HUMIDITÉ A DIVERSES HAUTEURS
l’été sec de 4832, la quantité de vapeur sur le Faulhorn est 0,43 de celle dans la plaine, elle se trouve de 0,46 pendant l’été humide de 4833; et quoique ce dernier thiffre soit plus fort que le premier, il ne sufïlt cependant pas pour expliquer les différences observées. L’influence de la température se montre bien plus puissante : en 4832, la moyenne de la série fut de 4 2",67 à Zurich, de 2'’, 46 sur le Faulhorn; en 4833, elle fut de 4 4®, 20 à Zurich, et de 0®,54 sur le Faulhorn. Pendant la première année il fallait s'élever de 230 mètres pour avoir un décroissement de 1®; pendant la seconde, il suffisait que la différence de niveau fût de 464 mètrt’s pour avoir le même décroissement. Il est donc très-probable que le décroissement de la température est beaucoup moins rapide par un temps serein que par un temps couvert, et c’est cette circonstance, due à la direction du vent et à d’autres causes, qui réagit à son tour sur l’état du ciel, en déterminant ou en empêchant la condensation des vapeurs.
Toutes ces considérations nous expliquent pourquoi les observateurs se sont toujours plaints de l'inexactitude des indications hygrométriques. Ainsi le ciel est couvert, ou même il pleut, et cependant l’hygromètre est au sec; à une autre époque, le temps est beau et l'hygromètre marque un degré d’humidité très-forte. Aussi les récriminations de ceux qui ne regardent ces instruments que pour prédire le temjrs sont-elles fort légitimes. Mais les savants ne doivent pas oublier que le thermomètre et l’hygromètre indiquent seulement l’état de l’air au lieu où ils se trouvent. A 50 ou 60 mètres au-dessus de la tète de l’observateur, les conditions sont changées. Supposons, par exemple, que la quantité de vapeur d’eau diminue régulièrement avec la hauteur, mais que le décroissement soit plus rapide qu’il ne l’est ordinairement ; nous aurons un ciel couvert avec un hygromètre au .sec. Si l’inverse avait lieu et que l’air fût exceptionnellement chaud dans le haut, l’hygromètre pourrait être à l’humide avec un ciel serein.
Ainsi donc les prédictions appuyées sur l’état de l’hygromètre seront très-souvent en défaut. Plus lard, nous verrons qu’il faut les combiner avec un autre élément, savoir, la pression atmosphérique.
mFI.UBMCZ] DES VENTS SUR I.ES CONSXTXONS NVOROMÉTRIQUES DE D’ATMOSPHERE. — L’expérience journalière nous apprend déjà que l’air n’est pas également humide par tous les vents. Quand le laboureur veut sécher ses blés ou ses foins, quand la ménagère étend son linge mouillé, leurs dé.<irs sont bientôt remplis si le vent d’est souille d’une manière continue ;
DES MÉTÉORES AQUEUX
mais par un vent d’ouest il faut un temps beaucoup plus long;. Certaines opérations de teinture ne réussissent que par les vents d’est. Quelque instructives que •soient ces observations, elles ne sauraient cependant nous conduire à des lois rigoureuses.
Pour les connaître, il faut compulser une longue série de journaux météorologiques, afin que les anomalies partielles disparaissent dans les moyennes. On réunit toutes les indications hygrométriques qui correspondent à chacun des vents ; on prend leur moyenne arithmétique, et on obtient de cette manière la rose des vents hygrométrique de la localité en question. Pour arriver à un résultat exact, certaines précautions sont indispensables. Les conditions hygrométriques variant, comme nous l’avons vu, suivant l’heure du jour et la saison de l’année , il serait peu logique d’additionner simplement tous les nombres trouvés: car je suppose que le vent du nord ait soufflé 10 fois en hiver, 30 fois en été; comme l’air contient plus de vapeur d’eau en été qu’en hiver, la quantité moyenne de vapeur correspondante à ce vent serait trop forte si nous nous contentions de prendre la moyenne de nos quarante observations. Voici la méthode que je préfère.
Possédant un grand nombre d’observations journalières faites à Halle, je cherchais pour chaque jour la direction moyenne du vent, et je lui appliquais la moyenne hygrométrique. Dans le cas où il y avait eu des sautes de vents brusques dans la journée , comme du S. O. au N.E., par exemple; alors j’appliquais également la moyenne hygrométrique à l’un et à l’autre de ces deux vents. Si chaque vent avait soufflé un même nombre de fois dans chaque mois, j’aurais pu additionner séparément les tensions de vapeur observées dans chaque mois, et diviser leur somme par le nombre de fois que le vent avait souillé. Mais chaque vent ne souffle pas un même nombre de fois, ni pendant chaque mois, ni même pendant chaque année; nous ne pouvons donc procéder ainsi, et deux moyens se présentent pour résoudre cette difficulté : 4“ prendre la moyenne pour chaque heure du mois , en déduire d’abord la moyenne mensuelle, puis la moyenne annuelle. Mais celle-ci ne sera qu’approximative , car un vent souffle plus souvent dans un mois que dans l’autre, et il arrivera qu’on donnera le même degré de confiance à une moyenne déduite d’un petit nombre de chiffres qu’à celle qui sera le résultat d’une longue série d’observations. 2" Je suppose que j’aie pris pour le vent du nord , par exemple, la moyenne mensuelle de plusieurs années; je la compare à la moyenne générale et je cherche leur différence ; puis je multiplie cette dernière par le nombre des observations ; j’additionne ensuite
Dl^ ‘ by Googk"
IlOSE DES VENTS HYGHOMÉTRIQI E. W
ces produits par saison ou par année, et je soustrais la moyenne de ces sommes de la moyenne générale. Un e.\emple éclaircira ce que je viens de dire. Soient pour le vent de N.E. les tensions de la vapeur dans les trois mois :
mm
Décembre. 10 observations . . 3,S87 en moyenne.
