IV. — l’empire ri sse et l’empire ottoman. flSIS-ISSO
L.V RUSSIE ET LA POLOGNE (1815-1S30). — La Russie, contre laquelle s’était brisée la puissance de Napoléon, retira de grands avantages de la chute de l’empire français. Alexandre /, prince doux, clément et généreux, avait exercé une grande infiuence au congrès de Vienne, et il l’avait employée dans un esprit de conciliation : grâce à lui, la France avait conservé une partie des provinces allemandes, la Lorraine et l’Alsace, que les puissances songeaient sérieusement à lui enlever. Ce fut lui encore
guerre contre la Russie d’an 1812). Allianoe de In SiiAde arec la Russie; celte dernière pniss.nnre lui promet la Norwège. LVIIi.ince avec rAnsleterre est renouvelée. La Suède envoie une armée de 30.000 hommes aux puisaîinces coalisées contre Napoléon; l’Angleterre déclare ne pas s’opposer h la réunion de la Nor^iége h la Suède Il’an 1813). Guerre contre le Danemark et victoires de Rernadolte sur l’armée franco-danoise. Paix de fCiel (l’an I8l4lt le Danemark renonce h Is Norwége. — Insurrection dans la Xnrtctfje : le gouverneur ChrieUern Frédéric de Danem.ark prociame l’indépendance du pays et est élu roi constilu'ionnel (l’an 1S14). Opposition des alliés, et Hocus des ports de la Norwége par une (lotte anglaise. Une armée suédoise envahir le pays; le prince danois ahdi(|ue et le Storlhing de Christiania reconnaît le roi de Suède comme roi de Norwége. mais h la condition de conserver une ei tiôre indépendance' administrative. Charles XIII est proclamé roi de N'<rwége. et le pays obtient une mmiiiulinn lihre- le Storthing exerce le pouvoT législatif, et le roi n’a qu’un vélo suspensif pour trois ans. — La Suède conserva son ancienne eonstitiition ; les Etats se div sent en quatre nrdree dhlincli : la notdesse. le clergé, la bourgeoisie et les pays.ins Prospérité de la Suède et de la Norwége réunies sous la dynastie de Rernadolte: CA/ir/esX/P. — 7ranil81S-l844). Oicar / (1 844-1 h59). Charles XV règne depuis I859i.
IV. L* Rrssie. — Paul l (1796-1801) fut assassiné par une conjuration de nobles. Il eut pour successeur l’alné de ses quatre fils, Alexandre I (1801- 182.1). Le caractère conciliant et généreux de ce prince augmenta l’inflocnee morale que la Russie avait acquise dans la guerre contre Napoléon. Un de
HISTOTUE UNIVERSEIXE,
.qui rétablit \& royaume de Pologne; ce royaume resta uni à la Russie, mais il obtint une constitution à part avec une diète composée de deux chambres, le sénat et la chambre des dépu tés, t ayant des attributions législatives et s’occupant de tous les intérêts du royaume; de plus l’armée polonaise exclusivement recrutée dans le royaume ne devait pas être incorporée dans l’armée russe, mais tenir garnison dans le pays. La Finlande, la Bessarabie et ui)e partie de la Moldavie furent définitivement réunies à l’empire russe. — Alexandre mérita ainsi l’estime de l’Europe et l’amour de son peuple, au bonheur duquel il consacra toute sa solircitude. Malheureusement il rencontra une assez forte opposition chez la noblesse russe et de graves obstacles dans le régime bureaucratique ; cette opposition fit pltîs d’une fois échouer les réformes qu’il voulait introduire dans son empire. Il prépara toutefois l’abolition du servage et entreprit de longs voyages à travers ses vastes provinces pour en connaître les besoins par lui-même. Il mourut subitement à Taganrog, sur les «•onfins de l’Asie. Des soupçons de mort violente ont plané sur son entourage et n’ont jamais été entièrement dissipés. Son frère aîné Constantin ayant renoncé au trône, son
s. 'S plus beaux titres de gloire fut le rétablissement du nutaïue i>£ Poloc.nl, auquel il donna une constitution (le 95 mai 1815). L’empereur, comme roi de Pologne, partageait le pouvoir avec la diète; il avait le pouvoir exécutif, qu'il faisait exercer par un vice-roi ou gouverneur; la diéle se composait de deux chambres, le sénat et la chambrt det députéi; le premier contenait trente membres, parmi lesquels dix évéques, nommés sénateurs à vie par le roi; la chambre des députés comptait 60 membres, âgés au moins de quarante ans et élus pour neuf ans par les Etats provinciaux ; les élections SP faisaient par tiers tous les trois ans; la diète se réunissait tous les deux ans et délibérait sur les projets de lois soumis par le vice-roi au nom du czar. L’armée polonaise, recrutée dans le pays, formait. un corps séparé de l’armée russe et devait stationner dans le pays. Réformes im|x>rtantes dans l’administration, préparées par Alexandre, qui favorisa l’industrie et le commerce, fonda de nouvelles universités, 5 Kasan, li Dorpat, à Varsovie •et è Rétersbourg ; mais il heurta yiar 15 la noblesse et la bureaucratie, trèspuissantes en Russie. Peut-être ni l’une ni l’autre ne furent-elles, étrqagèros ihda- mort, subite de l’empereur, laqueHe est -.restée entourée d’un certain mystère (le 1 décembre 1895). Son frère Caiu(Mdin, qui.svÿit cou- • tracté un onariage -morganatique, avait renoncé à la succession, -.qui -éclMit
I/euuüi'K iusyu’EN i8;^Ü. 4‘^i
