‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 14 sur 107 · LES GUERRES DE RELIGION, JUSQU’AU TRAITÉ DE WESTPHAT IB · texte numérisé non relu

LES GUERRES DE RELIGION, JUSQU’AU TRAITÉ DE WESTPHAT IB

'L l’anglbtekbb et L’ÉœssB jusqu’au BÉTABUSSEUEET

DES STUARTS (l86S-1660.) '

Élisabeth et marie stuart (1561-1568). — Le protestantisme avait été introduit en Angleterre par la reine Elisabeth^ mais il réstait encore dans toutes les classes de la société un grand nombre de catholiques ; Elisabeth prit occasion de la sympathie inspirée par les malheurs de la reine d’Ecosse, Marie Stuart, pour sévir contre les familles nobles qui étaient restées fidèles à leur foi. Le protestisme dominait en Ecosse, lorsque Marie Stuart y arriva après la mort de son mari, le roi de Franco François IL Le fanatique Knox avait tellement excité le peuple contre la religion catholique, que l’infortunée reine eut de la peine à obtenir une chapelle catholique dans son palais. Marie

Développcueiits. — Ouvrages à consulter ; Lingard, Histoire d? Angleterre. — Guizot, Histoire de la révolution d' Angleterre depuis l'avènement de Charles I jusqu'à la restauration sous Charles II.— Le même, Cromwell. Paris, 1850. — Villemain, Histoire de Cromwell. — Schoell, Cours d'histoire, etc.

I. Etat religieux de l’Ecosse & l’époque où Marie Stuart arriva dans ce pays (l’an 1661) pour prendre les rênes du gouvernement (voyez plus haut, page 39). Prédications fanatiques de Knox contre le catholicisme. La reine fut obligée de ratifler tout c6 qui avait été fait contre la religion catholique, h laquelle elle resta inébranlablement attachée. Diflicultés de sa position au milieu d’un entourage presque entièrement protestant et même fanatique : légèreté de son caractère. Elle donna sa confiance h son frère naturel Jacques Stuart, auquel elle conféra le titre de comte de Murray, mais qui la trahit presque immédiatement, en se mettant à la tête du parti protestant de la cour. Marte Stuart épouse Darnley de la famille de Lennox, branche des Stuarts (l’an 1565). Jalousie de la noblesse; Knox prêche publiquement contre ce mariage et excite le peuple contre la reine. Prétention de Darnlcy< il réclame la couronne matrimoniale qui lui assurait le gouvernement : refus de Marie Stuart. Conspiration de la noblesse protestante contre le Piémoiitais David Rizeio, catholique sincère et secrétaire de la reine, qui lui accordait toute sa conflance. Darnley se laisse prévenir contre Rlzzio et le tue eu présence de la reine (l’an 1566); justiUcalion de ce meurire.par Kuox,

Les ouerkes de religion en Angleterre. 9ü

Stuart était sincèrement pieuse, mais elle n’avait pas l'éuer gie de caractère nécessaire pour sortir des circonstances difficiles dans lesquelles elle sé trouvait. Elle épousa son parent Damley, comte de Lennox, qui, par son caractère violent et capricieux, ne cessa de l’affliger ; même, lorsque la reine refusa de lui céder le gouvernement, il tua de ses propres mains le secvèiaxvQ Rizzio, qui, par sa piété, s’était attiré toute la confiance de Marie Stuart et qu’il accusait d’être un obstacle à ses prétentions. Néanmoins cet acte d’emportement n’altéra pas la bonne intelligence qui régnait entre les époux. Mais Darnley s’étant rendu odieux à la noblesse, une conspiration, conduite par le comte de Bothvoelly fut tramée contre sa vie. Il tomba sous les coups des conjurés. Bothwell se saisit alors de la personne de la reine qui se vit forcée de donner sa main au meurtrier de son mari. Alors éclata une révolte, fomentée par les prédications fanatiques de Knox et de ses partisans : la reine tomba entre les mains des rebelles, qui lui arrachèrent un acte d’abdication en faveur de son fils Jacques, âgé de deux ans; Bothwell s’était hâté de prendre la fuite. Murray, frère naturel de Marie Stuart et protestant fanatique, fut

