‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 26 sur 107 · III. — LOUIS XIV jusqu’à la paix de RYSWICK. (< 678-18S · texte numérisé non relu

III. — LOUIS XIV jusqu’à la paix de RYSWICK. (< 678-18S

Puissance de louis xnr (1678-1686). — La paix de Nimègue, que Louis XIV avait en quelque sorte dictée à ses ennemis, l’avait placé si haut aux yeux de l'Europe qu’il n’hésita point à faire uue nouvelle tentative pour se rendre maître d’importants territoires en Belgique et en Alsace. Sous prétexte que la paix de Nimègue avait stipulé implicitement iR cession de ces territoires, il 6t occuper par une armée les villes de Luxembourg, Ciney, Virton et une partie de la Flandre, et réussit à s’emparer par un coup de main de la ville impériale de Strasbourg et de celle de Casai en Lombardie. En même temps une flotte française bombardait Qénes et forçait cette république à demander humblement la paix. L’Espagne, la Hollande et l’empereur Léopold finirent par se liguer pour repousser cette agression. Mais l’empereur était occupé alors à combattre les Turcs; d’un autre côté, les Etats de Hollande éprouvaient une vive répugnance à s’engager

par la France et la Suède avec le Brandenbourg A Sl-Gertnain, et avec la Danemark à FotUainebUau (l’an 1S79).

111. Louvois conseilla A Louis XIV de profiter d’une clause de là paix da Nimègue pour se mettre en possession de plusieurs villes et territoires en Belgique, en Alsace et en Italie. Roland de Ravaux, conseiller au parlement de Metz, avait fait remarquer à Louvois que ce traité donnait A la France plusieurs contrées avec leur dépendancu. Quatre commissions, appelées chambres de réunion et siégeant A Metz, A Tournai, A Brisach et A Besançon H'an 1680J, furent chargées de rechercher quelles étaient ces dépendances. En remontant jusqu’A l’origine de la monarchie française, ces commissions trouvèrent des prétentions a élever sur presque toute la rive gauche du Haut-Rhin, l’Alsace et une partie du Palatinat, sur le Luxembourg, une partie du Hainaut et le midi de la Flandre. Louis XIV confie A ses armées le soin d'exécuter ces décisions. Réunion définitive de l’Alsace et de la ville libre impériale de Strasbourg A la France (l'aii 1681). L’Espagne déclare la guerres la France; Guillaume d’Orange, de son côté, envoie des troupes en Belgique; mais il ne parvient pas A vaincre l’opposition des Etats-Généraux de Hollande, qui ne veulent pas de la guerre. — Guerre des Turc» contre l’Empereur; ils mettent le siège devant Vienne. — Louis XIV profite de ces circonstances pour conclure une trêve do vingt ans (l’an 1684). La France conserve presque toutes les contrées occupées par ses armées. ^ Dos flottes françaises sont envoyées contre Tripoli (l’an 1681} etcoutro

dans une nouvelle guerre. C’est ce qui favorisa les vues de Louis XIV. Il conclut à Augsbourg une trêve de vingt ans et conserva les contrées qu’il avait fait occuper par ses armées. — Ce succès l’affermit de plus en plus ^ans l’idée qu’il avait conçue de rendre son pouvoir absolu et df briser tout ce qui s’opposait à sa volonté. Il s’engagea dans de longs démêlés avec le Saint-Siège et ne céda que devant l’énergique résistance que lui opposèrent Innocent XI, Alexandre VIII et Innocent XII. Les évêques de France durent rétracter la déclaration des quatre articles, qui plaçait le clergé du royaume sous la dépendance du roi en le soustrayant à l’autorité du pape : l’asservissement du clergé était en réalité la conséquence des' prétendues libertés de l'église gallicane , que cette déclaration avait pour but de maintenir.

Révocation de l’édit de Nantes (1685). guerre des cÉVENNES (1702-1704). — Louvois travaillait à étendre de plus en plus le système de centralisation en France. Ayant acquis, par la mort dè Colbert, une plus grand influence encore, il décida Louis XIV à ^évoquer l'Edit de Nantes, retirant ainsi aux calvinistes la liberté du culte et les mettant dans la nécessité d’opter entre le retour à l’Eglise et

Alger (l’an 1682), pour délivrer les prisonniers français dëieiius dans ces villes et pour punir ces dernières de leurs pirateries sur la Méditerranée. — Louis XIV déclare la guerre à la république de Génef, le véritable motif de cette agression, pour laquelle on prétexta que quelques galères avaient été construites dans le port de Gènes pour Je compte de l'Espagne, était le désir d’humilier cette puissante république. Le doge, accompagné de quatre membres du grand conseil, fut obligé de se rendre & Paris pour obtenir la paix (l’an 1686;.

