‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 46 sur 107 · l’fsPAGNE JUSOO’a la MOBT de chaules ni. (l · texte numérisé non relu

l’fsPAGNE JUSOO’a la MOBT de chaules ni. (l

L’espagne jusqü’a l'avénement de la dynastie des BOURBONS (1648-1700). — La guerre de Trente-Ans, à laquelle l’Espagne prit une part active, la révolution portugaise et la guerre qui en fut la conséquence, ainsi que la lutte qu’elle eut à soutenir contre la France par suite des prétentions de Mazarin sur une partie de la Belgique, avaient épuisé cet Etat. La paix des Pyrénées avait mis fin à la guerre avec la France et décidé de l’avenir de l’Espagne en stipulant le mariage de Louis XIV, avec Marie- Thérèse, fille de Philippe IV. — Philippe IV ne parvint pas à relever les finances délabrées de son royaume. Charles //, enfant de quatre ans, lui succéda sous la tutelle de sa mère Marie-Anne d’Autriche. Les tentatives faites par Louis XIV pour conquérir les riches provinces belges et

Tavora. On intenta un procès aux Jésuites, qui turent expulsés du Portugal (voyez le chap. suivant;. Tyrannie de Pombal ; il sévissait contre tous ceux qui lui étaient suspects. Mort du roi (l’an 1777) et démission de Pombal : le ministre fut poursuivi en justice (l’an 1781) et reconnu coupable des crimes qu’il avait commis; mais à cause de son grand Age, il fut gracié. Les familles de Tavora etd’AveIro furent rétablies dans leurs biens et honneurs. ■ De toutes les innovations, dit un auteur protestant, que Pombal a introdtiites avec autant de précipitation que de sévérité, et souvent même avec une cruauté inouïe, presqu’aucune n’était en harmonie avec l’ésprit et les besoins de la nation portugaise. Il n'en resta qu’une confusion épouvantable d’idées, une dissolution profonde dans les classes supérieures de la société et la ruine de toute espèce d’éducation parmi le peuple, qui fut dès lors hors d’état de résister aux influences étrangères. » (Olfers, cité par Léo, Hist. unie. t. IV, p. 4bS;.

II. Philippe IV (I6il-I665). Charles 11(1665-1700).!— Philippe V (1700- 17*6). — Ferdinand VI (17*6-1758). — ^Charle8 III (1768-1788).

Causes de la decadence de l'Espagne (voyez plus haut, page 131). Philippe IV, apres la conclusion du traité de Munster (l'an 16*8), avait encore à lutter à la fois contre la Franc* (page 177), contre le Portugal, où Jean de Bragauce avait été proclamé roi (page 200) et contre les Catalan*, qui s’étaient révoltés (page 181). Paùn <Ut Pgrén***; mariage de Louis XIV

l’fspagne.

la Franche-Comté et les intrigues de Don Juan d’Autriche, frère naturel de Charles II, remplirent les dix années que dura la régence de la reine-mère. Proclamé majeur àTage de quatorze ans, Charles II se chargea lui-même de gouverner ; mais tout aussi faible de caractère que de corps, il abandonna d’abord le gouvernement à Don Juan d’Autriche, et après la mort de ce prince, il laissa sa mère ressaisir toute l’autorité. Elle soutint trois guerres malheureuses contra Louis XIV, et elle fut obligée dans les traités de paix à' Aix-la-Chapelle et de Nimêgue de céder à la France d’importants territoires en Belgique. Les victoires que Louis XIV remporta pendant la dernière guerre menacèrent même sérieusement l’existence de la monarchie espagnole ; mais lors de la paix de Rysicick^ ce monarque renonça à toutes ses conquêtes dans le but de ménager à un prince de sa famille la succession au trône d’Espagne après la mort de Charles II, qui n’avait pas d’enfants. La dynastie de Charles-Quint s’éteignit avec ce dernier prince.

