‹ Cours complet de langue universelleChapitre 67 sur 87 · RUTH · texte numérisé non relu

RUTH

Laudate pueri Dominum.

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ITAUEN.

Principes pour la transformation de la langue italienne dans la partie analytique grammaticale qui correspond à la Langue universelle.

La Langue italienne se compose des onze parties du discours que nous avons distinguées dans la Langue universelle.

Ce sont : le nom substantif, Farticle, Tadjectif, le pronom, le verbe, le participe, Tadverbe, la préposition, la conjonction, Tioterjeclion et la particule.

Elle a deux nombres : le singulier qui correspond à Tunité, et le pluriel à la multiplicité.

Elle admet deux genres : le masculin et le féminin ; dans l'analyse, nous donnons la caractéristique du neutre aux personnes, aux adjectifs et aux participes qui ne se rapportent à aucun nom exprimé dans la phrase ou sous-entendu : queîlo che piace agli uni\ pud dispiacere agli altri, ce qui plaît aux uns peut déplaire aux autres (dosa d8sa lidoli tybL duv», gibylî livopis tybl&> duru), dosa d8sa 1— li tyblw duvw, g— !i 1 — s tybL dufw.

La Langue universelle caractérise les différentes espèces de mots par une initiale ; les nombres, par les finales qui sont les voyelles douces pour le singulier, et les fortes pour le pluriel ; les genres, par la consonne qui précède la terminaison des mots dont le genre est exprimé.

ITAUEN. 229

IVom siibfltoiitif .

Le substantif se caractérise par le radical lui-même qui n'est pas, dans ce cas, précédé d'une consonne : lo spirito^ la tranquilità^ l'esprit, la tranquillité (a ibecea ra oc^ra) a — a, ra — râ.

Que le substantif soit régulier ou irrégulier, usité seulement à l'un des deux nombres, d'un genre au singulier et d'un autre au pluriel, la Langue universelle n'a pas à se préoccuper de ces accidents; elle constate la circonstance actuelle du genre, du nombre et du rôle que le nom remplit dans la phrase analysée : t7 grido^ le grida, le cri, les cris (a ofua, ra ofura), a — a, ra — ra.

L'italien distingue le substantif propre du substantif commun par une majuscule au commencement du mot ; l'analyse se conforme à cette distinction, et quand le radical n'est pas- exprimé, elle double le tiret : la saviezza di Socrate, il valore d'Achille^ la sagesse de Socrate, la valeur d'Achille (ra itira te Socrati, a id8a te Achilli) ra — ra te =i, a —a te «si.

L'italien n'a pas, comme les langues mortes et quelques langues vivantes, de cas particuliers : ce sont les prépositions qui établis-» sent les rapports entre les mots, et les substantifs ne font varier leurs finales que pour distinguer l'idée du nombre. Notre analyse caractérise le genre, le nombre et le rôle que le nom remplit dans la phrase. Ainsi, suivant ce que nous avons exposé dans notre théorie générale, le substantif sera terminé par :

Singulier Pluriel

a ou K quand il est sujet du verbe ;

e — 8 quand il est complément direct du verbe ;

i — y quand il est complément d'un mot autre que le verbe;

— 6) quand il est complément indirect du verbe régi par

une préposition exprimée ou sous-entendue ; u — 15 quand il est complément du verbe, sans préposition,

et indiquant ce qui est attribué à quelqu'un ou à

quelque chose.

Cette finale, placée immédiatement après le radical, indique que le substantif est masculin; précédée d'un r, elle indique le fé* minin.

Ex : la pittura dei costumi , la peinture des mœurs (ra up&)dora tey epahiy) ; ra — ra tey — y; egli alzà gli occhi al cielo e domandà loro, il leva les yeux au ciel et leur demanda (dia godivlii g yjode tiblo ybio va gudalii di8) dia g— lii e —g tiblo — o va g— lii dis.

Article.

L'article lo^ il^ la^ ne présente aticune difficulté ; il accompagne le substantif et est toujours représenté par la finale de celui-ci.

Lorsqu'il se joint au substantif en s'élidant devant la voyelle initiale, il doit rester distinct pour l'analyse : l'amore^ Vindustria^ l'amour, l'industrie (a idua, ra et(«ra), a — a ra — ra.

Quand il se compose avec les prépositions di^ a, tn, con, per^ «u, l'analyse le figure de la même manière : on le reconnaît alors dans le mot par le rapprochement de deux consonnes ou de deux voyelles, par le signe du féminin r ou par l'intercalation de la lettre i, qui figure un symbole d'addition (+) et sert aussi dans les radicaux composés : t7 colmo délia félicita, le comble de la félicité (a obspita teri idodari), a — a teri —ri ; l'utilità è preferibile ai piaceri^ l'utilité est préférable aux plaisirs (ra ibsra gli bipudra tybl» idow), ra — ra gli b— ra tyblw — w.

