‹ Cours complet de météorologieChapitre 139 sur 194 · PAR UN TEMPS SËREIN · texte numérisé non relu

PAR UN TEMPS SËREIN

conducteur, il y a production d’ctincclles s’ils sont en quantité suffisante. On les remarque déjà quand on frotte un bâton de résine dans l’obscurité et qu’on en approche le doigt; avec la machine électrique et d’autres appareils énei^iques, le pliénomène est encore plus évident. Si l’étincelle traverse l’air, on entend un bruit sec dont l’intensilé est en général proportionnelle à celle de la lumière.

Sans entrer dans plus de détails sur la nature de cette étincelle, je me contenterai de quelques remarques qui s’appliquent à la foudre. Plus l’électricité est intense, ou, en d’autres termes, plus il ' y a d’électricité qui traverse l’air dans un moment donné, plus la lumière est blanche et éblouissante. La lumière qui s’échappe deâ extrémités obtuses de la machine est rougeâtre et violette ; elle ne devient blanche que sur une pointe, où elle est plus concentrée. De même l’étincelle d’une bouteille de Leyde est d’un blanc éblouissant. Si, dans le vide de la machine pneumatique, nous disposons deux corps entre lesquels on fasse passer l’étincelle, celle-d s’étend sous forme d’une lueur violette diffuse, tandis qu’elle est blanche et circonscrite dans l’air qui conserve sa densité habituelle. Entre des nuages orageux rapprochés de la terre, les élincelles sont d’un blanc éblouissant; les orages, au contraire, qui sont à une grande hauteur dans l’atmosphère, lancent des éclairs rougeâtres ou violets.

Quand la tension des deux électricités qui se réunissent est consi- dérable, l’étincelle ne suit pas toujours une ligne droite ; on le voit déjà dans les machines faibles, où souvent elle se divise ou se meut en zigzag. Si l’on fixe une petite boule au conducteur d’une machine, et qu’on tienne la main ouverte à une certaine distance, alors elle est souvent frappée d’étincelles ramifiées ; de faibles différences dans la constitution de l’air, des particules de poussière, qui se trouvent sur la voie de l’étincelle, sont les causes probables de sa division.

Il en est de même des éclairs pendant un violent orage.

ÉLECTRICITÉ PAR UN TEMPS SEREIN. — Quand le ciel est pur et sans nuages, un insirument sensible placé dans un lieu découvert accuse presque toujours de l’électricité positive; elle ne devient négative que dans le cas où il y a des orages éloignés. Mais cette électricité positive varie en intensité; des nuages passagers, des souffles de vent la modifient en quelques secondes.

Les causes de ces changements n’ont pas encore été suffisamment étudiées. Si toutefois on observe à des heures déterminées, on reconnaît dans nos contrées l’existence d’une courbe dont de Saussure et Scbûbler Ont cherché à déterminer les éléments.

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Au lever du soleil, l’électricité almospliérique est faible; elle continue à augmenter tant que le soleil s’élève et que les vapeurs ■s’épaississent dans les régions inférieures de l’atmosphère. Cette période croissante dure en été jusqu’à 6 heures ou 7 heures du matin; au printemps et en automne, jusqu’à 8 heures ou 9 heures; en hiver, jusqu’à 10 heures ou midi. Peu à peu la tension atteint son maximum; pendant ce temps les régions inférieures sont remplies de vapeurs, l’humidité de l'air augmente, et la tension hygrométrique est plus forte que le matin : dans la saison froide il y a souvent du brouillard. Le plus souvent l’électricité décroît immédiatement après avoir atteint son maximum, d’abord rapidement, puis plus lentement. Les vapeurs visibles des couches inférieures disparaissent, les brouillards se dissipent, l’atmosphcre s’éclaircit, et les objets éloignés semblent se rapprocher du s{X3c.taleur Vers

2 heures de l’après-midi, l’électricité atmosphérique est déjà trèsfaible et à peine plus forte qu’au lever du soleil. Elle va en diminuant jusqu’à deux heures avant le coucher du soleil; en été, jusqu’à 4 heures, 5 heures ou 6 heures du soir; en hiver, jusqu’à

3 heures. Son minimum dure plus long-temps que son maximum. Dès que le soleil s’approche de l’horizon, elle commence à croître de nouveau , augmente très-sensiblement au moment du coucher du soleil, s’accroît pondant le crépuscule, et atteint un second maximum une heure et demie à deux heures après le coucher du soleil. Alors des vapeurs se forment dans les régions inférieures de l’air, l’humidité augmente, le serein tombe. Ce second maximum égale ordinairement celui du matin, mais il dure peu, et l’électricité diminue lentement jusqu’au lendemain matin.

Il est à désirer que l’on multiplie ce genre d’observations de manière à jiosséder des séries comprenant plusieurs années, afin que nous sachions le rapport (pii existe entre ces indications et celles des autres instruments. J ai commencé des séries à diverses reprises, mais la situation défavorable de ma maison, et d’autres circonstances, m’ont empêché de continuer ce travail. Toutefois les résultats obtenus à Halle m’ont paru dilTérer de ceux qu’on avait trouvés dans l’Allemagne méridionale. 11 en est de même des montagnes. Mes observations sur les Alpes semblent montrer qu’il n’y a qu’un minimum le matin et un maximum le soir.

Outre la période diurne, il y a encore une période annuelle. L'électricité positive des terni» sereins est bien plus forte en hiver qu’en été , et varie d’une manière régulière dans l’intervalle qui sépare ces deux saisons.

Le manque d’observations prolongées ne permet pas d’indiquer

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