La noblesse s’en prend ensuite & Darnley et trame, sous l’inspiration de Murray, un complot contre sa vie. Naissance de Jacquts VlfVaa 1567). Il n’est pas certain que la reine ait eu connaissance du projet des conjurés, car elle soignait alors son mari qui était malade. Un jour qu’elle s’était absentée, une mine lit sauter la maison où Darnley se trouvait (l’an 1567'. La mort de Darnley augmenta le pouvoir de Murray et du comte Bnihwell, grand amiral d’Ecosse. La reine ahandotinée et sans appui, se trouve hors d’état de punir les meurtriers de Darnley. Bothwell se saisit de sa personne et l’épouse de force; cet acte de faiblesse la perdit : car ce seigneur avait dirigé la conspiration contre Darnley. Nouvelle conspiration des seigneurs et de Murray celte fois contre la reine même : .Marie Stuart est jetée en prison, et Bothwell s’enfuit en Norwége. On la force de renoncera la couronna en faveur do son fils, et on l’accuse publiquement du meurtre de Darnley-, Knox demande qu’elle soit mise ù mort. Murray est proclamé régent du royaume. Evasion de Marie Stuart, et bataille de Langside lV»n 1.568) : son armée est défaite. Marie se réfugie en Angleterre sur l’invitation de la reine Elisabeth. Celle-ci ne put cacher sa joie de tenir entre ses mains son ancienne rivale; elle refusa de l’admettre en sa présence avant qu’elle se fût justifiée des .TCCii.sat'nns portées eontro e'ie, et la traita comme prisonnière ; la captivité de Marie Stuart devait durer vingt aus et finir par l’cc.bafaud (1668-1687).

nommé régent du royaume. Knoi et les prédicateurs protestants demandèrent l’exécution ds la reine, qui parvint cependant à s’échapper de la prison et se mit à la tête d’une t armée. Vaincue dans une bataille qu’elle livra à Murray, elle se réfugia en Angleterre, espérant y trouver un asile auprès d’Elisabeth, avec laquelle elle avait échangé plusieurs lettres amicales. Mais la reine d’Angleterre la traita comme prisonnière, en attendant qu’elle trouvât une occasion d’assouvir contre l’infortunée la haine qu’elle lui avait vouée, comme ancienne rivale et comme protestante.

L’angleterre et l’écosse jusqu’à l’exécution de marie STUART (1568-1587). — Elisabeth avait secrètement favorisé les troubles d'Ecosse et avait secouru les rebelles contre Marie Stuart ; elle profita de la symphatie que témoignèrent à cette reine infortunée plusieurs seigneurs catholiques anglais, pour établir des lois plus rigoureuses contre la religion catholique. Tout prêtre qui disait la messe en Angleterre encourait la peine capitale ; un tribunal, appelé commission ecclésiastique, fut institué pour découvrir les catholiques et les condamner à mort. En même temps Elisabeth entretenait des relations avec les protestants en

Conduite perfide d’Elisabeth à l'egard de Ma|ie Stuart; tout en blâmant publiquement les seigneurs écossais révoltés contre leur reine, elle leur donnait de l'argent. Murray, qui s'était réfugié à sa cour, fut obligé de la quitter, mais il reçut des subsides pour se mettre h la tête des mécontents. Sympathie des seigneurs catholiques anglais pour Marie Stuart; tentative faite par plusieurs d’entre eux pour la délivrer. Ils sont vaincus par l'armée royale ; leurs chefs sont proscrits et le duc do Norfolk est exécuté. Persécution des catholiques et détention plus rigoureuse de Marie Stuart. Excommum'ca/ior, d'E/isa6e/A par lo pape Pi» K (l’an 1570), qui la déclare indigne de gouverner. Les catholiques sont accusés du crime de haute trahison et persécutés avec plus de fureur; on institue une commi.Mion tcelésiat/içtie dans le but de les découvrir pour les livrer au supplice: ce tribunal agit avec beaucoup plus de rigueur que l’inçuiVflton espagnole. Loi du parlement établissant la peine de mort contre les prêtres qui diraient la messe et contre les fidèles qui l'entendraient. Fondation de collèges ou séminaires ecclésiastiques à Douai (l’an 1 668) et à Rome (l'an 1379), afin de former des missionnaires catholiques pour l’Angleterre. Emigration des riches familles catholiques, dont les biens sont confisqués. Zèle et dévoûment de l'Ordre des Jésuites, qui se chargèrent en partie des missions en Augleterre. La peine de mort était alors décrétée contre ceux qui donnaient^asiie h un Jésuite. Un grand nombre de Jésuites et de prêtres catholiques furent exécu-