Janvier . . 8 . . » 3,091 »
Février. . 12 . . » 3,661 »
Mais l’ensemble des observations donne comme tension moyenne de chaque mois :
mm
Décembre 5,481
Janvier 4,169
Février 4,563
Hiver 4,738
Par conséquent nous en déduisons les différences suivantes ;
Décembre. . . . 3,587 — 5,484 = — 1,897
Janvier 3,091 — 4.169 = — 1,078
' Février 3,661 — 4,563 = — 0,902
Multiplions maintenant ces différences par le nombre des observations, et nous trouverons :
m- mm mm
• Décembre. . . 10 X — 1,897 =r — 18,970
Janvier 8 X 1,078 = — 8,624
Février. . •. . . 13 X — 0,902 = — 11,726
Somme — 39,320
, , ' Moyenne par 31 . . — 1 ,268
Ainsi en hiver, par le vent de N.E., la tension moyenne de la vapeur est de 1““,268 au-dessous de la moyenne générale; elle est donc égale à 4""",738 — 1"*®,268 = 3”“,470.
Sans doute cette méthode est longue et pénible, mais je n’en connais point de plus exacte ; et comme il serait du plus haut intérêt de posséder ces éléments dans un grand nombre de contrées, j’ose engager les observateurs à faire ces tableaux par vents et tensions chaque jour, sans quoi le nombre des observations s’accumule tellement qu’on n’a plus le courage de les calculer. * -
Vüiei les résultats auxquels m’ont conduit quatre années d’ob-
pigitizcil
*J8 DES MÉTÉORES AQLEÉX.
servalions consécutives (1834-1837) faites à Halle. Toutefois je ne pense pas que ces nombres^ soient définitifs, pafce que les moyennes mensuelles sont encore incertaines. Néanmoins, comme je ne connais aucune autre série qui fournisse tous les éléments nréessak-es, je donne ici ces chiffres, qui ne doivent pas s’écarter beaucoup de la vérité pour ce qui regarde l’AUemagné moyenne et septentrionale; si nous cherchons d’abord la tension moyenne de la vapeur pendant l’année, nous trouvons pour les différents vents les nombres suivants : «
TENSION DE LA VAPEUR d’eaü PAR DIFFÉRENTS VENTS.
mai
. nm
VS
Ainsi la quantité de vapeur est aussi petite que possible lorsque le vent souffle entre le nord et le N.E.; elle augmente quand il tourne à l’est, au S.E. et au sud, et atteint son maximum entre le sud et le S.O. pour diminuer de nouveau en passant à l’ouest et au N.O. La cause de ces différences est bien simple. Avant 'd’arriver à nous , les vents d’ouest passent sur l’Atlantique et se chargent de vapeurs, tandis que ceux qui soufflent de l’est viennent de l’intérieur des continents de l’Europe ou de l’Asie. Ces vapeurs se résolvent déjà en pluie lorsque les vents occidentaux arrivent en France; mais cette eau se vaporise presque immédiatement, et il en résulte qu’en Allemagne ces vents seront toujours plus chargés de vapeur que ceux de l’est. Le vent de O.S.O., venant à la fois de la mer et de contrées plus chaudes, peut se charger d’une plus grande proportion de vapeur d’eau que le vent d’ouest, qui est plus froid. Aussi, quoique ce dernier ait moins de chemin à faire pour arriver depois la mer jusqu’à Halle, contient-il une moindre proportion de vapeur que le S.O. • - *
Les mèmes différences existent entre les diverses saisons; je les passe sous silence pour m’occuper uniquement de l’humidité rela-r tive. Ici l’élément de la température entre en ligne de compte, car la quantité de vapeur peut varier à l’infini, tandis que le degré de chaleur reste toujours le même. Nous verrons par la suite quelle est l’inUuence des vents sur la température; mais chacun sait déjà
ROSE DES VENTS ilYr.ROMÛTRlQUE. 99
qu’(?n hiver, par exemple, les venls d’ouest sont rliaiids, tandis que ceux de l’est sont froids. J'ai déjà fait remarquer aussi qu’à latitude égale les. hivers étaient plus froids et les étés plus chauds dans l'intérieur du continent que sur les côtes occidentales de l’Europe. Si l’on prend les Tnoyenpes annuelles, les nombres trouvés pour Halle ne .font pas saillir les différences. En égalant à 100 la quantité de vapeur d’eau capable de saturer chaque vent,- le tableau suivatit présente la proportion de vapeur que ce vent renferme.
OUAXTITE BELATIVE DE TADKUR ü’eAÜ DOCB CHAQl'E VENT A II.ILI.E.
Ainsi, quoique jwirle vent du nord l’air contienne une proportion de vapeur d’eau beaucoup moindre que par le vent du sud, il n’en est pas moins infiniment plus humide, à cause de sa basse temp(’>rature. Les saisons modifient encore cette règle générale; c’est pourquoi je donne ici la table suivante : .