‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 74 sur 107 · VI. - - LA FRANCE SOCS LA BESTAÜB ATION. LA BÉVOLDTION DE JUILLET · texte numérisé non relu

VI. - - LA FRANCE SOCS LA BESTAÜB ATION. LA BÉVOLDTION DE JUILLET

Règne dk louis xvin (1815-1824). — Le second traité de Paris avait rétabli la France à peu près dans ses anciennes limites, ratifiant en outre l’incorporation d’Avignon et du comtat de Yenaissin. Mais les puissances alliées lui avaient imposé l’entretien, pour cinq ans, d’une armée d’occupation de cent cinquante mille hommes et le paiement d’une indemnité de guerre de sept cents millions de francs. Ces conditions blessaient vivement le sentiment national et ajoutaient aux difficultés que Louis XVIII rencontrait dans l’œuvre si difficile de guérir les plaies faites au pays par la révolution, par la république et par les guerres de l’empire. La constitution représentative, modelée en partie sur la constitution anglaise, ouvrait à la France une nouvelle ère de liberté ; mais on avait main- ^ tenu dans l’administration la centralisation bureaucratique. Louis XVIII, prince élevé et instruit à l’école de l’adversité, possédait à un haut degré toutes les qualités nécessai-

VI. Louis XVIII (1815-1824). — La charit que Louis XVlll avait donnée b la France après la otiute de l’empire (l'an 1814), fut maintenue après la bataille de Waterloo, et la seconde paix de Paris (l’an 1815). Elle avait pour base l’institution de deux chambres législatives, savoir une pairi» héréditaire dont les membres étaient nommés par le roi, et une chambre des députés-, elle exigeait l’âge de 30 ans pour l’admission â la chambre des pairs ; pour élre élu député, il fallait être âgé de 40 ans el en outre payer 1 000 francs do contributions directes; les députés étaient nommés pour cinq ans, et la cbambre se renouvelait chaque année par cinouième : étaient électeurs tous les citoyens payant 300 francs de contributions directes et âgé de 30 ans. — Ministère AicAeltau (1815-1818). Divisions et partis politiques en France: le parti royaliste, les républicains, les impérialistes, les libéraux constitutionnels. Le parti royaliste fut d’abord le plus nombreux dans la chambre des députés en 1815 (la chambre introuvable). Opposition contre le ministère, et dissolution de la Chambre (l'an 1816). Les élections donnèrent la majorité au parti libéral ; mais ce parti n’était pas homogène. Nouvelle loi électorale ordonnant la réunion des électeurs dans chaque département en une seule assemblée électorale : cette loi favorisait le parti libéral, parce qu’elle éloignait des élections une grande partie des électeurs des campagnes (l’an 1817). — Congres d’Aix-la-Chapelle (l’an 1818). — Le duc do Richelieu se rapprocha do nouveau do parti royaliste ; mais il ne put se maintenir et donna sa démission. — Ministère de üecaies ^1818-1820). Opposition de la Chancre des

res pour gouverner l’Etat dans les circonstances difficiles où il se trouvait. Cependant il ne réussit pas à réunir dans un grand parti national les hommes modérés des deux partis, royaliste et libéral; il no put quô suivre la lutte de ces partis, qui se disputaient le pouvoir et qui préparaient ainsi demoifveaux; bouleversements pour la France. Après avoir obtenu, au Congrès d' Aix-la-Chapelle, la retraite do l’armée d’occupation et l’admission de la Franco dans la Sainte-Alliance, Louis XVIII gouverna dans le sens libéral par le ministère Decazes, qui avait obtenu la majorité dans la Chambre des députés, par suite de la dissolution de celte chambre et de nouvelles élections," et dans la Chambre des pairs par la nomination d’un grand nombre de nouveaux membres. L’assassinat du duc de Berry, héritier présomptif du trône, par Louvel, jefa le roi dans .les bràs du parti royaliste. Le ministère Richelieu,\\A remplaça celui de Decazes , restreignit la liberté de la presse et introduisit d’importants changements dans la loi électorale qui avait jusqu’alors donné la prépondérance au parti libéral. Plusieurs conspirations dans l’armée, découvertes à temps, hâtèrent la formation d’un nouveau ministère, qui eut pour chef le comte de Villêle et qui

pain contre le ministère, et nomination de 63 nouveaux pairs par le roi (l’an 1819). Elections libérales pour la chambre des députés; la Chambre refuse d’admettre dans son sein le régicide Grégoire et annule son élection. Projet de changements dans ia loi électorale, en transférant les élections des chefs-lieux de département dans les chefs-lieux d’arrondissement et en

