RÉCAPITULATION DES CONJONCTIONS
1. Estime beaucoup la sagesse, mais pli 6 encore la vertu ; apprends que la paix de la conscience peut seule rendre heureux, et que pour ton bonheur, tu n’as besoin que de toi-même. Apprends que la fortune peut être un ornement pour le sage, lorsqu’elle est acquise par des moyens honnêtes 5 que ce qui ho-> nore, c’est la vertu et non des titres achetés; que la modération et la sagesse ne sont pas de vains mots.
2. On ne peut exercer, comme maître, les arts même les plus communs, avant d’avoir prouvé qu’on a acquis toutes les connaissances nécessaires. Mais quand on songe combien il est facile, dans mainte université, de s’asseoir dans une chaire de professeur, on serait tenté de croire qu’il n’est pas de vocation plus facile que celle de l’enseignement.
3. Lorsqu’un objet s’offre à nos yeux, il s’en forme une image dans notre âmé , mais pour distinguer clairement cette image de l’objet môme qu’elle représente, il faut fermer les yeux extérieurs et contempler dans notre âme ce que nous avons vu.
4. Lorsque notre âme , après de longues années de souffrances, s’endort enfin dans une résignation muette, qu’elle en vient à ne plus prétendre aux joies de cette vie, à ne plus former aucune espérance,
parce qu’elle ne pourra retrouver qu’au-delà du tombeau ce qui fut son bien suprême, lorsque tout le bonheur de ce monde n’a plus pour elle aucun charme, aucun sens, rien qui se rapporte à elle, et que le petit nombre d’instants heureux qui se rencontrent dans la vie peut tout au plus, alors que nos yeux sont gros de larmes, nous arracher un sourire douloureux, lorsque, en un mot, notre âme en est venue à n'avoir ni crainte, ni espérance, et que, plongés dans une sorte d’indilTérence et d’insensibilité, nous voyons passer devant nos yeux, comme autant de figures vaporeuses, les apparitions du monde extérieur ; si, dans cet état d’anéantissement, une étoile brillante apparaît tout-à coup et perce ces sombres nuages ; alors le mortel malheureux se trouve sur le seuil du doute, il craint d’être le jouet du destin, car c’est le nom que, dans son erreur, il donne à ce pouvoir incompréhensible pour lui qui, au-dessus de sa tête, jette les dés, arbitres de son sort. Il ne croit pas ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il voit, ce qu’il entend tout éveillé.
1, Ah Dieu! que l’art est long et que la vie est courte !