Les premiers souverains de la maison de bourbon

(1700-1758). — La guerre de succession avait placé Phi-

avec Marie- Thérèso, l’aînée des tilles de Philippe IV (page 177): Marguerile-Thorèse, seconde fille de Philippe IV, avait épouse l’empereur Léopold I. Epuisement de l’Espagne ; d’un côté les richesses métalliques qu’on rapportait tous les ans des colonies américaines, avaient fait négliger l’agriculture et l’industrie ; de l’autre, la marine avait été anéantie pendant les longues guerres avec l’Angleterre, la France et la Hollande, et enfin le commerce était passé en grande partie entre les mains des Anglais et des Hollandais. Mon de Philippe IV (l'an 16b5): son fils Charles II, âgé seulement de quatre ans, lui succède. — Régence do Marie-Anne d’Autriche, fille de l’empereur Ferdinand III (l66o-lü75). Cette princesse, qui avait donné toute sa confiance au savant jésuite Nilhard. éprouva de l’opposition de la part de la noblesse espagnole. Ambition de Juan d'Autriche, fils naturel de Philippe IV ; il était appuyé par les nobles. Le mécontentement éclata h la suite de la paix d' Aix-la-Chapelle avec Louis XIV (l’an i 61)8) et de la paix arec le Portugal, qui, signee peu de temps après, reconnaissait l’indépendance de ce pays. Don Juan, a la tète d’une armée, força la reine h renvoyer le P. Nithard, sur lequel on rejetait, mais à tort, la faute de ces deux traités si désavantageux pour l’Espagne (l’an 1o69). Nouvelle guerre contre la France et première alliance de l'Espagne avec la Hollande (l’an 1678). Charles II prend lui-méme les rênes du gouvernement (l’an 1676) : la noblesse donne la régence h Don Juan d'Autriche. La guerre

H ISTOI RF. I : N 1 V ERS K r.L F .

iifipe V, petit-flls de Louis XIV, sur le trône d’Espagne. Mais cette longue guerre avait augmenté les embarras financiers du royautné, ét le nouveau souverain n’avait pas assez d'énergie pour le tirer de cet état d'abaissement. D’un autre côté, le commerce passa en grande partie entre les rbains des Français. Philippe V se laissa d’abord gouverner par une des dames d’honneur de la reine, la princesse Orsini (des Ursins). La reine étant morte, il épousa en secondes noces Elisabeth de Parme; le cardinal Alberoni, homme d’Btat habile et énergique, qui avait été le principal auteurde ce mariage, se saisit alors du pouvoir. Il songea à reprendre les anciennes possessions de l’Espagne en Italie, et fit la conquête de la Sardaigne et de la Sicile. Toutefois la conclusion de la quadruple-alliance entre l’empereur Charles VI, la France, l’Angleterre et la Hollande, et la chute d’Alberoni amenèrent la paix de la Haye, par laquelle l’Espaghe renonça à ses conquêtes. Cependant la guerre qui éclata plus tard entre la France et Tempereur Charles VI fournit à Philippe V, allié de la première de ces puissances, l’occasion de faire la conquête de la Sicile et du royaume de Naples, dont il donna la couronne à son

avec Louis XIV se termine par la paix de Nimègue (1678], qui enlève de ifouvAu plusieurs proviners è la monarchie espagnole (voyez plus .haut, page 18Î). àlortde Bon Juan (l’an 1679). La reine Marie-Anne reprend le gouvernement et le confie au duc de Medina-Cali, homme sans talents.

S Niatrième guerre contre la l’rance ( 1 688- <097; ; elle se termine par la paix e Byswiek (voyez plus haut, page 187). Mort do Charles II, dernier roi de lâ djrnastie de Habsbourg en Espagne (l’an I700i.

Guerre de luccession et avènement de Philippe V au trône d’Espagne (voyeiplus haut, page 188). La maison de nourbon succède ainsi à celle de flebsbourg. Caractère faible de Philippe V; il se laisse gouverner par la fCifieet Ihprineesee Orsini venue en Espagne avec elle. Le cardinal Albetmii italien de naissance, fils d’un jardinier de Plaisance, devenu ambassa- #rar dü duc de Parme h la cour de Madrid, gagne la confiance de la prinoeMO Ot-alot et lui proposé, après la mort de la reine (l’an 1714), de faire épOMer àè roi Elisabeth Farnése, nièce du duc de Parme (l’an 1716 ) : celledffllt exiler la princesse Orsini et nomme Alberoni premier ministre (1715- 47 m, Alberoni déploie 1a plus grande activité pour rèlever l’Espagnèà l’iniérlWfr ét à feltérièur. — Prrmiire guerre en Italie. Il recherche en vain l’air Htftteon|)éri$eiQUadruple-Alllànce concluecohtre l’Espagne(l’an i7l8].qbiita d'KIberOiit per rtiffét des ihtriéùes dû cardinàl Dubois, ministpei tout-puissant mVNgeét, «ub trOrléIfnsril èèt èxfl« ètsé rttîr'è'î Rome (l’an 1719). U^i

l’espagne.

