DIRECTION MOYENNE
tour d’une charnière, le vent la déviera de la verticale, et, pour la ramener à sa première position, il faudra employer une force d’autant plus considérable que le vent sera plus fort. Si donc on suspend à un levier qui fasse corps avec cette surface un poids capable de la ramener à la position verticale, la force du vent pourra se déduire du poids employé. Au premier abord cette idée parait fort simple, et cependant elle est fort difficile à mettre en pratique. Il est préférable d'opposer au vent une plaque pesante et de mesurer l'angle dont elle est déviée de la verticale. Tous ces appareils ont un vice comuiun, c’est qu’ils ne peuvent qu’indiquer la force du vent au moment de l’observation ; et pour obtenir la vitesse moyenne, il faudrait observer continuellement.
De tous les anémomètres celui de Woltmann me paraît le mieux imaginé. Qu’on se figure une girouette ordinaire munie, du côté tourné vers le vent, d’un axe horizontal qui porte deux petites ailes de moulin. Le courant aérien donne d’abord à la girouette une direction convenable ; puis il met les ailes en mouvement. Celles-ci tournent d’autant plus rapidement que le vent est plus fort. Pour compter les tours, l’axe porte une vis sans fin qui s’engrène avec une roue dentée. Si l’on note sa position au commencement et à la fin de l’observation, on en conclut facilement le nombre de tours accomplis dans une minute. Pour en déduire la vitesse du vent, il suffit de choisir un jour calme et de parcourir dans une voiture ou sur un chemin de fer une distance connue dans un temps donné. Il est évident que l’elfet sera le même que si, l'instrument restant en repos, l’air était en mouvement. Alors on construit une table qui nous apprend quelle est la vitesse du vent (jui fait tourner les ailes iO, 50 ou 60 fois dans une minute. On pourrait aussi à la rigueur régler l’instrument en le plaçant sur une plaine découverte et en observant à quelle distance le vent transporte en une minute des corps légers, tels que des petits morceaux de papier, du duvet, ou des feuilles.
Il serait sans doute fort désirable d'avoir un grand nombre do mesures exactes de la vitesse du vent, mais de graves difficultés ont entravé de tout temps ce genre do recherches. En effet, l’instrument doit être établi dans une vaste plaine, en plein air ou sur un toit, situations fort incommodes pour un observateur. {Voy. la note R.)
La vitesse dos courants aériens supérieurs se mesure par la rapidité avec laquelle l’ombre d’un nuage se meut à la surface de la terre.
niRECTiON MOTEimE Bü VENT. — Je suppose que dans un même lieu on ait noU^ [Mandant un certain temps la foivo et
Di;
bv G'ioglc
DES VENTS
la direction des vents , on se demandera d’abord quel est le vent qui a soufllé le plus souvent. On obtient ainsi 8 ou IG nombres qui ne nous apprendront pas ce que nous voulons savoir; mais si nous savions combien de fois et avec quelle force chacun de ces vents a soufllé , nous pourrions arriver à un résultat positif. En effet, chaque vent fait passer par le lieu qu’habite l’observateur une masse (l’air provenant de la région d’où il vient. A vitesse égale , cette masse d’air est d’autant plus considérable que le vent a régné plus long-temps. Si ce vent est suivi d’un autre qui souffle dans une direction diamétralement opposée, il ramènera cotte même masse d’air. Comme l’on estime rarement la vitesse des vents, nous sommes forcés de tenir seulement compte de leur fréquence et de supposer leur. force égale. Admettons donc que dans un lieu donné le vent du nord ait souillé 30 fois, celui du sud 20 fois : le premier a amené une masse d’air que nous désignerons par 30 ; mais de cette masse le vent du sud en a ramené les deux tiers ou 20, et le résultat déflnitif est le même que si le vent du nord avait souillé 30-20, ou 40 fois. Si le vent du nord et celui d’est avaient souillé chacun 20 fois, le résultat eût été le même que si le vent avait soufllé du N.E. En considérant ainsi les vents comme des forces qui mettent l’air en mouvement, nous pouvons chercher leur résultante d’après les lois de la mécanique , et nous obtenons ainsi la direction moyenne du vent. II nous reste à déterminer non-seulement la direction , mais encore la force de cette résultante. Pour y parvenir, supposons que toutes les directions observées soient au nombre de 4000, et divisons par ce nombre la vitesse comptée sur la direction moyenne du vent. Si donc nous trouvons que pour un lieu donné la direction moyenne du vent est S. 63® O., et sa force 458, cela veut dire que les 4000 vents que l’on a notés dans ce point ont agi sur le déplacement de l’atmosphère de la même manière que si 458 fois le vent avait soufflé du S. 63® O.
