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DE LA LANGUE AJVALYTIQUE COMME LANGUE UNIVERSELLE

C'est sur l'Analyse, celte source de toutes nos découvertes, que repose notre travail.

De même que Tanalyse de la parole, fidèlement traduite par des

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signes conventionnels, reproduit aux yeux tout le jeu de la voix; de même la pensée, soumise à une analyse rationnelle, peut être reproduite, dans les parties de sa compréhension, par les sons et les articulations qui donnent naissance aux mots. .

Ce premier aperçu de la Langue universelle va se trouver éclairci par Texposé même de nos principes.

La pensée, éveillée par les mots, se porte sur un double objet : i* sur la signification même des mots pris séparément, isolément ; 2* sur la part qui leur est attribuée dans l'économie de la phrase.

De là deux sortes d'analyse :

i» L'analyse du mot quand il est indépendant ou libre du contact des autres mots, c'est-à-dire dans l'acception propre de son radical : cette analyse nous la nommons radicale ;

2"* L'analyse du mot dans ses rapports avec tous les éléments de la phrase, c'est-à-dire l'analyse grammaticale.

L'analyse radicale et l'analyse grammaticale seront, avec les conventions établies en vue de notre but, tout ce qui constituera les éléments de la Langue universelle.

C'est cette étude que nous recommandons à chacun d'appliquer à sa Langue maternelle ; et, à ce prix, tout en conservant son idiome, ses auteurs et toutes les richesses de sa littérature, chaque peuple analysant, étudiant, approfondissant sa propre Langue à l'aide des procédés que nous allons indiquer, aura fait des progrès dans l'étude de la Langue universelle, et pourra, après un travail de trois ou quatre mois, connaître les écrivains de toutes les littératures vivantes ou mortes, apprécier leurs chefs-d'œuvre, et se rendre compte du cachet propre à chacun d'eux, comme à la Langue dans laquelle ils écrivaient.

Des deux analyses sur lesquelles nous fondons notre système, l'une est connue depuis longtemps chez tous, les peuples ; c'est l'analyse grammaticale. Les enfants ne sortent pas de nos écoles primaires sans avoir appris les éléments grammaticaux dont se compose la phrase; les écrivains et les hommes lettrés ont, le plus souvent, perdu de vue cette analyse qui a servi de base à leur instruction, quelques-uns même croient ne l'avoir jamais apprise ;

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mais il ne faudrait pas un jour d'étude à ces littérateurs pour retrouver ou acquérir une connaissance aussi élémentaire,

Il n'en est pas de même de l'analyse radicale : celle-ci fait- complètement défaut dans l'étude des Langues ; l'enfance n'a d'autre guide, pour pénétrer dans le dédale des pensées si variées que renferme chacun des termes de la phrase, que les explications, trop insuffisantes, des maîtres ou des recueils spéciaux qui sont consultés trop tard, et servent ainsi plutôt à redresser les erreurs qu'à les prévenir. Nous avons dû créer cette dernière analyse; nous l'avons fait en fixant toujours le but auquel nous tendons. On pourrait doue inventer beaucoup d'autres analyses radicales, et parmi elles, sans aucun doute^ une analyse plus philosophique; mais peut-être en trouverait-on difficilement une qui se prêtât mieux à la théorie d'une Langue universelle.

Caractères employés pour analyser les Ijang^nes.

Nous extrayons de diverses Langues les sons et les articulations les plus usitées, et nous composons notre matériel alphabétique de quinze voyelles et de seize consonnes. Parmi ces caractèreis, dix voyelles et dix consonnes sont spécialement affectées à l'analyse radicale ; le reste s'applique à l'analyse grammaticale.

Voici le tableau de ces caractères :

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