‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 27 sur 107 · IV. — LA FRANCE JCSQU’a LA MORT DE LOUIS XIV. (uU8-i · texte numérisé non relu

IV. — LA FRANCE JCSQU’a LA MORT DE LOUIS XIV. (uU8-i

,, QPBRRE DELA SUCCESSION d’eSPAONB (1701-17 13). CAUSES ET commencement DE LA GUERRE. — Cette guerre.est l’évér nement le plus important du règne de Louis XIY ; car le sort de l’Europe tout entière en dépendait. Le roi d’Espagne Çha,rles II n’ayant pas d’enfants, toutes, les puissances de l’Europe se préoccupaient de la question do sa vaste succession, qui comprenait l’Espagne, la Belgique, une,grande partie de la Lombardie, le royaume de Naples, outre de

IV. Importance de la guerre de succession ea Espagne. Louis XIV, pendant les douze années que dura cette guerre, eut à lutter contre toute l’Europe coalisée. Le principal résultat lut l'avénement d’une dynastie française au trOne espagnol et la réunion de la Belgique et d’une grande partie de l’Italie aux Etats de la maison d’Autriche. Trois prétendants h cotte succession : Louin XI V, l'empereur Léopold I et Uaximilien-Emmafiuaf,' prince-électeur de Bavière. 1° Louis XIV basait ses prétentions- sur son mariage avec la fille aînée de Philippe IV, sœur du dernier roi’; mais cette princesse, lors de son mariage, avait formellement renoncé^ tous Ses droits sur l’héritage de son père (voyez plus haut, page t78). 9" L’empereur Léopold I réclamait la succession d’abord du chef de sa mère, la princesse Marie, Allé de Philippe III, et ensuite comme époux de Marguerite-Thérèse, seconde fille de Philippe IV. 3» Cette dernière princesse, en mourant, lui avait laissé une fille unique, Marie- Antoinette, qui avait épousé le prince .Maximilien, électeur de Bavière. Maximilien n’avait eu de ce mariage qu’un fils, Joseph ; c’est au nom de cet enfant qu’il revendiquait la succession de Charles II, qui lui- appartenait véritablement en vertu du droit de succession dévolu aux femmes en Espagne. Partage de la monarchie espagnole proposé par Guillaume Ili (l’an 1698) : le prince

^ noml)reuse,s possessions en Amérique. Trx)is princes y prétendaient : Louis I^IV, au nom de son fils issu de son mariage avec ia sœur aînée de Charles II; l’empereur Lépold /*'■, qui avait épousé une autre sœur de ce roi, Marguerite-Thérèse ; et X électeur de Bavière, gouverneur de la Belgique, pour son fils mineur Joseph, petit-fils de cette dernière princesse. Guillaume, III d’Angleterre, dans le but de maintenir l’équilibre européen, proposa le partage de la monarchie entre les trois prétendants ; Louis XIV et le prince de Bavière acceptèrent ; mais l’empereur et le roi d^Espagne refusèrent leur consentement. Do nquvel les négociations furent entamées à Madrid parole marquis d’Harcourt et^conduites à bonne fin pour le roi de France par cet habile diplomate. Lç prince Joseph de Bavière étant venu à mourir, Charles II légua, toute la monarchie à Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, et en cas, de non-acceptation,, à Charles, second fils de l’empereur Léopold . Louis XIV accepta le testament. 7- A la mort de Charles II, Philippe se rendit en Espagne et y fut reconnu sans opposition. Mais l’empereur Léopold I**' protesta et rallia à sa cause Guillaume III. Ils conclurent à la Haye une ligue dans laquelle entrèrent l’Anpleterre, la Hollande,