L'analyse place l'article partout où l'italien. l'emploie : devant les noms propres d'hommes, devant les noms de montagne et devant les rivières et les provinces : il semblerait plus convenable devant les infinitifs d'employer l'article neutre, comme cela a lieu en grec ; mais comme l'italien se sert du masculin, nous l'imiterons dans notre transformation.

Adjectif.

L'adjectif qualificatif est caractérisé par la lettre &, et l'adjectif déterminatif par la lettre p.

Ils prennent tous les deux la terminaison du substantif: O iroppo fortunati contadini / (fè jujcj bidotaê yldajiê !) O trop heureux habitants des champs ! fô jujw b — ê — ê.

Les augmentatifs et les diminutifs, qui sont nombreux dans la langue italienne, se transforment, comme on le verra plus tard, à l'aide des radicaux.

Le comparatif et le superlatif se transforment en plaçant les grammaticales / et r après la caractéristique de Tadjeclif, pour ceux qui se rendent par un seul mot ; et par les mots analytiques correspondants, pour ceux qui se forment en deux ou plusieurs mots : la figlia pazissima (Tuna madré savissima^ la fille très folle d'une mère très sage (ra elgyra brihira te p»ri elgsri britiri), ra — ra br — ra te p»ri — ri br — ri.

L'adjeclif dêterminatif est ou possessif, ou démonstratif, ou indéfini, ou interrogatif, ou numéral.

L'adjectif p(7i5^jit/* est, ou singulier, mto, rtio, suo, paa, pea, pia, ou pluriel, c'est-à-dire déterminant la possession de plusieurs : nostro, vostro, Im^o^ paa, psa, pya ; il s'emploie en italien presque toujours avec l'article : il tuo caro padre^ ton cher père (a pea bidua elgea), a pea b — a — a. On le place même après l'article indéfini : un, una; unmio amico^ un de mes amis, pi$a paa (ildubia) — a ; ou après l'adjectif démonstratif : questo vostro discorso mi offende^ voire discours m'offense (poa pea ubia dae gepoceli), poa p«a — a dae g — li.

L'adjectif démonstratif n'offre aucune particularité ; il accompagne le substantif, dont il'prend la finale, et se trouve tout analysé dans notre table des grammaticaux : questo libro^ quegli amiciy ce livre, ces amis-là (poa »vuva, poga ilbebia), poa — a,

poga — a.

L'adjectif indéfini^ qui offre une idée de généralité, est analysé d'abord par pu, et ensuite, comme les autres adjectifs déterminatifs, par la partie grammaticale que fournit notre tableau : ogni donna prudente è stimata, toute femme prudente est estimée (pudra azbadira bityra gli crep«jidra), pudra — ra b— ra gli cr— ra.

L'adjectif interrogatif y che ou quàte, se distingue du pronom de

232 fTALîEN.

même nom par le subslautif qui accompagne toujours le premier ; dans ces mots : che dite? che est pronom, tandis qu'il est adjectif quand on dit : che cosa dite ? que dites^vous 7 p<ure ore (gubito)

L'adjectif numéral italien prend quelquefois la marque du pluriel, et quelquefois il reste invariable. Afin de mettre d'accord toutes les langues sur ce point, il a paru plus convenable de faire accorder le nombre avec l'unité qu'il détermine. L'analyse pourra reproduire lea nombres ou en analysant chacun des mots italiens, ou en réunissant plusieurs de ces mots entre eux, ou en composant un seul mot : mille quattrocento diciannove^ mille quatre cent dix- neuf, pSbbbb — oh8 — bwa, ou p8b8h»a — p8obwa, ou enfin p8bob<ua que dans le calcul on réduit, en laissant la préfixe pb à bob&»a (Voir, pour la suite des nombres ordinaux et cardinaux, à l'article des noms de nombre dans l'analyse générale de la Langue universelle). Quand on énumère les heures, en italien, on sous-entend ordinairement le substantif, mais le genre même que prennent le nombre et l'article déterminent suffisamment l'unité sous-entendue : vi aspetto aile tre^ je vous attends à trois heures (dec gigola tobru pbiru) def g— la tobrw p8ir«.

Pronom»

Le pronom (d) est ou personnel, ou démonstratif, ou indéfini, ou possessif, ou interrogatif, ou relatif.