second fils Charles. Dans la paix ik' Aix-la-Chapelle , qui termina la guerre de la succession d’Autriche, Marie- Thérèse céda âüx Bourbons le duché de Parme et de Plaisance. — Ces conquêtes avaient relevé la puissance extérieure de l’Ëspagne ; Ferdinand VI, fils et successeur de Philippe V , s’occupa avec une grande sollicitude de relever la prospérité intérieure de son royaume. LVgriculture et le commerce prirent un nouvel essor; une stricte économie fut introduite dans les dépenses publit[Ues; les finances s’améliorèrent au point que le roi put laisser un trésor assez rempli à son frère Charles III, roi de Naples et de Sicile, qui lui succéda sur le trône d’Espagne.

Règne de charles iii. ministère d’aranda. (1758- 1788). — Charles III, prince d’un caractère impérieux, entêté et soupçonneux , s’hait conçu une grande prédilection pour les Italiens par suite de son séjour à Naples, uù il s’était imbu de toutes les idées qui tendaient alors à transformer les institutions existantes. Le Napolitain Squillace, qu’il avait amené comme premier ministre, se rendît odieux 'par ses mesures violentes; en interdisant

Je la Haye (l'an 17-20). Des négociations sont entamées à Vienne pour conclure le mariage du flis atné de Philippe V avec ilarie-Thiréie, seule héritière du CharlesVI ; mais elles échouent (l'an 1735). — Deuxième <juerre en Italie. Alliance de l’Espagne et de la France contre l'Empereur; conquête do royaume de Naplee et de Sicile, dont Charles III, second fils de Philippe V, obtient lu couronne (l’an 1735). Paix de Vienne. — .Mort de Phiiippe V, qui était tombé dans une mélancolie approchant de la rollcfl’an 1746). — Ferdinand F/,son(iIs allié, lui succéda en Espagne(1746-1758;. Prospérité matérieiie de rÉspagno sous le règne de ce prince, qui régla les contributions, favorisa l’agriculturo et le commerce par la construction de routes et do canaux , et fonda une académie des beaux-arts h Madrid. Conclusion d’un traité de commerce avec l’Angleterre. Ferdinand VI finit par tomber en démence, et se retire dans un couvent (l’an 1738). Son frère Charles III. roi de Naples et de Sicile, lui succède Fausse appréciation du caractère et du règne de Charles 111 par la plupart des auteurs modernes, qui donnent des éloges exagérés h ce prince. 'Tout en admettant les bonnes intentions de Charles III, on doit reconnaître qu’il a agi souvent avec précipitation et violence, et que dans plus d’une occasion il s’est montré injuste et entêté. Sa prédilection pour l'Italie et les Italiens fut pour lui unë autre cause de graves embarras. Il régnait depuis vingt- (jüatre ahs h Naples, lorsque la mort de sou frère l’appéla au trêne d)^spagne. Deux Italiens, Sqmllace et GrimàUi, qui jouissaient do la favèdr «lu

HTSTOIRE UNIVERSELLE.

l’ancien costume national, il provoqua à Madrid une révolte qui força le roi de le congédier. Il fut remplacé par le comte d^Aranda, ami du duc de Choiseul et entièrement dévoué à la France. Charles III avait conclu avec la cour du roi de France le célèbre pacte de famille, qui avait pour but d’unir intimement toutes les cours bourboniennes. A l’instigation de Choiseul, Âranda, qui alliait au goût des innovations un caractère impérieux et des tendances arbitraires, détruisit l'Ordre des Jésuites en Espagne, ainsi que dans les colonies espagnoles de l’Amérique. Cette mesure aussi injuste que violente eut de funestes conséquences pour l’état religieux et intellectuel de l’Espagne. La part active que Charles III prit à la guerre de l’indépendance des colonies anglaises en Amérique, ruina ses finances. Gibraltar fut défendu par Elliot pendant trois ans et demi contre les attaques des Espagnols, et resta au pouvoir des Anglais. Aranda, dont les tendances allaient de plus en plus à s’emparer du pouvoir au préjudice de l’autorité du roi, finit par tomber en disgrâce. Il fut remplacé par Florida Blanca et Campomanês. Mais ces deux hommes d’Etat marchèrent sur les