* Il est facile d’obtenir par une foimule générale cette direction moyenne. Sur nne rose des vents, menons un rayon du centre jusqu’au point de la circonférence d'où vient le vent, et convenons de désigner cette direction par l'angle (azimuth) que cette ligne fait avec la ligne méridienne en allant du nord vers l’est. La tangente Irigonomélrique de cet angle sera donnée par la formule
N. — S. + i iN.E. + N.O. — S.E.-f-S.O.)
en convenant de représenter p.^r N„ N. E., E., etc., les nombres de fois que chacun des vents correspondants a soulHé sur un nombre total de KXX) fois.
Une fois cet angle obtenu, le produit du dénominateur de la fraction précédente par la sécante trigonométrique du même angle donnera la résultante générale du vent.
I.,e résultat de ces calculs n’est pas très-rigoureux , car, faute d’un instrument commode et exact propre à mesurer lu vitesse du vent, l’on est obligé de supposer que chaque espèce de vent a soufflé moyennement avec la même vitesse. M.
Cetlo méthode est celle de x.ambert. M. Bchouw cherche le rapport niimériqtio des vents d’est (N.E., E., S.E.) aux vents d'ouest (N.O., O., S.O.) , et celui des vents du nord (N. O., N., N.E.) aux vents du sud (S.O., S., S.E.). Si, dans un même lieu et dans un temps donné, les vents ont soufflé, celui du N. 84 fois; N.E. 98; E. •H 9; S.E. 87; S. 97; S.O. 185; O. 198; N.Ü. 131 , en supposant que le nombre total des vents est de 1000, nous verrons que le nombre total des vents d’est a été
98 + 119 + 87 = 304; celui des vents d’ouest,
185 + 198 + 131 = 514; celui des vents du nord,
131 4- 98 + 84= 313; et celui enfin des vents du sud ,
Nous trouvons donc pour celle localité que la fréquence des vents d’est est à celle des vents d’ouest comme 304 : 514, comme 1 ; 1,69; et la fréquence des vents du nord est à celle des vents du sud comme 313 : 369, comme 1 : 1,18. Ainsi la fréquence des vents de sud et d’ouest l’emporte sur celle des vents du nord et de l’est. On arrive au môme résultat par la méthode de Xiambert, qui, dans l’exemple précédent, donne S. 76° O. pour la direction, et 177 pour la force moyenne du vent.
CAUSES DBS VENTS. — Comme ces courants sont toujours produits par une rupture d’équilibre dans l’état de l’atmosphère, il semblerait au premier abord qu’ils dussent reconnaître un nombre infini de causes. Mais une analyse plus détaillée montre que toutes ces causes se réduisent à des différences de température entre des pays voisins. Supposons que deux colonnes d’air aient la même température dans toute leur hauteur, elles seront en équilibre; mais si la terre sur laquelle elles reposent s’échauffe inégalement, l’équilibre sera rompu.
Faisons abstraction de la sphéricité du globe; supposons que l’air ait la môme densité dans toute sa hauteur, et qu’il ait une limite supérieure bien déterminée. Désignons par AB (pl. ii, fig. 1) la surface de la terre, et CD la limite de l’atmosphère parallèle à AB. Si toute la surface AB s’échauffait également, l’air se dilaterait et éloignerait de la terre la limite CD. Mais si la portion EF est échauffée tandis que AE et FB conservent la môme température, ,
DES VENTS
alors la colonne d’air EFIL se dilatera, et sa limite supérieure sera plus élevée en GH que JL, par exemple. Mais, de même qu’une goutte d’eaa tombant sur une surface liquide s’étend également dans tous les sens, de même la masse d’air située entre GH et IL s’écoule de tous les côtés et produit des vents qui, ainsi que l’indique la flèche d’en haut, souillent des pays plus chauds vers des pays plus froids.
Tandis que ces phénomènes se passent dans les régions supérieures de l’atmosphère, l’équilibre est aussi rompu au niveau du sol; le poids des colonnes ACIE et FBLD étant augmenté de tout le poids de l’air qui s’est épanché à leur surface supérieure, cet accroissement de poids se communique de tous les côtés avec d’autant plus de facilité que le poids de la colonne dont LF est la base se trouve diminué. De même que l’air comprimé dans un ballon s’écoule au dehors dès qu’on y pratique une ouverture, de même l’air s’écoule dos parties plus froides vers les régions plus chaudes dans la direction des flèches inférieures.
Si la région EF s’était notablement refroidie, l’atmosphère située au-dessus se serait contractée ; et les colonnes d’air .\E et FB se seraient écoulées vers EF, tandis que deux courants inverses auraient eu heu à la surface du globe. La combinaison de ces faits nous conduit à la conclusion suivante :
Si deux régions voisines sont inégalement échauffées, il se produira dans les couches supérieures un vent allant de la région chaude à la région froide, et à la surface du sol un courant contraire.
Telle est la cause de tous les vents que nous observons. La petite expérience suivante, due à Francklin, représente très-bien ce qui se passe dans l’atmosphère. Ouvrez en hiver une porte qui fasse communiquer une chambre chaude avec un appartement froid; il y aura deux courants ; l'un supérieur, do la chambre chaude à l’appartement froid; l’autre inférieur, en sens contraire.
