‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 61 sur 107 · LOUIS XVI · texte numérisé non relu

LOUIS XVI

céda à son aïeul. Il avait imo piété sincère, mais un carac-’ tére timide et irrésolu; ses mœurs étaient restées pures au milieu de l’effrayante corruption de la cour. Son plus grand désir était de réparer les maux sans nombre qui affligeaient la France, et avant tout il songeait à combler le gouffre que les dilapidations des règnes précédents avaient creusé dans les finances de l’État. Mais il lui manqua des hommes pour l’aider dans l’accomplissement de l’œuvre qu’il entreprit avec un noble courage. Le comte de Maurepas était vieux et incapable ; Turgot était imbu des idées fausses de l’école des économistes, hommes à vues étroites et prêts à bouleverser tout ce qui existait ; quant à Malesherbes, magistrat-philosophe, il ne songeait qu’à des réformes de toute espèce sans même en examiner la portée. Un des premiers actes du roi fut le rétablissement des parlements avec tous leurs privilèges. Le parlement refusa d’enregistrer les édits financiers de Turgot, qui fut obligé de donner sa démission; Maurepas le remplaça par le banquier genévois Necker. Celui-ci, pour couvrir le déficit du trésor et pour créer de nouvelles ressources, recourut aux emprunts. Cette mesure était insuffisante à cause des dépenses considérables qu’entrainait la guerre américaine. Necber proposa alors d’abolir les privilèges et immunités du clergé et de la noblesse : cette proposition, qui avait déjà amené la chute de Turgot, causa aussi celle de Necker. Le roi le remplaça par Calonne. Mais le déficit augmentait sans cesse, et il fallait des moyens plus énergiques pour arriver à le combler.

La guerre en Amérique (1778-1787). — .La nouvelle de

cée sur le roi par Marie-Antoinette : elle n’échappa pas aux intrigues de la cour, dont gjle brava l’étiquette par des habitudes plus familières, donnant ainsi h ses ennemis un prétexte pour la calomnier et la décrier. Les premiers actes (le Louis XVl étaient de nature à lui acquérir une graiide popularité. Il renvoya Maupeou et fit entrer au ministère Mauperas, Turt^ot et Malesherhes. — Ministère de Maurepas (1774-1780) : Turgot, chargé des finances, était le plus capable de tous les ministres ; mais il était imbu des idées étroites des économistes qui ne voyaient dans le gouvernement que des intérêts matériels, auxquels tout devait être subordonné. Les réformes qu'il

’ l’insurrection des colonies anglaises en Amérique excita en France un grand enthousiasme parmi tous les partisans des idées révolutionnaires et républicaines. Le manifeste d’indépendance publié par les colonies insurgées renfermait les principes d’égalité et des droits de l’homme que professait en France toute l’école philosophique. Le marquis de Lafayette arma un navire à ses frais, enrôla des volontaires et s’embarqua pour l’Amérique. Le gouvernement, qui s’était d’abord opposé à celte expédition, céda cependant à l’opinion publique, lorsque Franklin arriva à Paris pour solliciter le secours de la France : Louis XVI consentit à un traité d’alliance avec les insurgés et déclara ainsi la guerre à l’Angleterre. Le secours de la France fut pour une large part dans le succès de l’insurrection. L’Angleterre céda et reconnut dans \&paix de Versailles 1 indépendance des Etats-Unis. L’honneur de ce résultat revenait presque entièrement à la France. Mais les frais de la guerre avaient absorbé des sommes énormes. Galonné, esprit léger et hardi, ne trouvant plus de moyen pour couvrir le déficit, indiqua alors au roi comme seul remède à un état aussi désespéré la convocation d’une assemUée des notables du pays, choisis par le roi lui-méme , de telle façon que la nation tout entière y fût représentée. Cette idée

oroposa avaient pour but, d’un côté, des économies serieuses dans les dépenses publiques, de l’autre, l’abolition de tous les privilèges dont jouissaient encore le clergé et la noblesse. Rétablissement du parlemrnt d* Paru (I an 17751 : il refuse d*enregislrer les édils de Turgot et prend la defense des uriviléges. Le roi les fait enregistrer dans un lit de justice; mais il abandonne Turgot. qui est force de donner sa démission (l'an 1776). Il est remplacé par NiCker, républicain genevois et protestant, ami de lecole pbilosoohique Le système financier adopté par Necker consistait ë remplacer les impôts par des emprunts pour couvrir le déficit annuel dans les revenus de l’Eiat" mais il ne pouvait, en définitive, qu’empirer la situation financière, parce que les intérêts des emprunts venaient s’ajouter aux dépenses annuelles Malgré cela, ou applaudit d’abord à son système, et Necker acquit une grande popularité. Part prise par la'France à la guerre des colonies américaines contre l’Angleterre (l’an 1778). Necker est obligé de revenir au système des impôts et propose d’abolir tout privilège d’exemption. La cour s y

oppose ; Necker est disgracié (l’an 178I).

Guerre d’indépendance des ElaU'Unis contre l Angleterre (1778'178oj. La France y intervint activement ivoyez page 23l)j les idées révoluüon-

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