INFLUENCE DE LA LATITUDE
de la journée compense les perles de la nuit. C’est seulement lorsque les jours diminuent rapidement, à l’époque où le soleil se rapproche de l’équateur, que la température s’abaisse. Cet abaissement serait encore plus sensible si les couches superficielles de la terre ne restituaient point à l’air une partie de la chaleur qu’elles lui ont empruntée pendant l’été. Cette diminution continue encore quelque temps après le solstice d’hiver, parce que la perte pendant la nuit l'emporte toujours sur le gain de la journée.
Quelle que soit la concordance qu’on observe dans les dilTérents lieux, eu égard aux variations de température de l’année, on ne doit pas perdre de vue une circonstance sur laquelle nous reviendrons plus lard avec le plus grand détail. En effet, si l’on prend la différence entre le mois le plus froid et le mois le plus chaud de l’année, on trouve que cette différence est très-faible sur de petites lies et sur les côtes occidentales des continents, mais devient plus considérable à mesure qu’on pénètre dans l’intérieur des continents. Ainsi, à latitude égale, les côtes et les mers sont plus chaudes en hiver que l’intérieur des terres.
SAISONS. — Les saisons astronomiques se règlent suivant le cours du soleil. En météorologie on cherche à les diviser d’après la marche de la température. L’hiver étant la saison la plus rigoureuse, nous devons nous arranger do façon que le jour le plus froid de l’année tombe à peu prés au milieu de celle saison. Ce jour se trouvant au.x environs du 45 janvier, l’hiver se comjx)scra des mois de décembre, janvier et février; le printemps, do mars, avril, mai, et ainsi de suite. Peu de météorologistes sont restés fidèles à la division astronomique, qui fait commencer l’hiver au 24 décembre. Une méthode plus vicieuse encore est celle qui consiste à créer des saisons artificielles pour des |X)ints particuliers du globe, en plaçant, par exemple, le commencement de riiivor au jour où le thermomètre man|ue zéro pour la première fois, et celui du printemps à l’époque des premières feuilles. Une telle division ne peut que jeter de la confusion dans la science; car on trouverait, en procédant ainsi, un nombre infini de distributions des saisons sur la surface du globe.
mFI.UEMCZ: DE Z.A X.ATITCDE SUR X.A TEMPERA- TURE. — Si nous comparons des points fort éloignés les uns des autres en latitude, nous trouverons que leurs températures moyennes sont d’autant plus basses que nous nous éloignons davantage de l’équateur et que par conséquent la hauteur moyenne du soleil au-dessus de l’horizon est moins grande. Ainsi, tandis qu’à l’équateur la température moyenne varie entre 27“ et 28“ ; elle n’est
Dtg.".-: uy CoogU
TEMPÉnATL’RE.
plus àTénériffe que de 21,7; à Paris de 10°, 8, et au cap Nord de zéro. D’autres circonstances, telles que la direction des vents, la quantité d’humidité, etc., ont encore une influence notable sur la température moyenne, qui, à latitude égale, est toujours plus élevée sur les côtes et dans les îles qu’à l’intérieur des grands continents.
TEMPÉRATURi: BBS COUCHES SUPÉRIEURES BE L’ATMOSPHÈRE. — La température moyenne dépend nonseulement de la position d’un lieu par rapport à l’équateur, mais encore de son élévation au-dessus du niveau de la mer. Si l’on compare la marche du thermomètre au pied et au sommet d’uno montagne, on s’aperçoit que la moyenne est d’autant plus basse que la montagne est plus haute. Les aéronautes ont fait la même observation. Sur les montagnes cet abaissement de la température est extrêmement sensible parce qu’il est presque toujours accompagné d’un vent assez fort, qui augmente l’impression physiologique du froid. C’est à un rayonnement plus actif et à la moindre capacité de l’air raréfié pour la chaleur qu’il faut attribuer cette différence. En général, on peut admettre que la température décroît d’un degré par 185 mètres; mais ce dernier nombre varie avec la latitude, la saison et l’heure du jour : car le décroissement de la température est beaucoup plus fort en été qu’en hiver; l’après-midi il est plus sensible que le matin, et il dépend aussi de la sérénité du ciel, de la pluie, de la grêle et des autres hydrométéores.