üeciond frère M’coitts fut proelamé empereur. Une révoluiiou militaire éclata à S.-Potcrsbourg ; mais elle fut étouffée par Ténergie du nouveau prince. — Cependant Nicolas I abandonna la ligne politique suivie par son frère et travailla à réaliser un double but ; établir à l’intérieur l’unité politique et religieuse de son empire et étendre sa domination sur l’Orient. Cette dernière tendance l’impliqua dans deux guerres contre la Perse Qi contre la Turquie. Le général Paskewitsch enleva aux Perses une partie de l'Arménie et rendit la Russie maîtresse de la mer Caspienne. La guerre contre la Turquie, dans laquelle se distingua le général Diebitsch, se termina par la paix d' Andrinople, qui fixa le Pruth comme limite des deux empires et qui plaça la Servie, la Valachie et la Moldavie sous le protectorat de la Russie. — La persécution des catholiques et surtout des Grecs- Unis, que l’empereur voulait réunir de force à l’église grecque schismatique, et les vexations des employés russes et du grand duc Constantin, gouverneur de la Pologne, finirent par provoquer une insurrection générale dans ce dernier pays. Les Polonais réclamèrent le redressement de leurs griefs ; mais l’empereur exigea une soumission sans condition. La Pologne proclama alors son indépen-
ainsi au troisicme, ircrc, Nicolai l (I835-I855j: celui-ci l’olTrit néanmoins U Constantin, qui persista dans sa résolution et nt proclamer lui-méme son Irére. Les mécontents, qui étaient surtout nombreux dans la Jeune noblesse, parvinrent b gagner une partie des soldats en garnison b Pétersbourg et l'omentèrent une révolte. Energie de Nicolas; il se rend au milieu des uineutiers, b la télé d’un petit détachement de troupes fidèles, et fait arrêter les chefs des conjurés : l'exil en Sibérie fut la punition des coupables. — Changement de ia pulitiquo russe ; elle devient de nouveau agressive et poursuit les projets de rimperatncc Catherine II. De Ib les guerres contre la Perse et la Turquie, et enlin avec la France et l'Angleterre. De Ib aussi les persécutions religieuses, l'iniurrrcnon de la Pologne, et la transrorniulion de ce royaume en province russe. — Alexandre II règne depuis 185o.
I.A Tciiot lE. — A œmuller : Zinkei.sen, llitloire de CEmpire ottoman, vol. 5-7. Etat de l’empire turc au milieu du dix-septième siècle (voyez plus haut, page 82;. Les revers des Turcs, dans les guerres qu’ils avaient eu b soilteiiir, provenaient en grande partie des progrès que la tactique militaire avait faits chez les puissances occidentales, tandis que les Turcs étaient restés stationnaires. La dernière grande expédition remarquable
B. fBtV, V. JG
HISTOIRK UNtVKRSELt.R.
dance, ut il s'ensuivit une guerre sanglante. Malgré rhéroique résistance du peuple et les talents militaires des chefs, entr'autres de Skrzynecki, les Polonais succombèrent sous la supériorité numérique de leurs ennemis. L’empereur Nicolas punit cruellement tous ceux qui avaient pris part à l’insurrection et incorpora la Pologne comme province dans son empire. Les persécutions contre les catholiques et les Grecs-Unis recommencèrent avec une nouvelle violence. — L’empereur a^ant repris ses projets de conquête en Orient, la France et l’Angleterre intervinrent, et la guerre 80 fît dans la Crimée. Nicolas mourut pendant cette guerre, et son fils Alexandre II conclut la paix, qui fut signée à Paris. Une nouvelle ère s’est ouverte pour la Russie avec le règne de ce prince, qui parait avoir pris pour modèle son oncle Alexandre I.
La TURQUIE (1648-1830). — L'Empire turc était en pleine décadence depuis le milieu du dix-septième siècle. Les guerres que les Turcs avaient eu à soutenir contre la Russie, l’Autriche, la Pologne et la république de Venise s'étaient presque toujours terminées à leur désavantage, et, dans les traités conclus avec ces diverses puissances, ils avaient été obligés de leur céder d’importantes provinces et de se soumettre souvent à des conditions humiliantes. C’est ainsi que dans la paix de Carlovitz ils avaient dû renoncer à la plus grande partie de la Hongrie, à la Transylvanie et à l’Esclavonie, pays qu’ils avaient possédés
des Turcs avait elé leur attaque contre Vienne (l’an où ils avaient
été vaincus par Sobie.>-ki, roi de Pologne La guerre s’ôtait terminée par la paix Ae Cartotoitz ,1'an i699], qui leur avait fait perdre la Hongrie, la Transylvanie et l’Eiclavonie (voyez page 2S6) — Première guerre contre l’Autriche (I7IB-I7IS) terminée par la paix de Pustaroritz -, dans la seconde guerre (l736-17S9i, ilsavaient repris la ville de Uelgrade (voyez page Î.à8/ — Guerres contre la Rateie ; la première (1768-1774, terminée par la pair d* Kaynardny, la seconde (1787-1791) par celle de Jatty (voyez page 277). Guerre contre la Itussie, après une alliance conclue par les Turcs avec Napoléon (1809-1812); paix de Bukareet 'voyez page 389). Derniere guerre entre les Husses et les Turcs (1828-1829) : paix d'AndrinopU, qui plaça la Moldavie, la Valachie et la Servie sous le protectorat de la Russie. — Décadence intérieure de la 'Turquie, par suite do la mauvaise administration
i/kuropk jusqu’en 1830 .
