaspéra les huguenots, qui s'étaient rendus en grand nombre à Paris pour assister au mariage de Henri de Navarre; ils menacèrent de se venger si l’on ne punissait pas le meurtrier. La reine-mère profita de ces menaces pour effrayer Charles IX, qui était d’un caractère faible et indécis, en lui représentant que sa vie était en danger et que les huguenots allaient reprendre les armes. Elle réussit ainsi à obtenir son consentement à l’assassinat de Coligny et de ses principaux partisans. Le duc de Guise se fit l’exécuteur de ce meurtre, dans la nuit de la Saint- Barthélemy; le peuple qui avait été excité contre les huguenots, en fit un terrible massacre. Mille personnes périrent à Paris dans cette nuit funeste ; parmi les victimes, il y eut plusieurs catholiques immolés à la haine de leurs ennemis personnels. On avait aussi envoyé dans les provinces l’ordre de faire périr les principaux chefs des protestants; dans un certain nombre de villes cet ordre fut exécuté. A peu près quatre mille huguenots périrent de cette manière dans toute la France. La politique ei le désir de vengeance et de pillage forent les principales causes de cet acte barbare, auquel la religion ne servit que de prétexte. La guerre recommença et se termina par un

des victimes s'éleva S 10CO pour Paris et k 3000 pour le reste de la France. Exagérations des écrvains modernes' qui en portent le nombres 100,000. Il en périt surtout dans les vilies où ils s’étaient rendus odieux par leurs violences antérieures contre les catholiques ; k Orléans, ceux-ci vengèrent les dévastations do leurs églises. Le nombre des catboiiques tués par les huguenots (depuis 1 560] était beaucoup plus considérable; k Orthez seul, 3000 catholiques avaient été massacrés ; et depuis le commencement des guerres de religion, plus de 4000 prêtres et moines avaient éié tués dans.les différentes provinces de la France. (Voyez sur ces laits Fouvrage d’ Audio, Hûlofre de la S.-BarihéUmy, avec les observations de M.H. Audiey et de Falloux, Liège). Noble conduite du clergé et surtout des évéques, qui protégèrent partout les protestants. Le pape Grégoire XIII fit chanter un T« Deum, parce qu’on lui avait annoncé oiffcicllement queia France et le roi venaient d'échapper kune conspiration des liuguenots. — qcatsiéhe guerre (l’an 1573). L'armée du roi vient mettre le siège devant la Rochelle, mais elle est reptoussée. La paix de Saint-Germain est confirmée par un nouveau traité. Mort de Charles IX (l’an 1574). Il eut pour successeur son irère Henri d'Anjou, qui avait été élu rd de Pologne un an auparavant.

Henri III s’entoura de favoris, appelés ilignont, et s’attira le mépris gé-

LES OUERRKS DB RBLIGIOW EN FRANCE. lit

traité favorable aux huguenots : ils conservèrent la'liberté religieuse et la possession des villes fortes qui leur avaient été cédées dans la paix de Saint-Germain. Charles IX mourut deux ans après la Saint-Barthélemy, laissant à son frère Henri III, roi de Pologne, un royaume profondément divisé et déchiré par les guerres civiles.

Henri m. la ligue (1574-1589). — Henri III possédait moins encore que son frère les qualités nécessaires pour gouverner dans les circonstances critiques où se trouvait la France. D’un caractère faible et de mœurs légères, il accorda ses faveurs à des courtisans sans talents et laissa sa mère prendre une influence prépondérante dans les affaires publiques. Sa conduite provoqua un grand mécontentement. Les huguenots en profltèrent pour s’unir au parti des Mécontents, qui comptait dans ses rangs les Montmorency et un assez grand nombre de seigneurs catholiques et avait pour chef le frère du roi, François d'Anjou : ils enrôlèrent de nombreuses troupes mercenaires en Allemagne. Sous l’influence de son frère, Henri III accorda, par l’édit de Blois, les plus larges concessions à la faction des Huguenots. Les catholiques fervents voyant leur religion menacée par suite de la faiblesse du

