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Au moyen de.
(me voici).
ÏANGUE UNIVERSELLE. 61
R^llemions sur la formation de« tables
des Oramitiaticaux»
En exposaut, dans notre deuxième partie, la formation de nos radicaux, nous avons soin de faire suivre chaque tableau de réflexions qui rappellent les motifs auxquels il faut rattacher la marche que nous avons adoptée ; nous faisons en même temps ressortir les nombreuses analogies qui relient entre elles les parties de notre ensemble. Cette méthode offre une pleine satisfaction à l'esprit de l'étudiant: car elle retire au sujet son aridité naturelle, en le soumettant à Tenchainement d'idées philosophiques ou pratiques; le radical n'est plus alors un assemblage de lettres dont l'oèil n'ose rechercher l'origine à travers les vicissitudes du temps ou le caprice des hommes; il repose sur des données plus ou moins justes sans doute, mais qui ont entre elles une corrélation qu'on peut croire nécessaire ; il a désormais sa raison d'être. D'autre part, la mémoire, qui se fatigue si promptement quand elle fait seule tous les frais de l'étude, trouve dans l'intelligence un auxiliaire puissant qui la se* conde et la soutient à chaque pas.
Nous allons employer le même procédé pour expliquer la formation des parties qu'on pourrait appeler radicales dans, les tables de nos grammaticaux.
On a déjà pu remarquer certaine symétrie dans le choix de la caractéristique chargée d'énoncer les diverses parties du discours : la douce b désignant l'adjectif qualificatif, la forte p s'offrait d'ellemême pour l'adjectif déterminatif ; g étant caractéristique du verbe, la forte c devait avoir le même emploi pour le participe; de même prenant j pour rappeler l'adverbe que nous avons nommé absolu, nous devions adopter h pour désigner l'adverbe dérivé ; la lettre f dont le caractère d'aspiration indique un certain effort de la parole, semblait mieux destinée que tout autre consonne à transmettre les sentiments que l'on a de la peine à contenir, et, par conséquent, à
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figurer Tinterjection. Les consonnes veit sont les seules qui niaient aucun rapport avec les autres consonnes qui leur correspondent.
On a dû remarquer aussi dans les conventions qui fixent l'analyse du verbe, du participe, du nom et des mots qui s*y rattachent, des analogies et souvent des similitudes qui en rendent la pratique aussi simple que facile ; nous allons nous arrêter maintenant aux parties du discours qui sont comprises dans les tableaux que nous venons de dresser.
Le pronom D a ses principales divisions disposées d'une manière facile à concevoir et à retenir : les pronoms des trois premières personnes répondent respectivement aux trois premières voyelles : en sorte qu'il est difficile d'oublier que de veut dire tu, puisque ce dernier, comme pronom de la deuxième personne, doit être caractérisé par le chiffre 2 ou la deuxième voyelle ; il en est de même des autres personnes. C'est une raison analogue qui a fait placer aux lettres a, e, y, fortes correspondantes de a, e, t, les pronoms possessifs relatifs aux trois personnes. Les quatre autres divisions sont préparées pour rappeler autant que possible la même signification, ou quelque chose de parallèle, avec la division de l'adjectif déterminatif. Quant au choix même de la lettre, il y a des analogies avec les radicaux dont nous allons exposer la formation dans notre deuxième partie. En effet, l'idée de but qui renferme tout un ordre d'idées est caractérisée par (o) ; le pronom démonstratif qm indiqtie l'objet comme un but devait réclamer cette lettre. Le pronom indéfini qui s'applique surtout aux quantités devait emprunter la voyelle (u), parallèle à la consonne (j), qui caractérise la grande classe de radicaux renfermés dans cette dénomination. D'ailleurs, daiïs nos grammaticaux et nos radicaux, ces deux lettres correspondantes «e reproduisent autant que possible quand il s'agit de rappeler l'idée de quantité. Maintenant le choix entre les deux dernières voyelles, pour exprimer les dçux dernières divisions du pronom, était commandé à la fois par l'accent prononcé de la voyelle &>, qui répond mieux à la nature de l'interrogation, et par l'idée de relation qui donne aux pronoms interrogatifs et relatifs, un caractère emprunté plus ou moins éloigné de l'idée générale exprimée par le
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})roâom ; or, dans nos radicaux, nous suivons une étlielle desceadnnte, et nous rejetons toujours à la dernière lettre ce qui est ou tout à fait spécial, ou accessoire : le pronom relatif, comme accessoire du nom, réclamait donc le dernier rang, 8.
Les classes des pronoms personnels sont complètement analogue» pour les trois personnes, de sorte que connaître Tune d'elles, c'est connaître celle des deux. autres personnes : dag, moi-même; deg» toi-même ; dig, lui-même, etc. Quant aux classes des autres divisions, elles sont surtout analogues avec celles des adjectifs déterminatifs, comme nous allons le faire voir.
