‹ Cours complet de langue universelleChapitre 29 sur 87 · LE VERBE · texte numérisé non relu

LE VERBE

Pour analyser le verbe, il faut indiquer :

1° Son espèce ;

2* A quel mode il est employé ;

3* A quel temps ;

tt? A quelle personne ;

5° A quel nombre ;

6° A quel genre.

Le verbe est actif, passif, neutre et impersonnel.

Nous ne distinguons pas le verbe pronominal, parce qu'il rentre dans la forme neutre, dans les langues où le pronom est implicitement compris dans le verbe; et dans la forme active, quand le pro* nom est en dehors, comme il arrive en français (2).

(1) Quoique le français n*admette pas le genre neutre, quand on ne peut faire accorder le pronom, Tadjectif, etc., à aucun substantif, on indique cette impossi» bilité par le caractère t, qui ne rappelle ni le mascuUn ni le féminin.

C2) Il y a des verbes essentiellement pronominaux qui semblent se soustraire

Sa caractéristique est Çy quand il est actif; gr^ quand il est passif; gl^ quand il est neutre; gs, quand il est impersonnel ; mais par simplification on peut supprimer le^ hors du verbe actif; et alors le verbe actif se caractérisera par g^ le passif se caractérisera par r, le neutre par /, Timpersonnel par s.

Les modes, les temps, les personnes et les nombres sont caractérisés à la fin du radical, de cette manière :

I représente l'indicatif, m le conditionnel ou Toptatif, n Timpératif, r le subjonctif, s TinGnitif. La désignation du temps suit immédiatement la consonne du mode ; le passé est exprimé par les caractères : e^ i, s, y, «', êy et le futur par ceux-ci : o, w, b, <î; Timparfait se rend par e, le passé par i, le passé antérieur par e, le plus-que-parfait par s, etc. Quant aux futurs, o exprime le futur simple, o le futur composé, etc.

Les personnes sont : a e, t, pour le singulier; et o, ^5, &> pour le pluriel ; les fortes qui correspondent aux douces du singulier, a, €, y, sont réservées pour les personnes du duel dans les langues qui admettent ce nombre.

A l'aide de ces conventions si simples Tanalyse du verbe n'offrira aucune difficulté, quelque compliquée qu'elle paraisse.

EXEMPLE

II demandait qu'on le laissât mourir dans le pays où vivraient ses Dia g — lei dua die g— rei 1 — s o — o 1 — mw pio.

parents.

Les verbes auxiliaires dont se servent les langues modernes pour

à la forme active ; mais leur signification peut toujours être ramenée à cette forme ; Teffort que fait notre esprit pour y parvenir n*est pas plus grand que celui par lequel nous arrivons à Tintelligence de certains verbes allemands, grecs, etc. ; ainsi : repentir (se repentir) ne se prête pas à la forme active, comme estimer (s'estimer). On comprend pourtant que certaines langues puissent lui accorder cette forme ; or, afin d'arriver à l'uniformité, 11 est naturel que nous ne nous enfermions pas dans un cercle d'exceptions.

exprimer certains temps doivent être traités à part, pour suivre, autant que possible et pas à pas, la marche de ces langues. D'ailleurs lorsque le verbe auxiliaire ne suit pas ou ne précède pas immédiatement le verbe qu'il détermine, on ne peut plus dire qu'il y ait cette impuissance que nous ne rencontrons presque jamais dans le grec ou dans le latin ; la phrase au contraire prend alors un cachet qui lui est propre et par lequel la pensée peut être quelquefois modifiée. Dans cette phrase : « Il avait, depuis ce temps, aimé les siens et craint ses ennemis, » La suspension causée par ces mots « depuis ce temps, » donne à l'auxiliaire une légère intention qu'on ne remarque pas quand il est rapproché du verbe ; de même l'application de cet auxiliaire à deux participes différents, donne à la pensée un aspect qu'elle n'aurait plus si les deux verbes suivaient chacun leur auxiliaire, sans aucun intermédiaire.

Pour satisfaire ce besoin des langues modernes, nous conserverons à l'auxiliaire son existence à part.

En général, l'auxiliaire rappelle le grammatical du verbe; nous lui transporterons donc ce grammatical en conservant au verbe la forme qu'il affecte à la suite : en français le participe passé, dans d'autres langues l'infinitif, etc. Il ne pourra s'élever de confusion dans l'esprit par la lettre initiale du mode, qui sera la même que la lettre distinctive des espèces de verbes, parce que l'auxiliaire n'aura plus, comme le verbe, deux caractéristique^ : une pour l'espèce du verbe, l'autre pour le mode :

EXEMPLES

Il a couru (i).

Dia lii cr — a.