S ortant le nombre des députés à 45î. Assassinat du duc de Berry par Louvel e 13 février 1820). Attaques du parti royaliste contre le ministère. —Second ministère Richelieu (1820-1821). Rétablissement de la censure contre les journaux, qui sont remplacés en partie par des brochures. Nouvelle loi électorale, statuant l’élection h deux degrés, dans les arrondissements et les départements. Troubles h Paris: ils sont réprimés. Conspirations dans l’armée: elles sont découvertes à temps. Elections et majorité royaliste dans la chambre des députés : elle force le roi b destituer Richelieu. — Ministère Viltèlé (1821-1828). Révolution en Espagne et congrès de Vérone (1822). Introduction du carbonarisme en France : presque toute la franc-maçonnerie et une partie de la jeunesse des écoles b Paris s’y fait afQlier; Lafayette s’y fait également recevoir. Une conspiration des carbonari est découverte et échoue. Lafayette et Manuel restent b la tète de l’association et Uchent d’in- Quencer Tes élections; ils y réussissent dans plusieurs villes et surtout b

DIguizea oy VjUO^Ic

l’europe jusqu’en 1830.

accepta, au Congrès de Vérone, la mission de combattre la révolution militaire en Espagne. Une armée sous le commandement du duc d’Angoulême rétablit Ferdinand VII sur son trône. L’expédition d’Espagne porta un rude coup au parti libéral en France, et la dissolution de la Chambre des députés donna une immense majorité au parti royaliste. Villèle en profita pour prolonger le mandat des députés et le porter à sept ans. 11 fut moins heureux quand il proposa de convertir les fonds publics; cette proposition échoua à la Chambre des pairs, parce qu’elle froissait les intérêts d’un grand nombre de membres de cette assemblée. Chateaubriand, qui était ministre des affaires étrangères, fut soupçonné d’avoir encouragé l’opposition des pairs et fut destitué. Villèle, après avoir essayé par plusieurs moyens, mais sans résultat, de se rendre maître de la presse, rétablit à la fin la censure par ordonnance royale. Ce fut un des derniers actes de Louis XVIII; il mourut le 16 septembrel824, laissant le trône à son frère le cornue Règne de Charles x (1824-1830). — Charles X était un prince sincèrement religieux, animé de généreux sentiments; mais il manquait d’énergie et se laissait souvent entraîner par des prédilections personnelles pour des

Paris (l’an 182i). L’expüdition en Espagne est décidée: le gouvernement demande à la cbambre des députés de voter des subsides. Manuel s’élève avec violence contre l’intervention. 11 est exclu de la Chambre pour le reste de la session et expulsé par la force : toute la gaucho le suit et ne reparaît plus à la Chambre (l'an 1823). Expédition en Espagne et rétablissement de la monarchie. Dissolution de la Chambre; élections favorables au parti royaliste (l’an 1824). La loi sur la durée septennale de la Chambre est adoptée. Opposition de la chambre des pairs à la conversion de la rente, et destitution de Chateaubriand. Attaques de la presse contre le gouvernement; acquittement des journalistes par les tribunaux. Rilablieeemeni de la censure par une ordonnance royale. Afort de Louis XVHl (16 septembre 1824).

CniiiLES X (1824-1830). — Sentiments religieux de Charles X; appui donné au clergé pour ranimer la foi chez le peuple. Activité et zèle du clergé séculier et des Pères de la foi appartenant à la compagnie de Jésus ; ils donnent de nombreuses missions dans les villes et surtout dans les campagnes, et parviennent à ramener à la pratique de la religion une bonne partie de la génération élevée dans un temps où la révolution avait fait disparaître tout culte. Rétablissement des petits-séminaires et d’un grand nombre de collèges sous la direction du clergé tant séculier que régulier. Révo-

HISroiRK UNIVKRSEt,I,E.