néral. Le parti des Mécontents, ou des Politiques, s'était formé dans la dernière onnée du règne de Charles IX : François duc d’Anjou fd'abord duc d’Alençon) on devint le chef; ils se séparèrent du parti catholique, qui avait h sa tête les princes de Lorraine et se coalisèrent avec le parti huguenot, qui reconnaissait pour chef les princes de Bourbon. Edit de Blois (l’an 1576). Mécontentement des catholiques qui craignaient de voir prédominer le protestantisme. Les huguenots s’étaient donne une organisation régulière et formaient un corps constitué ayant des chefs et une direction commune; leur exemple engagea les catholiques, qui ne pouvaient plus compter sur le roi, h s’unir et à former la Ligne : tous ceux qui en faisaient partie s’engageaient par serment h maintenir et h défendre la religion catholique, et h s’entr’aider; les princes de Lorraine, Henri de Guise, le cardinal Louis de Lorraine et le duc de Mayence se trouvaient h la tète de la Ligue. Etats-généraux de Blois -■ le roi prit le titre de protecteur de la Ligue et révoqua, U la demande des Etats, les concessions faites aux huguenots (l’an 1577). Ceuxci, du reste, avaient déjà violé la paix en s’emiiarant de plusieurs places fortes. La paix de Bergerac{\b77) rendit la liberté religieuse aux huguenots èt Tint suspendre les hostilités pendant plusieurs années ; les ligueurs et les • buguenots restèrent pourtant sous les armes et s’observèrent mutuellement.

HTSTOIRB TTNIVERSBLLE.

roi, conclurent alors, à l’exemple de leurs adversaires, une fédération appelée la Ligue , dont le but était de défendre la religion catholique envers et contre tous. Les Guise étaient l’âme de la Ligue, qui trouva de nombreux partisans dans le clergé, la noblesse et la bourgeoisie. Le roi en fut effrayé, et, sur les conseils de sa mère, il se déclara chef de la Ligue et révoqua les concessions faites par l’édit de Blois. Les huguenots, qui n’avaient pas déposé les armes, recommencèrent la guerre et obtinrent de nouveau la liberté religieuse.

La mort du duc d'Anjou, frère du roi et héritier présomptif de la couronne, fut le signal d’une guerre acharnée qui devait se terminer par l’assassinat du roi. Henri III n’avait pas d’enfants, et le roi Henri de Navarre était l’ainé de la ligne collatérale des Bourbons et son plus proche héri* tier : la crainte de voir monter sur le trône un prince protestant, donna une grande force à la Ligue. Le cardinal de Bourbon, oncle du roi de Navarre, fut proclamé héritier du trône, que les ducs de Guise espéraient obtenir après lui. Le roi fut obligé de ratifier les décisions de la Ligue et de proscrire le culte protestant. La guerre éclata de nouveau: le roi de Navarre gagna la bataille de Coutras;

Lx(ieilitioii (lu c/uc (/'.l'y'iJM .iu\ Imjs Iîus; sa moi t , I Le roi Je Xmirre, l’nn des chefs les plus ardents des huguenots et qui avait complètement supprimé la religion catholique dans son royaume, devient alors l'héritier présomptif de la couronne de France. Cette circonstance no laissa pas que d’inspirer aux catholiques des craintes sérieuses et fondées. Ambition dos princes de Lorraine, qui prétendaient descendre de Charlemagne : ils conrluent une? alliance avec Philippe II et font proclamer premier prince du sang, le c.irdinal do Bourbon, oncle du roi de Navarre, bien que sa dignité ecclésiastique I cxclùt du trûno. Le pape Stele-Çuint refusa d'appnuver la Ligue, tout en déclarant le roi de Navarre et le prince de Condé exclus pour toujours de la succession, parce que la constitution du royaume de France exigeait que le roi professât la religion catholique. Henri lll révoqua par un édit (1b8">),les concessions faites aux huguenots et alors éclata u r,i CRUE DES TROIS IIesri (le roi, Henri le Balafré et IJcnri de Navarre.) Bataille de Coteras (l’an 1587). Victoire du duc de Guise sur une armée allemande venue au secours des huguenots. Le roi perd toute autorité, ût Pari.s 80 déclare pour le duc de Guise. Journée des barrirades et fuite (lu roi. Il convoque les Etats à Blois et fait assassiner deux Guise (l'an l.S88)j le troisième, le duc de Mayenne, échappa et se mit à la tête de la Ligue, qui refusa ^