roi, furcni nommés, le premier, ministre, et le second, ambassadeur a la cour de France. Conclusion du pacte de /ami//e(ran 1761), qui plaça l'Espagne sous la dépendance de la France. Les réformes proposées par Squillace étaient opposées aux libertés et aux coutumes du peuple : mécontentement des Espagnols. Une émeute éclate à Madrid (l’an 1766); le ministre est congédié. Aranda le remplace ;1766-1778); mais il poursuit le môme système d’innovations, et de plus, il est l’instrument du duc de Choiseul. L’Ordre des Jésuites est persécuté et expulsé (l’an 1767) do l’Espagne et de toutes les possessions espagnoles en Amérique (voyez le chap. suivant). Après avoir violé les droits de l’Eglise, de la noblesse et des provinces, Aranda s’appliqua b rendre le pouvoir du roi absolu. Il poussa l’ambition jusqu’à vouloir s’emparer lui-môme de toute l’autorité; mais une opposition se déclara contre lui. Charles III l'envoya alors comme ambassadeur à Paris (l’an 1778) et le rempli.ça par Florida lilanca et Campomanés, tous les deux imbus des idées philosophiques qui régnaient en France. Ils continuèrent de travailler à la destruction de toutes les anciennes institutions et contribuèrent ainsi à l’afraiblissement de la nationalité espagnole. Alliance avec les Américains contre l’Angleterre et guerre maritime (voyez plus haut, page 931) : la guerre dura quatre ans (1779-1763). Siège de Gibraltar, et défense de la ville par le général Elliot. Mort de Charles III, un an avant Iq révolution française (l’an 1788). Charles IV (1788-1808).

L ITAUE.

traces de leur prédécesseur; ils bouleversèrent totalement les anciennes institutions de l’Espagne, et introduisirent des changements brusques qui heurtaient tous les intérêts de la nation. L’Espagne tomba ainsi dans un état d'abaissement dont elle ne sortit que lorsqu’elle eut à défendre sa nationalité contre Napoléon I®"".

•'I. — L’iTALIE et le royaume de NAPLES ET DR SI'.ILK jusqu’à la révolution FRANÇUSE. (I55B-1 789.)

L’Italie septentrionale. — Les empereurs d’Allemagne, à partir de Rodolphe de Habsbourg, avaient perdu toute autorité en Italie. Le morcellement politique avait jeté ce pays dans une profonde anarchie, dont les rois de France profité- • rent pour s’emparer de territoires importants. Il fallut toute la puissance de Charles-Quint pour les empêcher de se fixer définitivement dans la Lombardie. Les guerres de religion, qui désolèrent pendant un siècle presque tous les pays de l’Europe centrale et qui se terminèrent enfin par la paix de Westphalie, détournèrent de l’Italie l’attention des rois d’Allemagne. Aussi l’Italie subit-elle une transformation

111. Le duché de SAVOIE et ib ROYAuiie DE SARDAIGHE . — le comié de Savoù, qui avait anciennement fait partie du royaume de Bourgogne fut élevé au rang de duché par l’empereur Sigismnnd (l’an 1416). Les ducs de Savoie réussirent, par une politique habile et en s'assurant l’appui des rois de France, à étendre leur domination sur une grande partie du Piémont. Ils furent forcés de prendre part aux guerres de Charles-Quint et de François I en Italie : ces deux princes se partagèrent le duché de Savoie (l’an 1 538). La paix le rétablit (l’an 1559) ; le duc Ê»imonual-P/ii/i6«ri (1559-1580) l’agrandit considérablement. Son hls CAarleA-EmtnanuW I (1 580-1 U.30) s’engage imprudemment dans une guerre contre Louis XIII. Le duché de Savoie tomba alors sous la dépendance des rois de France, qui traitèrent les ducs en vassaux. Victor Amédée II (1675-1730) entra dans la grande coalition des puissances européennes contre Louis XIV (l’an 1690), et contribua, pour une grande part, aux revers que les Français éprouvèrent en Italie (voyez plus haut, pag. 186 et 192). Paix d'Utrecht (l’an i7l3); le duc do Savoie prend le titre de roi, et obtient la Sicile qu’il échange ensuite contre la Sardaign» (l’an 1720). C’est ainsi que se forma le royaume de Sardaigne. Règne heureux de Charles-Emmanuel III (1730-1773); puissance croissante du royaume de Sardaigne, qui joua un rôle important dans la guerre de la succession d' Autriche. Il était dans un état florissant, lorsqu’éclata la guerre avec la République française, sous le règne de Viclor-Amédée III (1773-1796).

