‹ Cours complet de météorologieChapitre 132 sur 194 · NE · texte numérisé non relu

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Moyenne.

Ce tableau prouve d’une manière péremptoire qu’en moyenne le baromètre baisse avant la pluie et monte tandis qu’elle tombe ; mais en même temps par les vents d’est, avec lesquels le baromètre descend, cette baisse est plus rapide le jour de la pluie que le jour qui la précède. Quelque chose d’analogue se passe pour la hausse avec les vents d’ouest.

L’ascension rapide qui accompagne la rotation de l’ouest au nord fournit, suivant M. Bove, un moyen simple de trouver dans un

312 POIDS DK L’ATMOSPHKHE

lieu donné le sens de la rotation; dix observations avec le N.O. sont suffisantes pour cela. Lorsqu’on confondait les phénomènes de l’ouest avec ceux de l’est , on voulait toujours que le baromètre montât ou descendît avant la pluie, et l’on s’engageait ainsi dans un dédale intextricable de contradictions. Lorsque , dans le conflit des vents du sud et du nord qui souffient dans la demi-circonférence occidentale de la rose des vents, toute la vapeur en excès des premiers s’est précipitée, alors le N.E., qui coule d’un pays plus froid dans un pays plus chaud, et dont la capacité pour la vapeur d’eau s’accroît sans cesse, ne précipite point de vapeur aqueuse à l’état de pluie : aussi a-t-on mis 6eau temps ôu très-sec en face du point où se lient la colonne barométrique lorsque ce vent souille. Le baromètre vient-il à descendre, on dit ; Il va pleuvoir; on devrait dire : Le vent du sud va souiller de nouveau. Si l’on entend par baisse avant la pluie le temps pendant lequel le vent va du N.E. à l’est et au sud , alors, sans contredit, le baromètre baisse avant la pluie. Mais on voit que c’est réunir deux phénomènes qui n’ont aucun rapjwrt ensemble ; et la théorie donnée d’abord, par Leibnitz, puis reproduite sous tant de formes, sera toujours incomplète, parce que, pour le cas de rotation irrégulière ou en sens contraire, los phénoqiènes sont opposés dans les deux demi-circonférences est et ouest de la rose des vents.

En comparant la marche de la température à celle des vents, et surtout la marche de l’instrument depuis le matin jusqu’au soir avec des vents différents (voy. p. 159), M. Sove est arrivé aux résultats suivants :

Dans la demi -circonférence occidentale de la rose des vents, la neige succède à la pluie; dans l’autre c’est le contraire.

De la neige avec des vents d’ouest annonce de nouveaux froids; avec des vents d’est, elle précède la chaleur. Le provei be nouvelle neige, nouveau froid est juste, parce qu’il neige plus souvent avec les vents d’ouest qu’avec ceux de l’est.

Veut-on appliquer ces principes aux variations accidentelles, alors ils se traduisent ainsi ; de la neige avec baisse du baromètre se transforme en pluie; la pluie avec hausse du baromètre se change en neige. La neige avec le baromètre montant annonce un froid plus rigoureux ; avec la baisse, une température plus douce.

11 en résulte aussi qu’il ne saurait neiger jiar un grand froid ; car, lorsque le vent du nord devient dominant et chasse celui du sud, il n’y a plus excès de vapeur d’eau dans l’atmosphère.

Une température constamment élevée après la pluie annonce de nouvelles pluies, car à l’est elle dépend de la prédominance régu-

> AVEC LA PLUE. 3l3

Hère du vent méridional. A l’ouest elle provient d’un changement dans un sens contraire à celui de la rotalion régulière, changement qui doit être compensé par le retour de l’état normal , et amener par conséquent une nouvelle précipitation de vapeur aqueuse.

Dans la moitié occidentale de la rose, le vent le plus froid souffle en bas, comme étant plus lourd; dans la moitié orientale, le plus chaud absorbe peu à peu le plus froid de haut en bas. Avec la pluie, le vent d’en bas aura donc en moyenne une hauteur barométrique plus grande que celui d’en haut; aussi la hauteur du baromètre pendant la pluie sera-t-elle moindre que la moyenne du vent en général, puisque c’est pendant la pluie que l’un chasse l’autre. La différence qui existe entre la hauteur barométrique d’un vent de pluie et la hauteur moyenne du même vent déj)endra de la valeur barométrique des vents et de la rapidité avec laquelle ils se remplacent. En hiver les différences barométriques des vents atteignent leur maximum et leurs changements sont très-brusques; aussi à cette époque la différence entre la moyenne pluviale d’un vent et la moyenne générale est-elle aussi grande que possible. Dans les hautes latitudes, la vapeur aqueuse tombe à l’état de neige ; c’est donc avec la neige que le baromètre se tient le plus au-dessous de la moyenne générale ; mais s’il tombe de la pluie et de la neige pendant la même rotation dans la rose des vents, alors la pluie correspond à la moindre hauteur.

