‹ Cours complet de météorologieChapitre 34 sur 194 · HUMIDITÉ A DIVERSES HAUTEURS. . «J · texte numérisé non relu

HUMIDITÉ A DIVERSES HAUTEURS. . «J

midilé relative, et sur ce point les opinions des physiciens sont parla"ées.

De Sauisure ct Deluo, qui, les premiers, portèrent des hygromètres sur de hautes montagnes, mais qui n’ont pas toujours établi la distinction sur laquelle nous venons d’insister, ont dit en thèse générale que l’air était plus sec en haut qu’en bas. Ce fait , admis assez généralement par tous les physiciens, a été constaté par les expériences que M. de Humboldt a faites dans l’Amérique intertropicale; mais malgré de si grandes autorités je crois pouvoir contester la généralité de cette assertion.

Quand on suit pendant quelque temps sur un point élevé des Al|»es la marche de l’hygromètre, on constate quelquefois un degré de sécheresse dont on n’a aucune idée dans les plaines; il accompagne souvent ce beau temps, si ardemment désiré par tous les voyageurs. J’ai vu quelquefois dans ces cas la neige disparaître avec une extrême rapidité sans mouiller la terre, parce qu’elle se transformait immédiatement en vapeurs; du bois placé au soleil se déjetait très-vite. Si ces phénomènes se passent à la surface du sol, où riiygromètro est inlluencé par l’évaporation immédiate de la terre, ils devraient être encore bien plus marqués si l’on s’élevait dans un aérostat. Toutefois il ne faut pas oublier qu’à ces journées si sèches succèdent des journées et même des semaines entières où les sommets des montagnes sont voilés par d’épais brouillards, tandis que dans la plaine l’hygromètre se tient loin du point de saturation. Si nous rélléchissons que les observations do de Sauisure et Deluo, sauf Ic sêjour SUC le col du Géant, ont toutes été faites dans des courses de montagnes, pour lesquelles on choisit toujours le beau temps, nous ne nous étonnerons pas si leurs résultats s’éloignent beaucoup du résultat moyen. En analysant ceux de M. de Humboldt, il nc faut pas oublier que sa station inférieure se trouvait au bord de la mer, tandis que la supérieure, placée dans l’intérieur des terres, était exposée à l’influence des vents d’est, qui, traversant de vastes continents, sont ordinairement très-secs. De Saunure a fait une série d’observations pendant son séjour de seize jours sur le col du Géant, à une hauteur de 3150 mètres, tandis qu’on observait simultanément les instruments à • Genève ct dans la vallée de Chamounix. Malheureusement le créateur de l’hygrométrie a exclu de ses calculs tous les jours pendant Ipstpicls il était entouré de. nuages, et par conséquent la moyenne qu’il a obtenue est fort difTérente de la moyenne réelle.

Ce sont des considérations de ce genre qui m’ont conduit à révoquer en doute, flans mon Traité de météorologie, l’opinion géné-

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PES MÉTÉORES AQUEUX

nilrmont reçue de la plus «rande sécheresse des régions supérieures. Tandis qu'à Zurich, pendant une durée de neuf sémnines, l’air ne ooutenait en moyenne que 74,6 pourTent delà qualitité de %'apeur nécessa>ire à sa saturation, il en eonlenait 84,3 sur fe Rigi. Après onze semaines d’observations pendant les mois d’août, septembre et octobre, cette quantité fut de 74,8 à Zurich, et de 74,4 sur le Faulhorn. Ainsi donc nous sommes autorisé â conclure qu’en somme l’air des couches supérieures est aussi humide que celui des couches inférieures *.

Mes observations m’ont fait voir aussi l’influence des vicissitudes atmosphériques sur ce ]»hénomène, influence beaucoup plus marquée dans la région des nuages que dans la plaine. Les semaines que je passai en 1832 sur le Faulhorn furent remarquables par une grande sérénité ; le ciel ne resla couvert que pendant peu de jours, et j’étais rarement enveloppé dans les nuages. La fin do l’été de 1833 fut au contraire très-humide ; rarement le ciel resta découvert pendant quelqtics heures, et de fréquentes inondations, suite do pluies abondantes, désolèrent plusieurs' parties do la Suisse. Aussi, en 1832, l’iiiimidilé relative fut-elle à Zurich do 74,4; sur le Faulhorn, de 63,3. En 1833, elle fut à Zurich de 75,3; sur le F'aulhorn, de 85,5. Ainsi, tandis que pendant la premièro année l’air était beaucoup plus sec en haut, ce fut le contraire p«mdant la seconde, et c’est sur la montagne que la différence des deux années se montra la mieux caractérisée.

Il nous reste à rechercher les causes de ces dilTérences dans l’humidité relative. Sans doute des observations continuées pendant plusieurs années seraient nécessaires pour décider définitivement ces questions; mais, puisque nous no les possédons pas, jo vais mettre les miennes à profil. La première idée qui se présente à l’esprit, c’est d’admettre que la tension de la vapeur diminue plus vite par un temps sec dans les régions supérieures do l’atmosphère que par un temps humide. Toutefois les dilférences observées ne s’expliquent point uniquement par cette circonstance, car en 1832 la tension do la vapeur était de 3'““ ,748 sur lo F'aulhorn , et à Zurich de 8“",797. Fin 1833 je trouvai pour lo F’aulhorn 4"**, 507; pour Zuridi, 9“",7I0. .\insi donc, tandis que, pendant

' Los observations que J'ai faites avec M. Bravai*, au sommet de la même montagne, du IG juillet au 5 août 1841 , confirment pleinement les résultats de l’auteur. Nous avons trouvé pour l’humidité relative comparée :

Faulhorn

Zurich. .

Milan . .

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