LES aüERRBS DE RBUQION EN ANGLETERRE. 10 J

France et dans les Pays-Bas et leur envoyait de forts sub sides. Le pape Pie V crut devoir enfin prononcer l’excom munication contre elle : cet acte eut les conséquences les plus fâcheuses pour les catholiques d’Angleterre ; les perséoutions redoublèrent ; les prêtres, les missionnaires et particulièrement les jésuites, qui se distinguaient surtout par leur zèle et leur intrépidité, furent les principales victimes de la haine protestante. De prétendues conspirations en faveur de Marie Stuart servirent encore de prétextes aux poursuites contre les catholiques. La secte protestante des puritains^ qui ne reconnaissait pas la hiérarchie ni le culte de l’église anglicane, fut aussi en butte aux persécutions d’Elisabeth. En Ecosse les troubles étaient entretenus par les prédications fanatiques de Knox et de ses partisans. Jacques F7, qui monta sur le trône à l’âge de douze ans, n’avait pas l’énergie nécessaire pour rétablir la tranquillité intérieure : en outre, ayant été élevé par des protestants, il était très-hostile à la religion catholique. Il ne s’opposa donc pas aux persécutions, et il ne prit aucune mesure pour délivrer sa mère infortunée. La captivité de Marie Stuart devenait de jour en jour plus dure; on finit par instruire

tés. Le ministre Walsingham, pour perdre les catholiques, eut recours aux moyens les plus infâmes : il leur envoyait des agents qui devaient les engager â prendre part h des conspirations en faveur de Marie Stuart et qui les dénonçaient ensuite aux tribunaux comme coupables de haute trahison. Une loi du parlement proscrit tous les prêtres catholiques il’an 158i). — Troubles et désordres en Ecosse, fomentés par les agents d’Elisabeth. Plusieurs régents succédèrent h Murray. Jacques VI fut proclamé majeur â l’ége do douze ans (l’an 1578) : mais il ne fut que l’instrument de quelques intrigants et de protestants fanatiques. Lee presbytériens, qui rejetaient la hiérarchie épiscopale, Hnirenl par prédominer, malgré l’opposition qu’ils rencontraient de la part du roi. La religion catholique fut presqu’entièremont extirpée en Ecosse par suite des plus sanglantes persécutions. — Pour pouvoir intenter un procès ë Maris Stuart, on l'accusa de complicité dans une conspiration qu’un certain Babington avait tramée contre la reine d’Angleterre. Ce n’était qu’un prétexte pour la mettre h mort. Hypocrisie d'Elisabeth : elle fit semblant de se laisser arracher l’arrêt de mort. Marie Stuart fit preuve d’une grandeur d’âme admirable ; sa mort (l’an 1 587). Elisabeth prit le deuil.

Jacques VI avait un caractère faible et se laissait dominer par son entourage tout composé de protestants fanatiques ; il se borna h prendre le deuil en apprenant le supplice de sa mère, et même 11 ne rompit pas entièrement ses relations avec Elisabeth- à* rtenr de perdre le trêqe d’Angleterre qui lui

a, laiv. v. 9*

son procès, sur l’accusation d’avoir trempé dans une conspiration contre la vie d’Ëlisabeth, on la condamna à mort. Dans ses derniers moments, on lui refusa un prêtre ; elle mourut sur l’échafaud avec la dignité et la fermeté d’une chrétienne. L’hypocrite Elisabeth, qui avait signé l’arrêt de mort, se plaignit qu’on l’eùt exécutée contre ses ordres.

L’ ANGLETERRE ET l’iRLANDE, JUSQU’a LA MORT d’ÉLISA-

RETH (1587-1603). — L’exécution de Marie Stuart émut l’Europe tout entière : mais Jacques VI , roi d’Ecosse, n’eut pas le courage de venger la mort de sa mère; le roi do France Henri IH, retenu par la jalousie que lui inspirait la puissance de l’Espagne, ne voulut pas faire causa commune avec Philippe II; seul, ce dernier arma une flotte considérable contre l’Angleterre. L'incapacité du duc de Médina Sidonia, chargé du commandement de cette Hotte, et les tempêtes qui détruisirent un grand nombre de navires, firent échouer l’expédition. Cette guerre eut pour principal résultat d’aggraver le sort des catholiques en Angleterre, bien que, dans cette circonsiance, ils eussent montré un grand dévoùmentàleur reine Elisabeth. Les dernières années du règne de cette princesse furent signalées