peudani plus d’uu siecie. Par suite d'uae nouvelle guerre contre l’empereur Charles F/, les Turcs avaient été complètement expulsés de la Hongrie et n’avaient pu obtenir la paix de Passarovitz qu’en cédant une partie de la Servie et de la Valacliie. La paix de Belgrade leur avait ensuite rendu, il est vrai, quelques-unes de ces dernières contrées. Enfin, apres de longues et sanglantes guerres contre l’impératrice Catherine //, qui voulait mettre fin à la domination turque en Europe et réunir Constantinople à son empire, ils avaient encore perdu, dans la paix de Kaynardgy, la Crimée, et, dans la paix de Jassy, le littoral septentrional de la Mer-Noire. Cédant aux sollicitations de Napoléon, lors de son expédition en Russie, les Turcs rompirent de nouveau la paix : ils furent vaincus par les Russes, et dans la paix de Éukarest, firent le sacrifice de la Bessarabie et d’une partie de la Moldavie. Le refus d’exécuter les stipulations de ce dernier traité fut la cause d’une nouvelle guerre avec la Russie, qui se termina p&v la paix d'Andrinople. L’insurrection des Grecs devait encore priver l’empire d’une de ses plus belles provinces. — La décadence intérieure de l'empire turc allait do pair avec celle de sa puissance extérieure. L’administration des provinces était entre les mains des pachas, qui gouvernaient d'une manière arbitraire et qui, pour s’enrichir, ruinaient souvent les habitants en les écrasant d’impôts sans cesse croissants. Les sultans étaient le jouet
Ucï provinces par les pochai, qui étaient presque entièrement indépendants, et do i’intlueuce des jantstaires qui s'opposaient h toutes les réroiraes proiiosées par le.s sullans i/a/imoud t/ t SUS- i839j veut réorganiser l'ar- Diée : opposition des Janissaires; une émeute est sur le point d'eclater. La sultan les fait cerner dans leur caserne et en fait faire un liorrible massacie; plus do 3000 y périssent; le corps est dissous (i’an t82t>). L'armée turque est organisée h l’européenne.
La tisées. — Triste soit de la population grecque dans l’empire turc. Les bahitaiits de la Grèce et dos Iles grecques, autrefois soumis en grande partie e la république de Venise, s’ôtaient enricbis pur le commerce et ils possédaient une marine marchande considérable. Les principales familles envoyaient leurs fils en France, en Italie et en Angleterre, d'où ces jeunes gens rspportaieut des idées de liberté et d’indépendance. Ils avaient alors
MlSTUlKE L’NÎVEkSELX*.
dos- intpigaes de cour et dépendaiem de'dedrs grândsvizirs, ainsi-que des commandants du corps dés-Janissaires. Les efforts que tirent quelques-uns de ces princes pour introdUfire des réformes échouèrent contre la résistance de leurs servitears -omnipotents ; plusieurs d’entre eux tombèrent viotimesdeda vengeance des Janissaires. Le sultan Mahmoud IL prince d’un caractère énergique et cruel/ résolut de réopganiseP son armée sur le modèle des armées européennes; les Janissaires s’y étant opposés, il les fit massacrer en grand nombre et détruisit ainsi ce corps redoutable. Mais il ne parvint pas à réveiller l’esprit guerrier’chez la nation turque, ni à faire disparaître les nombreux abus qui entraîneront fatalement la chute de l’Empire ottoman.
Affranchissement de la grèce (1821-1835). — La population chrétienne de l’empire turc avait surtout à souffrir 'des ‘vexations- des pachas, et les persécutions sanglantes contre elles n’étaient pas rares. Des insurrections avaient éclaté 'à différentes reprises, mais n’avaient .servi qu’à aggraver le sort malheureux des chrétiens. Les' provinces qui avaient formé l’ancienne Grèce, y compris les îles de l’Archipel, supportaient avec impatience la domination turque, sous laquelle elles gémissaient depui.s la décadence de la république de Venise. Une société .secrète, appelée Hétairie , s’était formée à la fin du dix-huitième siècle dans le but de travailler à la délivrance du peuple grec : elle avait été dissoute et plusieurs de ses
organisé une société sc-crète, sous le n6m d’héinh-ie (voyez S® vol. p. I3S); retendant elle fut découverte et dissoute par les Turcs, et Rhigas, qui en avait été le chef, fut mis à mort (l’an I798j. Pendant le congrès de Vienne, une nouvelle hétairie dont les membres appartenaient a divers pays, fut organisée dans le but de travailler h la délivrance de la Grèce. Alexandre t'paifonit appela aux armes tous les Grecs de la Turquie (l’an tSil), comptant sur l’appui de la Hussie; mais l’empereur Alexandre, qui était en paix avec la Turquie, l’abandonna ; il s’ensuivit une terrible persécution contre le clergé grec ; le patriarche de Constantiiiople et plusieurs évéques furent massacrés au pied des autels. Ypsilanti, trahi par les Valaques, fut vaincu par les Turcs et son armée fut détruite; il se réfugia alors en Hongrie et mourut dans la forteresse de Munclcatsch. Une insurrection avait éclaté en Grèce; la république y fut proclamée T’an 1822). Massacre de* h.-biuuts de
i.EUROPE jusqu’en 1830 . 425