Le pronom prend toujours le genre du substantif qu'il représente, et comme il joue le même rôle que ce substantif, il s'analyse comme lui, à l'aide des finales que nous avons indiquées plus haut : ella si fida troppo a se stcssa, elle se fie trop à elle-même, dira divre (gidali) g — li jujw lyb divro pupro.

' Le pronom personnel^ iOy m, egîi, da, de, di, s'analyse régulièrement; il se joint souvent au verbe dont il est le complément indirect: facciamolo, faisons-le (gabnoldise) , g — noldise; avrd piaeere di vederviy je serai bien aise de vous voir (gabaloa idoe ta gagesdee) ,

g — loa — re la g— sdee (1). Cette réunion a lieu quelquefois pour deux personnes : ditemelo^ dites-le moi (gubenbldauldise), g — nsldauldise (2) ; t^i jirego di parlargliene , je vous prie de lui en parler (des gudagla ta lasdiuldoso), des g — la ta 1 — sdiuldoso. Quand les deux pronoms sont liés ensemble et séparés du verbe, leur transformation s'effectue plus simplement encore : glielo diedi , je le lui donnai (dauldie gipsdiia), dauldie g — lia.

Les pronoms démonstratifs questo^ poa; cotesto^ poba; guelfo, poga, ont leur signification analysée dans nos tables, et n'offrent pas de difficulté : dall una parte ini trae Vamore; d^aWaltra h sdegno; quello vuole ch'io ti perdoni^ e questo cKio mi vendichx; d'un côté m'entraîne l'amour, de l'autre la colère ; celui-là veut que je te pardonne, et celle-ci que je me venge (t8ro p^$ro od^cro dae gocadli a idujoa; t8ro pucero a ivya ; doga gipli vad da deu lidydara , va doa vadda dae gijyra), t8ro p»ro — ro dae g— li a — a; t»ro pucero a — a; doga g— li vad da deu 1— ra, va doa vad da dae g — ra. Le pronom ci^, signifiant cela^ peut être regardé comme un pronom neutre : non ho cià che vorrei, je n'ai pas ce que je voudrais (jeg gabala dose d8se gipma) ; jeg g—la dose d8se g— ma.

Le pronom indéfini italien est aisément analysé d'après nos tables de grammaticaux : altri è dotto^ aliri è ignorante^ l'un est savant, l'autre est ignorant (duva gli biteaa, dufa gli bifua) ; duva gli b — a, dufa gli b — a. Le mot altrui offre cette particularité, qu'il se place sans la préposition qui établit son rapport avec un autre mot : il maie altrui^ le mal d' autrui ; cià che altrui si deve, ce qu'on doit à autrui. Dans ces deux'circonstances, l'analyse reproduit l'espèce de complément que l'italien n'indique pas (a iboa duel) , a — a duci ; (dosa d8se ducu dua gibidili) , dosa d8se ducu dua g — li.

Le pronom possessif, mioy tuo^ suo^ daa, dsa, dya, se distingue

(1) La liaison des deux mots se reconnaît au rapprocliement des deux consonnes seid,

(2) La précision de notre analyse nous fait composer un mot plus long que le mot italien ; mais nous avons bien souvent une concision qu'aucune langue ne peut imiter. Ainsi, Tadverbe lusinghevolissimamente^ très-flatteusement, etc., se transforme par hruvi, etc.

2oU ITALIEN.

de l'adjectif en ce qu*il remplace le substantif : questa casa è vosira, celle maison est à vous (pora wgibora gli dera), pora — ra gli dsra; Leonida diceva : La viia vita appartiene alla natura, e la gloiHa délia mia morte è la mia ; Léonidas disait : Ma vie appartient à la nature, et la gloire de ma mort est à moi (Leonida gubilei : ra para agra ledli tybro ogabaro, va ra epajora teri pari agSri gli ra d«ra) ; B=a g— lei : ra para — ra 1— H tybro — ro, va ra — ra teri pari — ri gli ra dàra.

Le pronom interrogatif, chi (dw), n'offre rien que l'analyse ne puisse reproduire sans peine : di chi parlote ? de qui parlez-vous ? ty dwo (gubl8) g— 18 ?

Le pronom relatif, che, quale (d»), se transforme aussi régulièrement : l'uomo alla di cui protezione io dehha la mia fortuna, rbomme à la protection duquel je dois ma fortune (a albaba tybro le d8i epifjro da gepudala re pare epavegre), a — a tybro le d8i — ro da g — la re pare — re. Lorsque le relatif renferme une idée accessoire de grandeur ou de qualité, on trouve sa transformation dans nos tables : divenne pallido quai è la morte, il devint pâle comme la mort (Icbabalii botufiva d8va gli ra ag8ra), I— lii b— a d8va gli ra — ra.