apparluoait par droit. d’buntJijt.'. Grands armumouls de Philippe II d’Espagne qui déclare la guerre à l' Angleterre. L'inoinciUle armada, coruposee de 150 navires avec 128,000 hommes, fait voile pour ce pays (l’an 1588). Elisabeth craignait de voir les catholiques anglais se déclarer pour Philippe 11; mais loin de la, ils montrèrent un grand dovoûment pour la défense de leur patrie. L’armada essuya de violentes tempêtes avant d’arriver en vue des côtes de l'Angleterre; le duc de Médina Sidonia ’n'osa pas livrer bataille h la Hotte anglaise et se retira dans le port de Calais. Quelques débris seulement de la flotte regagnèrent Lisbonne.— Gu«rr;< dé reliyion eu Irlande. L’Irlande, quoique soumise aux rois d'Angleterre depuis Henri U (voyez la 4< part, page 354)., était ordinairement gouvernée par des seigneurs du pays; néanmoins le parlemeut se composait en majeure partie de seigneurs anglais qui y possédaient de vastes fiefs. Ce parlement, aussi docile que celui d'Angleterre. reconnut la suprématie spirituelle de Henri Vlll, qui se fit déclarer chef de l'église irlandaise li’an 1535). Mais le monarque schismatique rencontra une vive opposition de la part du peuple qui était tres-attaché a la religion catholique, et de nombreuses insurrections eurent lieu. Henri Vlll prit lo titre de roi d'Irlande (l’an 1542) et exerça dès lors un pouvoir plus étendu. Les persécutions religieuses continuèrent sous le règne d’Edouard VI; mais rien ne put ébranler la constance du peuple. Elisabeth prit des mesures violentes et commença par imposer de force la nouvelle religion. La guerre

par la guerre d’Irlande. Henri VllI avait tenté en vain de 1 détacher les Irlandais de l’Eglise catholique. Il avait confisqué des biens considérables appartenant au clergé et aux seigneurs catholiquôs et les avait donnés à des seigneurs anglais protestants. Elisabeth reprit les projets de son père et voulut introduire le protestantisme en Irlande; mais elle rencontra une forte résistance, et alors commença une longue et sanglante guerre de religion dont Elisabeth ne devait pas voir la fin. Elle se rendit odieuse aux protestants euxmêmes, par sa conduite envers le comte d'Essex, fils de son ancien favori, le comte de Leicester. L’ambition et les maniérés hautaines du jeune comte causèrent sa perte ; il fut condamné à mort comme coupable de haute trahison. Elisabeth, qui n’avait jamais été mariée, mourut sans laisser d’héritiers directs de la couronne : son plus proche parent était le fils de Marie Stuart, le roi Jacques VI d'Ecosse.

Les trois royaumes réunis sous la maison des stuarts (1603-1625). — Jacques VI d’Ecosse succéda à Elisabeth sous le nom de Jacques I et réunit sous son sceptre les trois royaumes britanniques, l’Angleterre, l’Irlande et l’Ecosse. Mais ce prince manquait de l’énergie nécessaire

(laS'J’ lojlij Jura pciiJaiil. loat son ragiie ül àti luniiiua par IViiiicr uâsujtïllissement de ce pays, qui s'était soulevé à l’instigatioa de Philippe II. Les lois portées en Angleterre contre les catholiques furent mises en vigueur en Irlande; néanmoins le peuple ne'se laissa pas ravir sa foi. Toutes les propriétés foncières furent enlevées aux familles catholiques et données h dos seigneurs anglais protestants : le peuple fut réduit à un véritable esclavage. Cet état d'oppression et de souITrance dura deux siècles pour le peuple irlandais. — Le gouvernement d'Elisabeth de plus en plus arbitraire, lui fit perdre sa popularité dans les dernières années de son règne ; elle mourut à l’ùge de 70 ans (l'un 1 G03). La famille dos Tudor s’eteignait avec elle. |