membres avaient été punis de mort. Une nouvelle tentative faite par Ypsilanti, âls d’un prince moldave et ancien officier russe, pour soulever toute la population grecque delà Turquie, échoua également; Ypsilanti fut contraint de se réfugier sur le territoire autrichien et enfermé dans une forteresse, où il mourut. Une insurrection ^éclata, un peu plus tard, dans la Morée et dans plusieurs iieB,<etéüt d’abord un meilleur succès. .La se constitua ’tfh
république, et le prince .Mauvocordato fut nommé pîlésident. Malheureusement les Grecs ne parvinrent .pas ^ s’entendre sur la constitution à donner au pa^'S. Ge défhüt d’union parmi eux permit à Ibrahim, !fils du pachSa d’Egypte, d’envahir la Morée à la tête d’une armée, sur la demande du sultan. Les cruautés qu’il y commit mirent en émoi tous les pays chrétiens : Georges Cantting, ministre d’Angleterre, décida la France et la Russie à joindre Leurs flottes à la flotte anglaise pour aller en Grèce mettre fin aux actes sanguinaires d’ibrahim. Les flottes alliées détruisirent la marine turque dans la grande bataille de Navarin, et de nombreux volontaires français et allemands allèrent renfoncer l’armée des insurgés grecs. Cependant la mort de Canning rompit l’entente des puissances alliées: Wellington, qui lui succéda au ministère, rétablit les relations diplomatiques avec la Perte, qu’une guerre contre la Russie empêchait, pour le moment, d’assujettir complètement la Grèce. Les Grecs, qui avaient
nie de Chios par une armeo turque sous ic ('uiiimundement de Kopudau Pacha. Les Grecs restèrent vainqueurs sur mer et forcèrent les Turcs â'évacuer la Morée, l’Attique et uue partie de la Béotie. Désunion parmi les Grecs au sujet de la constitution é donner à Jour Etat. Arrivée de l'armée égyptienne sous le commandement d’ibrahim (l’an 1816) : il se rend maître de la Morée et exerce les plus affreuses cruautés sur les malheureux habitants du pays. Prise d’Athènes par Ibrahim (l'an 1826). C'anni’np, devenu premier ministre en Angleterre, engage la France et la Russie ë intervenir en faveur des Grecs. Une triple alUaiuie est conclue dans ce but h Londres f(i juillet 1827). Bataille de Navarin (20 octobre 1827) et destruction de la flotté turque. Mort de Canning : l’Angleterre se retire êé l'alliance et la HiMèlc s’engage dans une guerre contre les Tuios. Mais lbrahhm:ras(e meltvflüe’)<i Grèce. La république grecque «e trouve réduite h queiqués Iles. Arrivée
H. nuv. IV. 36
HTSTOTRE ONIVERSEIXE.
nommé président de leur république Capo d'Istria, ancien ministre russe, auraient fini par succomber, si la France ne leur eût envoyé du secours. Une armée française, sous les ordres du général Maison, débarqua en Grèce, nialgré les prote-stations de l’Angleterre, et força l’armée égyptienne d’évacuer le pays. La conférence de Londres, à laquelle prirent part les cinq grandes puissances et qui avait été réunie à l’occasion de la révolution belge, organisa la Grèce en royaume et donna la couronne au prince Othon de Bavière, après que le prince Léopold de Saxe- Cobourg l’eût refusée. Le nouveau royaume comprenait la Morée, la Livadie et une partie des îles de l’Archipel. Quoique ne renfermant qu’environ un million d’habitants, le royaume de Grèce a de nombreux éléments de prospérité qui pourront se développer un jour, s’il réussit à mettre un terme aux tiraillements intérieurs provoqués sans cesse par le caractère mobile et changeant do peuple grec.
V. — le ROTAUHB nss pats-bas. LABÉVOU TION belge. (| 816 H«so).
Le royaume des pays-bas ((1815-1825). — Le Congrès de Vienne, en rétablissant la France dans ses ancieunes
d’une armée française sous les ordres du général .Vaiwn l'an 18Î8 et délivrance de la Grèo». La confêrtnre de Londres fixe les limites du nouvel Etat (Pan 18301. Nouvelles luttes intestines en Grèce ; le parti républicain fait assassiner le président Capo d'Isina, accusé de vouloir se faire souverain de la Grèce. Guerre civile et nouvelle intervention des puissances; elles donnent le trône do Grèce au prince Olhon de Bavière (183î-186i) qui se rend dans ce pays à la tète d’une armée. Plusieurs conspirations viennent encore troubler la tranquillité, jusqu’b ce que le roi Othon. devenu majeur, ait pris lui-môme les rênes du gouvernement (l’an 1835). Division du royaume de Grèce en trois provinces : la Morée, la Livndie et les Iles de l’Archipel.
V. Les Pays Bas sons Gciuacme 1 (1815-1895). — L’organisation d’un puissant Etat sur les frontières septentrionales de la France pouvait sans doute avoir de bons résultats; maison n’avait pas songé aux dilBcultésqui devaient résulter de la réunion de deux peuples séparés, depuis deux siècles, par une antipathie religieuse et nationale ivoyex plus haut, page 137). Toutefois oette réunion n’était pas impossible, si le gouvernement avait su respecter les intérêts des provinces qui se voyaient soumises b un prince étranger. Telle avait été, en effet, l'intention des nuissancee. lorsqu’on décrétant la
I, ‘EUROPE jusqu’en 1830 .