:iOO HISroiRi: ONIVEKSEI.LE.

complète daiy le courant du dix-septième siècle. Les petites principautés, qui s'étaient formées dans le nord par suite de la lutte des Guelfes et des Gibelins, disparurent peu à peu et furent absorbées par des États plus étendus, parmi lesquels on doit remarquer surtout le royaume de Sardaigne, comprenant la Savoie et le Piémont; le duché de Milan, qui embrassait la plus grande partie de la Lombardie; la république de Venise 'ei le grand-duché de Toscane.

Le PIÉMONT ET LA SARDAiONE (1675- uttc époquü

assez reculée, les ducs de Savoie avaient acquis une grande influence dans le nord de l’Italie, grâce à la situation géographique de leur pays sur les confins de la France et do la Suisse. Ils profitèrent, pour étendre leur domination, des guerres que se faisaient les Guelfes et les Gibelins dans la Lombardie et enlevèrent une bonne partie du Piémont à la république de Gènes; les guerres entre les rois de France et les empereurs d'Âllemagne, dont l’Italie était le théâtre, leur fournirent une nouvelle occasion d'agrandir leurs États. Victor -AmAdée II put déjà prendre une part active aux guerres allumées par l’ambition de Louis XJV . Dans la paix d’Utrecht il obtint, avec le titre de roi, la Sicile et une partie du Milanais, Quelque temps après, il échangea la Sicile contre la Sardaigne et devint ainsi le

DtcHé DE Mii.an. — Guerres des Guelfes et des Gibelins, et formation du duché de Milan (voyez le 4* vol. chap. XXII, § i). Guerre entre les rois de France et l’empereur Maximilien (voyez ib. § 3), puis entre Charles-Quint et François 1 (voyez plus haut, pag. 57-67). Charles-yuint investit son flls Philippe II duché dt Milan {\’tn 1340). Dès lors les rois d'Espagne tinrent ee duché de la couronne impériale d’Allemagne a titre de flef, et le conservèrent pendant plus d’un siècle et demi (1540-1700;. L’empereur Charte* 17 Obtint le duché de Milan après la guerre do la succession d’Espagne dans la paix d’Utrecht; il y joignit le duché de Mantoue. C’est de cette épo<)ue que dote la domittaiion auiHchienne dans la Lombardie. Agrandissement successif du duché de Milan, qui resta à l’Autriche jusqu’aux guerres de la Hépublique française (l’au 1707). — La formation du duché ou margraviat de Modbne date de la Un du treiziéme siècle (l’an 1390) : elle se lit par 'a réunion des trois territoires de Modène, de Fotrarè et de Reggio sous le sceptre de la maùon d'Eele. Toutefois Ce duché demeura fief impérial; les ducs furent les alUds Stèles de la maison d'Autrictié et combattirent peur

t’iTALIE. Sol

fondateut* du royaume de Sardaigne, qp’il laissa, après un règne de cinquante-cinq ans, à son fils (Jharles-Emma^ nuèl ni. Ce prince régna quarante-trois ans et consolida sa monarchie par une bonne administration civile et ûnancière, et aussi par une alliance étroite avec Marie-Thérèse. Ce fut pour défendre les droits de cette princesse à la succession do Charles VI , qu’il lutta, et avec succès, contre les forces réunies de la France et de l’Espagne. La prospérité toujours croissante du royaume de Piémont fut brusquement arrêtée par l’invasion des armées républicaines de la France, qui forcèrent le roi Victor- Amédée III à s’enfuir. Le Piémont et la Savoie furent incorporés à lu République française.

La LOMBARDIE ET LA TOSCANE (1556-1797). — La formation du duché de Milan remonte à la lin du quatorzième siècle ; il avait été donné à titre de ûef de l’Empire à la famille des Visconti d’abord, et ensuite à celle des Sforze. Les tentatives des rois de France pour s’emparer de ce duché le firent passer sous la domination de Charles- Quint qui l’enleva à François I et en donna l’investiture à son propre fils Philippe II. Le duché de Milan fit depuis lors partie de la monarchie espagnole jusqu’à l’extinction (le la dynastie de Habsbourg, par la mort de Charles II ; après la guerre de la succession d’Espagne, il échut à

Marie-Thérèse dans la guerre de la sucxxissioo après la mort de Charles VI. — PsaME ET puisiNce, qui pendant longtemps avaient fuit partie du duché de Milan, furent érigées eu duché indépendant vers lu milieu du seizième siècle (l'an 1645). La famille Farnhe en fut investie et le conserva pendant un siècle. Uon Carlos succéda aux Farnèse (1731-1738). Son frère Philipp* devint le fondateur d’une dynastie espagnole (l’an 1748), qui gouverna le duché dn Parme et de Plaisance jusqu’à l’invasion française (l’an 1 801).

