IRRÉGULARITÉS DU GÉNITIF PLURIEL
Les noms de peuple, qu’ils soient ou non terminés en is, font généralement le génitif pluriel en ium. Ainsi Quiris, habitant de Cures, gén. Quiritis, fait au génitif pluriel Quiritium; Tiburs, habitant de Tibur,
ÉLÉMENTS DU LANGAGE
gén. Tiburlis, fait Tiburtium. De même penates, les pénates, fait penatium.
Cependant souvent les poêles, et quelquefois même les prosateurs, contractent en umce génitif en ium, et disent Quiritum, Tiburtum, penatum. De même parens, le père ou la mère, fait plus souvent parentum que parentium; apis, abeille, fait plus souvent apum que apiuin; volucris, oiseau, fait plus souvent volucrum que volucrium.
Le nom féminin ambages, détour, qui n’a au singulier que l’ablatif anibage, fait au génitif pluriel ambagum, contre la règle*.
De même le nom lynx, lynx, gén. lyncis, fait au génitif pluriel lyncwn (et non lyncium).
Le nom neutre vas, gén. vasis, vase, meuble, appartient par son pluriel à la deuxième déclinaison, vasa, vasorum.
Les noms neutres ancile, bouclier sacré, et vectigal, impôt, font leur génitif pluriel de deux manières, sur la troisième déclinaison et sur la deuxième ; ancilia, gén. ancilium et anciliorum; vectigalia, gén. vectigalium et vectigaliorum. 11 en est de même des pluriels Bacchanalia, les fêtes de Bacclius, Salumalia, les fêtes de Saturne, et autres noms de fêtes.
Au contraire, jwgerum, arpent, nom neutre de la deuxième déclinaison, fait au pluriel, sur la \ro\s\èm6, jugera, jugerum, jugeribus. Il fait aussi à l'ablatif singulier yu^ere.
Les noms féminins lis, procès, gén. lüis, nix, neige, gén. nivis, et dos, dot, gén. dolis, font an génitif pluriel litium, nivium, dotium, contre la règle.
Les noms féminins terminés en tas, tatis, comme civitas, cité, voluptus, plaisir, font régulièrement leur génitif en um. On trouve quelquefois cependant ce génitif en ium: civitalium, voluptatium, etc.; mais ces formes ne sont pas k employer.
De môme fraus, ruse, gén. fraudis, palus, marais, gén. paludis, fornax, fourneau, gén. fomacis, qui font régulièrement fraudum, paludum, fomacum, ont aussi quelquefois, mais très-exceptionnellement, le génitif pluriel en ium: fraudium, pcdudium, fomacium.
Le nom aies, oiseau, gén alilis, a quelquefois, chez les poètes, au génitif pluriel, la forme allongée aliluum pour alitum.
AUTRES mRÉGULARITÉS.
L’accusatif pluriel des noms masculins et féminins de la troisième déclinaison est toujours en es; mais primitivement cet accusatif était eneis, et par contraction is. On trouve encore cet accusatif en is, chez les auteurs qui affectent les formes anciennes, dans les noms dont le génitif pluriel
• On trouve aussi «.rdiim pour cxdiurn (de exdes, massacreV, mensum pourmeiiiium (de mentis, mois) ; eladum pour cladium (de cladet, désastre); tedum pour ledium (do tedei, siégé) ; nais ces formes ne sont pas k employer.
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DU NOM
est en ium: gens, nation, gén. pl. gcntium, acc. pl. gentis; wbs, ville, gén. pl. urbiwn, acc. pl. ur6is. Ces archaïsmes ne doivent pas être imités.
Le nom masculin et féminin bos, bœuf, vache, gén. bovis, se décline tout à fait irrégulièrement au pluriel ; nom. et acc. boves, gén. boum, dat. et abl. bobus (quelquefois bubus).
Le nom sus, porc, gén. suis, fait quelquefois, par une contraction analogue, au datif et à l’ablatif pluriels subus (pour suibus).
QUATRIÈME DÉCLINAISON
62. Plusieurs noms de la quatrième déclinaison ont le datif et l’ablatif pluriel en ubus au lieu de ibus. Ce sont les suivants :
MASCUtnfS. rÉMININS. ITEUTRES.
Arcus, arc. Acus, aiguille, Veru, broche.
Artus, membre (usité Quercus, c/iéne.
seulement au pluriel). Tribus, tribu.
Lacus, lac.
Partus, enfantement.
Portus, port.
Sinus, golfe.
Specus, caverne.
Tonitrus, tonnerre, fait quelquefois tonîtrubus; mais la forme régulière tonitribus est beaucoup plus usitée.
Le génitif singulier de plusieurs noms de la quatrième déclinaison se faisait autrefois indifféremment en i ou en us: senatus, sénat, gén. senatûs et senali; tumultus, tumulte, gén. tumultûs et tumulti, etc. Mais la forme en i a cessé d’être en usage.
De même le datif singulier se faisait quelquefois en u, par contraction pour ui: magistratus, magistrat, dat. magistratui ou magistratu; equitatus, cavalerie, dat. equitatui ou equitatu, etc. Mais il vaut mieux employer toujours la forme régulière.
Bien que les noms neutres de cette déclinaison soient considérés comme indéclinables, ils ont très-souvent un génitif semblable à celui des noms masculins et féminins. Ainsi l’on dit très-bien ; cornu, corne, gén. cornus ou comu.