Verbe.

L4talien a quatre sortes de verbes dits adjectifs : le verbe actif, le verbe passif, le verbe neutre et le verbe pronominal.

Le verbe actif est caractérisé par la lettre g avant le radical.

Le verbe neutre est caraclérisé par la lettre / avant le radical.

Quant aux verbes passifs et prenominaux, ils n'ont pas une caractéristique particulière, par la raison qu'ils sont composés de plusieurs mois, dont chacun reçoit l'analyse qui lui est propre. Le verbe passif est formé du participe passé (1) du verbe actif, précédé

(1) Le participe passé qae les grammairiens interprètent les uns comme acUf, les autres comme passif, a évidemment la signification passive ; U prendra donc CT pour iniUair.

du verbe être; ce parlicipe est eo réalité ud attribut, et le verbe être joue ici le rôle qui lui appartient essentiellement dans la phrase, celui de lier le sujet à l'attribut. Quant aux verbes prono^ minaux^ ils se forment des verbes actifs qui ont des pronoms de la même personne, l'un pour sujet, l'autre pour complément direct ; ce ne peut être \\k qu'un cas particulier du verbe actif; or comme nous tenons à reproduire par l'analyse chacun des mots qui entrent dans la phrase, nous restituerons au verbe sa signification active, et nous donnerons à chaque pronom le rôle qui lui est assigné auprès du verbe : egli si voltb aW esercito^ il se tourna vers l'armée (dia dive godibalii tipao ehabo), dia dive g — lii tipao — o; iomi trovava un giorno in casa di lei, je me trouvais un jour dans sa maison (da dae gobabylea p»o ovo^o tit ogiboro te diri), da dae g— lea p8o — tit — ro le diri.

L'emploi des nomh-es dans les verbes italiens est identiquement reproduit par l'analyse.

L'italien a, comme le français et l'espagnol, certains temps for* mes par un auxiliaire ; c'est tantôt avère et tantôt essere qui remplissent cet emploi. L'analyse se contente d'une seule forme auxiliaire; peu importe, en effet, le moyen par lequel on arrive à la formation du temps, pourvu que la signification de ce temps, et autant que possible sa forme, soient conservées : gli fu cavato un occhio, il eut un œil crevé (diu glii cropsgaa p8a yjoda), diu glii cr — a p8a — a ; non se ne dolse, corne avrebbe fatto un altro^ il ne s'affligea pas comme aurait fait un autre (jeg dive dosogivojlii Va mei craba pî5a dufa), jeg dive doso g — lii. Va mei cr— a p»a dufa.

Le verbe substantif, essere, prend la caractéristique g, qui rappelle qu'il est le verbe par excellence ; ce qui le distingue du verbe actif, c*est qu'il n'a pas de radical ; seulement lorsque l'existence est présentée d'une manière particulière, alors l'emploi des radicaux, tels que a, e, i, o, m, qui figurent cinq manières d'être différentes, font naodifier la caractéristique qui devient l si le verbe n'a pas de complément direct : sarebbe una sciocchezza per qualunque siasi auiore, d'aspirare aW approvasion générale, ce serait une

ITÂUEN.

folie pour un auteur, quel qu'il soit, d'aspirer à Tapprobation générale (gmei p8ra ifira tybe puheo larildia ulpeo, ta lîgivis tybro udygero bc^adero), gmei p{$ra — ra lybe puheo 1 — rildia — o, ta 1 — s tybro — ro b— ro.

L'analyse particulière des temps se fait aisément, parce que nous avons prévu toutes les nuances que le temps peut admettre dans le passé et dans Favenir : ainsi les temps principaux sont, pour le présent, analysés par l'absence de la voyelle entre la caractéristique du mode et celle de la personne (g — la); pour le passé, en inieffcalaDti eotre <;e6 deux caractéristiques, et pour le futur par un o intercalaire. Le passé défini et le passé indéfini n'exigent pas de caractéristique différente, car le premier se forme par la terminaison du radical italien et le second par l'emploi de l'auxiliaire : domandastiy tu demandas (gudalie), g — lie; hai domandatOf tuas demandé (lie crudaa), lie cr— a. Le tableau des temps de l'indicatif et du subjonctif peut donc être dressé de cette manière :

INDICATIF. ACTIF

Présent g— la, etc.

Jmpwfait g— lea, etc.

Passé défini g— Ua, etc.

Passé indéfini, •. • . lia cr— a, etc.

Passé antérieur. . . lêa cr— a, etc.

Plus-que-parfait. , . Ua cr—a, etc.

Futur g— loa, etc.

Futur antérieur,.. l'*)a cr—a, etc.

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