limites, songea à créer sur ses frontières du nord un royaume assez puissant pour meure obstacle à de nouvelles conquêtes et qui aurait un intérêt commun avec la Prusse au maintien de l’organisation politique donnée à l’Europe. L’Autriche renonça en conséquence aux provinces belges, et ces provinces réunies à la Hollande for/nèrent le royaume des Pays-Bas sous le sceptre de la dynastie' d'Orange, Mais la constitution déjà établie en Hollande devait régir les deux pays, après avoir été modifiée, d’un commun accord, d’après les besoins résultant de ces circonstances nouvelles. Le roi Guillaume I soumit donc la constitution au vote des notables belges, qui la rejetèrent à une forte majorité, tandis que les Etats-généraux de Hollande l’adoptèrent à l’unanimité. Malgré ce rejet, le roi déclara que la constitution était adoptée, en comptant les suffrages de tous les membres absents de l’assemblée des notables comme des votes affirmatifs. Les évêques belges, à la tête desquels se trouvait Mgr de Broglie, évè(\ne de Gand, protestèrent contre une loi fondamentale qui donnait à un prince protestant le droit do régler les intérêts religieux d’un peuple catholique. La lutte entre le gouvernement hollandais et le peuple belge, commençant ainsi dès le
réunion des anciennes provinces catholiques de Belgique avec la Tlollande, elles avaient expressément stipulé que la constitution, déjh établie dans ce dernier pays, serait modifiée, d’un commun accord, d’apres les nouvelles circonstances. Convoeslion des noiahles belges dans la proportion d’un représentant t'Ur <,000 habitants; 13<:< députés, sur les 1603 qui avalent été convo ;ués, se réunirent h Bruxelles; la loi fondamentale fut rejetée par 796 voix contre ; t<6 députés avaient motivé leur vote négatif par les articles relatifs au culte. Le toi Guillaume défalqua ce dernier chiffre de celui des opposants, l’ajouta aux 5<7 votes affirmatifs, et déclara en outre que les <80 absents devaient également y être comptés. Une déclaration royale fut publiée, sanctionnant la loi fond.amentale, qui avait, pourtant été rejetée par une majorité de <69 voix. Ce premier acte déloyal futd'un triste augure |)our le nouveau royaume des Pays-Bas. Mesures arbitraires et violentes pour étouffer toute opi>ositlon contre le gouvernement : condamnation del’abborf» força 'l’an 18 1 7), qui, dans sa revue, le Spectateur belge ava'tt critiqué les dispositions de i.-i loi fondamentale par rapport aux intérêts de l'Eglise catholique, néclamations de l’épiscopat belge contruces mêmes dispositions; jugement doctrinal adressé |iar Mgr de Broglie, évêque de Gand, à ses diocOsains. Accusation et condamnation par contumace de ce prélat.
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(^éj^ut^de cette i-éunipn, forcée ..de.deiix, nations distincte?, devait inévitablenient aboutir à la ^sép^ation. Les çoui suites dirigées ,ÇQutrp les journaux qui s’étaient élevés (;ontre les procédés du, gouvernement, et -la condamnai ion par contumace (Je V-évêque de Gand, .prélat ./jui jouissait de l’estime générale, augmentèrent le mécontentement dans les provinces belges. Llétablissement de deux impôt.': odieux au peuple parce qu’ils tombaient, sur des .Objets de première nécessité, savoir du droit de mQutur<e,et d'abattage, irrita surtout les classes inférieures dans les villes et la popul ation agricole. Une Ipi sur les distilleries ,et des changements importants dan, 8 les tarifs des douanes portèrent préjudice à l’industrie .et au commerce; ils furent suivis de la création du syndicat .d'amorMssexn.ent, qui soustra;jrait au contrôle des Etats-Généraux la.gostion dçs finances de l’Etat et la plaçait directement entee les rnains du roi et d’une commission nommée par Ijji. En-^ “gagé daps la voie de l’arbitraire, le gouvernement ne s’y arrêta plus et prépara lui- même la révolution en s’attaquant .aux intérêts moraux et religieux du peuple. Ainsi il désigna la langue hollandaise comme obligatoire dans
qui avait quitté son diocèse pour se soustraire aux poursuites du gouvernement. Cette condamnation fut même affichée sur une place publique de Gand à un poteau élevé sur un échafaud entre deux brigands condamnés aux travaux forcésà pcrpéluUé et à l’exposition publiqueiraii '8i7t. Poursuites dirigées contre les organes de la presse qui avaient critiqué la conduite du gouvernement. — Projet d'impôt sur la moulure et Vabattafie proposé aux .Etals-Généraux; division de cette assemblée en deux ramps, le nord ou Iqs députés hollandais et le midi ou les députés belges-, le projet fut adopté malgré l’opposition de ces derniera : il en fut de même d’une loi sur les dieiUUrie», qui soumettait cette industrie à de graves vexations de la part dc.s agents du fisc. Création du tyndical ifamoriissemenl (l'an 183S], espece de banque, qui obtint des revenus considérables sur les droits di- (Miage et sur les domaines, un crédit de 100 millions de florins et le droit ^d'émettre des obligations jusqu’à concurrence de 1 10 millions. Le syndical ’étiit chargé de pourvoir à diverses dépenses, mais il n’avuit à rendre compte qu’à une commission de sept membres, et encore sou< le sceau du secret ; je jpi faisait partie de celt,e commission et en avait lu direction exclusive. Arrfié roy>tl tur uè confliff IVjtn igiî : une fpule de procès fui ont soustraite, ep vé.rtu de pet arrêté, juriiJjction civilp et déférés à l’administration, qpi devenait ,aipfi jugp ét ppctie dansaa prpprp cause. Arrêté roy^l («rtant d,é(f.P5e d’exçrpçr l’etat finelüWfor primaire, ,â uiOin> d'y ciie autorisé par
t.’europk .u’squ’kn 1830 .
l^nsei^ament à tous les degrés et en exigea la comiaissaooe-de quiconque aspirait à un emploi -public. Un second arrêté royal porta défense d’enseigner sans une autorisation du gouvernement, et celte défense fut déclarée applicable à toutes les associations soit civiles, soit religieuses ; .enfin un dernier arrêté déclara que personne ne pourrait .être reçu membre d’une association religieuse enseignante, sans être pourvu d’un brevet de capacité délivré par le ^fou vernem en t .