L’avénemont des Stuarts en Angleterre (voyez la parenté, p. 34) réunit les doux couronnes sur la tête de Jacques VI d’Ecosse, Jocouea / en Angle- , terre (1 603-1 bilüj. Espérances des puritains, qui voyaient en lui un prince élevé dans des doctrines calvinistes ; espérances des catholiques, qui ne considéraient dans le nouveau roi que le fils de Mario Stuart. Mais Jacques I", satisfait d’avoir échappé h la dépendance des presbytériens d’Ecosse, s’attacha h {'église anglicane et déclara qu’elle était le plus ferme appui du trône (l’an 1604). Persécutions exercées contre les prédicateurs puritains qui refusaient de se soumettre aux doctrines et à la discipline de l’église anglicane. Une persécution éclata aussi contre les catholiques ; plusieurs furent mis h mort, les familles riches furent ruinées par des amendes. Conspiration des

pour faire face aux difficultés qu'il rencontrait de tous côtés. Il se déclara pour l’église anglicane, et par là il mécontenta \e& presbytériens d’Ëcosse et \qs puritains anglais. Il continua en outre de persécuter les catholiques, surtout après avoir découvert la conspiration des poudres tramée par Catesby, seigneur catholique, qui avait voulu, au moyen d’une mine, faire sauter le roi et le parlement. Les catholiques et surtout les prêtres durent expier ce coupable complot, qui n’était l’œuvre que d’un petit nombre de conjurés : les peines déjà portées contre les catholiques furent aggravées ; presque toutes les familles fortunées furent dépouillées de leurs biens et réduites à la pauvreté. En Irlande oes confiscations eurent lieu sur une vaste échelle, et tous les prêtres catholiques furent bannis sous peine de mort. Cependant une opposition formidable commençait à se manifester dans les parlements contre l’autorité royale, qui, sous Henri VIII et Elisabeth, était devenue absolue. Cette opposition provenait surtout des presbytériens et des puritains, qui étaient animés d’un véritable esprit républicain, et qui, tout en paraissant n’attaquer que l’autorité spirituelle du roi, en voulaient aussi à son autorité politique. Les parlements

poiMlrea organisée par quelques seigneurs catholiques (l’an 1605); elle fut découverte et fournit un prétexte pour persécuter les catholiques en général; les Jiiuites furent faussement accusés d’y avoir pris part et le Père Garnei fut condamné h mort et exécuté. Ue bouleversement de la propriété en Irlande fut complété par la spoliation presque générale des catholiques; toute la propriété foncière de ce pays fut donnée h des protestants anglais. Mécontentement des presbytériens en Ecosse, lorsque Jacques 1«' y introduisit le système épiscopal (l’an 1610) approuvé par le parlement. Pour les apaiser, le roi leur abandonna les catholiques écossais, qui se trouvèrent exposés à de nouvelles persécutions. Commencement d’une opposition contre l'omnipotence royale, que Henri VllI avait proclamée en s’attribuant l’autorité spirituelle suprême dans son royaume. Les presbytériens en Ecosse et les puritains en Angleterre formèrent le noyau d’un parti républicain dans les parlements des deux pays. Les parlements profitèrent du droit de voter les subsides pour restreindre l’autorité du roi. Celui qui fut convoqué en 1624 n’accorda les subsides que sous la condition d’en contrôler l’emploi. Mort de Jacques 1“ (l’an 1 625).

Charles I jusqu’à la convocation du long parlement (1625-1640). — Ce prince avait pour premier ministre le due de Buckingham; son mariage avec la princesse française Henriette (l’an 1 625) fournit aux prédicateurs puritains Toecasion d’exciter contre lui le fanatisme protestant du peuple

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forcèrent le roi à leur faire d’importantes concessions et à admettre leur intervention directe dans l’administration et dans l’emploi des subsides qu’ils auraient votés.

Charles i®' jusqu’au commencement de la révolution (1625-1640). — L’opposition des parlements grandit et devint plus dangereuse sous Charles fils et successeur de Jacques 1®*^. Ce jeune prince, qui avait épousé la princesse catholique Henriette de France, apporta quelques adoucissements aux lois contre les catholiques, sans pouvoir cependant faire cesser entièrement les persécutions dont ils étaient l’objet. Ces mesures fournirent aux parlements d’Angleterre et d’Ecosse un prétexte pour attaquer le duc de Buckingham, qui était premier ministre et possédait toute la confiance du roi. Les puritains fanatiques, qui se nommaient eux-mémes les Saints, l’emportèrent dans le parlement anglais : on refusa de voter les subsides dont le roi avait besoin pour continuer la guerre contre la France et l’Espagne. Les prédicateurs presbytériens et puritains excitèrent le peuple contre le roi qu’ils accusaient d’être secrètement catholique. Le duc de Buckingham fut assassiné. Alors Charles I®' résolut de ne plus convoquer