de Bavière devait hériter du trône d’Espagne avec les colonies, tandis que la France et l’Autriche se seraient partagé les possessions dans les Pays- Bas et en Italie. Opposition de i’empereur Léopold et de Charles il, qui institue poui son unique héritier le prince bavarois. Mort de cè dernier (l’an 1699). Nouveau traité de partage projeté par Louis XIV et Guillaume III. Ce traité adjugeait l'Espagne, la Belgique et les Indes à Charles, second fils de l’Empereur; le royaume de Naples et de Sicile, et Milan h Philippe d’d n;ou, petit-fils de Louis XIV. Nouvelle opposition de l'empereur Léopold et de Charles 11 ; celui-ci destine toute sa succession au fils de l’empereur. Négociations de Louis XIV ; le marquis d’Harcourt est envoyé h Madrid et réunit à paralyserl’influence du comte do Harrach, ambassadeur de l’emrereur. Chartes II maintient, par son testament, l’intégrité de la monarchie, qu’il lègue a Philippe d’Anjou. En cas de non-acccpta'ion, une des clauses du testament substitue à ce prince l’archiduc Charles d’Autriche. Louis XIV se trouve forcé d’accepter ou de refuser tout. — Mort de Charles il (1700). Louis XIV accepte le testament. En congédiant Philippe d’Anjou pour l’Espagne, il lui adresse ces paroles devenues célèbres « Il n’y a plus de Pyiénées. > Il conclut une alliance avec l'électeur de Bavière, qui

était gouverneur à rir de la Belgique et avec son frère Jouph-CUment, élec-

mSTOIRE TTNIVERSBLLÏ!.

la plupart des princes de l’Allemagne, le Portugal, la Suède et la Savoie. La guerre fut déclarée à Louis XIV, qui avait pour seuls alliés les électeurs de Bavière et de Cologne. Guillaume III mourut subitement au commencement de la guerre, mais sa belle-sœur Anne, qui lui succéda, resta Hdèle à sa politique. Elle plaça à la tête de ses armées le duc de Marlborough, qui seconda activement Heinsius^ le Grand-Pensionnaire de la Hollande. L’empereur trouva un général habile et dévoué dans le prince Eugène de Savoie, qui était venu lui offrir ses services, après avoir été repoussé par Louis XIV.

Première période de la guerre jusqu’à la bataille d’audenarde (1701-1708). — L’Italie fut le premier théâtre de la guerre. Le prince Eugène, qui commandait les armées impériales, gagna d’abord deux batailles, fit prisonnier le maréchal de Villeroi et se rendit maître de la plus grande partie de la Lombardie. Mais l’empereur étant occupé alors de la guerre en Allemagne et ne pouvant lui envoyer des renforts, Eugène fut arrêté dans ses succès par le duc do Vendôme, qui venait d’arriver avec une nombreuse armée. Peu après on le rappela en Allemagne pour l’opposer au maréchal de Villars, qui venait de remporter deux vic-

Toloi U tableau genéatogiqua dea preteadaots :

Philippe III.

Anne-Mario,

Philippe IV.

Anne.

^p. Louis XIIIp

ép. l'empereu.*

roi de France.

Ferdinanrl lil.

Louli XIV, éj). — Marie-Thériüa. Charlee II. Marguerite Thérose, ép. — T eopold I.

Le dauphin Louie. Marie-Ar.' jinette,

j ep. Maxlmilie . de Bavière.

Philippe d'Anjou, ____ J

roi d'Kipagne. Joseph.

leur de Culogiie el êvdque de I.iége, Li^ut de laHujt, < jnclue d’ahord par Guillaume III et l’empereur tl’an 1701) ; presque tous l>s autres auuveraiiis de l’Eurniie y entrent La campagne s’ouvre h la-fois en Itaiie, en Belgique et sur le Rhin. Mort de Guillaume III (l'an 1702) : sa belle-sœur Anne lui succède. Plusieurs hommes très-remarquables’ flguraient dans la coalition, entre autres Marlborough, Heimiut et la prince Eugint de Savoie, Toute

LA FRANCE SOtJS LOOIS TIV.

foires sur le duc de Bade et occupait la Bavière, tandis que le prince-électeur, sou allié, envahissait le Tyrol. Cette dernière tentative, il est vrai, échoua contre la résistance héroïque des habitants de ce pays ; mais l’Allemagne tout entière fut sur le point de tomber au pouvoir des Français après une nouvelle victoire du maréchal de Villars et surtout par suite d’une révolte en Hongrie. Elle ne dut son salut qu’à l’arrivée d'Eugène et de Marlborough, qui réunirent leurs forces et triomphèrent, dans la bataille de Hœchstedt, de la bravoure des Français. Marlborough retourna en Belgique, d’où il avait déjà expulsé presqu’entièrement les Français, et vainquit de nouveau le maréchal de Villeroi à Ramillies. La victoire de Hœchstedt avait livré la Bavière à l’empereur et forcé l’armée française de repasser le Rhin. — Le prince Eugène alla reprendre le. coromandenaent des armées impériales en Italie : il battit, sous les murs de Turin^ le duc de la Feuillade et loi fit évacuer la Lombardie. Le vainqueur occupa le royaume de Naples sans coup férir. Les alliés étant complètement maîtres de la Belgique, de la Lombardie et du royaume de Naples, en prirent possession au nom du prince Charles, frère du nouvel empereur Joseph I". — Cependant le

