‹ Cours complet de météorologieChapitre 119 sur 194 · CALCUTTA · texte numérisé non relu

CALCUTTA

APENRADE.

HALLE

PÉTERSBOURQ.

mm.

mm.

mm.

mm.

Janvier. ; .

Février. . .

Mars. - .

Avril. . . .

Mai

Juin ....

Juillet .' . .

Août .....

Septembre ,

Vnfin* 9

Octobre. . .

Novembre .

Décembre. .

Quoique ces nombres présentent encore de nombreuses anomalies, surtout en Europe, parce que les séries d’observations ne sont pas assez longues , cependant ils montrent qu’en hiver la pression de l’air sec atteint son maximum en hiver, et son tntntmum à l’époque des plus grandes chaleurs. La dilTérehce entre- ces deux extrêmes diminue à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur; car ai nous retranchons la moyenne des trois mois d!été de'celledu trimestre d’hiver, la différence est pour Calcutta de. 23^,55; à Apenrade, 7“i“,40; à Halle, 7”“,-49 ; et à Pétersbourg, 8“!“, 16. v Si l’on examine la pression de l’atmosphère tout entière, cette période disparaît en partie dans les latitudes élevées : le minimum de l’été ne diffère du maximum de l’hiver que d’un petit nombre de millimètres, et dans la saison chaude la différence est masquée

par la tension de la vapeur d'eau. La combinaison de ces deux pressions amène un minimum au printemps, parce fu’alors là pression de l’air sec diminue rapidement, tandis que la quantité de vapeur n’est pas encore bien considérable. On retrouve les traces' d’un second minimum en automne , parce que la quentité de vapeur d’eau diminue rapidement, tandis que la pression de l’air sec augmente lentement. Entre les tropiques cette période de la pression de l’air sec est plus marquée ; et quoique la pression de la vapeur augmente en été, ses variations ne sont cependant pas assez fortes pour masquer celles de l’air sec.

Ce fait, que la hauteur barométrique est moindre en été qu’en hiver, résuite des causes déjà énumérées, savoir, des changements de pression, et démontre d’une manière évidente les mouvements de l’océan aérien sur toute la surface du globe; non-seulement ces mouvements se font sentir dans des contrées rapprochées , mais d’un pôle à l’autre. A l’époque des équinoxes, où, sur toute la terre la température est égale à la moyenne annuelle, on observe partout la pression moyenne de l’air sec. Le soleil s'avance-t-il vers l’hémisphère boréal, celui-ci s’échauffe, tandis que l’hémisphère opposé se refroidit. Il en résulte un écoulement de l’air de l’hémisphère boréal vers Hiémisphère austral , et un déplacement des vents alizés vers le nord ; en d’autres termes , le baromètre se tient plus bas dans l’hémisphère oà règne l’été , et plus haut dans celui où règne l’hiver. Plus les pays se rapprochent de la limite où cet échange a lieu , et plus les différences seront marquées : la résistance que l’air éprouve à la surface de là terre rendra Ces effets beaucoup moins appréciables dans les pays éloignés de cette limite ; c’est pourquoi les différences entre la pression de l’air sec en été ot en hiver sont plus petites dans de hautes latitudes que sous l’équateur. Des observations ultérieures prouveront qu’à latitude égale elles sont plus grandes dans l’intérieur des continents que sur les bords de la mer.

Cet échange est intimement lié à la dépendance où sont les ^mnts des saisons de l’année (p. â1) et aux propriétés qu’ils leur doivent. Au printemps, lorsque la pression atmosphérique se rapproche de la moyenne i l’air s’échauffe, le vent nous arrive des contrées bo- -réales, et repousse le vent régnant de S.O. De là les tempêtes et les coups de vent de l’équinoxe. Cette lutte des vents froids du nord avec les vents chauds du midi amène des mélanges d’air sec et d’air humide etun temps variable, où la pluie, la neige et le grésil alternent à de courts intervalles avec un ciel parfaitement pur. En automne, au contraire, lorsque l’air vient du sud, ce sont les vents

DANS LKS DIVEHSES SAISONS.

du midi qui prédominent : ils versent sur l’Europe méridionale l'eau dont ils sont chargés, et arrivent chez nous parfaitement secs; de là le beau temps qui régne quelquefois au milieu de l'automno, et que l’on connaît en France sous le nom d’été de la Saint-Martin ; on Allemagne il s’appelle l’été des vieillards, et l'été indien dans l’Amérique septentrionale.

OSCIX.X.ATIONS XRRÉGUX.XÈRES SU BAROMÈTIUB.

— Après avoir prouvé la dépendance où ces grands mouvements de Valmosphère sont de la température, il nous sera facile de déduire de la même cause les oscillations accidentelles du baromètre; l’amplitude de ces oscillations irrégulières est d’autant plus grande qu’on s’éloigne davantage de l’équategr.