Le ddcbé de toscane. — La république de Florenct, qui avait jeté un si vif éclat sons la famille des Midicis (voyez le 4* vol. chap. XXli, § 2), avait été bouleversée par une révolution à la fln du quinzième siècle (l’an 1494). La famille régnante avait été chassée de Florence; mais elle rentra, a la faveur de Fanarchte qui désola la république pendant dix-huit ans (1494-1512). Deux membres de cette famille, après avoir gouverné la république, montèrent sur le trône pontifical : ce furent Lion X et Clément VU. De nouveaux troubles ayant éclaté à Florence, Charles-Quint nomma duc hiridiu^e de Florence Alexandre de Midicis', auquel il donna eu mariage sa fille naturelle

3üâ Histoirb UNIVERSEIXE.

l'empereur Charles VJ. C’est ainsi qu’une partie de la Lombardie tomba au pouvoir de l’Autriche, qui étendit successivement ses possessions en Italie, en réunissant d’autres territoires au duché de Milan par des traités de succession et par des guerres. L’acquisition la plus importante fut celle du duché de Mantoue , qui pendant près de quatre siècles avait appartenu à la maison de Gonzague. — A côté de la Lombardie autrichienne . subsistèrent quelques Etals de second ordre , sous la souveraineté de familles princières indépendantes. Tels étaient le duché de Modône, sous la famille à'Este qui le gouvernait depuis la fin du treizième siècle ; le duché de Parme et de Plaisance, sous le gouvernement A'Octave Farnése qui avait épousé Marguerite, fille naturelle de Charles-Quint. Ce duché passa par héritage à Don Carlos, fils d’Elisabeth de Parme et de Philippe V d’Espagne ; la dynastie des Bourbons le conserva jusqu’à la révolution française. — La république de Florence était parvenue à un haut degré de prospérité et de puissance sous le gouvernement de \o. famille de Médicis; au commencement du seizième siecle, elle tomba au pouvoir de Charles-Quint, qui fit proclamer son gendre Alexandre de Médicis duc héréditaire de Provence. Côme I, qui succéda à Alexandre, réunit encore sous son sceptre la ville de Sienne et laissa à son fils François-Marie un Etat puis-

Marguerite (l’an 1S31). Côme I (1537-1574) fit l’acquisition de Sienne et de l’tle d'Elbe, et aspira môme au titre de roi ; le Pape Pie 7 V lui accorda celui de yrand duc de Totcaue, titre que l’empereur ilaxtmilien II confirma (l’an 1575). Le régne des Médicis dura jn siècle et demi, jusqu’au commencement du dix-huitième siècle. Lorsque cette famille s’éteignit dans sa descendance mâle (l'an 1737), le grand-duché de Toscane fut donné i P'rançoie-Eiienne, duc de Lorraine, qui épousa Marie-Thérèse et fut nommé empereur après la mort de Charles VU de Bavière. Son fils Lèo/iold lui succéda (1765-1791 ); en montant sur le trône impérial, il laissa la Toscane h son second fils Joteph. Bouleversement de l’Italie (l’an 1799).

La üépuaLiQiJB du vesiee. — Grande puissance de la république de Venise h la fin du quinzième siècle (voyez le 4* vol. cbap. XXli, § Sj. Pendant les guerres entre les empereurs d’Allemagne et les rois de France, la politique de Venise consistait â soutenir alternativement ces deux puissances rivales dans le but de les affaiblir toutes deux et de maintenir sa propre prépondérance en Italie. Ces guerres se terminèrent vers le milieu du seizième siècle par la paix de Crépu entre Charles-(}uint et Fraugois 1 (voy,es «lus haut,

l'iïalié. S03

sant sous le nom de grand-duché de Toscane. La dynastie ducale de Médicis agrandit considérablement ses possessions. Lorsqu’elle s’éteignit an commencement du dix-huitième siècle , on donna la Toscane au duc François dé Lorraine qui avait dû céder son propre duché à Stanislas Lesczinshi . François , nommé empereur d’Allemagne après son mariage avec Marie-Thérèse, laissa la couronne ducale à son second fils Léopold. Sous le gouvernement de ce prince , la Toscane s’éleva à un haut degré de prospérité. Peu de temps après la mort de Léopold, qui avait succédé à son frère Joseph II sur le trône impérial, les , armées républicaines de la France bouleversèrent l’Italie et mirent fin à l’indépendance de la Toscane.