Il vous avait, dites-vous, assuré que vous seriez bientôt arrivé. Dia de» Isi, g— 18 de«^ cr — a de» me» cr— a.

Nous distinguons, comme les grammairiens, les verbes être^ avoir ^

(1) La distincUon entre le passé indéfini et le passé défini, ne subsiste dans la Langue uuiverseUe que par rentremise de l'auxiliaire, comme cela a lieu en français.

LANGUE l]MnrERSEU.E.

devoir^ etc. , servant d'auxiliaires, de ces mêmes verbes, exprimant Fexistence, la possession, etc.

Tous ces verbes, employés comme auxiliaires, se résument dans le seul verbe que nous regardons comme tel, et qui indique le mode, le temps, la personne et le nombre. Les formes auxiliaires qui se rapportent aux distinctions exprimées en anglais par shall et tri//, should et would prennent les nuances du futur ou du conditionnel auxiliaire, lo et /8, m et m8. Ex, I shall go^ da loa 1 — s ; / will go^ da iHa 1 — s. / should expecty da ma g — s ; / would expect^ da msa g— s.

Le verbe être exprimant la liaison du sujet à Tattribut est essentiellement grammatical ; il aura donc tous les caractères de l'auxiliaire et la caractérisque du verbe.

Nous allons le conjuguer ici pour faire l'application de nos conventions. En plaçant un radical quelconque entre le g et la finale, on a tous les verbes possibles, et en supprimant le ^ on a tous les auxiliaires.

VERBE GSÊ (être).

Indicatif présent.

Passé.

da gla

je suis.

glia

je fus.

deagle

tues.

glie

tu fus.

dia gli

il est.

glii

il fut.

daa glo

nous sommes.

glio

nous fûmes.

dea gl8

vous êtes.

gli»

vous fûtes.

dia gl&>

ils sont.

glicd

ils furent.

Imparfait.

Autre passé.

glea

j'étais.

glêa

j'eus été.

glee

tu étais.

glêe

tu eus été.

glei

il était.

glêi

il eut été.

gleo

nous étions.

glêo

nous eûmes été^

gles

vous étiez.

glê»

vous eûtes été.

glew

ils étaient.

glêw

ils eurent été.

Plus-que^-parfait.

Subjonctift

glea

j'avais été.

gra

que je sois.

glse

tu avais été.

gre .

que tu sois.

glrt

il avait été.

gri

qu'il soit.

gleO

nous avions été.

gro

que nous soyons.

gleS

vous aviez été.

gr8

que vous soyez.

glc»

ils avaient été.

grw

qu'ils soient.

Futur simple.

Imparfait.

gloa

je serai.

gréa

que je fusse.

gloe

tu seras.

grée

que tu fusses.

gloi

il sera.

grei

qu'il fût.

gloo

nous serons.

greo

que nous fussions.

glo»

vous serez.

gre»

que vous fussiez.

gl06>

ils seront.

grew

qu'ils fussent.

Futur passé.

Parfait.

glwa

j'aurais été.

gria

que j'aie été.

glwe

tu aurais été.

grie

que tu aies été.

gl«i

il aurait été.

grii

qu'il ait été.

glwO

nous aurions été.

grio

que nous ayons été.

gl«8

vous auriez été.

gris

que vous ayez été.

glww

ils auraient été.

griw

qu'ils aient été.

Impératif.

Plus-que-parfait.

gne

sois.

grsa

que j'eusse été.

gnî

qu'il soit.

gr«e

que tu eusses été.

gno

soyons.

grsi

qu'il eût été.

gn»

soyez.

greo

que nous eussions été

gn«

qu'ils soient.

grs8

qî:e vous eussiez été.

gr^oj

qu'ils eussent été.

Infinitif: gsé, être. Passé: gsi, avoir été.

L'insertion d'un radical entre le g et la finale fournira les significations les plus variées du verbe ; il ne faut pas, en effet, perdre de vue que, ramenant les langues à leur unité, nous négligeons les irrégu-

Langue universelle. 21

larités de la forme, pour nous arrêter à toutes les nuances du sens. Ainsi les verbes qui admettent, pour le même radical, diverses formes représentant le même temps, n'affectent pour nous que la seule et môme forme de ce temps. Les parfaits moyens et futurs seconds, etc., de la langue grecque, se résolvent par le temps de l'actif ou du passif qui rend la même signification de la durée; il en est de même pour la voix dite moyenne en grec et déponent en latin : elle se résout par la voix active ou neutre, lorsqu'elle a la signification d'un de ces deux verbes, bien que la forme rappelle la voix passive.

On voit par la conjugaison dont nous venons de donner le tableau que nous analyserons aisément les verbes les plus compliqués à tous leurs temps et à tous leurs modes.

Prenons, par exemple^ le verbe grec :

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