NOMS IRRÉGULIERS
PREMIÈRE DÉCLINAISON
56. Quelques noms féminins de la première déclinaison font le datif et l’ablatif pluriel en abus, ce qui les distingue de noms masculins correspondants. Ils sont en très-petit nombre.
Ainsi l’on décline :
Des, la déesse.
SINGULIER
Nom. De a, Voc. De a, Gén. De æ, Dat. De æ, Abl. De â, Âcc. De am,
la déesse, déesse, de la déesse, à la déesse, de la déesse, la déesse.
PLURIEL
Nom. De æ, Voc. De æ, Gén. De arum, D.AT. De abus, Abl. De abus, Acc. De as,
les déesses, déesses, des déesses, aux déesses, des déesses, les déesses.
Déclinez sur Dea :
Filia, la fille.
Equa, la cavale.
Asina, l’ânesse.
A ces noms on peut ajouter les suivants ; mula, mule; conserva, compagne d’esclavage; liberia, affranchie; nala, fille. On a voulu y joindre encore, mais sans autorité suffisante, anima, âme; domina, maîtresse; famula, servante; serva, esclave, et soda, compagne. Mais on évite l’emploi de cette forme du datif et de l’ablatif pluriels, quand elle n’est pas absolument nécessaire pour la clarté du sens.
Le nogn féminin familia, famille, fait au génitif singulier familias dans ces locutions : pater familias, père de famille; mater familias, mère de famille; filius familias, fils de famille. Mais partout ailleurs familia fait régulièrement familiæ.
On trouve quelquefois en poésie, surtout chez les anciens poêles, une Ga. Lat. 2
ÉLÉMENTS DU LANGAGE
forme ai, au lieu de æ, au génitif singulier : ainsi aula, cour, gén. aulaî (pour aulx); aura, brise, gén. aurai (pour aura^. Cette forme ue doit pas être employée.
£n£n les poètes contractent souvent le génitif pluriel des noms patronymiques, c’est-à-dire qui expriment la descendance, et des noms composés de colere et gignere; ils font ce génitif en um au lieu de arum : ainsi Dardanidx, descendants de Dardanus, gén. Dardanidum (pour Dardanidarum); ccdicolæ (composé de cœlum, ciel, et de colere, habiter), habitants du ciel, géa.cœlicolum (pour cœlicolarum) ; terrigenæ (composé de terra, terre, et de gignere, engendrer), enfants de la terre, gén. terrigenum (pour terrigenarum), etc.
DEUXIÈME DÉCLINAISON
57. Les noms filius, fils, genius, génie, et tous les noms propres romains en ius, font le vocatif en tau lieu de ie. Exemples ; filhis, le fils, voc. fili, fils (et non pas filié)', Virgilius, Virgile, voc. Virgili; Pompeius, Pompée, voc. Pompei.
Ainsi l’on décline :
Filias, le fils.
SINGULIER
Fil
ius,
le fils.
Voc,
Fil
fils.
Gén.
Fil
du fils.
Dat.
Fil
io.
au fils.
Abl.
Fil
io,
du fils.
Acc.
Fil
ium.
le fils.
Le pluriel se décline régulièrement sor hortus.
58. Le nom Deus, Dieu, a le vocatif semblable au nominatif, et se décline irrégulièrement au pluriel.
Deaa, Dieu.
SINGULIBR,
Nom. Deus, Dieu.
Voc. Deus, Dieu. ^
ێn. Dci, de Dieu.
Dat. Deo, à Dieu.
Abl. Deo, de Dieu.
Acc. Deum, Dieu.
DU NOM
PLURIEL
Nom.
Dii,
les dieux.
Dii,
dieux.
Gén.
Deorum,
des dieux.
Dat.
Diis,
aux dieux.
Abl.
Diis,
des dieux.
Acc.
Deos,
les dieux.
On trouve aussi, surtout chez les poètes, au nominatif et au vocatif pluriel, la forme contracte di (pour dîi), et au datif et à l'ablatif la forme contracte dis (pour dits). — Chez les poètes postérieurs au siècle d’Auguste, on trouve quelquefois, au datif et à l’ablatif, deis pour diis.
Les noms agnus, agneau, et chorus, chœur, ont, comme Deus, selon quelques grammairiens, le vocatif semblable au nominatif.
Le génitif singulier des noms en ius et en tum subit quelquefois chez les poètes la contraction de ü en i; ainsi ingenium, génie, gën. ingmi (pour ingenii); Virgilius, Virgile, gén. Virgili (pour Virgilii).
Les poètes contractent souvent aussi le génitif pluriel des noms de peuple, et quelquefois des adjectifs de la deuxième déclinaison; ils font ce génitif en um au lieu de orum: ainsi Ârgivi, les Argiens, gén. pl. Argivum (pour Argivorum); magnanimus, magnanime, gén. pl. magnanimum (pour magnanimoruTn).
Cette contraction est d’usage en prose pour les noms de monnaies, de mesures et de nombres, comme nummum, sestertium (denummus, sestertius, sesterce), pour nummorum, sesiertiorum; modium (de niodius, boisseau), pour viodiorvm; duum (de duo, deux), peur duorum, etc.