mais lo duc de Guise dispersa les troupes mercenaires allemandes. Henri III tomba alors sous le pouvoir de la Ligue ; lorsqu’il voulut s’en affranchir, une révolte éclata à Paris; le peuple éleva des barricades, battit les troupes royales, et le roi s’enfuit à Chartres. Henri de Guise, qui avait de fait toute l’autorité, forga le roi à signer Y édit de Rouen, Cet édit, qui excluait les princes protestants de la succession au trône, fut confirmé par les Etats généraux de Blois. Le roi, pour ressaisir l'autorité qu’il avait perdue, prit une résolution funeste : il fit assassiner le duc de Guise et son frère le cardinal. Ce crime exaspéra la Ligue; elle prit pour chef le troisième des Guise, le duc de Mayenne, qui s'arrogea l’exercice du pouvoir royal. Henri III se réconcilia alors avec les huguenots, et il venait de mettre le siège devant Paris, lorsqu’il fut assassiné par le frère dominicain Jacques Clément, à l’instigation de la sœur des Guise, la duchesse de Montpensier, qui voulait venger la mort de ses frères. La branche des Valois s’éteignit avec lui.

Règne de henri iv (1589-1610). — La guerre civile qui désolait la France continua après la mort de Henri III. La Ligue, soutenue par Philippe II d’Ëspagne, resta

l'obeiisuncc au roi. «>lui-ci est forcé de se jeter dans les lii.i.s des huguenots, qui remportent quelques succès et qui mettent le siégé devant Paris. Mort de Catherine de .Médicis. Assassinat de Henri III par Jacques CUment (l’an 1589) ; ce crime fut inspiré par le fanatisme religieux et par la haine que la duchesse de Montpensier, sœur des Guise, portait au roi. Extinction de la branche des Valois, qui avait occupé le tréne de France pendant plus de deux siècles et demi (1328-1589). Voici la généalogie des derniers Valois (voyez 4* vol. p 420.): ^

François I".

Henri 11 <p . Catherine de Médicis.

François II. Ciiaries IX. Henri lil. François d'Anion.

(1559-fiO) (I5C0-74) (ir.7t-8«) (t

Leduc do Mayenne fait proclamer le cardinal de Bourbon sous lo nom de Charles X{V&n 1589). Celui-ci meurt peu de temps après elle parti royaliste reconnaît Henri IV, qui prête serment de ne rien entreprendre contre la religion catholique et de soumettre les différends religieux à un concile national. La Ligue perd les deux batailles d’.tr(juM et d’/crÿ (l'an 1590). néanmoins elle se maintient en possession de Paris, et la guerre civile continue avec un grand acharnement. Les Etats-généraux se réunissent h Paris

maîtresse de Paris, et les catholiques refusèrent de reconnaître Henri IV. Ce prince, dont le cœur bon et généreux souffrait de voir l’état déplorable où le royaume se trouvait réduit, songea alors à y mettre un terme. Après s’ôtre fait instruire dans la religion catholique, il abjura le protestantisme et se réconcilia avec l’Eglise. Sa conduite, à partir de ce moment, a suflasamment prouvé la sincérité de sa conversion. Paris lui ouvrit ses portes, le duc de Mayenne lui fit sa soumission, et la Ligue fut dissoute dès que le pape Clément VIII eut reconnu le nouveau roi. Henri IV termina la guerre avec l’Espagne par la paix de Vervins. Depuis sa conversion, les huguenots s’étaient déclarés contre lui; pour calmer leur irritation, il donna le célèbre Edit de Nantes, par lequel il accorda aux protestants la liberté religieuse et le droit de remplir toutes les fonctions publiques : en retour le culte catholique devait être exercé librement partout, et exclusivement à la cour, à Paris et dans les villes épiscopales. Mais en permettant aux huguenots de conserver, comme gages, plusieurs places fortes et de tenir des réunions pour délibérer sur les intérêts do leur secte, il créa à ses successeurs de sérieuses difficultés qui aboutirent à la révocation de l’édit

