‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 59 sur 107 · RÈGNE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

RÈGNE DE LOUIS XIV

Fin du règne de louis xv. les philosophes et l’impiété. (1760-1774). — Tandis qu’en Allemagne, en Amérique et dans l’Inde les armées françaises éprouvaient échecs sur échecs, le Jansénisme, secondé par la philosophie et appuyé par les parlements, continuait la lutte qu’il avait commencée contre les Jésuites et qui aboutit à l’expulsion de l’Ordre. Peu après, les parlements eux-mémes furent dissous. Les tentatives qu’ils avaient faites à diverses reprises pour se constituer en un seul corps politique et leur résistance à l’autorité royale avaient fréquemment amené des.copflits. Le chancelier Maupeou et madame du Barry, qui avait remplacé la marquise de Pompadour, déterminèrent le roi à prononcer la dissolution de tous les parlements. Ils furent remplacés par à\x conseils souverains sans attributions politiques, ayant pour seule charge de rendre Injustice. Cette mesure provoqua un vif mécontentement, surtout parmi les nombreuses familles, alliées ou amies des magistrats destitués. Elle servit à ébranler encore davantage l’autorité royale, dont le prestige était déjà détruit par les désordres et les scandales de la cour.

A la corruption des mœurs, devenue générale en France, vint se joindre une guerre formidable contre l’Eglise, contre le christianisme et contre Dieu lui-méme. Elle était

développait dans sa marche V Encyclopédie, d’abord timide, puis téméraire* L'impiété pratique avait commencé pur la licence des mœurs, l’impiété théorique avait commencé par la hardiesse des livres. Le gouvernement s’étonna. La débauche n’avait point été cITrayunte, tant qu’elle avait été un scanclulc; elle Ht peur quand elle devint un système. La répression ne pou-vait être qu’un péril de plus. Les m.igisirats se mirent à sévir contre les livres; mais tandis que le bnurrcaii les brûlait, la cour Ic.s lisait comme un délassement ou une excitation à ses débauches Les lois étaient sévères et les mœurs infâmes. Et par Ih même la sévérité devint odieuse. L’impiété publique flnit par avoir sa protection comme la licence. Les philosophes furent les maîtres de l’opinion; ils dominèrent les ministres et les grands; les femmes les recherchèrent ; M™' de Pompadour les caressa ; on les fêtait, un les flattait, on les exaltait; c’était plus que de lu gloire, c'était un culte; et aujourd’hui encore nous trouvons çh et lé dans les vieux manoirs de l’aristocratie antique des traces de cet enthousiasme ; lé où passait un philosophe, on érigeait un monument. Housseau eut ses temples; Voltaire eut ses prêtres; religion intolérante et farouche, qui frappa d'anathème quiconque refusait d'adorer ses dieux. > (Laureutiej. Louis XV mourut Je U

HISTOIRE UNIVERSEILB.

dirigée par un grand nombre d’écrivains orgueilleux et impies, mais aussi doués de talents supérieurs. Voltaire et ses amis Diderot et à'AUmbert érigèrent l’athéisme en système, traitèrent de superstition toute espèce de culte 3t proclamèrent hautement leur intention d’exterminer la religion chrétienne, qu’ils ne désignaient plus autrement que par le nom à' Infâme. Jean Jacques Rousseau, de son côté, attaqua tous les principes sur lesquels reposent la famille et la société. Toute une phalange d’écrivains se groupa autour de ces chefs. Alors parut la grande Encyclopédie, dans laquelle les nouvelles idées furent .appliquées à toutes les sciences, et à tous les arts et métiers. La morale chrétienne ne fut pas plus respectée que les dogmes ; les productions les plus licencieuses et les plus infâmes inondèrent la France. Ce fut en vain que les tribunaux sévirent contre cette littérature dévergondée, tandis qu’elle faisait les délices de la cour et de toute la haute société. Louis XV tomba dans une abjection de plus en plus profonde ; ni l’abaissement de la France, ni le partage de la Pologne ne purent le réveiller de sa torpeur. Il mourut à l’âge de soixante-quatre ans, après en avoir régné cinquante-neuf. Bientôt allait éclater la grande catastrophe qui devait bouleverser la France et avec elle toute l’Europe.

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