lionimea qui n étaient pas à la hauteur de leur position. II avait compris la nécessité de ramener le peuple aux praliques religieuses et de raviver sa foi pour le soustraire à rinfluence délétère des principes anti-sociaux qui s’étaient répandus dans les masses pendant la révolution. Il révoqua l’ordonnance qui avait établi la censure, et calma ainsi l’irritation que cette mesure avait provoquée. Ensuite il se rendit à Rheims, pour y être sacré conformément à l’anriennne coutume du royaume. Le clergé et les Jésuites, qui étaient revenus en France sous le nom de Pères de la fai, travaillèrent à ranimer la religion chez le péuple, et furent puissamment appuyés par le roi et par le gouvernement. Malheureusement dans maintes occasions., la religion était identifiée, surtout par le gouvernement, avec les principes royalistes, ce qui donnait occasion au parti libéral d’attaquer violemment le clergé. Ce parti arbora de nouveau le drapeau anti-religieux et inonda la France de journaux impies et immoraux. Pour mettre un frein aux abus de la presse, le ministère proposa une nouvelle loi qui, sans établir formellement la censure, soumettait les publications périodiques à un droit de timbre assez élevé et à une pénalité très-sévère pour les attaques contre

cation de l'ordonnance royale qui avait établi la ceruurt. Cette mesure donna une nouvelle activité au parti antireligieux et aux journalistes hostiles au ministère. Vote d’un milliard d’indemnité pour les émigrés dont les biens avaient été confisqués pendant la révolution. Le duc d’Orléans, qui avait recouvré tous les biens appartenant h sa famille, toucha pour sa part 14 millions de francs. Sacre de Charles X h Rheims (mai 1895) Attaques violentes de la presse contre les Jésuites, contre la religion et contre le gouvernement. Loi proposée pour restreindre la liberté illimitée de la presse. Pétitions contre cette loi, qui est adoptée par la chambre des députés avec quelques modifications (l’an 18î6). Opposition très-forte dans la chambre des pairs : le ministère retire le projet. Revue de la garde nationale de Paris ; des cris séditieux proférés par une légion, ayant trouvé de l’écho dans les autres légions, décident le roi h dissoudre la garde nationale. Rétablissement de la censure (l'an 1897). Nouvelle fournée de 76 péirs; dissolution de la chambre des députés; nouvelles élections, qui donnent la majorité au parti libéral et un renfort à l’extrême droite composée des ultraroyalistes. Chute du ministère Villèle. — Minûtère Marlignac (1898-1899). Abolition de la censure. Expédition de Grèce (voyez page 496). Création d’un grand nombre de journaux h Paris et dans les provinces : presque

l’europe jusqu’en 1830 .

l’ordre public et même contre la vie privée des citoyens. Il se vit forcé de la retirer devant l’opposition des deux Chambres. Villèle parvint pourtant à faire votpr un milliard d’indemnité pour les émigrés dont la révolution avait confisqué les biens. Des cris séditieux ayant été poussés par une légion de la garde nationale pendant une revue faite par le roi, toute la garde nationale de Paris fut dissoute, et la censure rétablie par ordonnance royale. — Toutes ces mesures furent exploitées par la presse pour exciter l’opinion publique contre le ministère, en sorte que, Villèle ayant fait dissoudre la Chambre des députés, les nouvelles élections donnèrent une immense majorité à l’opposition. Le ministère Villèle dut se retirer et fut remplacé par un ministère libéral, dont Martignac était le chef. L’envoi d’une division de l’armée en Grèce et l’affranchissement de ce pays par les armes françaises vinrent exercer une heureuse infiuence sur l’opinion publique. Cependant le ministère en faisant fermer les colégesde s Jésuites et tous les établissements d’instruction du clergé qui refusaient de se soumettre au régime de l’Université, porta un coup fatal à la régénération religieuse de la France et encouragea le parti anti-religieux. Charles X

tous ces journaux étaient de l’opposition; formation d’une association, qui avait pour but de combattre les mesures du gouvernement, et pour devise : Aidt-toi, le ciel t'aidera; elle s’étendit sur tout le pays. Mesures violentes contre les collèges dirigés par le clergé séculier et régulier : un grand nombre furent supprimés, notamment tous les collèges des Jésuites. Cet acte illibéral obtint l'approbation unanime du parti libéral dans la Chambre et des journaux de l’opposition. Mémoire du ministère sur l’état du pays : il avait pour but de forcer le roi à consentir h la destitution de tous les fonctionnaires qui appartenaient au parti royaliste : 50 préfets et 150 sous-préfets se trouvaient sur la liste. Le ministère demandait aussi une réorganisation complète du conseil d'Etat. Charles X hésite h suivre le ministère dans cette voie; il se rapproche du parti royaliste, qui avait toujours ses sympathies. Le parti libéral dans la Chambre reproche au ministère Martignac de n’avoir pas fait assez pour les libéraux. Il combat un projet de loi, qui rédui- ^ sait la centralisation (voyez p. 435) et rendait aux départements et aux communes une certaine indépendance. Le retrait de ce projet amène la rupture entre le parti libéral et le ministère. Le roi renvoie le ministère Martjgnao. — Ministère Polignac (1829-1830). Le nouveau cabinet comptait quelques hommes de talent et d’énergie, tels que Bourmont et Labourdon-