pour élire un roi catholique (satyre Ménippée). Henri IV désirait sincèrement de mettre fin aux tristes divisions de la France : il assista à plusieurs conférences entre des théologiens catholiques et protestants et examina avec soin les arguments qui étaient allégués de part et d’autre. Il se 6t instruire dans la religion catholique et prononça son abjuration dans l’église de S.- Denis (l’an 1693). Lors même que le premier motif de la conversion de Henri IV eût été un motif politique, on ne peut douter qu’elle ne fût sincère. Sou couronnement h Chartres et son entrée à Paris (l’an 1594). Dissolution de la Ligue. Le pape Clément Vlil se réconcilie avec Henri IV (l’an 1695). La guerre civile est terminée avec la soumission du duc de Mayenne et de la Bretagne. Assemblée des notables à Uouen (1697). Paix Je Vervins, conclue avec l’Espagne (l'an 1 698). Irritation des huguenots contre Henri IV ; ils instituent dans chaque province un conseil politique et s’emparent dans plusieurs contrées des revenus publics. Edit de Nantes (l'an 1598) : il renouvelle et complète les édits antérieurs de Janvier, d’Amboise, etc, il Bxo la position respective des deux cultes; des chambres mixtes, composées de catholiques et de protestants en nombre égal, sont adjointes au parlement ; les protestants sont admis h tous les^emplois publics, ils obtienneut le droit de tenir des réunions politiques et d'e conserver des troupes et des places

de Nantes. Henri IV s’attacha à réparer les maux que les longues guerres religieuses avaient causés à la France. Aidé par son ministre, le duc de Sully, il parvint à relever en peu d’années la prospérité de son royaume, en favorisant l’agriculture, le commerce et l’industrie, et en mettant de l'ordre et de l’économie dans les finances. Ce grand prince, dont le nom est resté populaire jusqu’à nos jours, trouva la plus belle récompense de son activité dans la reconnaissance et l’affection de son peuple. Il conçut encore un autre projet qui devait assurer la paix générale à l’Occident et une influence prépondérante à la France: il voulait établir un lien politique entre tous les Etats chrétiens de l’Europe, et les unir en une grande république chrétienne, où la France aurait tenu la première place et où tous les différends auraient été aplanis par un tribunal suprême. Mais tandis qu’il travaillait à mettre à exécution ce prbjet, il fut assassiné par Ravaillac.

Louis xiii. sa minorité et son gouvernement jusqu’au MINISTÈRE DE RICHELIEU (1610-1624). — Lefils de Henri IV n’avait que huit ans à la mort de son père ; la reine-mère ■ Marie de Médicis, se fit nommer régente du royaume par

fortes. Ces dernières concessions deviiircnl dan^ereusGs pour la tranquillité intérieure de la France, parce que les huguenots continuaient h former un parti politique puissant ayant en main les moyens de résister à l’autorité du roi. Cette résistance commença déjà sous le règne de Henri IV, qui ne put rétablir dans le Béarn la liberté religieuse pour les catholiques, comme il l’avait promis au pape Clément Vlll. — Henri IV s’occupa avec la plus grande sollicitude de relever la prospériié matérielle de son royaume. Par • une sage économie, il parvint à alléger les charges publiques et à payer une grande partie des dettes qui avaient été contractées pendant les longues guerres de religion. La politique extérieure de Henri IV avait pour bnt d’abaisser la maison de Habsbourg-Autriche. Il fil alliance avec les protestants d’Allemagne contre l’empereur Maximilien 11. Il fut assassiné par Kacaillac (l’an 1610.) Les véritables motifs de ce crime sont restés inconnus.

