LE SAINT-SIÈGE
foule d’abus, en relevant la discipline ecclésiastique et en rendant au clergé la dignité et le zèle dont il avait besoin pour combattre le protestantisme, avait eu les plus heureuses conséquences pour le bien de l’Eglise. Cependant les décisions disciplinaires prises par le concile rencontrèrent une assez forte résistance dans plusieurs pays catholiques, notamment en France, où le pouvoir royal s’efForçait de plus on plus à s’étendre et à devenir absolu. Cette tendance devait nécessairement aboutir à restreindre les droits et les libertés de l’Eglise et à la mettre sous la dépendance de l’Etat. Malheureusement le clergé et sur* tout les évêques, au lieu de lutter contre les empiétements de l’Etat, les favorisèrent, cherchant ainsi à gagner une position plus indépendante du Saint-Siège. — Le traité de Westphalie contribua encore' à affaiblir l’autorité des Souverains-Pontifes, en reconnaissant l’indépendance Teligieuse des protestants et en accordant aux princes un droit de surveillance sur les diverses sectes religieuses qui se trouvaient dans leurs Etats. Les princes se crurent par là en droit de s’attribuer, du moins en partie, la juridiction ecclésiastique. Ces prétentions étaient incompatibles avec les droits de l’Eglise catholique , parce qu’elles ^constituaient un empiétement sur son organisation extérieure et
(voyez plus liuUt page S5) ot institua une congrégation qui devait veiller à leur exécution. — S. P/e V t1ot)d-ib72) fut un des pontifes les plus distingués par sn piété cl son zèie pour la religion. Opposition de plusieurs gouvernements aux mesures disciplinaires prises par le concile de Trente Guerre contre les Turcs, qui aspirent a la domination sur la Méditerranée. HaiaiUt de Lépante (l’an 1571). Charité de S. Pie V pour les pauvres et les malades : il est canonisé par le pape Clément XI. Voyez de Palloux, Huloire de .S., Pie V. Paris, 2 vol. — Giikcoise Xlll (1572-1583), un des plus célèbres jurisconsultes de son temps, lit faire une nouvelle rédaction du droit canon {corpus jurU canunici). Fondation do six colleges à Home. Calendrier yré'forien en usage des 1582 : les protestants et les Grecs schismatiques rclusent de l’admettre. — Sixte-Oi'ikt (l.ïSb-loOO) avait été gardien de porcs ; il prit l'habit de.s Franciscains, devint général de l’Ordre et cardinal. .Monté sur le trùne puiitifiral, il so distingua par l’énergie avec laquelle il sévit contre ceux qui troublaient l’ordre public h Home et dans les Etats de l’Eglise. Administrateur habile, il abolit les abus qui s'étalent introduits ilaiis raduiinistration judiciaire et civile. Lu ville do Rome doit à ce pontife une foule d institutions d’utilité et d’agrément. Los quinze grandes congre-
808 HISTOIRE DNIVERSELLB.
stir sa hiérarchie divinement instituée. Il n’en fallait pas éàvantage pour justifier là prbtestatioii du pàpe Innàamt Jf bontrè les stipulations du traite de WeSiphâliè. — Getle politique des princes d’uû côté , ët de l’hutre les tendances artti-romaines d’une partie de l’épiscopàt favorisèrent les doctrines séparatistes qui àgitérèttt l’Egliso daâs le dix-septième et le dix-huitième siècle , et dont les plus importantes furent le gallicanisfi/iè, le jai^énürM et le fébronianisme. Mais UUe sérié de pontifes distingués par lëurs vertus, lèur savoir et leur activité gouvernait alors l’EgKse ; les Ordres religieux, anciens et «ouveaüx, la défendirent avec courage, et elle résiStà, comme toujours, aux attaques dirigées Cofatre elle. C’est ainsi qu’elle se prépara à subir les persécutions de là révôkition française, pour sortir plus glorieuse que jamais de ce b^téme de sang.
Le baint-siége jusqu’à la paix de westphalie (1563- 1648). Pie IV, qui avait vu terminer sous son pontilicàt les importants travaux du concile de Trente, fut remplacé par Pie V sur la chaire de Saint-Pierre. Ce dernier liontife prit une part active à la guerre contre les Turcs, »|Ue termina la grande victoire de Lépante. Il travailla avec un z^e infatigable à faire exécuter les décisions du
gâtions, la bibliothèque du Vatican, la construction d’un aqueduc, etc., ont rendu célèbre le nom de Sixte-Quint. — Les principes consacrés parla paix de Westphalie au détriment des droits do l’Eglise étaient déjà la régie de condoito des gouvernements dans un grand nombre d’Eiats catholiques. La r^iMi<{ue de Venite les mit en pratique pendant le pontificat de Pxüt V |16&!>-16îl ). Vexations exercées par le sénat vénitien contre le clergé (voye;^ page 30V). Paul Sarpi, moine servite, attaque le St. Siège et surtout l’Ordre des Jésuites. « Rien n’est plus important, écrit-il dans une lettre (laii 1611), que do renverser l’influence des .lésuites, car par là même on détruit l’autorité du St.-Siége: et lorsque celle-ci sera anéantie, la religion se réformera d’elle-même. » Paroles dignes du moine de Wittemberg. Sarpi publia une histoire entièrement fausse du concile de Trente, histoire qui fut réfutée par le cardinal Pallavicini, Jésuite, dans un livre savant consacré h l’histoire de ce célèbre concile. — Uaeiia Vlll (16i.t-16H). Commencement de lu futto du /anaénirme (voyez plus loin). Ixsocest X(I6V4-1655). Paix do Westphalie (l’an 16V8), et protestation du noncé Cèiflfi, confirmée
par le pape. . ,
Au.xiSD#e VII (166S-1667), qui avait été nonoé au otngrès de west-
LE SAINT-SIÉOE.