fL®S ÉVBNEMBNTS OUI PRÉCEDèRENT LA RÉVOLUTION ( 1825 -
1830). — La résistance du clergé belge et de la population uatbolique du pays à-. l’exécution de ces mesures porta le wi et ses deux ministres, le baron Ooubau, ministre du ■culte, et VanM-aanen, ministre de lajustice, à frapper un ■coup décisif, dans le but d’en finir avec ce que l’on appelait des menées ultramontaines. Un arrêté royal vint -brusquement fermer tous les établissements libres d’instruction secondaire: un autre arrêté statua l’érection d’un collège philosophique à Louvain et interdit l’admission de nouveaux élèves dans les séminaires épiscopaux, à moins qu’ils n’eussent achevé leurs études préparatoires dans
le gouvernement (l’an 1S22); un autre arrêté appliqua celte disposition à toutes les associations enseignantes, civiles ou religieuses (l'an 1824'. Arrfté royal portant que pour être admis à un emploi il fallait connaître la langue 7io(iona/e, c’est-à-dire hollanriatfe (l’an 1822).
Mescrcs ABBiTRAtKF.s QUI rnéPARÉiiEfiT L» nÉvou.iios ( 1825 - 1830 ) — Arrêté royal prescrivant la fermeture de tons les rnitégee ou érniex htine» non autorisés par le gouvernement (l'an 1825) Deuxieme arrêté, concernant l’érection à I.ÆUvain d’un collège appelé philosniihique, dans lequel tous les jeunes gens catholiques se destinant à l’état ecclésiastique devaient faire, jiendant irois ans. des études philosophiques et théologiques, condition indispens.i- !)le pour pouvoir entrer dans un des séminaires diocésains; arréié royal défendant aux séminaires d’admettre des élèves autres que ceux qui sortaient du collège philosophique; arrêté royal défendant de faire des études, soit d'humaiiitcs, soit d’universiié. a l’étranger, sous peine de perdre tout droit d’élre nommé à un emploi quelconque, ou même d’exercer une fonctioti eccléetastique Héclamations du clergé contre ces arrêtés : sii()pression d'on grand nombre de colléute libres-, expulsion des freres des écoles chrétienives.qui avaient surtout des école.s dans les provinces wallonnes. Discussions violentes dans les Etats-Généraux provoquées parées mc.sures. gui avaient pour défenseurs les députés protestants de la Hollande et quelques deputé.s libres-peiksH.rs de la Be'.giq«jc, et qui étaient en outre soutenues par une
msTOIRE DNrVBRSEIXE.
CO collège. Tl fut en outre défendu aux Belges de faire leurs études à l’étranger, sous peine de n’êire nommés à aucun emploi public et de n’être autorisés à exercer aucune fonction ecclésiastique. Les protestations unanimes de l’épiscopat irritèrent le gouvernement et le décidèrent à fermer les grands séminaires et les collèges libres dans lesquels les jeunes gens se préparaient aux études théologiques. Les Frères de la doctrine chrétienne, qu’on avait appelés de Frahce pour donner l’instruction au peuple, furent expulsés du pays. Pour calmer l’irritation provoquée par cette persécution religieuse, le gouvernement négocia un concordat avec le Saint-Siège ; mais au lieu de le mettre à exécution, il s’appliqua à en éluder les principales stipulations. — Les mesures arbitraires dont le gouvernement avait frappe la presse, la partialité contre les Belges dans la collation des emplois publics, qui étaient donnés en majeure partie aux Hollandais, le système de tout régler par arrêtés royaux et sans le concours des représentants de la nation , enfin l’irresponsabilité des ministres , voilà les griefs politiques qui unirent contre le gouvernement hollandais tous les partis,
foule de pamphlets et par foute la presse aniireügieuse Quelques journaux catholiques, le Courrier de la Meuee h leur tt'te, engagèrent la lutte f-ur le teiTiiin de la presse. Le projet de convoquer un schisme en organisant, indépendamment de Rome, la circonscription ecclesiastique des Pays-Bas, fut abandonné parce qu’il n’avait aucune chance de succès il’an I8î'7j. Condution d'un concordat avec le Saint-Siège (l’an (827): les protestants et les libres-penseurs en tirent un grief au gouvernement, qui chercha alors par tous les moyens a en éluder l’exécution; une circuiaire confidentielle rédigée dans ce sens fut envoyée par le ministre de l’intétieurà fous I& gouverneurs. L’opinion pubiique se prononça de plus en plus contre le gouvernement: l’exploitation de provinces belges au profit exclusif de la Hollande ayant fini par ouvrir les yeux è tous ceux qui aimaient leur patrie, la pres.se libérale commença il’an 1828) h s’associer aux catholiques pour réclamer le ledressement des nombreux griefs religieux et politiques. Ce fut Ih l’crigine lie l’union entre les catholiques et les libres-penseurs si souvent mal jugée: les deux partis se rencontraient sur le terrain de la liberté et unissaient, leurs efforts pour obtenir justice des mesures arbitraires du gouvernement, mais il n’y a pas eu de parle dans lequel le parti catholique edt transigé sur ses principes : en inscrivant sur leur progranime les quatre grandes libertés du culte, de l’aucciVi ion, do la presse et de l'enseignement, les catholiques ne cherchaient qu’il affranchir les intérêts religieux et moraux de la société dea
l’europe jüsqü’en 1830.
toutes les fractions du peuple belge. Des pétitions furent signées dans toute la Belgique, adressées *aux Etats* Généraux pour réclamer le redressement des griefs et appuyées par toute la presse indépendante. Elles occasionèrent des luttes violentes dans le sein des Etats-Généraux, et les députés belges prirent l’engagement de ne plus voter les budgets tant qu on n'aurait pas fait droit aux réclamations delà nation. Le gouvernement répondit à cette opposition par des destitutions et aigHt encore davantage l’opinion publique. La condamnation de M. de Potter, célèbre publiciste, qui voulait créer un confédération patriotique afin de venir au secours de tous ceux qui seraient victimes des persécutions du gouvernement, et un nouveau projet de loi contre la presse portèrent l’exaspération à son comble. Il ne fallait plus qu’une étincelle pour faire éclater le volcan : cette étincelle fut la nouvelle de la révolution de juillet en France.