Affaires reliciecses. — Démêlés de Louis XIV avec le St.-Siége. Déclaration des quatre articles. (Voyez plus loin. chap. XIV, § 1). — La révocation de VEdit de Nantes fut l’œuvre do Louvois (l’an 1685J. Le clergé de France y fut complètement étranger. Bossuet lui-méme ne la connut qu’après la publication de l’ordonnance royale. Louis XiV était en droit de révoquer l’Edit de Nantes, à cause des nombreuses transgressions dont (es protestants s’étaient rendus coupables. Cette mesure fut toutefois plus nuisible qu’avantageuse à la religion. Un grand nombre de protestants s’étaient convertis, le protestantisme avait entièrement disparu dans plusieurs provinces, et presque toqte la noblesse était rentrée dans le giron de l’Eglise. Les prédications et les travaux apostoliques de St.-François dé

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emigratiott;^^^ette,mesu à laquelle Ip clergé était complètement étranger, devint pl,us odiéui^e pi^ppre .par la maniçrp dont Louyois |a fit ^exécuter. Il orjlçnna d,e contrmndre^ militairement leS|j}rotestants à assister.aux céréiponiés^'^dù çul^e ^catliolique j c’est , ce qu’on ^ nomma les dragonna^Sf j*ar ià .s.e tijouvait paralysé le i,è\Q

s’e^prçait par la pef;suasion et l’instrpction 4? ramenèr les dissidents q la,^vérité. yp grand nombre çalyinistes^ émigrèrpnt et sç retirèrent en Hollanjie, , en i^gieterre.^èn AUemagqe, e,t en Suiçs^ où^. ils, introduisirent ^les^4inérentps brqncheq,,^e i’;n(Ji\5Jtfj;e it*m?,çaise,. — Quelques^farpîiles protestaqte.s chershérept,^un,. refuge au milieu^jies^^mqntagnes Céyennes, dans,le yivprais et le Languedoc. C’est là que Duserre fonda la secte fana-

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excitaient ie peuplé éps, campagnes contre la religipp cathpliqu'e. Les Wqes^ de^fanatiques, sous Je cpmmandement d’un chef ^u, popa ^de ^Çayalier, parcoppaient^ le, pays, dévastant ips églises et les qhâ|.eaux. Ils jdrept pér,ir, dqns lés pius^^eu'x tourments, un gi;and nombre de cnthpl^qpes et surtout de prêtres. Le maréchal Vülars fut envoyé

Sales, de St-Vincent-de-Paul, de Bossuet, de Fénelon et du clergé français en générât, qui comptait un grand nombré d'hommes distingués par leur piété»et leur savoir, avaient produit ces heureux changements. Emigration des>calvinistee i>. plus . de 70;,e00 personnes, appartenant principalement h la classe iodustrielleviqutttèreDt'.la France. Mesures violentes de Louvois : le». draÿonnadet.i Démarches du pape Innocent XI pour arrêter ces persécutions tEfforts de Bossuet et de Fénelon pour opérer des conversions sincéres- Le premier fait distribuer, plus de bO, 000 exemplaires d’une traduction du. Nouveau-iTestament.. Fénelon organise c^s missions qu’il préside luiméme. — Otiÿne de la secte des Camûardi, fondée par Duserre (l'an 1686). £cole des prophètes, dans laquelle sont enrôlés des jeunes gens des deux sexes, qui vont ensuite préoherdans les provinces! ils se donnent comme inspirés du Ssint-Esprit- et se livrent h de violentes convulsions. La secte se multiplia dans les Cétennes pendant la guerre de la succession d’Espagne (l'an 1703); elle se livra aux plus grandes violences contre la population catholique et surtout contre le clergé et la noblesse. Dans une seule année (l’an 1703), plus de 40 églises et châteaux furent détrujte par cee furteqx qui parGouraient'de pays par bandes> Chaque bande .était accompagnée d’ün bourreau ou exierminaleur, chargé de l’exécution des catholiques faits pri-

contre eux et les soumit plutôt par les négociations que par les armes; la guerre des Cévennes avait duré trois ans ; une amnistie fut accordée aux rebelles. ,

Nouvelle guerre jusqu’à la paix de ryswick (1688- 1697). — Guillaume III d’Orange, l’ennemi le plus perspicace et le plus persévérant de Louis XIV, comprit la nécessité de liguer toutes les puissances de l’Europe pour opposer une digue aux projets ambitieux de ce prince. Il réussit, par d’habiles négociations, à former une grande ligue à Augsbourg, dans laquelle il fit entrer la Hollande, l’Espagne, la Suède, l’Empereur et la plupart des princes allemands. Louis XIV ne se méprit pas sur la portée de cette alliance. Louvois profita du mécontentement que le roi en éprouvait pour le pousser à déclarer le guerre à l’Empereur et aux princes allemands, ainsi qu’à la Hollande. Cette guerre prit des proportions plus grandes, lorsque Ouillaume d'Orange monta sur le trône d’ Angle, terre, après la déposition de son beau-père Jacques II. Le prince détrôné se réfugia auprès de Louis XIV, qui promit de l’aider à reconquérir sa couronne. La France eut à lutter de tous les côtés à la fois, sur le Rhin, en Belgique, en Italie, en Irlande et sur mer. Les armes de Louis XIV

sonmers. — La revocaliun Je l'Lüit de Nantes ne fU pas entièrement disparaître le protestantisme de la France; après la mort de Louis XIV, les protestants obtinrent de nouveau le libre exercice de leur culte.