Cette contraction est admise aussi pour les noms deus, dieu, liber, enfant, faber, artisan, triumvir, triumvir, decemvir, décemvir, et quelques autres, qui peuvent faire au génitif pluriel deum, liberum, fabrum, triumvirum, decemvirum (pour deorum, liberorum, etc.).
On trouve aussi, surtout en poésie, le génitif pluriel virum pour virorum.
Plusieurs noms masculins en us sont neutres au pluriel et prennent en' conséquence la terminaison a, ou bien ils ont les deux genres. Ce sont les suivants :
Carbasus, toile de lin, pl. carbasa et rarement carbasi.
Jocus, jeu, plaisanterie, pl. joci et joca.
Locus, lieu, pl. loci et loca.
Sibilus, sifPemetU, pl. sibili et sibila.
Tarlarus, le Tartare, pl. Tarlara,
et quelques noms propres grecs, comme Mænalus, le Ménalc, pl. Mænala.
Au contraire, plusieursnoms neutres en um Uont masculins an pluriel
ÉLÉMENTS DU LANGAGE
et prennent en conséquence la terminaison i, ou bien ils ont les deux ' genres. Ce sont les suivants :
Cœlum, ciel, pl. cœli*.
Frenum, frein, pl. frena et freni.
Porrum, poireau, pl. porri.
Rastrum, râteau, pl. rastri.
Valium, retranchement, pl. valli.
Deux noms neutres deviennent féminins au pluriel et suivent la première déclinaison. Ce sont :
Epulum, festin, pl. epulæ.
Balineum ou balneum, bain, pl. balinea ou balnea, et balineæ ou balneæ.
TROISIÈME DÉCLINAISON
IRRÉGULARITÉS DE l’ ABLATIF ET DE L* ACCUSATIF SINGULIERS.
59. Plusieurs noms en is, qui se déclinent d’ailleurs sur lestis, font au singulier l’ablatif en i et l’accusatif entm.
Ainsi l’on décline :
Seenris, la hache,
SINGULIER. t
Nom. Secur is,
la hache.
Voc.
Secur is,
hache.
Secur is,
de la hache.
Dat.
Secur i.
à la hache.
Abl.
Secur i.
de la hache.
Acc.
Secur im,
la hache.
PLURIEL
Nom.
Secur es.
les haches.
Voc.
Secur es.
haches.
Gén.
Secur ium,
des haches.
Secur ibus,
aux haches.
Abl.
Secur ibus,
des haches.
Acc.
Secur es,
les haches.
' CO. Déclinez sur secun's les noms suivants tstVis, soif; tussis,
toux; pelvis, bassin; cannabis, chanvre; amussis , cordeau; ravis, enrouement; et la plupart des noms de fleuves terminés
* Cette forme cœJi n’est usitée que dans les livres sain ts et dans le style astronomique.
DU NOM
en is, comme Tibcris, le Tibre, Albis, l’Elbe, auxquels il faut joindre : Arar, la Saône, abl. Arari, mais aussi Arare, acc. Ararim ; et Liger, la Loire, abl. Ligeri, acc. Ligerim.
61 . Quelques noms en is ont indifféremment l’ablatif en e ou en i, l’accusatif en cm ou en im. Ce sont les suivants : davis, clef, abl. clave ou clavt, acc. clavem ou cîavim; febris, fièvre; navis, vaisseau; puppis , poupe; restis, cordage; strigilis , brosse; turris, tour.
Scaldis, l’Escaift, fait à l’accusatif Scaldim et Scaldem, à l’ablatif Scaldi et Scalde; Liris, le Liris, fait à l’accusatif Lirim, Lirin et Lirem.
Quelques noms en is, qui sont en même.temps des adjectifs, ou qui ont été primitivement des adjectifs, font l’ablatif en i, quoiqu’ils aient l’accusatif en em. Ce sont :
Ædilis, édile {qui fait aussi ædile).
Æqualis, contemporain.
Affinis, parent par alliance.
Annalis, livre d’annales.
Aqualis, aiguière.
Canalis, canal.
Familiaris, ami.
Patruelis, cousin {qui fait aussi patruele).
Sodalis, camarade.
Bipennis, hache à deux tranchants. Triremis, galère à 3 rangs de rames.
Il faut y joindre le nom féminin supellex, mobilier, gén. supellectilis, qui a un double ablatif, supelleclili et supellectile, bien que son accusatif soit supeUectilem.
Les noms de mois en is, comme aprilis, avril, ou en er, comme sep tember, septembre, font tous l’ablatif en i, aprUi, septembri, etc., patCQ que ce sont primitivement des adjectifs.
Les noms de peuple en is, comme Atheniensis, Athénien, étant plutôt des adjectifs que des noms, font l’ablatif en i plutôt qu’en e : Atheniensi plutôt que Alheniense.
Au contraire, les noms propres qui étaient primitivement des adjectifs font, presque sans exception, l’ablatif en e, comme Juvenalis, abl. Juvenale; Félix, abl. Felice; Simplex, abl. Simplice, etc.
Les noms neutres de ville terminés en e au nominatif, comme Præneste, Préneste, Arelate, Arles, quoiqu’ils se déclinent sur cubile, font l’ablatif en e, contre la règle.
Le nom neutre nectar, nectar, et le nom masculin etneutreioJ (gén. salis), sel, font aussi l’ablatif en e : nectare, sale.