J'ai toujours pensé qu’un poème auquel on a
donné une forme dramatique devait aussi être destiné à être représenté et déclamé en public.
11. Qui peut compter sur les nations, quelques sacrifices qu’on ait fait pour elles ?
12. Qui peut ordonner aux flammes de ne pas ravager aussi les moissons fécondes, quand elles ne doivent détruire que le nid des frelons?
13. On peut douter si les fous ont entièrement disparu des cours actuelles.
iti. Dansles temps fabuleux, on a cru qu’il existait une nation entière d'hommes qui n’avaient pas plus de deux pieds au-dessus du sol.
15. Le faux prophète Mahomet soutint un joui' avoir vu l’archange Gabriel, et qu’il y avait de son œil droit à son œil gauche, en suivant la racine de son nez, un espace de 70,000 journées de marche.
16- Un ami doit avoir l’intention de me dire une vérité utile et souhaiter qu’elle produise sur moi l’effet qu’il en attend.
17. Croyez- vous que Dieu permette qu’un seul homme dans son univers amoncelle les victimes comme un tyran, et y mette tout sens dessus dessous ?
18. Je serais fort affligé, disait Diogène, si sur cette terre, parmi tous les animaux à deux jambes et .sans plumes, il s’en trouvait un seul qui eût moins de besoins que moi.
19 Quand nous voyons les autres manger des
choses dégoûtantes, ce spectacle excite en nous les mômes na usées que si nous étions nous-mêmes forcés de prendre la même nourriture.
20. Que saurions-nous de ta sagesse, noble Socrate, si tu étais resté sans disciples, si tes disciples ne t’avaient survécu, s'ils n'avaient revêtu tes pensées de leur langage doux et sublime ?
21. Faire consister l’énergie d’une langue dans le nombre et la rudesse des consonnes, c’est, selon moi, placer la valeur des anciens chevaliers dans le fracas de leur armure.
22. Crois-tu qu’il n’y ait au monde aucun autre rocher, aucun autre état libre plus petit que San- Marino en Italie? Il y a un état libre qui peut se trouver à l’aise dans ta poitrine — ou bien n’auraislu pas de cœur?
23. O puissé-je en ce moment me trouver en présence de tous les jeunes cœurs dévoués à mon pays, et, rappelant les dernières forces de ma vie qui s’échappe, faire retentir dans leurs âmes avec l’éclat du tonnerre ; Il est doux de mourir pour sa patrie !
24. Toi aussi, Ossian, tu fus enseveli dans l’oübli ; ils t’en ont tiré, et maintenant tu es là, tu te compares au poète de la Grèce, tu le défies et demandes si , comme toi, il sait enflammer les chants.
25. La sagesse n’est pas difficile. Il s’agit simplement d’arriver à se convaincre d’un petit nombre de vérités et à se pénétrer si bien de leur valeur inappré-
ciable, de leur beauté divine, qu’on en fasse la règle constante de sa vie.
26. Les hommes croient que les organes appelés à goûter les ouvrages de l’art, se forment d’eux-mômes, comme la langue et le palais; qu’on juge un chefd’œuvre comme un ragoût. Ils ne comprennent pas qu’il est besoin d’une autre culture pour s’élever aux véritables jouissances des arts.
27. Mon fils, je révoque la malédiction que j’avais prononcée sur toi ; et, s’il est vrai que, comme le serment, la malédiction paternelle ne peut être arrachée aux pui.ssancesde l’enfer, qu’elle tombe sur ma propre tête, afin que la vengeance ait sa victime.
' 28. Ceux qui regardent comme dangereuse la propagation des lumières chez le peuple, ressemblent à ceux qui craignent que le tonnerre ne tombe dans une maison, parce qu’elle a des fenêtres; et cependant ce n’est jamais parles fenêtres qu’il entre, mais par le plomb qui les garnit ou parle nuage de fumée qui sort de la cheminée.
29. O toi, astre des nuits, que n’est-ce pour la derrière fois que dans toute ta splendeur tu éclaires ma peine? Combien de fois à minuit tu m’as vu veiller à ce pupitre î Ah ! puissé-je, à la clarté chérie, m’élancer sur le sommet des montagnes!