Le tableau P des adjectifs déterminatifs rappelle les divisions du pronom; d'abord complètement pour les adjectifs démonstratifs, iodéfinis et interrogatifs ; ensuite, par similitude, pour les pronoms possessifs : nous partageons, en effet, cette espèce de pronom en adjectif possessif singulier, c'est-h-dire indiquant que la possession ne relève que d'une seule personne, et en adjectif possessif pluriel, indiquant que la possession relève de plusieurs personnes. Pour l'un comme pour l'autre, nos premières conventions nous imposaient les douces et les fortes correspondantes, aussi bien que Tordre numérique (a, e, i, a, e, y) que nous avons adopté. Quant à l'adjectif numéral qui se trouve caractérisé par (8) ; nous n'ignorons pas qu'on pourrait nous demander pourquoi nous ne l'avons pas caractérisé par (u) en reportant à la fin des voyelles la division indéfinie. Nous répondrons que ce qui convient ici à l'adjectif ne convenait pas au pronom ; et que, considérant d'ailleurs dans nos radicaux le nombre comme un cas spécial de la quantité, nous avons préféré suivre l'ordre adopté.
Les classes sont semblables ou analogues aux classes des pronoms ; celles de l'adjectif indéfini méritent surtout d'attirer notre attention ; elles ont d'abord entre elks une certaine correspondance, dans la comparaison des douces aux foftes. qui se remarque surtout ' pour : tout, purf et rien pur ; pour tel, pu» et quel, '^wfy plusieurs, puj et quelconque, pu^. Mais cette concordance est encore mieux marquée dans le rapport avec le pronom : dub, quelqu'un, correspond avec pud, quelque ; dug, chacun, avec pug, chaque ; dud,
rien, avec pud, tout; duv, Tun, avec puv, tel; puj, plusieurs (pronom), avec puj (adj.), plusieurs, etc.
Les tableaux F, J, T, ont entre eux des analogies dans leurs divisions, qui s'aperçoivent aisément au premier coup d'œil. Ainsi les quatre divisions de temps, de quantité, de comparaison et de manière^ subsistent pour ces trois parties du discours et sont représentés par o, ti, a, 8. .Nous avons déjà expliqué pourquoi la lettre u s'appliquait à la quantité ; il nous reste à parler des deux autres : la première, o, s'applique au temps, parce que nous avons une grande classe de radicaux, rangés sous la lettre correspondante (v), qui retrace les circonstances de la duréff ou du temps. Quant à la lettre a, elle se trouve nécessairement caractériser cette division, parce que les autres sont jusiifiées, sauf la lettre e, par des raisons déterminantes ; or celle qui conviendrait réellement à l'idée de comparaison serait la lettre u, qui dans les radicaux exprime un ordre d'idées sous le titre analogie : comme la place est déjà oc-* cupée, nous empruntons le caractère tout voisin a. Enfin la lettre 8 convient d'autant mieux à la signification de manih^e, que, dans tous nos radicaux, la dernière lettre, qui caractérise soit la classe, soit les ordres, soit même les genres et les espèces, nous sert constamment à distinguer les parties qui restent à énumérer, quand le nombre de ces parties dépasse dix. Or les divisions suivant lesquelles nous avons partagé les conjonctions, les adverbes et les prépositions ne sont, eu réalité, que les manières dont ces parties du discours figurent dans la phrase; la dernière colonne 8 devra donc représenter les manières autres que celles qui ont été spécialement distinguées.
Outre les quatre colonnes dont nous venons de remarquer les similitudes, lés tableaux Jet Ten comptent encore deux semblables; ce sont celles de situation et de lieu caractérisées par t et par t. La lettre i convenait à l'idée de situation , parce que la lettre correspondante D caractérise une classe importante de radicaux sous cette même dénomination. L'idée de lieu se trouve reportée par le choix justifié que nous faisons des autres divisions, à la colonne intitulée c.
Si nous considérons maintenant dans ces trois espèces de mots
les divisions qui ne sont pas semblables entre elles, nous justifierons aisément les rangs que nous leur avons attribués.
L*adverbe J, chargé de déterminer le verbe, n'a pas de rôle plus important que celui d'affirmer ou de nier : ces deux fonctions devaient donc être caractérisées par les deux premières lettres a, e, dans la série des voyelles. Quant aux subdivisions de manières d'être dans lesquelles nous sommes forcé d'entrer à cause du grand nombre des adverbes qu'acceptent ou que peuvent encore accepter toutes les langues pour exprimer des circonstances très variées ; nous avons suivi la classification qu'on remarquera dans nos radicaux, dans plusieurs rencontres, et notamment dans les manières d'être du monde moral.