Comme le parti puritain dominait dans la chambre des communes, le parlement anglais refusa de voter les subsides nécessaires pour la guerre que Charles 1" avait entreprise en faveur des protestants français. Deux parlements furent dissous presque immédiatement après leur réunion (1 6S5-1 627). Convocation d'un troisième parlement ; Buckingham est accusé d’avoir empoisonné le roi Jacques l'*^; le roi est forcé de conflrmer la pétition du droit (pétition of right) qui a pour but de garantir la sûreté des personnes et l'inviolabilité de la propriété privée (l’an 1628). Assassinat du duc de Buckingham. Charles 1“ se décide h ne plus convoquer le parlement et fait connaître cette résolution par une proclamation ; il conclut la paix avec la France et l’Espagne (l’an 1630). Empire de l’évéque Laud de Londres sur Charles 1", auquel il est dévoué, en même temps qu'il est l’ennemi des puritains et des presbytériens: il est nommé archevêque de Cantorbéry et primat de l’Angleterre. Emigrations nombreuses pour l’Amérique; le roi les prohibe. Laud est mis à la tête de la commission royale chargée d’administrer le trésor (l’an 1635); ces fonctions le rendent encore plus odieux. Persécution des puritains. Ordonnance royale pour l’introduction de la liturgie anglicane dans toutes les églises presbytériennes de l’Ecosee (l’an 1636). Troubles provoqués par cette ordonnance et par les prédications fanatiques des ministres presbytériens. Cmenant ou confédération (l'an 1638), for- ' mée par les presbytériens; l'acte de ocmfédératian renfeimait la eondsm-

mSTOmE UNIVERSELLE.

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les parlements et conclut la paix avec la France et l’Espagne. Lavd, évêque de Londres , devint le principal conseiller du roi, qui lui donna le siège archiépiscopal de Cantorbéry. Des mesures énergiques furent prises, d’après les conseils de Laud, contre les puritains, dont le nombre s’accrut néanmoins de jour en jour. Pour briser la résistance des presbytériens en Ecosse, le roi ordonna d’y introduire la liturgie anglicane, et provoqua ainsi une révolte ouverte. Les presbytériens formèrent une ligue et convoquèrent un synode à Glasgow, dans lequel l’église fut proclamée indépendante de l’autorité civile. Ils rassemblèrent une armée ; Charles I®'^qui manquait d’argent pour faire la guerre, fut

forcé de conclure un traité avec les rebelles et de leur

taire d’importantes concessions. Cependant il se vit obligé, avant de reprendre la guerre, de convoquer de nouveau le parlement anglais. La réunion de cette assemblée, que l’on appela long parlement parce qu’elle siégea pendant neuf aus, fut le signal de la révolution.

La révolution jusqu’à l’exécution de Charles i®*" (1640- 1649). — Le parlement se mit en opposition avec le roi et accusa ses conseillers du crime de haute trahison : Laud

naOoii klu papisme et l’engagement de dürendre la vraie religion (picslnti!ricnne), les libertés et les lois du royaume. Synode de Glasgow, qui proclama l'independance de l’église, condamne la liturgie anglicane et abolit le système épiscopal. Une armée est rassemblée par les presbytériens [l’an 1639). Charles I" marche contre les rebelles; mais le manque d’argent l’oblige à conclure le traité de Dunbar et à convoquer de nouveau le parlement (l’an 1640).

La révolution d'Angleterre eut un caractère presque exclusivement religieux. Les idées politiques ne se produisirent que comme conséquence des principes religieux : l’agitation était l’œuvre des prédicateurs fanatiques et les chefs agissaient toujours au nom de la religion. Premières accusations contre le roi, auquel le parlement reproche son penchant au papisme, dénoroiiiation par laquelle on désignait la religion catholique (l’an 1640). Procès luit aux conseillers de Charles 1" (l’an 1641). Opposition entre la chambre des Communes et la chambre des Lords; celle-ci se déclare pour le roi. La chambre des Communes au contraire lui était hostile; elle dominait le parlement qui s’arrogea pou à peu l’exercice du pouvoir royal, et d’abord du pouvoir législatif. Un décret enleva au roi le commandement de l'armée envoyée contre les catholiques d’Irlande. Charles ne put vaincre l’opposition de la chambre des Communes en faisant arrêter les chefs dont le peuple prit la défense; le roi dut se retirer ii York (l’an 1643). Guerre civile; le parti