La révolution belge (1830-1831). — Les troubles commencèrent à Bruxelles à l’issue d’une représentation au théâtre : le peuple dévasta les habitations du ministre Van Maanen et de Libry Bagnano, journaliste à gages du
entraves qu'jr avait mises le gouvernement protestant de la Hollande. Nombreuses piiitioni envoyées par toutes les provinces belges aux Etats-Généraux, pour réclamer le redressement des griefs (tin de l’année 1828!; violentes discussions dans cette assemblée. Meêtage du roi aux Eiats-Généraux : il traitait de chimériques les griefs formulés par les pétitionnaires et annonçait en même temps des mesures sévères de répression. Une circulaire du ministre de la justice tan JUuantn, adressée à tous les employés, exigeait l'adhésion de ceux-ci aux principes du message sous peine de destitution, itésolution prise par les députés belges aux Etats-Généraux de^ne plus voter les budgets avant le redressement des griefs (1828-1829). Ùeslitution des fonctionnaires qui passaient pour hostiles au gouvernement. Publication dans les journaux des statistiques du personnel de toutes les administrations publiques, prouvant que toutes les places importantes et la majeure partie des emplois étaient donnes à des Hollandais. Projet de fonder une confédération patriotique et toutcripiion nationale. Condamnation de de Potter et de / ielemana, auteurs de ce projet. Nouvelle loi contra la presse présentée aux Etals-Généraux (l'an 1830i. Révolution de juillet h Paris, et retentissement de cet événement en Belgique.
Ll RÉVOIOTJON JISQC’a L’inlDfiORATIOa DÜ roi Léoi'OI.O (1830-1831). — Van Maanen et Libry Bagnarto étaient l’objet de la haine populaire ; le premier avait servi tous les gouvernements établis successivement en Hollande,
niSTUIRE 'UNIVERSELLE.
gouvernement. Le lendemain les troubles s’étant renoulés et l’anarchie menaçant de bouleverser la ville .en présence de l’inaction des autorités, une garde bourgeoise s’organisa et rétablit l’ordre : elle aûiopta les vieille.s couleurs brabançonnes, et une députation partit pour la Haye, :portaot au roi une pétition signée par un grand nombre de notables de Bruxelles pour réclamer. le redressement des griefs et la convocation des Èiats-Crénéraux. Des troubles semblables, eurent lieu à Liège, et là une commission provisoire se constitua. pour maintenir l’ordre. Le roi envoya alors un corps d’armée sous le commandement du prince d’Qrange pour réduire Bruxelles. Mais hé prince s'arrêta à Vilvorde et de là il entra seul dans la ville, qu’il trouva couverte de barricades ; toute la bourgeoisie était sous les armes. En attendant, ht députation étant revenue de la Haye avec des promesses de la part du roi, on demanda au'prince d’Orange que la Belgique fût complètement séparée de la Hollande, et qu’elles n’eussent plus d’autre lien d’union que la 'dynastie régnante. Le prince promit de soumettre ces vœux à son père et quitta Bruxelles. Les troubles de Bruxelles eurent leur cçmre-
le Stallioudérat, la république, le roi Ixjuis, l’empereur Napoléon et le roi Guillaume 1, qui lui avait confié le portefeuille de la justice ; Bagnaw avait été condamné deux fois pour faux en France et était cbar^e de la rédaction du journal qui se publiait à Bruxelles; des secours considérables, pris sur les fonds de l'industrie, avaient été accordés à Libry par des arrêtés secrets, qui furent publiés par le Courrier dte Pays-Bas. Révolution à Bruxelles et désordres commis par la populace, qui se livre eu pillage sans que les autorités osent intervenir. Organisation d’une garde bourgeoise sous le commandement du baron d’Hooghvorsl : elle rétablit l’ordre et prend les trois couleurs brabançonnes, après avoir fait disparaître le., couleurs françaises qui avaient été arborées dans différents endroits. Départ pour lu Haye d’une députation de cinq citoyens, le baron d'Iloogbvorst, le comtû Félix de Mérode, Gendebien, le baron de Sécus et Palmaert. Irouhlfs à héfie: le gouverneur liollaiidais abdique son autorité entre les mains (les bourgeois. Réunion du consiùl d’Etat à la Haye: il décide la convocation de.s Etats-Généraux et l’envoi du prince d'Orange et du prince Frédéric a la léte de 6000 hommes contre Bruxelles. Le prince d’Orange s’arrête à Vilvorde et invite les notables de Bruxelles à se rendre auprès de lui; il promet que les griefs aeront redressés. Dans une proclamation il annonce qu'il occupera Bruxelles avec «es troupes- jCBSode effèrveatetwe dans le ville i elle se couvre de barric.ides et les bourgeois en masse prennent Iss
i/europe jusqu’en 1830 .