La conjonction F a pour première fonction d'unir les mots ou les propositions : ce but, quand il n'est accompagné d'aucune autre circonstance, sera mieux figuré par la première voyelle (a). Maintenant la liaison la plus simple qu'elle puisse exprimer étant l'alternative, et plus tard une légère restriction, l'ordre des lettres e et t semble commandé par la nature des divisions. Quant au choix des lettres o, u, a, ^5, nous l'avons justifié plus haut. La lettre % chargée dans nos radicaux de former l'ordre d'idées relatif au raisonnement (ice), conviendra ici pour la conjonction explicative ^ comme la lettre 6>, chargée de l'ordre d'idées relatif à l'opposition (od&i), convient ici pour les conjonctions qui marquent opposition. Il reste l'idée de supposition, dont la caractéristique (y) est devenue obligatoire, et qui, du reste, rappelle des ordres d'idées connus dans les radicaux, sous les titres : vanterie (uvy) et mensonge (ujy).
Nous avons déjà eu occasion de donner des explications sur six des divisions de la préposition (t). Gomme nous procédons toujours du plus général au plus particulier, les rapports de l'infinitif (a) avec les autres mots, et ceux des mots autres que le verbe entre eux (e) doivent précéder les rapports spéciaux ou de cause. Pour ces deux derniers, notre embarras a été égal : car une fois convaincu que nous ne pouvions placer l'idée de cause à la lettre «, qui lui appartenait d'après la disposition de nos radicaux, nous n'avions plus que des analogies trop détournées pour motiver notre choix.
Nous avons alors regardé l'idée de destination commfe plus générale que ridée spécialisée de cause, et cette dernière mieux accentuée par la voyelle o ; ces seules considérations ont déterminé Tordre que nous avons adopté.
Si des divisions principales nous passons aux classes, nous trouverons des analogies non moins précieuses pour les trois espèces de mots que nous considérons : V, J, T. L'idée de situation, qui fournit une division semblable pour l'adverbe et pour la préposition^ est partagée en dix classes qui sont les mêmes pour ces deux parties du discours, et, par conséquent, jouissent pour les mots d'une complète analogie ; ainsi les mois devant, derrière, dessus, des^sous, eic.^ considérés comme adverbes, seront exprimés par jig, jid, jiv^ jij, etc., et considérés comme préposition, ils sont : tig, tid, tiv, tij, etc., qui ne différent que par l'initiale même chargée de représenter l'espèce des mots. Il y a encore ici des analogies avec les radicaux : car odiv indique la direction de bas en haul et odiy la direction de haut en bas, etc.
La division dtf temps qui est commune h ces trois espèces de mots, fournit pour l'adverbe des subdivisions entièrement semblables à celles de la durée dans nos radicaux ; seulement les consonnes répondent aux voyelles et réciproquement. Cette même classiiicallon a été suivie autant que possible pour les conjonctions et les prépositions : ainsi jod signifiant Tadverbe du temps passé; tod et vod expriment l'un la préposition et l'autre la conjonction relative au même moment de la durée.
Gomme pour le temps, la division de la quantité dans l'adverbe est calculée sur les ordres d'idées des radicaux qui sont rangés sous cette dénomination. Mais la similitude de ces classes pour les conjonctions et les prépositions est subordonnée aux besoins de la classification qui, pour ces parties du discours, restera plus incomplète que celle d*3 l'adverbe.
Les adverbes de comparaison seront aussi plus complètes que les conjonctions et les prépositions rangées sous la même dénomination. Les analogies seront moins sensibles que pour les divi6ions. que nous avons passées en revue, par suite des différences même
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que comportent, sous le point de vue de la comparaison dans foutes les langues, ces trois parties du discours.
Les adverbes et les prépositions de heu ont entre elles, pour leurs classes, une analogie parfaite ; la même analogie subsiste aussi régulière que possible entre les classes de cette division et celle de la situation. On comprend, en effet, tout le rapport qu'il y a entre ridée de lieu et celle de la situation. Ainsi : à l'extérieur^ adverbe signifiant à Vextcrieur d'un lieu, sera rendu par jeci ; et en parlant d'une personne ou d'une chose, il sera représenté par jici; de même : dans ce lieu se rendra par tst poo — o, et dans cette situation, par tit poro — ro. ,
Les classes des autres divisions de l'adverbe ont entre elles les analogies suivantes : celles de l'affirmation et de la négation se correspondent unirormément; celles des trois dernières divisions, relatives aux manières convenables, regrettables et quelconques, ont entre elles la corrélation qu'il a été possible d'introduire. On remarquera, du reste, dans ces cinq divisions la classe p qui rappelle l'idée de volonté, comme dans les radicaux qui ont rapport au monde moral, ip représente la classe désignée sous le titre de volonté.
Les classes des autres divisions de la conjonction et de la préposition sont peu nombreuses; elles sont déterminées par des considérations de peu de valeur et qui pourront être modifiées, aussi bien que l'ordre suivant lequel les cases de chaque classe sont occupées, avec les progrès de la langue dont nous ne faisons que de poser les bases.
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit dans notre grammaire sur l'interjection et sur les particules ; il suffit que nous ayons indiqué les divisions principales de l'une et de l'autre, et que nous ayons ainsi ouvert un catalogue qui comprendra toujours plus de cases que nous n'aurons de matériaux pour les remplir.