La troinémt yrandt guerre de Louis XIV contre l’Europe coalisée dura neul ans (16S8-1697i; elle contribua puissamment à accroître la prépondérance de la France. Ligua d'Augtbourg (l’an 1686), œuvre de Guillaume lll d'Orange, qui fit tous ses efforts pour maintenir le sysieme d'equtltbre menacé par les projets de conquête de Louis XIV. Louvoie, qui craignait de perdre son ascendant sur le roi, lui persuade que la ligue est dirigée contre iui et le décide à déclarer d’abord la guerre à l'empire alUmatul et à la république de Hollande (l’an 1688). — Mévoluliou en Angleterre: Jacques 11 est délrOné par son gendre Guillaume lll d'Orange (l’an 1689) qui monte sur le trône (voyez plus loin). — Louis XIV venait de déclarer la guerre au fape et à l’Espagne; l’Angleterre se joignit encore à tous ces ennemis, qu> conclurentè Vienne (1689) une alliance da»s laquelle entra également le duc lie Savoie Viclor-Amédée II (l'an 1691 ). La guerre devint ainsi generale. — Le Falatinat est converti en désert ; l'Iiorreur de cette exécution doit retomber sur Louvois (l'an 4 689j. — Aux Pays-Kas.camjiagne brillante du niaréeAoJda Luxembourg, qui avait à combattre un adversaire habile et courageux, le

furent d’abord heureuses; Lvixembourg et Catinat, qui commandaient les armées de terre, se montrèrent les dignes successeurs de Turenne et de Condé. Le premier remporta en Belgique les brillantes victoires de Fleurus, de SteenTierlce et de Nerwinde, tandis que Catinat, après avoir défait le duc de Savoie à Staffarde, se rendit maître de la Savoie et d’une partie du Piémont. En même temps le vice-amiral Tourville battait la flotte anglaise à Dieppe. Tout le Palatinat tomba au pouvoir des Français. Ces belles contrées furent entièrement dévastées par ordre de Louvois; les villes et les châteaux furent incendiés et complètement détruits. — Mais pendant que les armées françaises remportaient sur le continent ces succès éclatants, l’expédition d’Irlande en faveur de Jacques II échouait, et la flotte anglaise gagnait la bataille navale de la Hogue. Sur ces entrefaites, Louvois et le maréchal de Luxembourg vinrent à mourir; d’un autre côté, les frais d’entretien des nom. ' breuses armées qui étaient en campagne avaient épuisé le trésor public ; Louis XIV prévoyait en outre les complications qui devaient résulter de la mort de Charles II pour la succession au trône d’Espagne. Il entama des négociations et réussit à détacher de ses ennemis le duc de Savoie,

roi d'Angleterre Guilldume III d'Orange. Il gagna la bataille de Fleurus (l'an 1690). Louis XIV prend Narour; victoire de Üteenksrke (l’an 1692) et de A^emotnde (l’an 1693). — En Italie, Câlinât, général aussi distingué par sa bravoure que par sa générosité et ses vertus, obtint de brillants succès. Victoire de S/a^arde remportée sur le duo de Savoie (l’an 1 690) ; conquête de la Savoie et d’une grande partie du Hémont (l’an 1691). Victoire de la iiarsaille \X&n 1693). — Guerre maritime: victoire navale du vice-amiral T'oum'i/e près de Dieppe (l'an 1690) Une armée Française débarqua en Irlande où une in.surrection avait éclaté en faveur de Jacques 11 ; mais Guillaume III vainquit ses ennemis sur les bords de la Hoyne (l’an 1690). Victoire navale de la Hogue, remportée par la flotte anglaise sur lourville (l’an 1692). — Guerre dans la Catalogne et prise de Barcelone (l’an 1692). — Motifs pour Louis XIV de songer à la paix; 1° l’épuisement des finances; 2° la mort de /.ourotitl’an 1691) et de l.uj.emhourg {l'an 1695); 3° la succession de la vaste monarchie espagnole ifu’allait ouvrir la mort de Charles 11. Négociations avec le duc de Savoie (l'an 1694) terminées par la paix de Turin (l’an 1696). Congrès de Hyswick (l’an 1697) sous la médiation de la Suede. Paix de Ryswick (l’an 1698). Cette paix consacra de nouveau en Europe le système de l’équilibre.

qui rentra en possession tpus ses Etats par lapaiaj de Turin. Ce traité fut bientôt suivi de la paix générale de Louis XIV conserva l’Alsace, y compris la villa de Strasbourg ; mais il dut restituer la Lorraina aq duc Léopold et renoncer à toutes ses conquêtes en Espagne et dans, les Pays-Bas. En outre, ü reconnut «QuillanmeiJII comme roi d’Angleterre et abandonna la cause de Jacques, II ; la Hollande obtint, pour sa part, des conditions avantageuses pour son commerce. Le .traité de Ryswiçk fendit la tranquillité à l’Europe; mais la paix fut do courte durée.

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