DES VENTS
CONSIBÉKATXONS GéNÉRAX.ES. — Tant que la densité de l’air est partout la môme, l’atmosphère reste en repos; mais dès que cet équilibre est rompu par une cause quelconque, il en résulte un mouvement qui prend le nom de vent. Si, dans une partie de l’atmosphère, l’air devient plus dense, il s’écoule vers celles où la densité est moindre, de la même manière que l’air comprimé dans un soufflet s’échappe par son orifice. Ce déplacement de l’air est tout à fait analogue à celui de l’eau dans lés rivières; c’est un écoulement de l’océan aérien d’une région vers une autre.
Ces courants, dont nous allons étudier les lois, jouent un grand rôle dans la nature. Ils favorisent la fécondation des fleurs en agitant les rameaux des plantes et en transportant 1e pollen à do grandes distances. Ils renouvellent l’air des villes, et adoucissent les climats du nord en leur apportant la chaleur du midi. Sans eux les pluies seraient inconnues dans l’intérieur des continents, qui se transformeraient en déserts arides.
BXRECTZON DES VENTS. — Pour indiquer la direction du vent, les quatre points cardinaux seraient insuffisants. On partage donc l’horizon en huit parties égales, et l’on désigne le vent en lui donnant le nom du point de l’horizon d'où il souffle. Les huit espèces de vents sont le nord, nord-est, est, sud-est, sud, sud-ouest, ouest et nord-ouest.
Dans les registres météorologiques on n’écrit que les initiales de ces mots, savoir ; N., N.E., E., S.E., S., S. O., O., N.O. Plusieurs météorologistes partagent l’horizon en seize parties égales, et désignent les points intermédiaires entre les huit premières en les faisant précéder des lettres N. ou S. si la région d’où vient le vent est placée entre le méridien et un des points N.E., N.O., S.E.,
DES VENTS
5.0. ; ou des lettres E. ou O. si cette région est intermediaire entre ces mômes points et la ligne E. O., qui est perpendiculaire au méridien. Ainsi la région située entre le N. et le N. O. se nommera le N.N.O. ; celle située entre le N.E. et l’E. sera désignée par E.N.E. Les 16 points qui partagent l’horizon sont donc N., N.N.E., N.E., E.N.E., E., E.S.E., S.E., S.S.E., S., S.S.O.,
5. 0. , O. s. O., O., O.N.O., N.O., N.N.O. Dans quelques cas particuliers il est utile d’obtenir une approximation encore plus grande. Alors on désigne la région au moyen des divisions ordinaires du cercle en 360®, en partant du N. ou du S., et en indiquant si la déviation à partir du méridien est orientale ou occidentale. Ainsi S. 83® E. désigne un vent venant d’un point situé entre l’est et le sud à 83® du méridien; N. 1 2® O. est un vent qui souffle d’un point situé entre le nord et l’ouest, mais à 12® de distance du nord.
Les girouettes indiquent la direction générale du vent à la surface de la terre. Elles sont placées ordinairement sur des bâtiments élevés, tels que des clochers, des tours, afin que les petits changements de direction du vent résultant des accidents du sol n’aient aucune action sur elles. Les nuages nous indiquent la direction des courants aériens supérieurs. Comme elle diffère très-souvent de la direction du vent à la surface de la terre, il est bonde les noter toutes deux dans les registres météorologiques.
VITESSE su VENT. — La force inégale du vent est un fait d’observation journalière. Nous trouvons toutes les transitions imaginables entre une fraîcheur à peine sensible et les ouragans qui renversent des murailles et déracinent les plus gros arbres. D’après leur rapidité on les divise en vent faible (petite brise), vent modéré (jolie brise), vent assez fort (brise fraîche), vent violent (grand frais), coup de vent et tempête. On donne le nom d’ouragans à ces tempêtes violentes et continues qu’on observe dans la mauvaise saison. Entre les tropiques ce mot s’applique à des vents qui n’ont rien, de commun avec nos ouragans d’Europe. Dans les latitudes moyennes on désigne encore sous ce nom les violents orages de la belle saison.
Le plus souvent on se borne à estimer la force du vent d’après la sensation qu’il produit sur notre corps, et on la désigne par les chiffres 1,2, 3, 4, le vent n® 4 étant le plus violent de tous. Mais pour obtenir des mesures exactes, il faut avoir recours à un anémomètre. Si nous suspendons verticalement une surface de manière qu’elle soit perpendiculaire à la direction du vent, etqu’ello puisse tourner autour d’une de ses arêtes horizontales comnie au-