fut jeté en prison, le comte de Sirafford fut condamné à mort et exécuté, les autres n’échappèrent que par la fuite. Charles I®'' essaya de gagner le parlement d’Ecosse, mais il n’y réussit pas. On lui retira même le commandement de l’armée, de sorte qu’il se vit obligé de faire un appel au peuple. Il publia une proclamation et rassembla une armée à York ; le parlement anglais, de son côté, l’accusa de vouloir rétablir la religion catholique et conclut une alliance avec les presbytériens d’Ecosse. Les deux partis en vinrent aux mains et se livrèrent plusieurs bataiUes qui restèrent indécises; l’un et l’autre s’attribuaient la victoire. Mais l’armée royaliste, composée de la noblesse et d’une partie de la bourgeoisie, était mal commandée ; elle ne put résister longtemps à celle du parlement qui avait été recrutée parmi les habitants de la campagne fanatisés par les prédications des puritains et qui avait à sa tête deux habiles généraux, Fairfax et Cromwell ; le premier était très-brave et en même temps très-dévoué à Cromwell. Celui-ci gagna bientôt une influence prépondérante, grâce à l’énergie de son caractère et au fanatisme religieux qui était le principal mobile de ses actions. Il devint le chef du parti des indé-

royalisleoe conipUNiii do lu iiubies^e, du lu liaule bourt^eoisie, des partisans de l’église anglicane et d'une partie des catholiques , quoique ces derniers eussent été persécutés par le roi. Le parlement avait pour lui le bas peuple, ainsi que la population de la campagne, que fanatisaient tes prédicateurs. Alliance du parlement avec les presbytériens d’Ecosse (l’an 1643 jet mesures prises contre l’église anglicane : les évéques sont exclus de la Chambre des Lords et 2,000 ministres anglicans sont destitués. La lilargie est remplacée par le directoire. Nouvelles persécutions contre les catholiques. Domination et intolérance des presbytériens. Formation du parti des inde'pertdants, qui se composait d’une fraction des anciens puritains et de membres de toutes les sectes dissidentes [dissenters) ; ils proclamèrent l’indépendance religieuse et la nécessité de plusieurs sectes, chacun étant tenu, disaient-ils, d’adorer Dieu selon sa conscience. Les indépendants gagnèrent beaucoup de partisans dans l’armée, oCi les ofOciers et les simples soldats se mirent à prêcher et a présider au culte. Grande influence de Fairfax et de Cromwell. Ce dernier était membre du parlement, oCi il s’était fait remarquer par sa hardiesse et son énergie; il avait enrèlé dans l’armée un régiment composé exclusivement d’hommes de la campagne qu’il commandait lui-mème et auxquels il inspirait son fanatisme religieux : à la bravoure et aux talents militaires, il unissait une grande ambition et une audace qui ne reculait devant rien.

Le roi eut d’abord l'avantage et gagna plusieurs batailles ; mais il n’en

HISTOIRE UNIVERSEI.LE.

pendants, qui s’était formé au sein du parlement : plus hardis que les presbytériens, les indépendants rejetaient nonseulement l’épiscopat anglican, mais même le sacerdoce, et soutenaient que chaque communauté religieuse devait être complètement indépendante. Toutes les sectes protestantes qui s’étaient déjà séparées de l’église anglicane, se rallièrent aux indépendants sauf toutefois les presbytériens. Le parlement abolit alors la hiérarchie épiscopale, ainsi que la liturgie anglicane ; l’archevêque Laud fut condamné à mort et décapité.

Le roi, après avoir conclu la paix avec les catholiques irlandais qui vinrent renforcer son armée, livra une nouvelle bataille aux révoltés près de Marston-Moor ; il fut complètement défait et se vit forcé de négocier avec le parlement. Mais il ne voulut pas se soumettre aux exigences dé cette assemblée, qui songeait à le priver de toute autorité, et il rassembla de nouvelles troupes. Il perdit une seconde bataille décisive près de Naseby et se réfugia en Ecosse, chez les presbytériens, qui commençaient à se défier du parlement anglais. Il refusa cependant d’accepter les conditions des Ecossais, qui demandaient l’abolition de

