‹ Cours complet de langue universelleChapitre 87 sur 87 · TROISIEME EXEMPLE · texte numérisé non relu

TROISIEME EXEMPLE

ermite condescendance coucher balUemcnt

— u glei b— a; 1— li, 1— lii,

sommeil

za job va 1— lii,

ours faction effet

Vû)b — ra t»bi — w, za dia va jeb tuta — o:

ami nés mouche pose

lyb — i tiv — — ra 1— liri —

ami chasser

Dia —0 g— -lii —

regard

1— lii,

mouche Joue chasser mouche

Va — ra tiv — ro; g — lii, va — ra jufy

ami nés

tyb — i tiv — 0.

ExpUcaUon française.

—a, Termite'^ glei, était; b — a, condescendant; I — li, i7 se couche; 1 — lii, il bailla ; va za, et puis ; job, alors; 1 — lii, iommeilla; Vwb. mais; — ra, l'ours: t8bi — u (était) aux aguets; zava, et donc, dia, lui; jeb, ne (fut) pas; tuta — o, sans effet; — ra, une mouche^ Ir— liri, se posa; tiv — 0, sur le nez; tyb i — , à son ami; dia, lui;

g — lii, la chassa; — o, de son ami; 1 — liî, il regarda ; va, et; — ra, la mouche; tiv. — ro (était) sur la joue; g — In^ il la chassa; va, ^f ; — ra, la mouche; jufy (est) de nouveau ; liv — o, sur le nez; lib — i, à son ami.

SENS LITTERAL.

V ermite était condescendant; il se couche, il baille et s^ endort aussitôt. Voilà l'ours en sentinelle, et ce ne fut pas en vain ; un€ mouche vint se poser sur le nez de son ami, il la chassa^ il regarde^ et la mouche est tur la joue ; il la chassa encore^ er, de nouveau, la mouche est sur le nez de son ami.

L'absence des articles est une première indication qui semble tout d*abord ne laisser d'incertitude qu'entre le russe et le latin. En effet, si le grec est assez riche pour pouvoir se passer de l'article, ce qui arrive aussi quelquefois à l'allemand et à l'anglais , ces trois langues n'auraient pas manqué de déterminer la signification de plusieurs substantifs qui ne peuvent être pris ici dans un sens indéterminé. Quant au français, à l'italien et à l'espagnol, ils répugnent également à dire : mouche se pose sur nez à ami, etc. Nous avons donc à choisir entre les deux premières langues.

ours

Nous ne tarderons pas à remarquer les phrases vob — a, t8bi

faction effet

— w, za dia va jeb tuta — o — ; le dernier membre surtout ne peut rappeler la couleur latine ; il ramènerait plutôt nos souvenirs sur le grec que siir le latin ( &poL aÙTôç fxev oûx ôcvsu ). Or, nous avons eu d'assez fortes raisons pour éliminer le grec, et , ne pouvant désormais reconnaître le latin, nous sommes forcés de conclure que c'est une transformation du russe que nous avons là sous les yeux.

La vérification se ferait sur plusieurs points ; mais elle apparaît à la suppression constante du verbe substantif que nous sommes sans cesse obligés de rétablir, pour avoir la signification en français.

Mais il était, dans ces quelques lignes, un signe infaillible avec lequel nous ne pouvions rester dans l'indécision : le verbe 1 — liri. Il

368 LANGUE t'MVKRSELLE.

représente, en efTet, le verbe neutre poser (1) ; à Tindicalif (1) ; au passé ou prétérit (i) ; à la S* personne du singulier (i) ; avec Tintercallation du signe du féminin (r). Or, aucune des langues que nous avons soumises à notre analyse, excepté le russe et Tarabe , n'ad-* met cette nuance dans les personnes des verbes.

Nous avons terminé ces comparaisons analytiques (sur lesquelles nous demandons aux grammairiens de s'exercer, et que nous serons heureux de compléter plus tard) par Texamen de quelques phrases russes, afin d'appeler l'attention sur une langue qui n'est pas assez connue en France. Aussi susceptible d'énergie que de douceur, par la nature fle sa prononciation ; riche des emprunts heureux qu'elle a faits aux langues orientales; pouvant, dans l'analyse, rappeler tantôt les formes concises du latin, tantôt les nuances délicates delà phrase grecque, elle ne peut manquer d'obtenir, tôt ou tard, l'attention sérieuse des grammairiens et des littérateurs.

xi f^^

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