‹ Cours complet de météorologieChapitre 3 sur 194 · TEMPÉRATURE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE EN GÉNÉRAL

La construction du thermomètre est généralement connue. Un tube d’un faible diamètre se termine à une de ses extrémités par un réservoir sphérique ou cylindrique. L’un et l’autre contiennent un liquide ou un gaz, ordinairement du mercure. Il est essentiel que ce liquide ne soit pas mêlé d’air. On remplit cette condition en le faisant bouillir forU'ment dans le thermomètre. L’air ainsi cha-ssé, on ferme l’extrémité du tube. Lorsque l’appareil est refroidi , la colonne mercurielle a une certaine longueur qui varie suivant qu’on réchauffe ou qu’on refroidit la cuvette. Pour apprécier ces variations on fixe une échelle le long du tube, ou, ce qui vaut encore mieux, l’on graVe des divisions sur le verre. .Mais afin que chaque observateur pùt tracer lui-méme ces divisions, il fallait trouver deux points fixes qui fussent donnés par deux températures invariables. Après beaucoup de tâtonnements, on a découvert qu’en plongeant à plusieurs reprises un thermomètre dans de la glace pilée ou de la neige fondante , la colonne mercurielle s’arrête sensiblement au même point *, quels que soient les changements de température auxquels on l’expose dans l’intervalle des expériences. 11 en est de même si on l’expose à la vapeur de l’eau bouillante, la pression atmosphérique marquée par le baromètre restant la même. Ces deux points sont indiqués sur l’échelle, le premier du chiffre 0; le second, 100 dans le thermomètre centigrade, ou de Celsiui, et 80 dans ceux de Réaumur. L’intervalle qu’ils laissent entre eux se divise en 1 00 ou 80 parties égales ou degrés, suivant qu’on adopte l’une ou l’autre tk^helle. Si la tige dépasse ces deux jMjints , on prolonge la division au delà du point d’ébullition en suivant l’ordre naturel des nombres 101, 102, 103, 104, etc. Au-dessous de zéro on les numérote 1, 2, 3, 4, etc., mais ’ on désigne ces degrés sous le nom de négatifs, et on les fait toujours précéder du signe — (moins) ; tandis que ceux qui sont audessus de 0 sont appelés positifs, et ne sont précédés d’aucun signe ou du signe -1- (plus). Les mathématiciens ne mettant jamais le signe 4- devant les quantités positives, nous croyons que les mé-

' Lorsque l'on gradue les thermomètres immédiatement après leur construction, comme cela se pratique ordinairement; ou lorsque ces instruments, quoique gradués plusieurs mois après avoir été construits, sont soumis à de grandes variations de température , le zéro est sujet à se déplacer : c’est-à-dire que la colonne du l'instrument plongé de nouveau dans la neige fondante ne s'arrête plus au point marqué zéro, où elle s'était arrêtée à l'époque où il fut gradué. Il faut donc connaître cette correction, car elle donnerait lieu à une erreur constante pour tous les degrés du thermomètre. La correction est ordinairement négative pour les températures supérieures à celte de la glace fondante ;positive pour les autres : parce que la colonne du thermomètre plongé dans la neige fondante, se tient ordinairement plus haut qu’a l'époque de la graduation. Cette correction étant sujette à changer avec le ti'mps, les météorologistes soigneux vérifieront tous les ans le zéro de leurs thermomètres. M.

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téorologistes doivonl Ips imiter; afin d’éviter une confusion de signes fatigante lorsqu’on dépouille de grands registres météorologiiiues.

Dans le cours de cet ouvrage, toutes les températures sont marquées en degrés centésimaux ou de Celsius Du reste , il est très-facile de convertir les échelles l’une dans l’autre. En effet, 80“ R. valant 100“ centésimaux, ou 4“ R. valant 5® G. (en désignant par l’initiale R. les degrés de Réaumur, et par l’initiale C. les degrés centésimaux ou de Celsius] , on multipliera les indications du thermomètre de Réaumur par 5 et on les divisera par 4 pour les convertir en degrés centésimaux. Pour faire l’opération in- ’ verse, on multiplie par 4 et l’on divise par 5. Ainsi donc :

14“R. = = 17“, 5C.; et 14» C. = =11“, 5 R.

Il existe encore un grand nombre d’échelles thermométriques.

Je me bornerai à mentionner celle de Fahrenheit , qui est encore usitée parmi les observateurs anglais. Dans cette échelle le point de glace fondante correspond à la 32“ division ; le point d’ébullition, à la 212», et l’intervalle est partagé en 212 — 32 = 180 parties. Au-dessous do 32, on compte jusqu’à zéro; au-dessous de zéro, les degrés sont négatifs. Pour réduire les indications de ce thermomètre à celles de l’échelle centésimale il faut d’abord retrancher 32, afin d’avoir des zéros correspondants. Puis, comme 180“ F. valent 100“ G., ou 9“ F. = 5“ G., il faut multiplier le reste par 5 et diviser le produit par 9. Ainsi :

On emploiera la même formule si les degrés du thermomètre de Fahrenheit sont au-dessous de 32. Soient, par exemple :

13“ F.; alors 13“ — 32“ = — 19“ et 13“ F. = — 19“ X t = — 10“, 55 G.

Si on veut convertir des degrés négatifs de Fahrenheit, on procédera de même. En soustrayant 32“ de — 16“ F., par exemple, on trouve pour résultat ; — 48 et

Les thermomètres qu’on emploie pour les observations météorologiques sont ordinairement à mercure; car ce métal ne gèle qu’à des températures très-basses qu’on n’observe jamais dans nos climats. Mais pour un hivernage dans de hautes latitudes, il faudrait être muni de thermomètres à alcool. Si l’on détermine sur un tel instrument le point de zéro et celui de l’ébullition , et qu’on partage l’intervalle en 80 ou 1 00 parties égales, sa marche ne sera point parallèle à celle d’un thermomèire à mercure, ce qui dépend

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