PERTURBATIONS MAGNÉTIQUES
l’après-midi elle est déviée de plusieurs degrés vers l’ouest; elle revient ensuile à l’est et vers minuit elle affecte à peu près la même direction que le matin ; puis elle reste stationnaire pendant plusieurs heures et se meut lentement vers l’est. L’amplitude de ces oscillations régulières est plus forte en été qu’en hiver et pendant un jour serein que ()ondant un jour couvert. Dans nos pays elles embrassent environ 15'; elles augmentent à mesure qu’on s’approche du pôle et diminuent d’amplitude vers l’équateur. Mais partout on a constaté que le matin le pôle nord de l’aiguillé se riirige plus vers l’est que dans l’après-midi. • •
L’inclinaison et l’intensité montrent des variations analogues, mais qui ont été moins bien étudiées jusqu’ici; elles sont toujours liées aux températures inégales des pays situés à l’est et à l’ouest du lieu d’observation. Avant midi les contrées situées à l’est étant plus chaudes que celles qui se trouvent à l’ouest, le pôle nord de l’aiguille s’en éloigne; l’après-midi c’est le contraire : le [>ôle nord s’éloigne des contrées plus chaudes situées à l’ouest et se tourne de nouveau vers*l’est. Plus la différence de température est considérable dans la journée, et plus ces oscillations sont marquées ; aussi leur amplitude est-elle plus grande en été qu’en hiver.
La déclinaison parait varier assez régulièrement dans le cours d’une année , toutefois cet élément n’a pas encore été déterminé par un nombre d’observations sutiisant.
VARlATIOXfS XRRÉOUUIiRES MAGMÉTISMH
TER.R.ESTRB. — Si l'on choisit des aiguilles très-mobiles et qu’on puisse déterminer leur position à quelques secondes près , comme cela est facile avec l’appareil de M. Gausf, alors on voit que dans nos contrées l’aiguille n’exécute pas ses mouvements d’une manière régulière; elle marche pendant un certain temps d’une manière assez uniforme, puis elle s'arrête et revient en ar-^ rièro en suivant sa marche accoutumée. Même avec des appareils ^ moins parfaits on peut s’assurer que l’aiguille se meut pendant plusieurs jours vers l’est ou vers l'ouest, puis revient à sa direcdon moyenne dans le plan du méridien magnétique. Ces perturbations, dont une entre autres va fixer plus spécialement notre attention, existent aussi pour l’inclinaison et l’intensité, et tiennent jirobahlement à une distribution anormale de lu température à la surfaco du globe. Celte sup|)osition est d’autant plus vraisemblable que la déclinaison dépend, comme la hauteur du baromètre, de la direction du vent et de la température. Mais ces perturbations se ma-r nifeslent sur une plus grande surface que celles du baromètre ; car de fortes déviations ont été observées à la fuis et dans le
Dit hy Cn-jgle
même moment dans l’Europe occidentale et dans l’intérieur de
l’Asie.
Tels sont les faits principaux que présente le jnagnétisme terrestre. Dans mon Traité de météorologie j’ai indiqué les lois et les méthodes d’observation ; ici j’ai seulement présenté les faits indispensables pour faire comprendre les principaux phénomènes des aurores boréales, qui appartiennent à la météorologie, puisqu’ils se passent probablement aux limites de l’atmosphère.
AURORES BORÉAliBS [Nordlichter, Nordscheine, Polar— lichter). — On comprend sous ce nom des phénomènes lumineux qui se montrent vers le nord aux habitants de l’Europe; cependant les voyageurs ont vu des aurores dans le voisinage du pèle sud : on les nomme aurores australes [Südlichter),
Segment obscur. — D'après le témoignage unanime des observateurs du nord de l’Europe qui ont observé beaucoup d’aurores boréales, leur marche est la suivante *, s’il faut en croire M. Arge • lander : un aspect sale du ciel, dans le voisinage de l'horizon et dans la direction du nord, précède-l’aurore boréale; bientôHa couleur devient plus sombre, et l’on voit un segment circulaire plus ou moins grand entouré d’un arc lumineux : ce segment a l’aspect d’un nuage épais. Bergmann et M. Hatuteen disent qu’à Upsal et à Christiania ce segment est quelquefois noir ou d’un gris foncé passant au violet. Plus on s’avance vers le nord moins ce segment est noir, et dans les hautes latitudes on peut à peine le distinguer. On aperçoit aussi ce segment dans les latitudes peu élevées; tous les observateurs de l'Allemagne l’ont noté pour l'aurore boréale du 7 janvier 1831 .
Axl'existence de ce segment se lie l’observation de GUiIer, qui dit qu’en Suède, sur les hautes montagnes, le voyageur est quelquefois enveloppé subitement d’un brouillard très-transparent d’un gris blanchâtre passant un peu au vert, qui s’élève du sol et se transforme en aurore boréale. D’anciens observateurs ont parlé de cette analogie entre l’aurore boréale et de légers nuages; quelques voyageurs dans les régions polaires ont mentionné de nouveau ces apparences. Tirrangel dit positivement que , dès qu’une lueur s’élevait de l’aurore vers la lune, celle-ci était immédiatement entourée d’une couronne; souvent aussi la lumière se dissipait en légers nuages, qui restaient blancs et se montraient le lendemain à la voûte du ciel sous la forme de petits cirro-cumulus.
' • Voyez aussi une excellente description de l'aurore boréale parM. Uoliia. dans les Éléments de Physique de M. Pouilirt, t. Il, p. 663, et le résnmé succinct de toutes les observations faites sur ce phénomène pendant l'hivcrnagiî à Bosekop, dans une lettre à M. Arago. [C mples rendus de l'Acad. des sciences, t. x, p. 289.)