coup dans un grand nombre de villes, et il y eut de graves désordres. Le roi ayant convoqué les États-Généraux, les députés belges se rendirent à la Haye pour y défendre la cause de leur nation. Mais ils y furent mal reçus : les journaux hollandais demandaient à grands cris le châtiment des rebelles. — Pendant que l’on discutait aux Etats-Généraux, le prince Frédéric, second fils du roi, attaqua Bruxelles à la tête d’une armée et pénétra dans le haut do la ville. Mais il y rencontra une résistance énergique et se vit contraint de se retirer : le combat avait duré quatre jours, et les volontaires accourus de tous les côtés y avaient pris une part active. Cette agression inattendue, au milieu des négociations, rompit le dernier lien entre la Belgique et la dynastie hollandaise : on constitua un gouvernement provisoire de neuf membres, qui s’adjoignirent M. de Potter, à son retour do Paris. La nouvelle s’en répandit rapidement dans toute la Belgique : de tous côtés on chassa les autorités hollandaises, et il ne resta bientôt plus aux Hollandais que les deux villes d’Anvers et de Maestricht. Ce fut en vain que le prince d’Orange se rendit dans la première de ces villes et qu’il
armes. Une nouvelle députation se rend d Vilvorde pour faire connaître au prince l’effet produit par la proclamation. Le prince d’Orange se décide a entrer seul Bruxelles. Il y est re^u avec tous les honneurs, dus 6 son rang ; mais effrayé par l’aspect de la ville, il se renferme dans son palais. Retour de la députation envoyée h la Haye: elle rapporte la promesse du roi d’examiner les plaintes du peuple belge. On demande au prince d'Orange la séparation administrative de la Belgique; il promet de soumettre cette demande à son père et ne s’y montre pas opposé. Désordres h Verviors, a Louvain, h Bruges et à Anvers. Convocation des Etats-Généraux: les députés belges se réunissent à Bruxelles et prennent la résolution d’aller h la Haye reprendre leurs places à la seconde Chambre, ils s’opposent à l’organisation d’un gouvernement provitoire h Bruxelles, réclamée par le par.i avancé, et envoient une députation au prince Frédéric, qui était resté avec son corps d’armée k Vilvorde, pour le décider à ne pas attaquer Bruxelles; le prince refuse de faire cette promesse. Départ des députés pour la Haye, où ils sont très-mal reçus. Le roi refuse de soumettre à l’assemblée la demande de séparation et annonce des mesures do rigueur contre les provinces révoltées : les députés hollandais appuient chaleureusement le refus du roi. — La nouvelle de ce qui se passait aux Etats-Généraux provoqua dans Bruxelles une grande exaspération, qui fut encore augmentée par une proclamation du prince Frédéric annonçant qu’il occuperait la ville avec ses
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proclama rindépeiidance de la Belgique. Le gouverne- , ment provisoire protesta contre cette proclamation, et Anvers fut prise par les volontaires belges : le vaillant comte Frédéric de Mérode, qui se trouvait à leur tète, périt pendant l’attaque. Le général Chassé, commandant de la citadelle, bombarda la ville : ce fut le dernier acte d’hostilité exercé par les Hollandais, acte cruel et imprudent, qui rendit impossible toute négociation entre le peuple belge et le roi Guillaume. Le gouvernement provisoire consentit à la suspension des hostilités proposée par la Conférence des cinq grandes puissances réunie à Londres. Il convoqua ensuite à Bruxelles un Congrès national^ qui proclama l’indépendance de la Belgique et l’exclusion à perpétuité de la dynastie d’Orange. La Belgique fut constituée ,en royaume ; la couronne fut offerte par le Congrès au roi Louis-Philippe pour son fils le duc de Nemours qui la refusa, et ensuite au duc Léopold de Saxe-Cobourg, qui l’accepta. Une nouvelle ère s’ouvrit alors pour la Belgique, dont l’indépendance ne tarda pas d’ôtre reconnue par les grandes puissances européennes.
lroup«8. Cette attaque fut exécutée, mais elle écboua i après un combat de quatre jours (83-36 sept.), le prince se retira pendant la nuit. Un gouvernement provisoire fut organisé le dernier jour du combat : Il se composait de MM. Em. d'Hooghvortt, Ch. Eogier, Félix d» Mérode, Otndebien, Van de Weyer, Joly, Vanderlinden, Coppin et Nioolat. M. de Polter, qui arriva le lendemain, fut reçu avec enthousiasme par le peuple et entra dans le gouvernement provisoire. Insurrection de toutes les villes de la Belgique. Le prince d’Orange fut alors nommé par le roi gouverneur de* province* belge*. Mais il était trop tard. A la suite d’une protestation du gouvernement provisoire, le prince quitta Anvers, laissant une forte garnison dans la citadelle sous le commandement du général Cha*sé. Des volontaires belges arrivèrent alors d’Angleterre et do France: à la tête de ces derniers se trouvait le comte Frédéric de Mérode. Attaque d’Anvers et combat h Bercbem, où Frédéric de Mérode fut blessé mortellement. Entrée des volontaires à Anvers ; bombardement de la ville. Le roi de Hollande s'étant adressé aux grandes puissances signataires du traité de Vienne, pour réclamer leur intervention, une Conférence des envoyés d’Angleterre, de France, d’Autriche, de Prusse et de Russie se réunit h Londres (novembre 1830). Elle proposa une suspension d’armes, qui fut acceptée par le gouvernement provisoire. Convocation du Congre* national et organisation du nouveau royaume de Belgique. Election du prince Léopold de Saxe-Cobourg comme roi héréditaire de Belgique. Son inauguration a Bruxelles (31 juili. I83I).
l’europe jusqu’en 1830.