Pour s’en assurer, il suffit de placer deux bougies, l’une en haut, l’autre en bas de la porte; la flamme de la première se dirigera de dedans en dehors, celle de la seconde en sens contraire. Quelquefois ces deux courants existent en haut et en bas d’un carreau imparfaitement mastiqué; et nous observerons qu’en hiver il s’accumulera une couche de glace plus épaisse à sa partie inférieure. Dans une cheminée, dans le verre d’une lampe, il s’établit un courant ascendant qui alimente la flamme; et ce courant est d’autant plus énergique que les parois du tuyau do la cheminée ou du verre de lampe sont plus échauffées L
■ Les vents ainsi produits ont été nommés vents d'aspirnlion. En voici un exem-
Quelques physiciens se sont efforcés de cherchée dans le globe terrestre lui-méme la cause de tous les vents. Dans les montagnes, ont-ils dit, les vents sont plus violents parce qu’ils s’échappent du sein de la terre avec une plus grande facilité. Mais, si les vents sont plus forts dans les pays de montagnes, cela tient uniquement à ce que les vallées ou les sommets déterminent des courants locaux dont la vitesse s'ajoute à celle du vent principal. Si des vents du sud violents régnent dans le midi de l’Europe, ils acquiérent dans les vallées des Alpes de la Suisse, où ils sont connus sous le nom de /'oen, une violence dont on ne saurait se faire une idée L’eau se comporte de la même manière quand le lit d’un fleuve se rétrécit ou se hérisse de rochers : des courants rapides se précipitent partout entre les pierres, quand même à quelques mètres en amont l’eau conserve une tranquillité parfaite. Be Saussure avait aussi remarqué sur les Alpes des alternalives do calme et de coups de vent très-violents.
Quelques physiciens se sont aussi appuyés sur un fait bien connu des mineurs : pendant et avant de violentes tempêtes, ils ont observé des courants ascendants très-forts; mais il ne faut pas oublier que les orages sont presque toujours précédés ou accompagnés d’une forte baisse de la colonne barométrique. La pression atmosphérique devenant moindre, l’air contenu dans les entrailles de la terre se dilate et monte à la surface. Ce phénomène rappelle l'expérience que l’on fait souvent avec la machine pneumatique. Placez sous son récipient une vessie bien fermée mais complètement aplatie, elle se gonflera à mesure que vous ferez le vide.
Les violentes tempêtes qui accompagnent souvent les éruptions volcaniques sont un dernier argument invoqué par quelques auteurs. Mais cette coïncidence s’explique de la manière la plus simple; en effet, la chaleur du volcan détermine un courant ascendant, et de tous côtés l’air froid se précipite vers la montagne. Les vents
pie remarquable. Le 18 novembre 1822, la corrette la Coquille, commandée par M. Duperrey, fut subitement assaillie d’un pompent, vent fréquent vers l'embouchure duUiude laPlata. quoiqu’elle fflt à plus de 1000 kilomètres E. N. E. de ce parage. Ce qui porte à signaler ce vent qui venait de terre comme uii vent d'aspirn tion occasionné par une raréfaction de l'atmosphère de la mer^c'est qu’au moment où on le ressentit il y eut un abaissement rapide du baromètre. [Complrs rendus de r Académie des sciences, t. vu, p. 312.) M.
* J’étais à Grindelwald, dans le canlon de Berne , pendant la nuit du 17 au 18 juillet 1841. Le soir, un vent chaud commença i souiller dans la vallée; il pénétrait par l'échancrure qui sépare l'Eigcr du Mettenhcrg. Sa violence alla toujours en augmentant pendant toute la nuit ; et le lendemain on ne voyait de tous côtés qii’arbrcs déracinés ou brisés, toitures enlevées et transportées à de grandes distances. Une foule de fragments de glace détachés du glacrcr inférieur de Orindelwald étaient échoués dans le lit ou sur les bords de la Lut.scliiue nuire. M.
34 DES VENTS
ont donc une direction diamétralement opposée à celle qu’ils auraient s’ils s’échappaient du cratère volcanique.
BIFFÉREMOES QUE PRÉSENTENT X.ES VENTS BANS XÆS BIFFÉRENTES RÉGIONS BU GEOBE. — En
examinant les vents dans toutes les parties du monde, on trouve des différences importantes qui servent à caractériser les climats. Sur les bords de la mer, principalement entre les tropiques, on observe tous les jours une période assez régulière. A certaines heures déterminées le vent souille de la mer, c’est une brise marine; à d'autres heures le vent vient do la terre. Sur l’Âtlantique et le Grand-Océan , le long de la ligne équatoriale , les vents soufflent pendant toute l’année du même point de l’horizon ; ceux qui viennent de l’est sont appelés vents alises. Dans l’Inde et les mers avoisinantes, nous observons une période annuelle dans la direction du vent. Pendant six mois le vent souffle constamment d’un point de l’horizon, et pendant six autres mois d’un autre point. Ces vents variables sont les moussons. Dans les latitudes plus élevées tous les vents sont variables , et rarement le même dure pendant plusieurs jours de suite.