avait signé ces ordonnances avec une grande répugnance. Martignac ayant voulu encore exiger la destitution d’un très-grand nombre de préfets, et de sous-préfets, à cause de leurs principes royalistes, et s’étant brouillé en même temps avec le parti libéral de la Chambre des députés, le roi congédia son ministère et le remplaça par un ministère royaliste, à la tête duquel il plaça le prince de Polignac. Le nouveau ministère, se voyant attaqué avec une extrême violence et voulant vaincre l’opposition, fit prononcer par le roi la dissolution de la Chambre des députés. Sur ces entrefaites eut lieu l’expédition d'Alger. Le représentant de la Franco ayant été insulté par le dey Hussein pendan des négociations relatives à une dette qui remontait à l’expédition d’Egypte, une escadre française fut envoyée devant le port d’Alger, et Une armée sous le commandement de Bourmont fut débarquée en Afrique. La ville fut bombardée et forcée de capituler. Cependant ce glorieux fait d’armes ne put détourner l’opinion des élections, dans lesquelles le parti libéral remporta une victoire complète. Charles X eut alors recours à un moyen violent en publiant les fameuses ordonnances, auxquelles il se crut autorisé par l’article quatorze de la Charte. Cette mesure fit éclater la révolution.

naye; mais son chef, le prince de Polignac, manquait de l’habiletë nécessaire pour surmonter les difficultés de la situation et pour tenir tête ë l’opposition dans la Chambre des députés et dans la presse. Organisation d’une vaste association dans le but de refuser le paiement des impôts. Labourdonnaye donne sa démission de ministre. Rupture avec ie Dey d’Alger, qui avait grossièrement insulté le consul général de France (l’an 1829). Ouverture des Chambres (l’an 1830); adresse hostile au ministère votée par 221 députés do l’opposition. Ajournement de la Chambre : elle est dissoute. Prise d’Alger (le 5 juillet 1830). Activité du parti libéral dans les élections, qui renforcent encore l’opposition dans la Chambre. Ordonnances royales basées sur l’article quatorze de la Charte, qui autorisait le roi ë faire > les règlements et ordonnances nécessaires pour l’exécution des lois et la sûreté de l’Etat. »

Là Révoll'tiun DS 1830. — Les quatre ordonnances, sur la légalité desquelles on n’est pas d’accord, stipulaient : 1° le rétablissement de la censure telle qu’elle avait été établie par la loi du 21 octobre 1 81 4; 2° la dissolution de la Chambre qui n’avait pas encore été réunie depuis les dernières élection.s; 3« une modilication do la loi électorale, généralisant les élections ë deux

Digiiizeo by Googic

1,’eürope jusqu'en 1830.

La REVOLUTION DE JUILLET (l’an 1830). — Les ordonnances supprimaient la liberté de la presse, prononçaient la dissolution de la Chambre même avant sa réunion, et établissaient un nouveau régime électoral. Elles n’auraient toutefois pas provoqué directement la révolution, si la presse, les nombreuses publications dirigées contre le gouvernement et contre la religion, les sociétés secrètes, issues des loges maçonniques et du carbonarisme, n’avaient préparé cet événement de longue main. La jeunesse des écoles à Paris, les journalistes, les classes moyennes et enân les ouvriers sans travail s’associèrent au mouvement. Le général Marmont, investi par le roi du commandement en chef des troupes en garnison à Paris, ne prit que des demi-mesures pour maintenir la tranquillité ; du reste, il ne disposait pas de forces assez imposantes pour occuper militairement la ville. Pendant que l’on se battait dans les rues de la capitale, les chefs du parti libéral se réunirent chez le banquier Laffite, qui était très-lié avec le duc d'Orléans : le nom de ce dernier avait déjà été mis en avant à differentes reprises par le parti libéral. Il y avait cependant un autre parti nombreux et actif, principalement dans la jeunesse, qui demandait le rétablissement de la république et qui comptait sur Lafayette. Mais ce vieil-