Hinoriié de Louit XIII (1610-161 A). -La reine mère et les princes du sang réclamèrent à la fois la régence; Marie de Médicie parvint à se faire proclamer régente parlement de Paris, grâce surtout aux divisions des princes do sang dont plusieurs étaient protestants. C’est de ce moment que date i’autoritépolitique du parlement de Paris, qui n’était dans le principe qu’une des cours supérieures de justice. Concini, Florentin exilé, gagne la conflanco de la reine-mère, dont il épouse la sccur dolait ; il est nommé marquis d’ Ancre et maréchal de Ec.-tnee. Luxe de la cour et dilapidation du trésor, amassé

le Parlement. Elle conclut la paix avec l'Autriche; mais en confiant le gouvernement au maréchal d' Ancre, Florentin de naissance, elle mécontenta la noblesse et surtout les princes du sang qui voulaient une part dans les affaires publiques. La régente fit alors déclarer Louis XIII majeur et convoqua les Etats du royaume à Paris. Mais, ils se séparèrent sans avoir pris des mesures efficaces pour relever les finances que Ips dilapidations de la cour avaient mises dans le plus triste état. Le prince de Condé se mit alors à la tête des mécontents, parmi lesquels se trouvaient les huguenots, et le roi fut obligé de conclure la paix de Loudun, dans laquelle il promit de faire droit aux réclamations des Etats et du parlement de Paris. Cependant le maréchal d'Ancre, dans la crainte do perdre son pouvoir, fit arrêter le prince de Condé et l’accusa devant le parlement du crime de haute trahison. Ce fut ce qui amena sa chute. La noblesse gagna de Luynes, l’un des favoris du roi ; Louis XIII se laissa convaincre que le maréchal voulait l’empoisonner, et ce dernier fut assassiné dans le Louvre.

Après la mort du maréchal d’Ancre, le roi éloigna sa mère de la cour et déclara vouloir gouverner par lui-

par les économies de Henri IV. Paix avec b maison d'Autriche et abandon de la cause des prolestantsen Allemagne. Mécontentement des grands et surtout des princes et des huguenots, l.eduede Mayenne, le prince Henri ll'deCondé, les ducs de Nevers et de llouillon s’unissent con're le maréchal d’Ancre et la reine. Celle-ci fuit déclarer le roi majeur (l’an 161 4) et convoque à Paris Us Etats du royaume qui réclament un exposé de l’état des finances et qui se séparent après cinq mois de session (l’an 1Gi5), sans avoir remédié aux abus; CO fut leur dernière réunion avant 1789. En leur absence, le par/emenf de Paris s’arroge le droit de s’immiscer dans les affaires politiques en prenant des arrêts touchant l’autorité du roi : la reine-mère casse ces arrêts et réprime cette tentative. Le prince de Condé publie un manifeste contre le gouvernement. Il est proscrit et en appelle .m parlement j le roi s’en réfère également b la décision de cette cour, qui devient ainsi juge entre lui et le prince de Condé ; le parlement confirme l’arrêt de proscription lancé contreCondé. Des troupes sont levées de part et d’autre; paix de Loudun (l’an IGlü); concessions faites par le roi au parlement et aux huguenots. Condé est nommé président du conseil du roi. 11 songe b renverser le maréchal dl Ancre, qui le fait arrêter et le met en accusation devant le parlement. Les princes et la noblesse s’unissent contre le maréchal d’Ancre et le font assassiner, après

même. De Luynes acquit bientôt un empire absolu sur lo monarque, qui manquait d’énergie. Louis XIII ne tarda pas à se trouver en guerre avec sa mère, ainsi qu’avec les huguenots. Jean du Plessis, évêque de Luçon, plus connu sous le nom de cardinal de Richelieu, négocia la réconciliation du roi et de la reine-mère et gagna ainsi la confiance de cette princesse qui reprit son ascendant sur son fils. Cependant les huguenots continuaient la guerre et expulsaient les catholiques de toutes les villes dont ils pouvaient se rendre raaitres : ils obtinrent, dans la paix de Montpellier, la confirmation de tous leurs droits et libertés. De Luynes, devenu connétable de France, mourut pendant la guerre; la reine-mère fit alors entrer le cardinal de Richelieu dans le conseil du roi. Une nouvelle période s’ouvrit alors pour la politique française, qui, sous la direction de ce grand homme d’Etat, parvint à dominer les affaires de l’Europe.