VENTS BE TERRE ET BRISES BE MER. — Sur les
côtes, lorsque le temps est calme, on ne sent aucun mouvement dans l’air jusqu’à huit ou neuf heures du matin, mais alors il s’élève peu à peu une brise dé mer. Faible d’abord et limitée à un petit espace , elle augmente peu à peu de force et d’étendue jusqu’à trois heures de l’après-midi ; puis elle s’affaiblit pour céder la place au vent de terre, qui s’élève peu après le coucher du soleil, et atteint son maximum de vitesse et d’extension au moment du lever de cet astre. <
La direction de ces deux brises est perpendiculaire à celle de la côte; mais si un autre vent souffle en même temps, alors elle se modifie de diverses manières. Si c’est le vent d’est qui souffle près d’une île, la brise de mer sera très-forte sur la côte orientale do l’île et le vent de terre sera faible; sur la côte occidentale, au contraire, le vent de terre sera plus fort que la brise de mer. Sur la côte septentrionale , la direction dos brises ne sera pas normale à celle de la côte ; le vent de terre soufflera du S.E. au moment de sa plus grande force; et la brise de mer, du N.E. Dans le cours de la journée, le vent prendra toutes les directions intermédiaires. .\u fond des golfes les brises de mer sont très-faibles; sur des promontoires, ce sont celles de terre. Ces brises existent entre les tropiques, et on en remarque quelques traces même au Groenland.
L’alternance de ces vents s’explique par réchauffement inégal de
imiSES DE TERRE ET DE MER. 3^
la terre et do la mer. Vers neuf heures du matin la température est à peu près la même sur la terre et sur la mer, et l’air est en état d’équilibre. A mesure que le soleil s’élève au-dessus de l’horizon , le sol s’échauffe plus que l’eau ; il en résulte un vent de terre supérieur que l’on reconnaît souvent à la marche des nuages élevés, et une brise marine soufflant en sens contraire. Au moment du maximum de température de la journée , cette brise acquiert sa plus grande force; mais, vers le soir, l’air de la terre se refroidit, et au coucher du soleil il a'^la même température que l’air marin. Il en résulte quelques heures de calme parfait. Pendant la nuit la terre se refroidit plus que l’eau et il règne un vent de terre dont le maximum de force coïncide avec ce moment du minimum do la température des vingt-quatre heures, qui est aussi celui où la différence de température entre la terre et la mer est la plus grande possible ‘.
' M. Fonnict, a fait voir qu'il existait dans les montages des brises de jour et de nuit analogues à celles de terre et de mer. Voici le résumé de ce mémoire , te] que l’auteur l'a donné lui-même ;
1" Les a.spérités du sol déterminent journellement un flux et un reflux atmosphérique qui se tralii.ssent par des brises ou des vents ascendants et descendants, connus de temps immémorial, dans certaines localités , sous les noms de tholwind , pontias , raitie , Mvlore, vauderou, rebas , vent du Mont-Blanc , aloup du vent.
2v Ces courants d’air se développent au plus haut degré dans les concavités des vallées, mais sans leur être exclusivement propres; car ils se manifestent le long de toutes les rampes , et le courant des vallées n'est que le résultat des ascensions et des cascades latérales et partielles ( vallées de Cogne , d’Aoste, de la Quarazza, plan de Saint-Symphorien , Pilât , Chessy ).
3" Le passage du flux au reflux et réciproquement est rapide dans les gorges étroites et aboutissant , après un court tr^et, à de hautes sommités (vallées d’Anzasca , de la Sésia , de la Visbach , du Trient , de Cogne , de Val-Megnicr, Martigny, Simplon | : il est plus tardif dans les bassins généraux, où le Aux n'est , en général , franchement établi qu’à dix heures du matin , où le reflux ne commence à être régularisé que vers les neuf heures du soir (vallées du Gier, d'Azergue, de la Brevanne, de l’Arc , d’Aoste , de la Foccia, du Rhône supérieur ). L’intervalle entre les marées montantes et descendantes est rempli par des oscillations ou des redondances alternatives. L'heure de cette instant critique varie avec les saisons et aussi avec quelques circonstances météorologiques accidentelles (vallées d'Aoste, Maurienne , Nyons, Gier|.
4° Les vents des vallées sont réguliers dans les vallées régulières, mais présentent des accidents vers leurs embranchements ; ces irrégularités peuvent se manifester suivant le mode d'emboitement des vallées , suit dans la période diurne (Martigny, Aoste), soit dans la période nocturne (Verrès, Bannio, Saint-J ean-de-Maurienne, Martigny, Firminy).