La sub.slitulion de bas en haut du vent le plus froid au vent le plus chaud sur le côté occidental du compas annonce simultanément la formation de nuages, leur précipitation à l’état de neige ou de pluie, et une hausse barométrique. Souvent le vent précède les autres phénomènes, landis^qu’à l’est la formation des nuages précède le vent. A l’ouest la formation des nuages se fait de bas en haut, à l'est de haut en bas. Quand les nuages cessent de se former , comme le vent du nord devient dominant , on dit qu'ils se déchirent ; phénomène fort différent de la dissolution des cumulus, qui a lieu lorsque dans les beaux jours le courant ascendant vient à cesser. Les formations brusques des nuages appartiennent à l’ouest , où se font les mélanges rapides ; leur développement successif se fait à l’est : le cumulo-stratus correspond <à l’occident , le cirrus à l’orient. Celui-ci est une précipitation due à l’intervention d’un vent plus méridional; celui-là, une précipitation déterminée par un vent froid qui pénètre dans un air chaud.

Dans nos climats, les choses se passent le plus souvent ainsi; toutefois, en comparant la marche du baromètre avec les modilicalions de l’atmosphère, on observera souvent une succession

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314 POIDS DE L’ATSIOSPHÈRE

(lilîérenle dans les phénomènes. N’oublions pas d’abord qim la di rection du vent varie quelquefois sur des jxiinls très rapprochés; on rallache donc la hauteur baromélrique à un vent auquel elle ne corres|)ond pas. En outre il faut non-seulement tenir compte de la température et de l'humidité de la masse d'air qui arrive, mais encore des mêmes éléments dans l’air qui environne l'observateur. Cet air est-il très-humide, alors la pluie sera bien plus probable que dans le cas contraire. Un tel état relatif peut régner pendant des saisons entières, auxquelles il imprime son caractère. Je rappellerai sous CO point do vue les deu.\ étés de 1 834 et de 1 838. Pendant le premier, les vents d’est dominèrent et il a été remarquablement chaud. Pendant que le baromètre baissait, le ciel se couvrait de cirrus; puis venaient des cumulus épais, d’un bleu foncé; la pluie semblait prochaine , on s’attendait à un orage ; mais bientôt les vapeurs se dissipaient dans l’atmosphère. C’est tout au plus s’il tombait quelques gouttes de pluie, et au bout do quelques heures les nuages avaient disparu. Dans l'hiver humide et froid de 1838, les choses se passèrent différemment. Les vents de S.O. remplissaient tellement l’atmosphère de vapeurs, qu’elle était toujours saturée, et chaque changement de vent, chaque oscillation du baromètre était accompagnée de pluies violentes. A peine les nuages étaient-ils déchirés que le vent humide de la mer en amenait de nouveaux, sans que le vent d’est pôt jamais les chasser.

Il ne faut jamais perdre de vue toutes ces circonsUinces, , si l’on veut juger la valeur des oscillations barométriques. Ajoutez à cela que les instruments météorologiques ne nous disent que ce qui se passe dans le point où ils se trouvent. Si nous pouvions connaître la chaleur moyenne et le degré d’humidité ainsi que la direction du vent de toutes les régions de l'atmosphère, alors nous pourrions prévoir le temps avec une grande certitude. Un seul exemple suffit pour le prouver. Supposons qu’à la hauteur de 1300 mètres le point de rosée soit à zéro : si la température est seulement à audessus de zéro, il se formera tout au plus quelques nuages isolés que le soleil dissipera sans peine ; si la température s’abaisse au contraire à — 4’>, il tombera de la pluie. Mais à ces hauteurs il y a des variations de température bien plus fortes, quand même le thermomètre ne bouge pas à la surface de la terre. Jusqu’ici nous manquons d’observations faites sur des points plus élevés pour prouver cette assertion par des faits; car le petit nombre de points dans les Alpes, dont nous possédons des séries un peu longues, sont situés dans des vallées où des courants locaux changent la

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