‹ Cours complet de météorologieChapitre 140 sur 194 · PAR UN TEMPS SEREIN · texte numérisé non relu

PAR UN TEMPS SEREIN

In canso do cette différenco. Los vapeurs qui s’élèvent sans cesse des régions inférieures entraînent dans les régions élevées une quantité considérable d’électririté positive dont l’instrument indique la présence. Toutefois on peut se demander si les changements que nous observons dans le bas ont réellement une marche concordante avec l’état moyen des couches supérieures. L’expérience montre que l’électricité positive devient d’autant plus forte qu’on s’élève davantage dans l'atmosphère. La hauteur absolue et l’absence de tout abri ont une grande influence : aussi de Sausiure ne crainl-il pas de dire que nous aurions une aussi forte, électricité dans une plaine que sur le sommet d’une montagne, si nous n’étions pas dominés par les objets environnants. Deux conditions modifient les indications de nos instruments : ce sont l’électricité de l'air et son pouvoir isolant.

Sup|H)Sons, pour plus de simplicité , que l’air à la surface du sol ne possède point d’électricité, et que nous ne trouvions qu’è une certaine hauteur une couche aérienne qui donne des signes d’électricité ; c’est donc comme si un corps électrisé était suspendu audessus de la terre ; ce corps agit au-dessous de lui par contact et par influence. Quel est celui de ces deux modes d’action qui l’emporte sur l’autre? C’est ce qu’il est difficile de décider. Peut-être tous deux sont-ils également influents; mais quand le ciel est serein, comme dans le cas présent, c’est le mode par influence qui est le plus puissant. L’électricité positive de l’espace attire l'électricité négative dans la pointe de la verge métallique; l’électricité positive est repoussée dans sa partie inférieure, et, comme la première s’écoule, la seconde donne des signes de sa présence. Supposons que l’électricité do la voûte du ciel conservât toujours lu même intensité , mais se rapprochât du sol; alors assurément l’électricité produite par influence sur l’électromètre aurait une tension plus forte, mais à distance égale l’action isolante de l’air, qui n’est pas la même , produirait un effet analogue. Rappelons-nous les expériences de la machine électrique ; lu distance do deux corps ne changeant pas, l’électricité produite par influence est surtout énergique quand les deux corps sont séparés par une couche d'air; mais des corps très-mauvais conducteurs, tels que le verre et les résines, sans être aussi épais, déterminent une tension aussi forte. Ces expériences montrent clairement qu’à distance égale on obtient des tensions différentes, suivant le pouvoir isolant des corps interposés. 11 est trèsprobable que des expériences faites dans le môme lieu, mais dans des états thermométriques et hygrométriques différents, donneraient des tensions fort inégales, quand même la distance resterait

toujours la même. Avec un air sec, qui isole très-bien, la tension' sera moindre que par un temps humide.

La même chose a probablement lieu dans l’atmosphère. La force de l’électricité des hautes régions restant la même à distance égale, celle de nom contraire, qui est attirée dans le sol, augmentera ou diminuera, suivant que l'air sera humide ou sec, et l’observateur aurait tort de conclure que celle de l’espace a augmenté ou diminué.

L'hypothèse que nous avons faite ne se réalise jamais complètement dans la nature; car, les vapeurs s’élevant sans cesse et la végétation étant en activité pendant une partie de l'année, le sol se trouve à l’état négatif tandis que l’atmosphère est positive. Chaque particule aérienne possède également de l'électricité positive; mais les influences de la terre et celle des couches supérieures décomposent les deux électricités de la particule , qui sera chargée à sa partie inférieure d’un peu plus d’électricité positive qu’à la supérieure. Ceci complique singulièrement la question de l’accroissement de l’électricité avec la hauteur. Toutes les particules agissent sur la tige qui surmonte l'éleclromètre ; mai# leur action diminue avec la distance, et est d’autant moins énergique que l’air isole mieux. Ce que l’observateur regarde comme un effet des couches supérieures est souvent dû à l’action de couches élevées à peine d'une centaine de mètres au-dessus de l’instrument.

J’ai cru nécessaire de consigner ici ces remarques, car on donne souvent aux indications de l’électromètre une plus grande importance qu’elles n’en ont réellement. Si donc nous cherchons à expliquer les variations diurnes et annuelles de l’électricité, nous ne devons pas perdre de vue l’état hygrométrique de l’air. Après le lever du soleil, l’évaporation commence avec l’accroissement do la température, il s’élève une foule de vapeurs chargées d’électricité positive, de façon qu’il se trouve dans les couches inférieures un plus grand nombre de corps électrisés que pendant la nuit. Mais la quantité de vapeur d’eau contenue dans un mètre cube d’air augmente principalement dans les couches inférieures; et comme l’air est encore assez humide, les particules peuvent agir à distance sur r électromètre, dont la tension augmente. A mesure que la température s’élève, l’évaporation devient plus active ; mais en été il se {MToduit en même temps un courant ascendant qui entraîne les vapeurs, dont la quantité diminue en bas vers les 9 heures du malin ; alors moins de particules agissent sur l’électromètre ; et comme l’humidité relative tend à diminuer, l’action par influence est moins énergique : de là le maximum qui précède ce moment. Dès que le courant ascendant devient plus énergique, les vapeurs s’é—

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