6° La configuration des parties supérieures des vallées exerce encore une grande influence sur ces vents , suivant les heures et les saisons : ainsi ils sont tantôt plus prononcés de jour que de nuit (Maurienne), tantôt plus la nuit que le jour {pantins, aloup de vent de Chessy) ; quelquefois c’est l’hiver .avec scs neiges qui est le plus favorable aux vents nocturnes , d'autres fois c'est l'été pour les vents de jour ( Maurienne ). 11 serait curieux d’examiner, sous ce rapport, l'influence des cirques elliptiques que forment les parties supérieures et terminales des vallées Jurassiques et subalpines, comparativement aux terminaisons douces et insensibles des montagnes primordiales. Dans la vallée de Juux, par exemple, les alternatives de chaud et de froid sont si brusques que l’on y éprouve quelquefois des variations
DES VEM'S.
VENTS Ausés. — Peu de phénomènes ont oxcilé autant d’étonnement parmi les premiers navigateurs qui, dans le xv® siècle, se hasardèrent dans l’océan Atlantique , que les vents d’est qui soufflent régulièrement entre les tropiques. Les compagnons de Colomb furent frappés de terreur lorsqu'ils se virent poussés par des vents
de 20 dcg'és en quelques heures, et que l'on a vu les faucheurs couper de la glace le matin avec leurs faux , tandis que quelques heures après le thermomètre indiquait 38 degrés au soleil ; il est impossible que de pareilles différences ne produisent pas des courants extraordinaires.
6” L’effet de ces marées est en général plus prononcé dans les vallées larges , et s'affaiblit dans les ramifications latérales (Maurienne, Aoste). Porrrtant, quand le bassin devient une véritable plaine, capable de subvenir à une très-grande dépense ou d’absorber une masse considérable, alors les effets s'affaiblissent : ainsi, rarement le ponlias atteint le cours du Rhône; et autour de Genève les brises de la vallée de l'Arve paraissant as.sez affaiblies pour n'avoir pas excité l’attention des habiles observateurs de cette ville. Cependant, ce fait serait à vérifier dès à présent.
7“ En comparant le phénomène des marées autour des montagnes à celui des brises de terre et de mer qui se produisent réciproquement le long des côtes, on voit qu’à la même époque où les vents diurnes de mer poussent les vaisseaux dans les ports, le flot aérien s’élève aussi de son côté autour des montagnes, et que l'inverse a lieu durant la nuit. 11 suit donc de là que la totalité de l’atmosphère du Rhône devrait être soumise journellement à un mouvement qui la porte, d'une part, de la mer vers le continent, et de celui-ci vers les sommités du plateau de la France centrale ou de celle des Alpes et du Jura ; après quoi elle retournerait, durant la nuit, vers son point de départ. Mais la lenteur avec laquelle un mouvement quelconque se transmet dans une grande masse d’un fluide élastique, annule en partie ces effets. Cependant cette annihilation n’est pas toujours complète ; et dès ce moment je suis porté à croire que ces légers courants qui sc manifestent autour de Lyon dans les journées que l’on peut considérer comme calmes d’ailleurs, ne sont que le résultat de ces oscillations dont je développerai les effets dans une autre occasion.
8” Les marées atmosphériques poussent avec clics les corps susceptibles de flotter. C’est ainsi que, suivant les circonstances, les fumées, et surtout la vapeur d’eau, vont sc condenser durant le jour autour des hautes cimes (vallées d’Aoste, de la Maurienne, de l’Ossela, d’Anzasca, de la Sésia, val d’Illicrs, col du Géant, Valais, Pila'), ou bien sont ramenées durant la nuit vers les concavités (Martigny, Chessy, Saint-Marce' , vallée du Gicr, col du Géant) : d’où il suit que l’air se dessèche durant la nuit et devient plus humide durant le jour sur ces hauteurs, tandis que l’effet inverse a lieu pour la nuit dans les concavités (Genève, col du Géant, Saint-Paull. fl est facile de voir d'après cela que ces marées doivent jouer un rôle important dans les développements des nuages parasites et dans les phénomènes de la distribution des pluies et des orages.
9“ L’air chaud des plaines s’élevant durant le jour, tend à échauffer les valTécs et les sommités; mais cet effet est contre-balancé en partie par l’évaporation qu’il occasionne, en sorte qu’il peut dessécher et refroidir (Maurienne) : d’un autre côté, la brise nocturne tend à refroidir les vallées en y portant le froid des régions supérieures; de là l’explication de la fraîcheur subite occasionnée par Yaloup du vent, des congélations de vapeur d’eau occasionnées par le ponlias, des gelées printannières qui, à rayonnement égal, affectent plus particulière.ment les végétaux des vallées. On pourrait encore trouver dans cet effet l’explication de quelques-unes des anomalies de température que les voyageurs ont reconnues à diverses hauteurs sur le flanc des montagnes.