l'habileté de Louis XiV, tous les Ulcuts et la bravoure de ses généraux vinrent ecliouer contre l’entente désintéressée et inébranlable de ces trois hommes. Le duc de Marlborough, aussi habile comme homme d’Etat que comme général, dominaitalors le cabinet anglais. En Hollande le siathouderat était vacant par suite de la mort de Guillaume lll^ et Heiiisius gouvernait les Etats-Généraux. Le prince Eugene de Savoie, que Louis XIV n'avait pas voulu recevoir dans son armee,à cause de sa petite taille et de sa ligure chétive, devint l’un des généraux les plus distingués dans son temps. Il était l’idole de ses soldats, qui l’appelaient le petit capucin, parce qu’il iiortail ordinairement un manteau gris avec capuchon.

La guerre de la eucceseton d'Espagne peut se diviser en deux périodesla première Jusqu'à la bataille d’Audenarde (1701-1708), et la eetonrf# jusque la paix d’iiirechl (1708-1713). Pendant la première période, la guerre se nt à la fois en Italie, en Allemagne, en belgique et en Espagne. — 1* Guerre en Halte (I70l-i707). Le maréchal Câlinât, envoyé en Italie, occupe tous les dénies des Alpes du côté de l’Allemagne. Mais le prince Eugene, ^mme auirelois Hanntbal, se fraie une nouvelle route et pénétré dans la Lombardie près de Kérona. Catinat vaincu h Carpi (l’un 170S) est rappelé. Villeroi le remplace et est battu h son tour à Chiari par le prince Eugene,

prince Charles était moins heureux, en Espagne, où il s’était rendu en personne : il avait rçussi d’abord à s’etjo,parer de Madrid ; mais l’opposition , qu’il rencontra daijs cette ville le força de se retirer. Philippe V,. y rentra,, et il n’y eut que Barcelone qui resta fidèle au ppince Charles, Louis XIV fit les plus ^grands efforts pour répaijqr ,les revers qu’il avait, essuyés. Une ,nç>înh)çeuse arpié^JsL®?-' voyée en Belgique, sous le comipanjdenient de qui en expulsa le duç, de. Marlbproug^. Mais Ift. prince Eugène accourut d’Itali,e àu secours, de ce dernigf,, ,ç,t le? deux généraux repapqj^tèrent upq,victpire C 9 mpléj^,?ur le? Français ^à'Aud^narde. Celte sanglante prise de Lille paj?. les alliés, qui songeaient à marcher ,sur Paris et d’autre part l’état de, ses finances, qui nq.ppnyaleiit plus suffire aiix dépenses de la guerre, forcèrent Louis XIV à recourir aux négociations. . - . •

^Seconde période de la^ guer^, . juspu’iy, la., pa?x d’utrecht (1708-1713). — ■ Une tepriblp famine désolait la France et ajoutaiji encore aux erabarra? de Louis XIV. Il accepta (.outes le? , conditions que les, alliés lui propusérient et consentit même à renoncer,, ppuf.spn,, petit-fils,,^ toute la monarchie espagnole. Mais Marlborough, Eugène