1. On pourrait tirer le canon auprès d’eux ; ils ne s’en apercevraient pas.
2. Que serait la richesse, si elle ne servait qu’à acheter des diamants, et jamais une larme de reconnaissance ?
3. Pour ma part, je voudrais ne plus vivre dans ce monde, si les hommes conservaient leur libre arbitre et qu’ils connussent d’avance leur destinée.
4. Philippe II aurait-il fait sortir la flotte invincible, s’il eût vu d’avance ce qu’il vit à la fin ?
5. Cicéron aurait-il fait tant de bien ; aurait-il, malgré son ambition, accepté jamais le consulat, s’il eût pu prévoir que la récompense de ses actes patriotiques serait une mort violente.^
6. Rien ne paraît être plus facile que de se convaincre qu’il ne serait pas bon de connaître la destinée qui nous est réservée dans ce monde. Et cependant le souhait de connaître sa destinée n’en est pas moins un souhait agréable pour la plupart des hommes.
7. LesWalkyries étaient des Déesses qui apparaissaient aux plus braves dans la bataille, et qui leur apportaient l’agréable nouvelle de leur prochaine admission dans le Walhalla.
8. Si l’on étudiait les anciens plus qu’on ne le fait, et si l'on s’appropriait davantage leur noble simplicité et leur noble expression, nous aurions de meilleurs historiens.
9. Rien de ce qui conduit à la vérité ne me paraît trop diflicile. Fût-elle sur le pic de TénérifTe, j’irais l’y chercher. Fût-elle au fond des enfers, je com-
mencerais une correspondance avec Sa Majesté le roi des ténèbres.
10. C’est le langage qui distingue les hommes des animaux muets. Sans lui, on ne pourrait faire usage de la raison, et ce beau présent du ciel ne serait autre chose qu’un don mort et inutile, si la parole ne venait le rendre tout à la fois vivant, applicable et ^ utile.
11. Si jamais il devait plaire à la nature de réunir dans un seul homme le sentiment du Corrège au génie de Raphaël et à toute la magie du pinceau flamand, le plus fin et le plus chaud, on pourrait permettre à ce Phénix d’oser tout ce pour quoi il se sentirait né.
12. La peste, la famine et le glaive sont de grands lléaux, mais des tireurs d’horoscopes, en admettant qu’il puisse y en avoir> des hommes qui tireraient l’horoscope de tout le genre humain, seraient encore plus à craindre que tous ces fléaux.
13. Qui pourrait peindre la bataille d’Actium avec plus d’élévation que Properce ?
14. Hélas ! que la vie serait belle et attrayante, si elle ne présentait à nos mains trop endurcies, mille épines pour une rose 1
f 5. Qui donc, sans un ami, pourrait vivre dans le ciel, pourrait vivre sur cette terre.?
16. Ma fortune et tout mon sang, je dois savoir les sacrifier pour le dernier de mes sujets ; autrement je ne serais pas digne d’être prince.
17. Je dis souvent que les gouvernements devraient établir un tarif sur les actions des hommes. Cet impôt serait d’un plus grand produit que les impôts sur les marchandises. 11 est peu d’hommes dont les actions ne seraient pas sujettes au tarif.
18. L’argent n’est pas ce qu’il y a de plus utile, ic'est l’eau. Que serions-nous sans eau, je vous le demande? Comment préparerait- on le café? comment nos vaisseaux iraient-ils en Amérique? où en serait rOndine de Fouqué. Les canards seraient réduits au désespoir.
19. Je voudrais m’élever plein de force dans les airs 5 mais je ne le puis. II faut que je reste cloué à cette terre, exposé aux cris, aux sifllements d’une misérable engeance de reptiles !
20. De môme que le raisonnement du plus grand médecin ne saurait m’engager à manger d’un mets, d’ailleurs très-sain et très-goùlc des autres, dès que l’expérience m’a prouvé qu’il m’a toujours fait mal; de môme aussi, et à plus forte raison, on ne pourra jamais me prouver qu’une action quelconque, qui m'aura conduit hors du droit chemin, puisse m’ôtre moralement avantageuse.
§ aSo.