10“ Les vents généraux supérieurs peuvent, dans certaines circonstances, altérer le flot ou le jusant aérien (Maurienne, Aoste, 0.i.sola, M.arligny, Mont-Cénis), ou bien les compliquer (Cogne); mais leur effet n’est pas toujours assez énergique pour le détruire entièrement (Ment-Thnbor, val Sésia) : quelquefois Ils protliiisent un calme plat (Tnrenlai.sot. Il suit de la que les pronostics de beau temps déduits de la régularité do l’allure des brises eonteouvent contredits par l’expéiiencc (Val-
ALlStS^ 37
d’est continus, qui semblaient leur présager qu’ils ne pourraient jamais retourner dans leur patrie. Pendant plusieurs siècles on s’efforça vainement de les expliquer ; enfin , Halley et Hadlejr proposèrent la théorie suivante :
Les régions qui bordent l’équateur sont les plus chaudes de la terre, puisque le soleil s’éloigne pou de leur zénith; mais, à partir de CCS zones, la température va en diminuant à mesure qu’on s’avance vers les pôles. Il se forme donc un courant supérieur de l’équateur vers les deux pôles , un autre inférieur des pôles à l’équateur. L’air des pôles se réchauffe dans le voisinage de l’équateur, monte, et retourne de nouveau vers les extrémités de l’axe terrestre. D’après cela, nous devons trouver un vent du nord dans l’hémisphère boréal, un vent du sud dans l’émisphère austral; mais 'ces deux directions se combinant avec le mouvement de la terre d’occident en orient, il en résulte un vent de N.E. pour notre hémisphère , et un vent de S.E. pour l’autre. En effet , le diamètre des cercles parallèles allant toujours en diminuant à mesure qit’on s’éloigne de l’équateur , et tous les points situés sur un même méridien tournant en 24 heures autour de l’axe terrestre, il en résulte qu'ils se meuvent avec une vitesse d’autant plus grande qu’ils sont plus rapprochés de la ligne équinoxiale. Mais les masses d’air qui du nord affluent vers l’équateur ont une vitesse acquise moindre que celle des régions vers lesquelles elles se dirigent ; elles tournent donc moins vile que les points situés vers l'équateur , et opposent aux parties qui s’élèvent au-dessus de la surface du globe une résistance analogue à celle d’un vent de N.E. bien caractérisé. Par la môme raison le vent alisé de l’hémisphère austral souffle du S.E.
En s’approchant de l’équateur, à partir du 30* parallèle, on trouve peu de changements dans la direction des vents ; ils varient du N.N.E. au N.E. ou à l’E.N.E., et dans le voisinage de
lée de la Brévenne.Chessy, Bex). Cependant, on peut dire qu’en général le renversemcnt des courants est suivi d'une pluie (Maurienne).
Il® Enfin les circonstances de température locale peuvent encore annuler les brises montagnardes; c'est ainsi que le ponlias cesse de souiller lorsque, dans le court intervalle des nuits chaudes de l’été, la terre, échaufifée par un soleil brûlant, n'a pas le temps de se refroidir suffisamment.
M. Enurnet ex|>lique ces alternatives de courant ascendant diurne et de courant descendant nocturne par réchauffement des cimes par le soleil levant qui détermine un courant ascendant; tandis que réchauffement de la plaine, plus considérable dans la Journée que celui de la montagne, détermine vers le soir un courant descendant. Je suis d'autant plus porté à admettre cette explication qu'il résulte des expériences faites dans l'été de 181'J au sommet du l'aulhoin par M. que réchauffement moyen de la surface du sol pendant la journée
y est sensiblement égal au maximum de celui de l'air. (Voyez Annales de Chimie et de Physique, t ixxiv, p. 3o7 ; 1810). M.
UES VEMS.
l’équaleur ils sont à l’est. C’est en effet à l’éqùateur que le mouvement de rotation de la terre est le plus rapide , et c’est là que les' masses d’air restent le plus en arrière et opposent la 'plus grande résistance ; c’est aussi sur cette ligne que les vents alises des deux hémisphères se rencontrent : et comme ils viennent l’un du N.E., l’autre du S.E., il en résulte un vent d’est, de même qu’une bille de billard en mouvement, rencontrée par une autre, prend une direction intermédiaire entre celle des deux billes. Aussi les vents alisés de notre hémisphère affectent-ils toutes les directions comprises entre l’E. et le N.N.E.
Dans les régions supérieures de l’atmosphère il existe aussi dos courants constants ; dans l’hémisphère boréal, l’air échauffé se dirige vers le nord; et à mesure qu’il s’avance vers le pôle, il devance toujours de plus en plus la terre dans son mouvement de rotation. La combinaison de ce mouvement de l’ouest vers l’est avec la direction primordiale du sud au nord , engendre un vent de S. O. Pour la môiné raison on observe un vent de N. O. dans les couches supérieures de l’hémisphère austral.