L’étude des lois de ces oscillations, suivant la latitude, par exemple, offre de grandes difficultés. Les anciens physiciens prenaient la différence entre le 7naximum et le minimum observés pendant le cours d’un grand nombre d’années. On renonça ensuite à cette méthode pour chercher la différence entre les deux extrêmes de chaque mois. On reconnut que les oscillations devenaient moins fortes à mesure que la chaleur augmentait; si ce travail embrasse un grand nombre d’années, on finit par trouver |x)ur chaque mois des nombres constants qui donnent l’amplitude moyenne de l’oscillation : nous l’appellerons l’oscillation mensuelle moyenne. Les observations d’une seule année suffisent pour obtenir une donnée approximative, mais une longue série peut seule conduire à un résultat rigoureux.

Quoique sujette à de grands inconvénients, cette méthode est la seule qu’on puisse mettre en usage. Elle suppose en effet qu’on observe les extrêmes réels, ce qui n’a lieu que dans un petit nombre de cas : aussi les différences sont-elles en général trop petites; car un météorologiste qui noterait la hauteur barométrique plus souvent que l’autre, obtiendrait des moyennes plus fortes. Toutefois, comme on observe ordinairement l’instrument trois fois par jour, les erreurs finissent par se compenser. Une autre circonstance à noter, c’est qu’on n'a point égard aux osciHalions régulières diurnes ; car si une perturbation atmosphérique accidentelle vient à diminuer la pression , celle-ci sera probablement encore moindre à l’époque du minimum diurne que si celui-ci n’avait pas lieu.

Le plus sûr moyen d’arriver au but consiste à préférer des intervalles aussi petits que possible; il faut observer chaque jour à des heures déterminées, et prendre los différences d’une observation à celle du jour suivant qui correspond à la môme heure, puis diviser la somme de ces différences par leùr nombre ; on trouve ainsi l’amplitude de l’oscillation diurne, et la moyenne des résultats

ISA PÔID3' de; L’ATMOSPIIÈRE

obtenus |iOur chacjüe mois donne l’amplitude moyenne du lieu. Plus loin je oommuniqueral quelques résultats ‘de ce genre.

■ R.OSB8 SUS VBMTS BAB.OBKBTlUQtJES. — Après avoir découvert la pression de l’air, les physiciens ne tardèrent pas à s’apercevoir qu'elle variait suivant l’état de l’atmosphère, et diminuait singulièrement pendant les orales, ün grand nombre d’hypothèses (Alt -été' proposées pour expliquer ces différences; toutes supposent que l’air, en mouvement doit exercer une moindre pression que l’air cahne. Mais les éléments de ces recherches sont pris uniquement en Europe et dans des stations rapprochées. Si l’on avait comparé des observations barométriques faites simultanément aux États-Unis , en Europe , én Asie , dans lès régions polaires et entre les tropiques, on aurait reconnu qu’une baisse extraordinaire du baromètre sur un point de ta surface du globe est compensée par une hausse extraoriîinaire sur un autre point. Ainsi, au lieu de se demander pourquoi lé baromètre est bas à l’approche des orages, on aurait pensé que de grandes différences de pression doivent amener de grands mouvements dans l’océan aérien. On aurait vu que les choses se’ passent dafis, l’air comme dans un étang à moulin : dès qu’on ouvre l’écluse, la pression de l’eau climinue dans ce point, et l’eau se’ met en mouvement dans toute l’étendue de l’étang, mais avec une rapidité d’autant plus grande que l’on est plus près de- l’écluse. '

Dans ces recherches les physiciens arrivèrent à reconnaître que les différents vents avaient une action différente sur la pression de l’air. Toutefois x.aiiibert est le premier qui , en U771 , ait donné le moyen d’arriver à un résultat {lositif : il faut, dit-il, choisir une longue série d’observations, noter la hauteur barométrique qui accompaque chacun des vents, et déterminer la pression moyenne qui correspond à chacun d’eux. Trente ans plus tard, Burckardt entreprit un travail de œ genre pour Taris, et Bamond le fit pouf Clermont en Auvergne. En t848, M. de Buoh étudia ces lois d’après les observations de Berlin , et, en démontrant l’influence dé chaque vent sur la pression aérienne et sur le temps en général, il leva de voile qui nous cachait ces rapports compliqués. Après lui , MM. Buek, Bov«, Eiiealohr, Kuppfer, Schouw et Xaemta Ont étudié le phénomène sur divers points de l’Europe; aussi peut-on maintenant déduire avec une approximation très-suffisante la direction du vent de la hauteur du baromètre. '•

Le tableau suivant montre quelle est la pression moyenne du baromètre sur quinze'pomts de l’Europe avec les' huit vents principaux. '' '

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