Ministère de richelieu (1624-1642). — Le cardinal do Richelieu était un de ces hommes rares qui dominent leur siècle par leur génie et que rien n’arrête dans la réalisation de leurs vastes conceptions politiques. La France dut sa prépondérance politique en Europe à Richelieu, qui pré-

avoir obtenu le consentement du roi par l’entremise du puge, Albert de Luyiies (l’an 1617).

Louis XIII déclare vouloir gouverner par lui-méinei lu reine-mère so retire ë Blois. De Luynes, homme dépourvu de talents et d’énergie, acciuiert un grand ascendant sur le roi ; mécontentement de la noblesse, qui méprisait le favori. La reiiie-mèrc quitte liiois et fuit enrèler des troupes mercenaires dans piusicurs provinces pour reprendre pur les armes son pouvoir a la cour. L’évéque de Luçan, Armand Jean Da l‘tessts, qui était devenu secrétaire d’Etat sous le muiistèrc du maréchal d’Ancre et qui était trèsdévoué ë la relne-mcre, interpose sa méd ation (l’an 1619). Les huguenots s’opposent au rétablis.sement du culte catholique dans lo fléarn (l’an tù^OI. Ils tiennent une assemblée générale ë La ItocUetle en prenant les armes sous le commandement des ducs do Itohan et de Souüne (l'an I6'2I). Ils persécutent les catholiques, les expulsent de plusieurs villes, et détruisent leurs églises. Siège de Montauban par l’année du roi, et mort du duc de Luynes (l'an 1621). Paix de Montpellier (l’an 1622; ; les liuguenots conservent leurs droits, sauf cependant celui de tenir des assemblées politiques. L'évéque de Luçon, qui était devenu duc de llichelieu et cai Jitial (l’an 1522}, est iicnimo membre du conseil d’Etat (l’an 162i|.

HISTOIRE UNTV’ERSELLE.

para le règne si glorieux de Louis XIV. Mais si Richelieu fut grand comme homme d’Etat, il no fut pas irréprochable dans le choix des moyens qu’il employait pour parvenir à son but; il sacrifiait sans scrupule son caractère de prince de l’Eglise et de catholique, lorsqu’il s’agissait de poursuivre ses projets politiques à l’égard de la maison de Habsbourg en Espagne et en Allemagne. Rendre la royauté forte à l’intérieur et placer la France à la tête des puissances européennes, tel était le but de Richelieu. — Le premier acte de son ministère fut de rompre l’alliance avec l’Espagne et d’envoyer des subsides aux protestants dans les Pays-Bas. Ensuite il fit occuper la Valteline, après en avoir expulsé les troupes papales qui la gardaient pour le roi d’Espagne. Le mariage de Charles 1 â! Angleterre avec la princesse Henriette de France et la promesse de subsides qu’il fit aux protestants d’Allemagne pour la guerre contre l’empereur Ferdinand II, dévoilèrent de plus en plus la politique du cardinal. Mais ses alliances avec les protestants de tous les pays excitèrent le mécontentement des catholiques en France ; le duc d'Orléans, frère de Louis XIII, voulut en profiter pour renverser le puissant ministre. Richelieu triompha de ses ennemis et effraya

Le cardinal de Richelieu est l’auteur du aystènie politique qui a prévalu en Europe jusqu’à la révolution française de 1789, et qui consiste dans la subordination de tous les intérêts à romnijiotence de l’Etat. Le pouvoir fut centralisé et exercé par le souverain en personne ou par un rainistro qui agissait en son nom. Les droits les mieux établis, les institutions des provinces et des villes, tout était sacriflé à ce qu’on appelait la raison d'Etat ; la religion elle-môme n’était plus considérée que comme un moyen gouvernemental dont on se servait dans l’intérêt de l’Etat : ce fut ce qui prépara le grand bouleversement du dix-huilième siècle. La France doit à Richelieu une longue période de grandeur, pendant laquelle elle a tenu entre ses mains les destinées de l'Europe. Richelieu avait un double projet ; rendre la royauté absolue en France et abaisser la puissance de la maison de Habsbourg. Ses alliances avec la république de Hollande et l’Angleterre (l’an 1624). Son intervention ranima la guerre de Trente-Ans en Allemagne : il promit une somme d’un million de livres aux protestants et permit au duc de Brunswick de recruter des troupes en France (voyez plus loin). — Les huguenots prennent les armes (l’an 1625); mais ils sont défaits et obligés de se soumettre tout en conservant les places fortes que l’Edit de Nantes leur avait concédées. — Une opposition surgit contre le ministre :