La république de venise (1494-1797). — A la fin du quinzième siècle, la république de Venise, arrivée au faîte de sa grandeur, comptait au nombre des grandes puissances européennes. Elle prit une part active aux guerres qui eurent lieu alors en Italie entre les rois de France, les empereurs d’Allemagne et les Souverains-Pontifes. Plus d’une fois son appui décida de l’issue de ces luttes, qui contribuèrent encore à affermir davantage la grandeur de la république. Cependant elle tomba bientôt en décadence. Plusieurs circonstances y contribuèrent : la découverte de l’Amérique et la nouvelle voie maritime ouverte vers les

page 67). Alors commença la décadence du commerce vénitien ; en voici les principales causes; 1° ies reiations commcrciaics qui s'écabiirent entre l'Europe et l’Amérique; 2” la découverte d'une nouvelle voie vers les Indes-Orientales par le tour de l’Afrique; 3° les entraves que les Turcs- Ottomans apportèrent au commerce avec l’Egypte, la Syrie et l'Asie-Mineure ; 4“ les ailatiues des Turcs contre les possessions des Vénitiens dans 1a Grèce et tes lies grecques. — Uarberousse, souverain de Tunis, leur enleve dans l’archipel I VIIes (l’an 1539j et les force, dans ta paix qu’il conclutavec eux, ’ à lui en faire l’abandon. Le sultan de Constantinople Sélim II s'empare de nie de Chypre (l’an 157ü) et conserve cette Ile, maigre la brillante victoire que Don Juan b la télé de la flotte espagnole remporte sur les Turcs à Lépante (voyez plus haut, page 84). Longue paix entre la république et les Turcs (1571-1 64ü). La guerre recommence par l’attaque de \'Ue de Candie, dont les Turcs se rendent maîtres après une guerre de 24 ans(164o-l669). Venise entre dans la grande ligue conclue par la Russie, l’Autriche et la Pologne contre les Turcs (l’an 1684}. Conquête de la Morée et de la Livadie, qui sont cédées aux Vénitiens dans la paix de Carlowitx (l’an 1 699}. Mais ces

htSTOmfi üNtVEUSKLLB.

Indes Orientales, les conquêtes des Portugais dan| ce 4eriiier pays et en Afrique, donnèrent une nouvelle directign au commerce européen et privèrent les Vénitiens de la principale source de leurs richesses. D’autre part, les longues guerres qu’ils eurent à soutenir contre les Turcs épuisèrent leurs finances et leur firent perdre les îles do Chypre, de Candie et la plupart de leurs posses.sions en Grèce. Au commencement du dix-huitième siècle, Venise était réduite au rang d’une puissance de second ordre; alors commença sa longue agonie, qui dura un siècle entier. Elle demeura étrangère à tous les événements quj s'accomplissaient en Italie, affectant une neutralité sous laquelle se déguisait mal sa faiblesse réelle. A l’intérieur, une aristocratie toute-puissante faisait peser un joug de fer sur le peuple ; elle ne respectait pas non plus les droits do l’Eglise. Une longue lutte s’engagea entre le sénat de ^’^enise et le Saint-Siège. Les mesures tracassières ,pr^es par le sénat ne tendaient à rien moins qu’à enlever toute liberté d’action au clergé et à annuler l’autorité des Souverains-Pontifes. L’expulsion des Jésuites, la suppression d’un grand nombre de couvents et la confiscation de leurs biens , la défense de publier les bulles papales sans l’autorisation du sénat et une foule de mesures analogues furent les seuls signes de vie donnés par cette république déchue.