qui le fait prisonnier à Vérone. Le duc de Venddmi- arrive en Italie avec une nombreuse armée (l’an 1702). Le prince Eugène ne peut' obtenir des renforts; il livre à Vendôme la bataille de Xua^aratllan 2902), qui reste indécise; il quitte l’Italie pour se rendre eu Allemagne, ou il est appelé (1704). (Conquête de la Savoie par Vendôme (l’an 1705) . Il est envoyé en Belgique contre Marlborougb (l’an 1706) ; le duc de la Feuillade qui le remplace, met le siège devant Turin, Le prince Eugène revient et ^avance hardiment j usque sous les murs de la ville assiégée. 11 fait essuyer aux Français une telle défaite (l’an 1706) qu’ils sont obligés d'évacuer l’Italie. Occupation de Naples par l'armée impériale (l’an 1707). — 2<> Currre-m Allemagne (1703-1706). Le maréchal de YiUars passe le Rhin et défait, près de Friedlingen (l’an 1703) l’armée allemande commandée par le prince de Bade. Il opère sa jonction avec l’armée de Maximilien de Bavière, qui vient de défendre avec succès son pays contre l’empereur ; ils se séparent ; Maximilien se rend maître du Tyrol (l’an 1703). Insurrection des Tyroliens ; ils anéantissent l’armée bavaroise dans les gorges de leurs montagnes, en l’écrasant sous des avalanches de pierres et d'arbres. Maximilien est obligé d'évacuer le Tyrol. Il jejoiot de. nouveau les Français et gagne avec eux première bataille d'Hcechstedt, laquelle est suivie de la prise d’Augsbourg, de Brisacb

et Heinsius crurent que le moment était venu d'humilter le monarque puissant qui avait un instant rêvé la don»i> nation sur l'Europe tout entière. On demanda dohe è Louis XIV de joindre ses forces à celles des alliés pour chasser Philippe V de l’Espagne. A cette proposition humiliante, le roi répondit que, s’il fallait faire la guerre, il préférait la faire à ses ennemis qu’à ses enfants. Il' rompit les négociations et fit un appel à Son peuple (}ui,' de son^côté, se montra empressé à soutenir son roi. Deux armées furent rassemblées : l’une passa le Rhin et s’arança jusqu’au cœur de l’Allemagne ; l’autre, conduite par Vülars et BoufiSers, envahit la Belgique. Mais la victoire débisive remportée par Eugène et Marlborough à Malplaqitet fOTçade nouveau Louis XIV à négocier. Il alla jusqu’à promettre' des subsides pour faire la guerre à Philippe V. On re^età cette offre et l’on exigea la coopération active de la France' à la guerre contre l’Espagne. Le malheureux monarque' refusa de nouveau de se soumettre à une pareille cendt' lion, et les hostilités recommencèrent. Eugène et Marlbo^ rough envahirent la France, pendant que Charles faisait son entrée solennelle à Madrid. — Tout paraissait pMxlu pour Louis XIV, lorsque deux événements imprévus chan-

et de Landau. Hüvuite en Hongrie; l'empereur est obligé d'y envoyer usS' armée. MarJbourougb quitte la Belgique ; il se dirige vers le Wurtembere^t réunit ses troupes à celles du prince Eugène. Victoire deciiive dé HœùhiMt sur les Français (l’an 1704). Mort de l’empereur Léopold I (l’an 1705) ; son Qls aîné Joseph 1 lui succède. Occupation de la Bavière par l’armœ impériale ; le duc Maximilien est déclaré déchu de sa dignité et de son duché (l’an 1706). Les Français repassent le Rhin. — 3° Guerre en Belgique (1702-1708). Les Français étalent entrés en Belgique, grâce h l’alliance du gouverneur Maximilien (1701). Le duc de Marlborough, h la tète des armées réunies de l’Angleterre et de la Hollande, expulse les Français de la Belgique; il envahit ensuite les Etats de l’électeur Joseph-Clément et prend Liège et Cologne (l’an 1702). Prise de Tongres, Huy, Limbourg, Gueldre et Bonn (l’an 1703). 11 est obligé de marcher au secours de l’empereur dans le Wurtemberg (l’an 1704). Villeroi profite de son départ et envahit de nouveau la Belgique. Retour de Marlborough ; bataille de Tirlenumt (l’an 1706); les Français se replient sur Louvain; de nombreux renforts leur arrivent ; ils acceptent la bataille à Bamilliee et sont complètement défaits (l’en 1706). Les alliés établissent en Belgique un gouvernement provisoire. Vendôme, qui remplace Villeroi, arrive avec une armée de 80,000 hommes.