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la noblesse on faisant exécuter le comte de Chalais, qui était entré dans les vues du duo d’Orléans. Apres avoir abattu la noblesse, le cardinal prit «les mesures énergiques pour en finir avec l’opposition sans cesse renaissante des huguenots. Ceux-ci avaient pris les armes et résistaient aux ordres du roi. Richelieu fit mettre le siège devant la Rochelle, et la ville fut prise après une héroïque défense tle quatorze mois. Les huguenots furent alors anéantis comme parti politique ; mais Richelieu leur laissa la liberté religieuse, ainsi que l’égalité politique. C’est ainsi què furent terminées en France les guerres de religion.

Richelieu poursuivit avec la plus grande énergie son projet d’abaisser la maison d’Autriche en Allemagne: il prit part à la guerre de Trente- Ans par les troupes et les subsides qu’il envoya aux princes protestants et aux Suédois; ce fut même la principale cause de la longue durée de nette guerre qui entraîna la dissolution de l’empire germanique. La France, grâce à la politique de Richelieu, n’avait plus de puissance rivale à combattre en Europe et voyait sa prépondérance établie pour longtemps. Le cardinal-ministre triompha également de tous ses ennemis, au premier rang desquels se trouvaient la reine-mère et le

le duc Oatton d'Orléans, frère du roi, se met. ii lu léte des mocoiiteuts qui conclueut une alliance avec la cour d’Espagne (l'an i 6261. Leurs projets sont découverts : le maréclial d’Ornano, le duc de Vendôme et le comte de Ctialais sont arrêtés; le promicr meurt en prison, et Chalais est exécuté; le duc de Vendôme est gracié. Paix de lUouzon conclue avec l’Espagne (l’an 1626). — Assemblée des notables (1627). Los huguenots recommencent la guerre et s’allient avec l’Angleterre. Siège de la Rochelle; la ville se défend pendant quatorze mois; de 30,000 habitants qu’elle comptait avant le siège, il n'en restait que 5,000 lorsqu’elle se rendit (l’an 1028). Les huguenots perdent leurs places fortes et le droit d’avoir des troupes sous les armes; ils conservent la liberté religieuse et le droit de parvenir à toutes les fonctions publiques. Guerre en Italie pour la succession du duché de .Mantouc (1C2U-I6'JI ); leducdeNeversest mis en possession decc duché par Louis XIII, qui s’y rend h la tôte d’une armée française.

Intervention de Richelieu dans la guerre de Trente-Ans (voyez plus loin, §7). — Intrigues de la reine-mère pour éloigner le cardinal de la cour; la reine Anne et Gaston d’Orléans s’unirent h elle. Louis^XIil futébranlé ; mais le cardinal réussit dans un entretien avec le roi a confondre tous ses enoentis, et la reine-mère fut forcée de quitter la cour ; on appela ce reviremem

M. t.viv. V. Il

HISTOIRE ÜNIVERSEU-E.

duc d’Orléans. Ce dernier, après avoir conclu une alliance avec la cour d’Espagne, prit les armes et gagna à sa cause le duc de Montmorency, gouverneur de Languedoc. Mais il perdit la bataille de Castelnaudary et fut obligé de se .soumettre : Montmorency fut exécuté. Cinq-Man^ l’un des favoris de Louis XIII, 'lui avait conspiré pour assassiner le qardinal, fut condamné à mort et décapité. Richelieu mourut après avoir gouverné la France pendant dix-huit ans : sa politique lui a survécu et elle est restée dominante en Europe jusqu’à la fin du dix-huitième siècle.

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