VENTS ALISES EU GRANS-OCEAM. Limitée d’un côté par la côte occidentale de l’Amérique, de l’autre par la côte orientale de la Nouvelle-Hollande , parsemée seulement de petits groupes d’iles, cette mer nous offre les plus grandes masses d’eau de notre globe. L’alisé du N E. souffle assez régulièrement à quelque distance do la terre entre l’équateur et le cercle tropi(]Ue boréal. Grâce à ce vent, les galions espagnols allaient toujours direcletnent d’Acapulco à Manille sans s’écarter de leur roütc ; aussi ne découvrirent-ils pas une foule d’iles qui ont été vues depuis. La limite septentrionale de ce vent alisé s’avance, pendant l’été de notre hémis|thère, vers le pôle boréal, et s’en éloigne pendant notre hiver, suivant que notre hémisphère est plus chaud ou plus froid que l’hémisphère opjrosé. On peut admettre que l’àlisé du N.E. régne entre le et le 2o® degré de latitude N.; l’alisé du S.E. souffle aussi régulièrement au sud de l’équateur; ses limites sont moins bien connues , mais l’on s’éloignera peu de la vérité en disant qu’il s’étend du 10® au 21” degré de latitude sud.
Ces vents régnent sur toute l’étendue de cette mer jusqu’aux Philippines et à la Nouvelle-Hollande , mais on ne les trouve qu’à une certaine distance delà côte américaine. Dans la bandequisépare les deux vents alisés de 2" N. à 2" S. , l’air est le plus fortement échaulTé, et s’élève avec une telle force qu’il neutralise Je mouvement horizontal. Aussi dans cotte bande le calme plut n’est troublé que par des coups de vent appelés turnadoÿ ou travudos par tes
AI.ISKS DE L’ATLANTFQI'i;. 3î)
Espagnols et les Portugais. Nous, appellerons celte bpnde la région des calmes, et nous verrons quo des torrents de pluie et des orages presque journaliers, joints aux cîmisos mentionnées, s'y opposent à rétablissement des vents réguliers.
VENTS AEIsés DE E'OQÉAN ATLANTIQUE. — Les navigateurs qui parcourent ces mers dans tous les sens ont fixé leurs limites avec une grande précision. Au nord on ne trouve plus l’alisé du N.E. en pleine mer au delà du 28* ou 30* degré. Sa limite méridionale est en moyenne par 8“ N. ; puis vient la région des calmesjusqu’à3®N.où commence l’alise du S.E. qui s’étend jusqu’au 28® de latitude sud. L’étendue do la région des calmes dépend aussi de la saison; en août elle s’étend de 3® 15' N. à 13“ N. ; en février de 1“ 15' N. à 6“ N.
Sur celle mer l’alisé du S.E. s’étend toujours au nord de l’équateur; M. Prévost croyait c.xpliqucr celte anomalie en faisant remarquer que l’hémisplière austral est plus froid que le nôtre ; la région des calmes, étant limitée, selon lui, par'deux bandes dont la température moyenne devait être la môme, l’alisé de S.E. devait dépasser l’équateur. Celte explication, accueillie dans le temps avec, beaucoup de faveur, est sujette cependant à des diflicullés réelles. D’abord , dans le Grand-Océan, l’équateur forme la limite des vents alisés; ensuite, si l’explication de M. Prévost était juste, il s’ensuivrait celte conséquence absurde , que l’hiver de l’hémisphère boréal devrait être plus chaud que l’été de l’hémisphère austral, puisque dans cotte saison l'alisé S.E. souille toujours au nord de l'équateur.
Il faut chercher, avec M. de Humboldt, la solution de ce problème dans la configuration du bassin de la mer Atlantique. La portion de l’.Amérique du sud, située au nord de l’équateur, nous présente les montagnes élevées de la Colombie qui séparent la nier des Antilles du Grand-Océan. Lorsque le soleil est au sud de l’équateur, et par conséquent pendant l’iiiver de l’hémisphère septentrional, ces mers sont déjà plus chaudes quo le continent; mais le courant qui va se verser dans la mer des Antilles, et qui est, pour ainsi dire, la source du Gulfstream, élève encore leur température. Celte cirpuustance serait déjà suffisante pour déterminer un courant d’air du sud au nord qui, se combinant avec lèvent d’est, engendre un vent de S.E. qui neutralise le vent de N.E. avant quo celui-ci n’ait atteint l’équateur. Ajoutez à cela que la direction générale de la côte est du S.E. au N. O., ce qui favorise singuliùreinenl l’extension du vent de sud-est.
VENT D'OUEST DES RÉGIONS SUPERIEURES. — Nous
DES VENTS
jivoiB déjà démonlrô qup co vont devait régner consfninmenl dans les régions supérieures de l’àir entre les tropiqiies. Voici des preuves encore plus concluantes : les habitants de la Barbade, île située au nord de la chaîne de&Antillcs, virent ün jour, à leur grand étonné^ ment, des cendres volcaniques tomber du ciel. Elles provenaient du volcan de Saint-Vincent, situé à l’ouest de leur île. Ces cendres, lancées dans les airs jusque dans la région du courant supérieur, avaient été transportées par lui dans la direction de l’oxiest à l’est. Au sommet du pic de TénérifTe , presque tous les voyageurs ont trouvé des vents d’ouest , même lorsque l’alisé régnait au niveau de la mer. Faludan, navigateur familiarisé avec ces parages, raconte que les petits nuages courent souvent en sens inverse du vent alisé, et Bruoe a fait les mêmes observations en Abyssinie. Un fait récent confirme tous les précédents. Le 25 février 1835, les cendres lancées par le volcan de Cosiguina, dans l’état de Guatimala, obscurcirent pendant cinq jours la lumière du soleil; elles s’élevèrent jusque dans la région do l’alisé supérieur, et tombèrent, peu do temps après, dans les rues de Kingston, à la Jamaïque, située au N.E. de Guatimala.