gèreut entièrement la face des affaires. Le parti loigh ayant succombé en Angleterre, le duc de Marlborough, qui en était le chef, fut disgracié et rappelé. La reine Anne forma un nouveau ministère du parti tory. Celui-ci songea à terminer une guerre qui avait été très-nuisible au commerce de l’Angleterre et qui épuisait de plus en plus ses finances. L’Autriche perdit ainsi son principal allié. Ensuite la mort de l’empereur Joseph Z®*' et l’avénement de Charles VI, son frère, au trône impérial, changèrent les dispositions de toutes les puissances. Celles-ci avaient soutenu les prétentions de ce prince au trône d’Espagne ; mais depuis qu’il était devenu empereur, elleq. craignaient de voir renaître la vaste monarchie de Charles-Quint. Des négociations furent entamées malgré les protestations de l’empereur, et elles aboutirent à la paix d'Utrecht, qui fut signée par la France et l’Espagne d’un côté, l’Angleterre, la Hollande, la Savoie, le Portugal et la Prusse de l’autre. On y stipula le partage de la monarchie espagnole. Philippe V fut recoimu roi d’Espagne et conserva les possessions d’outremer ; mais il dut renoncer, pour lui et ses successeurs, à la couronne de France; la Belgique, la Lombardie et le royaume de Naples furent laissés à Charles VI; la Sicile

Marlborough est contraint de se retirer; les Français occupent le Brabant et mettent le siège devant Audenarde. Le prince Eugène arrive en Belgique è la tète d’une armée impériale et remporte sur les Français la victoire d’Audenarde (l’an 1708'. Prise de Lille, les vainqueurs menacent Paris. — 4» Guerre en Espagne (1704-1707). Philippe V est d’abord reconnu sans opposition en Espagne; mais il mécontente une partie de la noblesse, qui so retire en Portugal et appelle l’archiduc Charles d’Autriche. Ce prince arrive h Lisbonne avec une flotte anglo-hollandaise (l’an 1704) et fait alliance avec le roi de Portugal. La Catalogne, l’Aragon et la Navarre se déclarent pour lui, tandis que la Castille reste fidèle h Philippe V. Prise de Madrid par l’armée de Charles (l’an 1705). Philippe songe à se retirer en Amérique. Violences commises par les troupes de Charles: mécontentement général de la population. Philippe V rentre h Madrid (l’an 170'6); il gagne la bataille A'Almanzar (l’an 1707) ; Charles se réfugie h Barcelone.

Circonstances critiques dans lesquelles se trouva Louis XIV en 1708 : après un hiver rigoureux, les récoltes avaient manqué et il s’en était suivi une disette générale. Epuisement des finances. Des négociations sont ouvertes î( Amsterdam par le président du parlement. Rouillé, qui propose au nom du roi le partage de la mouai chie espagnole : Philippe V ne se réservait

Digilized by Googl

/lit érigée en royaume indépendant et donnée au duc de Savoie, qui prit le titre de roi ; Gibraltar et l’ile de Minor. que furent abandonnées à \' Angleterre ; et la Hollande obtint «le droit d’entretenir des garnisons dans les forteresses de la Belgique qui formaient une barrière contre la France. Ces deux puissances firent en outre avec la France et l’Espagne un traité de commerce très-avantageux. L’empereur Charles VI continua seul la guerre contre Louis XIV ; mais il se vit bientôt forcé de signer la paix de Rastadt, aux conditions stipulées à Utrecht. Louis XIV sortit ainsi avec avantage d’une guerre qui avait failli lui être désastreuse.

Gloire nu règne de louis xiv. mort du roi (l’an 1715). — Le règne de Louis XIV, illustré par les guerres que ce prince avait soutenues avec tant de gloire et de succès contre l’Europe tout entière, n’est pas moins célèbre sous d’autres rapports. L’éclat qu’il a jeté dans le domaine des lettres, des sciences et des beaux-arts lui a valu le surnom de grand siècle. Toutes les branches de la littérature, la poésie, l’art oratoire, la philosophie, l'histoire et les langues anciennes, de même que les sciences exactes, furent cultivées avec un égal succès., .Bossuet, aussi savant théo-

