‹ Cours complet de langue universelleChapitre 86 sur 87 · DEUXIEME EXEMPLE · texte numérisé non relu

DEUXIEME EXEMPLE

naissance éducation instructiod pouvoir

Yod zab l — lie va, vab r — lie, vab r — lie, g — me

discours fils

zy g— S jobeg za, vad jeg paa glee, vab . — ^a, vab

esclave ancêtres

— a, deba va, vab a pea —a? Vab vy posa j8ba

existence pensée justice

1 — 11, za> jada g— le gsé deu b— se, vab da8, vab d8bss

entreprise Taçon façon réciproque

zy daa deo g — ro g — s, dogss ' vab dea g — $

pensée Justice

g — le b— se gsé ?

ExpIicaUon française.

Zab, d'autre part; vob, après que ; va, et ; 1— lie, tu fus né ; vab, et; r— lie, tu as été élevé; vab, 6f;r— lie, tu as été instruit ; zy g — me, est-ce que tu pourrais ; g — s, dire ; jobeg za, et d^ abord ; vad, que ; jeg glee, lu n'étais pas ; p«a, notre ; vab, et; —a, fils; vab, et ; —-a, esclave; va deba, et toi; vab, et; a pea, les tiens , — a, ancêtres? Vab, et; vy, si ; posa, cela; \—\i ]bbdi^ existe ainsi; zw, est-ce que; g— le, tu penses ; b— se, le juste ; gsé, être ; jada, également ; deu, à toi; vab, ery da», à nous; vab et; g— le, tu penses ; gsé, être ; b— se, juste; vab, et; dea, toi; g— s, faire réciproquement; dogs«, ces

LANGUE l'NIVERSKLLK 365

choses'là; dttbsr, que; zy g— ro, nous aurions entrepiùses; ^ — s, de faire ; deo, de toi.

SENS LITTERAL.

Après donc que tu fus ne et que tu eus été élevé et instruit ^ pour-^ rais'tu dire d*àbord que tu n'étais pas à nous comme fds^ comme esclave^ et toi et tes ancêtres ; et, s'il en est ainsi, penses-tu donc que le droit soit le même entre toi et nous, et parce que nous entreprendrions défaire sur toi quelque chose, penses'tu qu*il fût juste, de ton côté, de nous rendre la pareille^

L'ensemble de ces membres de phrase accuse évidemment la langue dont elles sont extraites; c'est à peine s'il est nécessaire de le démontrer.

Quelle langue, en effet, morte ou vivante, a fait tant de sacriGces à la partie grammaticale? Sur cinquante-quatre mots, seize seulement, c'est-à-dire moins d'un tiers, sont affectés de radicaux; le reste est composé de grammaticaux; et, parmi ces derniers, quatorze sont des conjonctions et cinq des particules. A ces symptômes, on ne peut méconnaître une langue qui attache le plus grand prix à harmonier les membres de phrase les uns avec les autres, et à expliquer, sans omission, les rapports des propositions entre elles. Cette langue a dû être élaborée avec goût, discernement, et des perfectionnements successifs, pour arriver ainsi à présenter comme l'analyse logique de la pensée, dans ses détails et dans son ensemble.

Quoique le français ait quelque sentiment de cette analyse, et qu'il soit aussi une langue aux constructions rationnelles, il doit comprendre son insuffisance pour reproduire les nuances dont abondent ces quelques lignes. L'allemand ne serait pas plus lieureux, et, malgré la richesse de ses particules, ne saurait lutter contre cette prosodie grammaticale. Au reste, il y a, outre cela, des richesses que le latin seul peut revendiquer, lui qui est encore plus éloigné de

366 LA?îGL£ LMVKRSKLLE.

r. ndre raison de tout cet appareil ménagé pour la précision et le charme de la pensée. Ces richesses sont dans la forme des verbes passifs, qui n'empruntent pas, comme dans les langues modernes, le secours des auxiliaires. D'autres ressources, telles que le futur du subjonctif g— ro, n'appartiennent pas même au latin. Nous avons donc reconnu la langue grammaticale par excellence, c'est assez désigner la langue grecque.

Page 1