protiw pas, ei au lieu de marcher sur Londres, il s’arrêta au siège de Glocester. L’armée du parlement qui déjh l’emportait sur celle du roi, et par son fanatisme et par sa discipline, se renforça de plus en plus. Batailles de i/dr*(on-Jfoor (l'an 1644) et de Naieby (l’an 1645), dans lesquelles l’armée royaliste est complètement défaite. Chartet I se réfugie en Ecosse, où' l’on commençait b être mécontent du parlement anglais b cause de la prépondérance des indéptndatiii et surtout de Cromwell. Le parlement d'Ecosse offre son appui au roi, b condition qu’il laisse tomber l’église anglicane ; mais le roi s’y refuse et dès lors il est abandonné par les Ecossais, qui Unissent par le vendre au parlement anglais (l’an 1647). Dissidences entre le parlement et l’armée ; Cromwell se met b la tête du parti des Niveleurs{Levellers) composé des plus fanatiques parmi les indépendant»; le parlement décrète le licenciement de l’armée, mais elle résiste et se saisit de la personne du roi. Le parlement cède et accorde une amnistie; l’armée constitue dans son sein une assemblée délibérante composée d’olîleiers et de simples soldats. Lutte ouverte entre le parlement et l’armée ; le peuple de Londres se prononce en faveur du premier et demande ta mise en liberté du roi. Opposition de l'armée, qui marche sur Londres et s’empare de la Cité; elle offre au roi de lui rendre le pouvoir b certaines conditions. Charles fait semblant de vouloir accepter, et en même temps il négocie secrètement avec les pretbytérUn* d’Ecosse. Cette duplicité le perd; il tombe an pouvoir de Cromwell,

l’église épiscopale, et fut livré par eux au parlement pour une forte somme d’argent. Il fut jeté en prison, d’où il ne devsût sortir que pour monter sur l’échafaud. — La victoire de Naseby avait grandi l’autorité de Cromwell, qui possédait la confiance de l’armée, composée en majeure partie d’indépendants : il s’y forma une fraction extrême, qui, allant toujours plus loin, finit par rejeter toute autorité religieuse et politique et adopta le nom de niveleurs. Une scission commença entre le parlement et l’armée : Cromwell se mit à la tête des troupes et défit les Ecossais, qui avaient pris les armes pour délivrer le roi des mains des indépendants. L’armée s’était saisie de l’infortuné monarque et demandait qu’on lui fît son procès et qu’on l’exécutât. Le parlement refusa d’accéder à cette demande ; alors les soldats l’envahirent et en expulsèrent tous les presbytériens. Cinquante membres, tous indépendants fanatiques, constituèrent le tronçon de parlement, auquel on donna le surnom méprisant de Rump (croupion). Le roi fut traduit devant un tribunal dont Cromwell faisait partie et dont il était le maître. Il fut condamné à mort pour crime de haute trahison et exécuté à Londres: c’est le

après avoir fait une tentative d’évasion qui ne réussit pas (l’an 1648). Les Ecossais réunissent une armée et envahissent l’Angleterre pour délivrer le roi. Victoire de Cromwell sur les Ecossais. L’armée demande la mise en accusation du roi ; le parlement s’y oppose ; les niveleurs envahissent la salle lies séances et arrêtent les principaux membres presbytériens; les autres s'enfuient et il ne reste que 60 membres qui constituent ce qu’on appelle le /îump, c’est h-dire parlement tronqué. Le pouvoir passe à deux commissions militaires presqu’exclusivement composées de niveleurs. La souveraineté du >euple est proclamée par le Rump. Cromwell revient victorieux d’Ecosse, «’rocès du roi, qui est condamné h mort comme tyran, traître et ennemi de *^Elat; Cromwell force les membres du tribunal h signer l’arrêt de mort, Exécution de Charles 1 (l’an 1649).

Le parlement abolit la royauté et la Chamlire des Lords, sans cependant proclamer la république î car Cromwell n'était pas partisan de cette dernière forme de gouvernement. Composition d’un conseil d'Etat de 41 membres, dont les deux tiers sont pris dans le parlement. L’armtfe et les royalistes font opposition h ce gouvernement : exécution des chefs du parti royaliste. Les niveleurs ayant pour chef le colonel Liburne demandent un Muvernement républicain et refusent d’obéir aux ordres du conseil d’Etat. La révolte éclate ouvertement, mais Cromwell disperse les rebelles, dont plusieurs sont exécutés. Proclamation de Charles II en Ecosse. Insurrection

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