que le royaume de Naples et de Sicile ; Eugène et Marlborougb repoussent ces propositions, et les négociations sont rompues. Les hostilités continuent, mais les revers essuyés par les armées de Louis XIV le forcent h recourir à de nouvelles négociations. Il consent alors h renoncer h toute la monarchie espagnole pour son petit-flis. Les alliés exigent le concours actif du roi dans la guerre contre Philippe V. Refus de Louis XIV, et appel au peuple français : enthousiasme général pour la guerre. Villars et Boutüers s’avancent vers la Belgique avec une armée de 1 10,000 hommes (l’an 1709). Siège et prise de Tournay par Eugène et Marlborougb, qui gagnent encore la grande bataille de Malplaquet (l’an 1709) et s’emparent de Mons. Nouvelles négociations ouvertes ë Gertrudemberg : Louis XIV offre de payer des subsides pour la guerre contre Philippe V. Les alliés rejettent ces offres, et la guerre continue. Prise de Douai par Eugène et Marlborougb (l’an 1710). Revers do Philippe V en Espagne. Charles III rentre ë Madrid (l’an 1709). — Situation critique de Louis XIV. Elle change subitement ë la suite de la disgrâce du duc de Marlborougb et de l'avénement d’un ministère tory en Angleterre (l’an 1710). Celui-ci penche pour la paix proposée secrètenient par Louis XIV. Victoires du duc de Vendôme en Espagne, ë Brihuega et ë Villa- Viriota (l’an 1710); rentrée de Philippe V ë Madrid (l’an 1710). Mort de l’empereur

ttlSTOIRE UNITHRSELLâ;

iQgiôn que profond philosophe, se place è la této de octte phalange^ d’orateurs sacrés parmi lesquels brillent Massil- Ion, Bourdaloue, Fléchier et Fénelon, qui rÔTeilla la piété tant par sa parole que par ses écrits^ Deteartea, Pascal et Malebranche ouvrirent une nouvelle voie à la philosophie. Petau, Ducange, P agi, Mabillon et Baluze explorèrent avec une rare érudition le vaste champ de l’histoire et des antiquités profanes et sacrées. Â côté do ces savants de premier ordre, viennent se placer les grands poètes et auteurs dramatiques de ce siècle : Corneille, Racine, Molière, Lafontaine, J.-B. Rousseau et Boileau ; ce dernier traça dans son art poétique les règles auxquelles devaient dorénavant s’assujettir les disciples du grand Homère. Les beaux-arts ne fleurirent pas moins que les lettres, grâce à là moniflcence du grand roi ; Le Sueur, Poussin et Le Brun acquirent une renommée méritée dans la peinture; Mansart et Claude Perrault élevèrent ces palais sômptueux où s’étalaient les splendeura merveUleuses de la cour de Louis XIV ; dans la musique, LulU se distingua comme compositeur, et Le Nôtre dressa les plans de ces magniflques jardins, où la nature était soumise aux règles de l’art.

Louis XIV, ramené à ses devoirs de chrétien par

Joseph 1 (l’an 1711), qui ne laisse pas irenrants; son frère Chartes 17 lui succède. Le zèle des alliés de ce prince se refroidit, parce qu’ils craignent la réunion de toute la monarchie espagnole aux vastes Etats de la maison d’Autriche. Ouverture des négociations à Utrecht (l’an 1712), malgré l’oppo-sition de l’empereur et de la Hollande. Le prince Eugène continue la guerre ; il est abandonné par les Anglais et vaincu à Denain (l’an 1712) par le maréchal de Villars; il perd en même temps tous ses magasins. Paix d'Ulrtchi (l’an 1713) et partage de la monarchie espagnole. L’empereur refuse d*} accéder, et la guerre continue sur le Rhin sans incidents remarquables. Eugène et Villars préparent la conclusion de la paix, qui est enfin signée h Battadt par l’empereur et à Baden par les princes de l’empire (l’an 1714), sur les bases du traité d’Utrecht. Les deux princes-électeurs de Bavière et de Cologne sont réintégrés dans leurs Etats. Louis XVt ne conserve de ses conquêtes en Allemagne que la forteresse de Landau. Confirmation des traités de Munster, de RyswicH et de Nimègue.

LiTTéaiTUHE FBABÇAisE. — Cest avec le règne de Henri IV que commence le grand tiède de la littérature française. Richelieu encouragea beaucoup le mouvemeot qui e’était emparé des esprits j Mazario marcha sur scs traces

Page 1