VENTS SANS X.’OOÉAN XNSIEN. — Influencés par la configuration des terres , les vents qui régnent dans ces parages offrent des phénomènes difficiles à analyser. A l’ouest cette mer est bornée par l’Afrique, qui s’étend du S. S. O. au N. N.E. Tous les documents soumis à une sévère critique, par Ch. Bitter, tendent à démontrer que ce continent est uh plateau élevé dont les premiers gradins ont été seuls explorés. Au nord se trouvent la Perse et l’Arabie, formant deux plateaux ped élevés, dépourvus de rivières et couverts seulement d’une végétation misérable. Au sud do ces déserts de sable , la presqu’île indienne s’avance dans la mer suivant la direction du sud, tandis qu’elle est bornée au nord par les monts Himalaya, couverts de neiges éternelles, et le plateau du Thibet. La côte de Malabar surgit brusquemcnfdu sein de la mer, tandis que celle de Coromandel s’élève graduellement au-dessus de son niveau. La hauteur du plateau indien est partout à peu près la même; toutefois il s’abaisse à partir de la pointe septentrionale de nie de Ceylan.' A l’est du golfe du Bengale on trouve l’empire des Birmans, la terre s’étend vers le N.E. ; au nord la-mer de Chine est bordée par une chaîne de montagnes, et à l’est par l’archipel des Philippines. .Au sud et à l’est de la presqu’île de Malacca sont des îles hérissées de hautes montagnes, telles que Sumatra, Java, ' Bornéo et les Célèbes. Au sud de ce groupe on trouve la Nouvelle- Hollande, doqt l’intérieur est inconnu ; mais l’absence de rivières
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permet de supposer qu’elle n’offre ni plateaux ni chaînes élevées.
La sécheresse des vents qui soufflent de l'intérieur peut faire présumer aussi qu’elle n’est point parseméo de grands lacs ou de nombreux étangs.
Celte prédominance de la (erre et les différences de température qui existent constamment entre elle et la mer troublent la régularité de vents alisés. Des vents réguliers régnent pendant l’hiver et pendant l'été, mais leur direction n'est pas la même ; on les dé- signe sous le nom de moussons, mot dérivé du malais moussin qui veut dire saison.
En janvier la température de l’.\frique méridionale est à son maximum, celle de l’.^sie à son minimum. La partie septentrionale de l'océan Indien est plus chaude que le cqntinent , mais moins chaude, que la partie méridionale du même océan à latitude égale. Nous trouverons donc, dans l’un et l’autre hémisphère, des vents d’est' dirigés vers les points les plus échauffés. D’octobre en avril l’alisé du S.E. règne dans l’hémisphère austral ; l’alisé du N.E. souffle dans l’hémisphère opposé, et il prend le nom de mousson de N.E. • entre deux est la région des calmes. Quand le soleil s’avance vers le nord , la température du continent et de la mer tendent à s’équilibrer : aussi vers l’équinoxe du printemps n’y a-t-il plus de vents régnants dans l’hémisphère boréal, mais des vents variables alternant avec des calmes plats et des ouragans; tandis que la mousson de S.E. règne pendant toute l’année dans l’hémisphère sud. A mesure que la déclinaison boréale du soleil augmente, la température de l’Asie s’élève plus que celle de la mer, tandis qu’elle Iwiisse dans la Nouvelle-llollande et dans l’Afrique méridionale. Cette différence de température atteint son maximum en juillet et en août; mois pendant lesquels nous trouvons dans la partie septentrionale de l’océan Indien des brises de mer constantes. En examinant la position relative des deux continents dont les différences do température sont les plus marquées, et en se rappelant que les masses d’air qui s’éloignent de l’équateur doivent devancer le mouvement de rotation de la terre dans le sens de l’est, on so convaincra que ce courant doit venir du S. G.; aussi celle mousson règne-l-ellc depuis le mois d’avril jusqu’en octobre. Ainsi tandis que dans rhémisplièrc austral l’alisé de S.E. règne pendant toute l’année, on trouve au nord de l’équateur la mousson de N.E. en hiver, celle do S. O. en été.
Ces vents pénètrent fort avant dans les terres voisines, mais leur direction est changée par la configuration de ces continents. Pour çlonner une idée de la direction (ju’ils affectent dans chaque mois,
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jçs donne ici les résultats d'uhsorvalions fuites pondant huit ans par Bardvricite, p Duru-Dum, prés do Calcutta. Lo nombre total do tous^ vou^s, dans chaque mpi.«, est désigné par. 1 .