eoncüâ de Trente relatives à la discipline ecclésiastique, fi'éolàt dé ses vertus le fit plus tard vénérer comme saint. — Ses dent successeurs illustrèrent leur règne par leur activité et par des institutions importantes qui ont depuis fait bénir leur mémoire. Orgÿoire XIII fonda à Rome six collèges pour les études théologiques, entr autres le c?ollégo . irlandais, le collège germanique et le collège romain. Il rendit un service éminent par la réforme du Calendrier, en fixant ainsi définitivement la chronologie moderne. SîsBtè- Quint, qui de simple pâtre était devenu pape, réforma l’admihistration des Elats Romains; il dota Rome d’une foule de monuments, qui de nos jours encore le rappellent à chaque pas. L’organisation des Congrégations de cardinaux, qu’il chargea de l’expédition des affaires ecclésiastiques de TuniVerS catholique, et la fondation de la grande bibliothèque du Vatican sont encore pour ce pontife deux beaux titres de gloire. Clément VIII entreprit de dénner une nouvelle édition de la Vulgate, dont Sixte- Quint avait déjà commencé la révision. — Avec le dixseptième siècle et le pontificat de Clément VIII, commença pour le Saint-Siège un temps d’épreuves et de malheurs, Paul V eut à Soutenir une longue lutte contre la république de Venise, qui foulait aut pieds les droits les
pbatle, eut S souffrir des Insolences de l’ambassadeur français, le duc de à la suite d’une querelle qui avait éclaté entre les gens de la suite du duc et la garde corsé du pape. Louis XlV lit occuper Avignon et le Venaissin, força le pape b licencier sa garde et l’obligea b envoyer son nonce a Paris pour lui présenter ses excuses. — Innocent XI (1676-1*89). Louis XlV étend à tous les évéebés de France le droit de régale, exercé |>ar ses prédécesseurs sur un certain nombre de sièges épiscopaux (l’an 1675). Les évéques d’Alet et de Pamiers réclament contre cette ordonnance et en appellent au pape Innocent XI l’an 1678), qui exhorte le roi b ne pas attenter aux droits de l’Eglise. Réunion b Paris d'un synode d’évéques et de députés du clergé (l’an 1683), et déclaration des quatre articles (voyez plus loin). Oe graves abus étaient résultés du droit d’asile, dont les ambassadeurs étrangers jouissaient b Rohae-, ce droit ayant été étendu aux rues avoisinant leurs hdtels, empêchait la justice do sévir contre les criminels et les malfaiteurs. Innocent XI voulut l’abroger, mais Louis .XlV y mit opposition. L’ambassadeur français, marquis de Lavardin, enrôle un corps d^e 800 hommes et commet les plus grand® excès b Rome môme (l’an 1687), 11 e.st fnpl^ (fétôOBlmunieBtibn. Louis XlV fait arrêter le nonce du b Paris’
HTSTOIRE ÜNIVERSELLB.
mieux établis de l'Eglise. Ces droits furent défendus par les écrits des deux célèbres cardinaux Bellarmin et Baro^ mus, tandis qu'ils étaient attaqués par le moine vénitien Paul Sarpi; ce dernier renouvela contre le Saint-Siège les attaques injurieuses de Luther et, tout en bravant l’autorité du Pape , il flatta bassement le sénat de Venise. C’est sous Urbain VJII que commença la grande lutte du Jansénisme, après la condamnation des erreurs de Jansénius. Innocent X fit examiner par une Congrégation de cardinaux et de théologiens distingués les doctrines incriminées et renouvela la condamnation. Les efforts du Pape pour mettre fin à la guerre de Trente-Ans par la réconciliation de l’empereur Ferdinand III et de la cour de France turent couronnés d’un plein succès, he -traité de Westphalie fut conclu, mais comme il ne respectait pas les droits de l’Eglise, Innocent X se vit obligé de protester énergiquement contre les stipulations de ce traité.
Les soüverains-pontifes et louis xiv. les quatre articles (1648-1700). — Le traité de "Westphalie eut pour la plupart des gouvernements catholiques une fâcheuse infiuence sur leur politique à l’égard du Saint-Siège. On commença par contester à l’Eglise les droits dont elle avait joui jusqu’alors dans tous les pays et l’on refusa au clergé
et occupe militairement Avignon et ie Venaissin. lt en appetle du pape à un concile générai (t’an 1688 ) — La lutte continua sous AiaxAsi>RE Vlll (1689-1691), qui condamna par une bulle les quatre articles, et bOus lanocesT XII |169i-t700), qui proscrivit définitivement le 7Vépo/i>m«, c’est-à-dire l’usage que plusieurs pontifes avaient fait des biens de l’Eglise pour accorder des laveurs aux membres de leurs familles. Il combattit énergiquement le Gallicanitm» et força enfin Louis XIV à renoncer au droit d’asile et au droit de légale, et à révoquer l’édit qui avait donné force (le loi à la déclaration des quatre articles (l'an 1693;. Les évêques français (|ui avaient fait partie du synode de Paris écrivirent des lettres de soumission au pape.
a Depuis le commencement du dix-huitième siècle, dit un savant auteur moderne (Dûef/in^er), il semblait que les cours de l'Euiopo eussent prisa tâche de remplacer l’antique respect pour les Souverains-Pontifes par la plus inconvenante hauteur et l’arbitraire le plus inique. ■> Clemekt XI (1700-1'’'âi ). Guerre de lu succession d’Espagne, dans laquelle le St. -Siège fut impliqué à cause de ces droits de souveraineté sur le royaume de Naples. L’empereur Joseph 1 envoya une armée en Italie contre le pape, qui refusait