dcgrés et réduisant le nombre des députés à 258 ; la convocation des collèges électoraux pour procéder aux élections conformément à la nouvelle loi. Protestation des journaux de l’opposition ^ l’appel 5 la résistance trouve peu de sympathie le premier jour (27 juillet). Réunion d’un certain nombre de députés. Mouvement parmi la jeunesse et surtout parmi les élèves de l’école polytechnique (le 28 juillet) ; on adopte le drapeau tricolore. Le maréchal Marmont est nommé commandant de Paris ; mais il manque d’énergie et de troupes pour agir etficacement. Construction de barricades et commencement du combat. Nouvelles réunions des députés chez le banquier Laflitte. Le roi est trompé sur le résultat des mesures militaires et refuse de rapporter les ordonnances. Le 29 juillet, la révolution a le dessus sur les troupes, qui s^etirent vers les Tuileries et le centre de la ville : vers le soir une partie passe du cAté du peuple; les autres se retirent sur Saint-Cloud : le combat cesse. Les propositions du roi furent rejetées parles députés qui avaient déjà organisé un gouvernement provisoire et qui s’étaient prononcés pour le dùo d'Orléans. Hésitation de ce prince, qui n’ignoralt cependant pas les projets de scs amis. Organisation de la garde nationale, dont le commaii'dctnént est donné à Lafayette. Le parti républicain compte sur ce der-

lard faible et vaniteux se laissa gagner par Laffitte et ses amis, et se rallia aux partisans du duc d'Orléans. Ce dernier n'était pas resté étranger à tout ce qui se tramait chez Laffitte ; mais il évitait avec soin de se mêler au mouvement avant d’en connaître exactement la portée et d’en prévoir l’issue. Cependant les troupes, ayaqt eu le dessous, passèrent en partie du côté du peuple, tandis que le reste se repliait vers Saint-Cloud, où se trouvait Charles X. Ce prince consentit alors à revenir sur les ordonnances et envoya faire des propositions à Paris. Laffite et les députés de son parti repoussèrent ses avances et firent offrir au duc d’Orléans la lieutenance générale du royaume. Le duc d’Orléans hésita d’abord, puis se rendit à Paris et déclara qu’il était prêt à accepter la charge de lieutenantgénéral, en protestant toutefois de son attachement au roi. Charles X, qui s’était retiré à Rambouillet, ratifia la nomination du duc d’Orléans à la lieutenance-générale ; de plus, il abdiqua pour lui et pour le duc d’Angoulême, en faveur du duc de Bordeaux qui devait être proclamé roi sous le nom de Henri V. Mais le duc d’Orléans voulait le départ de Charles X : il lui envoya une députation pour l’inviter à quitter la France. Le foi, ayant encore une armée de 10,000 hommes, crut pouvoir congédier la députation. Il se forma alors à Paris un rassemblement de gens du peuple, qui marcha sans ordre et presque sans armes, sur

nier : mais Lafayette se laisse gagner par Laditte au parti du duc d’Orléans. Arrivée du duc d’Orléans à Paris pendant la nuit (le 30 juillet), il accepte la charge de lieutenant-général du royaume {le 3i juillet) et publie une proclamation. Charles X quitte Saint-Cloud; il se rend h Trianon et de lit à Rambouillet. Lettre du duc d’Orléans, qui proteste de son dévouement au roi et se défend de tout projet ambitieux. Charlei X abdique, pour lui et son fils, en faveur du duc de Bordeaux, qu'il plaée sous la tutelle du duc d’Urléans, en reconnaissant ce dernier comme lieutenant-général du royaume. Mais le duc d’Orléans n’ose pas résister au parti qui veut la chute de fa branche aînée, et il ne s’oppose pas k la marche d’une bande désordonnée sur Rambouillet. Charles X trompé, licencie ses troupes (11,000 hommes et 40 canons) et quitte Rambouillet pour se rendre h Cherbourg, où il s'embarque pour l’Angleterre ^le 16 août). Ouverture des Chambres (le 3 août) et changements introduits dans la Charte. Louis- Philippe est proclamé roi des Français île 9 août).

i/europe jüsqu’en 1830.

Rambouillet. A cette nouvelle le roi, qui avait horreur de verser le sang du peuple, se décida à partir. Après avoir relevé la garde du serment de fidélité envers lui, il sortit de Rambouillet et continua lentement son voyage jusqu'à Cherbourg, où il s’embar(iua pour l’Angleterre. Avant son départ, il apprit <jue le duc d’Orléans avait accepté la couronne que la fraction libérale de la chambre des députés lui avait offerte, et qu’il avait pris le titre de roi des Français sous le nom de Louis- Philippe . Dix-huit ans plus tard, une nouvelle révolution devait forcer ce prince de prendre à son tour le chemin de l'exil.

1. Quels sont les faits qui marquent le commencement des temps modernes? Indiquez la division de l'histoire moderne ‘et les événements mémorables de chaque période. p. 5—8.

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