pays furent mal administrés; les nobles vénitiens qui y furent envoyés se rendirent odieux par leurs exactions. Les Turcs s’en rendirent de nouveau maîtres, avec le secours de la population grecque (l’an 1714), et les conservèrent apres la paim de Pastarowilz (l'an 1718). La république de Venise perdit toute influence politique à partir de cette époque. Son commerce déclina, et avec le commerce disparurent les principales ressources de la république. Embarras financiers ; le sénat voulut y remédier en mettant la main sur les biens ecclésiastiques et en violant les droits et privilèges de l’Eglise. Le moine Paul Sarpi attaqua dans ses écrits la suprématie du Pape et publia une histoire entièrement falsiSée du concile de Trente. Le Pape Paul V prit énergiquement la défense des droits de l’Eglise et prononça l’interdit contre Venise (l’an 1606). Les Ordres religieux furent chassés de la ville, et le sénat exerça un gouvernement tyrannique. f.a paix fut conclue par la médiation de Henri IV (l’an I6Ü9). L'exil des Jésuites dura un demi-siècle (jusqu’en 1757). Nouvelles mesures violentes contre l'Eglise : le sénat défendit la publication des bulles ou brefs du Pape sans autorisation préalable (|’an 476<}, ainsi que tout appel 2t Rome (l'an 1767). Suppression d’un grand

I/ITALIK.

qae sa sitnation au milieu des eaux préservait uniquetneiii d’une ruine entière. Elle ne fit pas la moindre résistance aux armes de Bonaparte. Les bassesses par lesquelles le sénat voulut gagner le général français ne sauvèrent pas la république.

Lb royaume de NAPLES ET DE SICILE (1656-1798). — La tranquillité intérieure du royaume de Naples et de Sicile ne fut pas gravement troublée pendant le règne de Philippe Il et de ses descendants, qui firent gouverner ces pays par des vice-rois espagnols. Le prélèvement des impôts et les disettes, qui désolaient de loin en loin ces contrées et dont le peuple rendait le gouvernement responsable, donnèrent cependant lieu à des émeutes sanglantes dans les rues de Naples et de Palerme. La plus fameuse fut celle qui éclata à Naples, vers le milieu du dix-septième siècle ; les insurgés avaient à leur tête le pêcheur Masaniello. Une fiotte espagnole bombarda la ville et rétablit la tranquillité. Cependant ces mouvements populaires ne changèrent rien à la situation intérieure du royaume de Naples et de Sicile jusqu’à la mort de Charles II. — Apres la guerre de la succession d'Espagne , ce royaume fut réuni aux Etats de l’empereur Charles VI. Mais cette réunion ne fut pas de longue durée. La cour d'Espagne, qui, sur le conseil de son premier ministre Albéroni, avait

iiuDibre de couvents et confiscation de leurs biens. Gouvernement tyrannique de la noblesse vénitienne. Mécontentement du peuple, qui soulTrait beaucoup par suite de la décadence du commerce. Aflaiblissement intérieur et extérieur, et chute de la république de Venise; l'Autriche, la France et la république cisalpine s’en partagent le territoire dans la paix de Campo-, Formio (l’an <797;.

Charles-Quint céda à son fils Philippe II le royaume de Naples et de Sicile, lors du mariage de ce prince avec la reine d’Angleterre Marie (l’an 1554). Pendant une longue période de paix, que troublèrent seulement quelques descentes des Musulmans d’Afrique, de Tunis et d’Alger sur les oôtes, le royaume jouit d’une ^ande prospérité. Le gouvernement espagnol respectait la nationalité italienne; les impèts, qui n'étaient toutefois pas excessifs, étaient le seul sujet de plainte. Le peuple attribuait en outre au gouvernement, mais à tort, les disettes qui survenaient de temps en temps et dont il voulait trouver la. cause dans l’exportation des blés pqui l’Espagne. Bméute du peuple h Naples (l’an 4585) -. Philippe 11 ne voulut pas qu’il (ùt donné suite aux mesures sévères prises contre les coupables par le vice-

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HISTOTRB UNIVERSELLE.

déjà fait une tentative pour conquérir la Sicile, parvint à s’en emparer pendant la guerre entreprise par Louis XV pour l’élection au trône de Pologne. Dans la paix qui intervint alors, l’empereur Charles VI céda le royaume de Naples et de Sicile au prince Don Carlos, qui devint ainsi le fondateur d’une nouvelle dynastie espagnole. Appelé à succéder en Espagne à son frère Ferdinand VII, Charles III laissa le trône de Naples et de Sicile à son troisième fils Ferdinand IV, âgé seulement de neuf ans; ce dernier l’occupa jusqu’à l’invasion française. Napoléon donna le royaume de Naples à son propre frère Joseph, qu’il remplaça peu de temps après par Murat.

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